"psychologue, psychotherapeute, TCC, psychopraticienne, psycho-praticienne"
09/02/2025
Cette étude a été conduite en Chine et révèle que le bébé pourrait alors développer des troubles neurologiques avec des conséquences sur ses capacités cognitives, d'apprentissage et des troubles comportementaux. Les garçons seraient plus touchés que les filles.
Le facteur privilégié expliquant cette nouvelle information est lié au glucose, et plus particulièrement, à son métabolisme pendant ce sommeil tronqué. Le bébé serait impacté parce que, dans certains cas, la sécrétion d'insuline (hormone de régulation du glucose) de la future maman aurait un effet sur la sécrétion d'insuline du fœtus et in fine sur le développement neurologique du foetus.
Les risques ne sont pas seulement à court-terme mais la croissance de l'enfant serait impactée à plus long-terme.
Le second facteur serait l'augmentation des niveaux de stress et d'inflammation dans le corps. Une étude menée par les chercheurs de l'Université de Pittsburgh, aux Etats-Unis, a démontré que ce mauvais sommeil de la future mère pouvait avoir des répercussions sur les défenses immunitaires du bébé et ralentir sa croissance in-utéro. En effet, les troubles du sommeil maternels entraînent une surproduction de cytokines (des hormones du système immunitaire) qui dégradent la capacité de se défendre contre la maladie, avec également des conséquences vasculaires et peuvent aussi conduire à une naissance prématurée. C'est également un facteur déclenchant de dépression.
De plus, une étude publiée dans Obstetrics & Gynecology montre que les femmes avec une insomnie ou une apnée du sommeil pendant leur grossesse auraient deux fois plus de risques de donner naissance à un bébé prématuré. Ainsi, en France, chaque année, entre 50 000 et 60 000 bébés prématurés naissent et les chiffres sont en augmentation. L'arrivée d'un bébé prématuré est parfois synonyme d'handicaps, voire de mortalité dans les cas les plus graves. Aux facteurs déjà identifiés, tels que l'hypertension ou une infection pendant la grossesse, l'insomnie et l'apnée du sommeil pourraient constituer de nouvelles causes. L'insomnie augmenterait de 40% les risques de naissances avant terme. Les problèmes de sommeil élevaient aussi le risque de naissance très prématurée, 5,3% des femmes donnant naissance à moins de 34 semaines de grossesse, alors que ce pourcentage est à 2,9% dans la population générale de futures mères.
Enfin, en parallèle des naissances prématurées et du faible poids à la naissance, la mauvaise qualité de sommeil des femmes enceintes pourrait avoir des répercussions sur la gestion émotionnelle future des bébés et des enfants en mettant l'accent sur des émotions négatives plus fréquentes chez le bébé que dans la cohorte générale. Ces éléments ont été vérifiés par IRM cérébral. La qualité du sommeil prénatal de la mère a une incidence sur le développement néonatal fronto-limbique (sphére du développement émotionnel) et prédit une plus grande émotionnalité négative chez les nouveau-nés, un facteur de risque pour les problèmes de santé mentale ultérieurs.
Une seconde étude publiée dans le Lancet en octobre 2023 précise aussi que les nouveau-nés nés dont la mère connaissait des troubles du sommeil, présenteraient des altérations significatives de leur développement émotionnel (symptômes d'hyperactivité, comportement accru de prise de risque pendant la périadolescence et une dysrégulation émotionnelle dans la petite enfance) et des schémas sommeil-éveil immatures. Les altérations chez les futures mères de certaines phases du sommeil conduiraient à des traits dépressifs qui persisteraient jusqu'à l'âge moyen chez les nouveau-nés. Cette publication repose sur la recherche menée par une équipe de l'Université de Colombia et met l'accent sur les mères qui souffrent de troubles du sommeil pendant la grossesse, en particulier au cours du deuxième trimestre et sans omettre le troisième trimestre.
Dans cette cohorte, l'incidence des troubles du sommeil chez les nourrissons âgés de 0 à 3 mois était de 40,5 %. D'autres facteurs complétaient le risque de sommeil altéré de la mère, à savoir, un faible niveau d'éducation du père, la dépression du père, la dépression post-partum maternelle, l'anxiété postpartum et le trouble du sommeil postpartum.
Pour conclure, il est indéniable que les futures mamans doivent prendre soin de leur sommeil, d'une part, pour leur bien-être et dans un second temps pour donner toutes ses chances au futur bébé de ne pas connaitre de troubles neurologiques et comportementaux qui dégraderont son futur.
Les thérapies cognitives et comportementales sont une aide précieuse pour au moins 70% des personnes souffrant de troubles du sommeil. De plus, seulement huit séances, en général, sont suffisantes pour améliorer significativement les nuits.
Bibliographie :
Hoyniak, C. P., Whalen, D. J., Luby, J. L., Barch, D. M., Miller, J. P., Zhao, P., Triplett, R. L., Ju, Y. E., Smyser, C. D., Warner, B., Rogers, C. E., Herzog, E. D., & England, S. K. (2024). Sleep and circadian rhythms during pregnancy, social disadvantage, and alterations in brain development in neonates. Developmental Science, 27(3), Article e13456. https://doi.org/10.1111/desc.13456
Prenatal Sleep Health and Risk of Offspring Neurodevelopmental Issues, Including ADHD - News
October 25, 2023
The study "Prenatal sleep health and risk of offspring ADHD symptomatology and associated phenotypes: a prospective analysis of timing and sex differences in the ECHO cohort," was published Oct. 12, 2023, in The Lancet, Regional Health Americas.
https://www.columbiapsychiatry.org/news/lancet-regional-health-americas-october-2023
Health Rounds: Sleep shortage during pregnancy may hurt baby's brain - By Nancy Lapid
September 27, 20247:12 PM GMT+2Updated 4 months ago
Lin, X., Zhai, R., Mo, J. et al. How do maternal emotion and sleep conditions affect infant sleep: a prospective cohort study. BMC Pregnancy Childbirth 22, 237 (2022). https://doi.org/10.1186/s12884-022-04504-6
https://bmcpregnancychildbirth.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12884-022-04504-6
Grossesse : le manque de sommeil impacterait le cerveau du bébé selon une étude
Publié le 30 sept. 2024 par Guillaume Botton
Cerveau : le manque de sommeil pendant la grossesse impacterait le bébé
Par Diane Cacciarella - Publié le 29.09.2024 à 11h15
Julie Paulovic. Les troubles du sommeil et la grossesse. Gynécologie et obstétrique. 2016. dumas-
01394080
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01394080/document
Study finds prenatal sleep quality affects newborn brain structure and emotional health
By Vijay Kumar MalesuReviewed by Lily Ramsey, LLM – 1 Nov 2024
Lavonius, M., Railo, H., Karlsson, L. et al. Maternal sleep quality during pregnancy is associated with neonatal auditory ERPs. Sci Rep 10, 7228 (2020). https://doi.org/10.1038/s41598-020-64160-8
https://www.nature.com/articles/s41598-020-64160-8
Effect of Sleep Restriction during Pregnancy on Fetal Brain Programming and Neurocognitive Development of Offspring: A Review
Kamalesh K. Gulia 1 1 Division of Sleep Research, Department of Applied Biology, Biomedical Technology Wing, Satelmond Palace, Sree Chitra Tirunal Institute for Medical Sciences and Technology, Trivandrum, Kerala, India
https://www.thieme-connect.com/products/ejournals/pdf/10.1055/s-0043-1770157.pdf
09/02/2025
Pendant cette période, la future maman est confrontée à de nombreux défis. Ceux-ci varient selon l'avancée de la grossesse. La femme enceinte doit répondre à des changements physiologiques et hormonaux qui altèrent le sommeil de manière importante. Leur corps doit répondre à des besoins plus importants pour soutenir le développement du fœtus. Par ailleurs, ce corps subit des transformations physiques significatives pour accueillir le développement du fœtus. Ces transformations vont perturber le sommeil de la femme enceinte Le dernier point crucial est que la grossesse est pour de nombreuses femmes source de stress et d'anxiété. Les questions sont nombreuses, relatives à l'accouchement, la santé du futur bébé ainsi que les changements à venir dans la vie quotidienne et dans le couple.
Le sommeil va permettre à la future maman de se reposer et de récupérer physiquement. Il est donc primordial. Il va aussi permettre en étant plus reposée de mieux gérer les émotions et l'anxiété.
Le temps de sommeil varie selon les femmes et il correspond au besoin des adultes en général. Les siestes ne sont pas une nécessité. Elles peuvent cependant être un bénéfice lorsque les nuits ne sont pas réparatrices mais elles doivent aussi répondre aux prescriptions habituelles relatives aux siestes pour ne pas mettre en péril la nuit suivante.
Le sommeil varie selon les trois trimestres de grossesse.
Le sommeil pendant le premier trimestre de la grossesse
De nombreuses femmes connaissent de la fatigue, de la somnolence pendant la journée et des réveils pendant la nuit. Certaines d'entre elles ont besoin de siestes (surtout à partir de la dixième semaine de grossesse). Elles rapportent également une augmentation de la durée de sommeil de nuit et des difficultés plus marquées d'endormissement. En conclusion, la qualité du sommeil est altérée et la durée de sommeil lent profond connait une diminution en début de grossesse.
Au niveau corporel et au niveau physiologique, les mastodynies (les seins prenant du volume et douloureux) et les nausées du soir perturbent le sommeil.
Un facteur complémentaire est que le corps de la future mère connait des fluctuations d'hormones pendant ce premier trimestre, et tout particulièrement, une augmentation importante de la progestérone ainsi que la sécrétion d'œstrogènes dès le début de la grossesse. La progestérone a surtout pour rôle de décontracter les muscles lisses de l'utérus pour donner plus d'espace au fœtus et de faciliter l'accouchement. À un taux élevé, elle peut conduire à un relâchement du plancher pelvien qui soutient la vessie et provoquer les pertes urinaires. En outre, un niveau significatif de l'hormone gonadotrophine chorionique (hCG) stimule la fonction rénale. Il ne faut pas oublier les effets sédatifs et soporifiques de la progestérone, ce qui explique la somnolence. La progestérone agit comme un véritable somnifère. La future maman va alors faire une sieste trop longue ou se coucher trop tôt le soir ce qui va conduire à de l'hypersomnie puisqu'il n'y a pas un vrai besoin de dormir. Cette hormone a également le pouvoir de déclencher de l'hyperémotivité et dans cette période de stress relative à la grossesse, ce peut être une nouvelle perturbation au sommeil. « Les troubles du sommeil du début de grossesse peuvent être un signe d'alerte d'une anxiété ou d'une dépression », note la Haute Autorité de santé (HAS) dans ses recommandations sur la prise en charge du patient adulte se plaignant d'insomnie en médecine générale.
Le sommeil pendant le second trimestre de la grossesse
Pendant ce trimestre, les femmes se disent moins fatiguées et plus actives. Les taux hormonaux en forte augmentation pendant le premier trimestre se stabilisent. La qualité du sommeil s'améliore alors et l'endormissement devient moins long et les insomnies diminuent.
Toutefois, pour certaines femmes enceintes, des réveils nocturnes apparaissent en lien avec les modifications anatomiques et de la compression de la veine cave. Il faut également noter que le foetus commence à bouger. De plus, environ 30 % des femmes commencent à ronfler ce qui est une nouveauté historique pour elles ! Des perturbations possibles du sommeil sont aussi liées aux brûlures d'estomac et remontées acides, contractions utérines, aux mouvements de plus en plus présents du fœtus, des crampes au niveau des jambes et des impatiences des membres inférieurs. La mise en place de coussins pour un soulagement du reflux gastro-œsophagien ou encore le fait de dormir à moitié-assise peuvent apporter un soulagement. Si ce n'est pas suffisant, c'est à discuter avec son médecin. Celui-ci vous accompagnera également pour tout ce qui concerne les crampes. Le sommeil est trop important et il ne faut pas avoir une dette de sommeil avant le troisième trimestre qui sera plus difficile !
Le sommeil pendant le troisième trimestre de la grossesse
Au fur et à mesure que le terme se profile, la plupart des futures mamans indiquent un délai d'endormissement plus long, un sommeil moins réparateur, des éveils nocturnes plus fréquents ainsi que des insomnies. Par des publications scientifiques, nous savons que la typologie du sommeil change : augmentation du sommeil léger (stades 1 et 2 du sommeil lent), diminution du sommeil profond (stade 3 du sommeil lent) et diminution du sommeil paradoxal.
Ces troubles du sommeil sont expliqués par l'inconfort physique, déjà développé dans les paragraphes précédents, qui s'accentue. Les mouvements du fœtus deviennent plus intenses parce qu'il manque de place et bouge plus en raison de la libération de la prolactine (hormone), qui le nourrit et l'excite avec des pics entre 20 heures et minuit ou entre 22 heures et 2 heures du matin.
Par ailleurs, l'approche du terme engendre des rêves ou cauchemars déclenchés en grande partie par l'anxiété de l'accouchement physique et mental. Certaines futures mamans connaissent des troubles de l'attention, de la concentration et de la mémoire.
Le manque de sommeil doit retenir toute l'attention des futures mères et professionnels parce qu'il peut conduire à des troubles tels que la dépression post-partum ou encore le retour d'anciens troubles comme, par exemple, les troubles obsessionnels compulsifs avec une sévérité plus significative. Certaines mères rapportent des troubles compulsifs avec des pensées telles que des violences sur les bébés.
Le sommeil après la grossesse
Selon des chercheurs britanniques de l'Université de Warwick, la première année suivant la naissance de leur enfant, les mères ont une diminution de sommeil de quarante minutes par nuit : le sommeil du nouveau-né n'est pas stabilisé et les parents le surveille. De plus, les parents le nourrissent pendant la nuit. L'allaitement et sa durée peuvent amener un peu plus de fatigue tout en gardant à l'esprit que les experts privilégient cette démarche. Les suites de l'accouchement induites par des douleurs physiques ou les angoisses inhérentes à ce nouveau rôle sont un facteur de réduction de sommeil.
En outre, l'évaluation de la qualité du sommeil des nouvelles mamans baisse de 1,53 point sur l'échelle d'évaluation.
Une autre étude britannique de janvier 2019 établit la diminution du temps et de satisfaction du sommeil jusqu'à 3 mois après l'accouchement.
Après l'accouchement 30 % des femmes se plaignent encore de troubles du sommeil et compensent leur mauvais sommeil en demeurant au lit le matin et en faisant la sieste après le déjeuner.
Le fait de moins ou mal dormir les exposent à un risque plus élevé de développer une dépression post-partum.
Les résultats montrent ainsi qu'il leur faudrait entre quatre et six ans pour retrouver les niveaux de satisfaction et de durée de sommeil d'avant la grossesse.
En effet, le manque de sommeil peut entraîner une fatigue extrême, rendant les activités quotidiennes plus difficiles.
L'insomnie associée à la grossesse
L'insomnie est tributaire de plusieurs facteurs et se rencontre dans divers stades du sommeil. Il est alors primordial d'en faire une analyse fine pour trouver la meilleure réponse à ce trouble qui peut avoir des conséquences néfastes pour le bébé, la maman et la famille.
Les thérapies cognitives et comportementales sont l'une des solutions mises en avant pour des résultats qui excèdent 70%. La Haute Autorité de la Santé les privilégient d'ailleurs avant tout autre mesure. De toute façon, la prise de médicament n'est pas conseillée pendant la grossesse et l'allaitement. Se rapprocher d'un professionnel médical pour la meilleure prise en charge !
Ces thérapies vont axer la résolution du trouble sur l'éducation au bon sommeil avec des mesures bien établies qui fonctionnent et sont très souvent oubliées, la réduction du temps passé au lit pour une meilleure qualité du sommeil et aussi un délai d'endormissement meilleur, le contrôle du stimulus, c'est-à-dire, associer la chambre à coucher au sommeil et non à des activités autres, de la relaxation et une approche cognitive pour travailler sur les croyances liées au sommeil.
Bibliographie :
Le stress pendant la grossesse a ensuite un impact sur le sommeil des bébés, selon une étude
Par La rédaction numérique de France Inter, Sophie Bécherel
Publié le samedi 30 septembre 2023 à 17h54
Grossesse : le manque de sommeil impacterait le cerveau du bébé selon une étude
Publié le 30 sept. 2024 par Guillaume Botton
Les troubles du sommeil pendant la grossesse
https://www.therasomnia.com/dossiers/les-troubles-du-sommeil-pendant-la-grossesse
mis à jour le 03 octobre 2024
Les femmes enceintes ont-elles besoin de dormir davantage ?
Publié le 12 févr. 2024 par Manon Duran
L'importance du sommeil pendant la grossesse
Les troubles du sommeil pendant la grossesse
Publié par Elena Bizzotto|Mis à jour le 07 mars 2024 par Mathilde Pujol
Dépression prénatale : quand le mal-être s'impose pendant la grossesse
Publié le 25 janv. 2022 par Magali Regnier
Relever les problèmes de sommeil pendant la période périnatale
0
14/01/2025
Brigitte Henriquez, professeure en toxicologie à l'École Vétérinaire de Maisons-Alfort, explique pour le Huffington Post, qu'"en ayant une fréquence respiratoire plus élevée que celle de l'homme, l'animal ingurgite encore plus rapidement et en plus grande quantité le gaz toxique de la fumée. » Et il serait probable que les animaux de petits gabarits (oiseaux, chiots, chatons, etc.) y soient encore plus sensibles.
Les animaux sont impactés par le tabagisme selon trois axes :
Pour se sevrer du tabac, la thérapie comportementale et cognitive est très efficace et multiplie par deux les chances de réussite. C'est l'une des seules approches non-médicamenteuses dont l'efficacité est scientifiquement prouvée. En outre, elle peut être combinée à la prise de substituts nicotiniques ou d'une médication d'aide au sevrage sous la supervision d'un professionnel médical. La probabilité de réussite est encore plus élevée lorsque le traitement médicamenteux est associé à une psychothérapie.
Comme dans toutes les prises en charge avec les thérapies cognitives et comportementales, un questionnement va être réalisé avec le client pour connaitre de manière précise le nombre de cigarettes, les prises à quel moment de la journée, à quand remonte la dernière cigarette, quand a été initiée la première cigarette, l'entourage fume-t'il… quelles émotions… Pour une analyse fine, le psycho-praticien peut s'appuyer sur de nombreux questionnaires et échelles relatives à cette addiction. En outre, des questionnaires relatifs à de potentielles comorbidités (dépression par exemple) sont proposés à la personne souhaitant quitter la cigarette.
L'alliance avec la personne en attente de sevrage et le psycho-praticien sera toujours dans l'acceptation totale, bienveillante, sans jugement et avec empathie.
La personne motivée à l'arrêt du tabac va apprendre des stratégies pour faire face à l'envie de fumer et en même temps va recevoir une éducation thérapeutique à cette addiction. Au niveau comportemental, il s'agira alors de gérer les situations à risque, de maintien et de rechute en adoptant des stratégies alternatives. De plus, plusieurs techniques peuvent être proposées : le contrôle du stimulus, la visualisation, la relaxation, la technique de résolution de problème, l'apprentissage de compétences telles que l'affirmation de soi ou la gestion du stress ainsi que des émotions.
Au niveau cognitif, un travail (restructuration cognitive ou méthode des cercles vicieux) va être réalisé en collaboration entre le client et le psycho-praticien pour déterminer les pensées automatiques, les émotions, les cognitions ainsi que les croyances dysfonctionnelles sur le sujet de cette addiction au tabac. Par ailleurs, la prise en charge va mettre en avant les bienfaits de l'arrêt du tabagisme à long terme (qualité de vie, économies d'argent...).
Les propriétaires d'animaux ne sont pas toujours conscients du tabagisme passif des animaux même si de nombreux maîtres ont une relation affective forte avec eux.
Si vous ne souhaitez pas ou ne parvenez pas à vous sevrer du tabac, prenez des précautions telles que :
Bibliographie :
https://cnct.fr/ressource/actualites/tabagisme-passif-danger-animaux/
https://www.spa-lyon.org/tabagisme-passif-vos-animaux-en-sont-aussi-victimes/
Anne Staub. Tabagisme passif et animaux de compagnie : bilan des connaissances actuelles. Médecine
vétérinaire et santé animale. 2009. dumas-04557353
P. Guichenez, M. Underner, J. Perriot, Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) dans le sevrage tabagique : quels outils pour le pneumologue ?, Revue des Maladies Respiratoires, Volume 36, Issue 5, 2019, Pages 600-609, ISSN 0761-8425, https://doi.org/10.1016/j.rmr.2019.04.001.
(https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/...)
13/01/2025
Les pouches sont conditionnées dans une boîte ronde, contenant en général une vingtaine de sachets de nicotine. L’argument de taille de l’industrie du tabac est que l’ex-fumeur réalisera de belles économies, puisque leur prix représente environ la moitié de celui d'un paquet de cigarettes.
Ces sachets, qui se glissent entre la lèvre et la gencive, diffusent de la nicotine pendant plusieurs dizaines de minutes par la muqueuse buccale . De nombreux utilisateurs pensent que le tabac est addictif alors que ce n’est pas le tabac mais bien la nicotine qui est addictive. Une fois de plus, l’utilisateur lambda est en quelque sorte trompé par un marketing jouant sur les mots et ne respectant pas un argumentaire scientifique qui le mettrait également en péril sur la cigarette et tous les produits en lien avec le tabac.
Leur présentation s’apparente à des bonbons, commercialisés dans des boites colorées, ce qui est attrayant pour les consommateurs dont les plus jeunes qui justement peuvent les confondre avec des friandises. De plus, les pouches sont aromatisés pour correspondre aux goûts actuels (citron épicé, fruits rouges, Bellini...). En outre, ils contiennent des édulcorants dont la teneur n’est pas indiquée. Cet aspect sucré est aussi générateur d’emprise.
Leur teneur en nicotine ne reflète pas toujours la quantité indiquée sur les boîtes, ce qui rend difficile leur utilisation dans le cadre d’un potentiel sevrage. Il s’agit d’un nouveau danger avec des doses de nicotine dépassant le seuil de celui contenu dans les cigarettes. Les teneurs réelles des sachets de nicotine peuvent aller jusqu’à 38,9 mg/g, soit près de dix fois plus que les gommes vendues en pharmacie, limités à 4mg/g. Nous sommes donc bien en présence d’un nouveau vecteur de dépendance à la nicotine. De toute façon, il n’existe aucune limite réglementaire sur leur teneur en nicotine. Il y a donc attente d’une décision du législateur. Leur interdiction avait été annoncée fin octobre par le gouvernement. C’était en bonne voie mais avec l’avant-dernier remaniement ministériel, le dossier est en attente.
Selon le site de l'Assurance maladie, un surdosage en nicotine se manifeste par des maux de tête, des nausées, des vomissements, une vision trouble, des douleurs abdominales, une diarrhée, des sueurs froides, des tremblements et parfois une faiblesse générale. "À doses élevées", des convulsions peuvent survenir, ajoute l'Assurance maladie.
Par ailleurs, une autre menace plane sur les consommateurs de ces sachets. Les pouches contiennent de l’arsenic, du plomb, de l’antimoine…Ces substances sont des poisons.
L’arsenic est un poison violent et se présente sous forme d'une poudre au goût sucré. Son ingestion provoque des diarrhées et des vomissements, d'où une déshydratation provoquant une sensation de soif importante. Les symptômes s'accompagnent de douleurs dans la bouche, à la gorge et à l'estomac. Puis, s'ensuivent le coma et la mort. "jusqu’à 6,5 fois les quantités d’arsenic présentes dans une cigarette" selon une étude de l'Institut national de la consommation (INC), en partenariat avec le Comité national contre le tabagisme (CNCT).
Sous forme métallique, l'antimoine est utilisé dans les batteries au plomb pour automobiles, en cosmétique (le crayon Kohl), le tartre émétique prescrit comme médicament pourrait être la cause de la mort de Mozart, qui suivait un traitement contre la mélancolie. L'ingestion d'antimoine provoque une série de symptômes tels que : transpiration, nausées, vomissements, pertes d'appétit, amaigrissement et déshydratation importante.
Pour le plomb, sa présence est probablement le signe d’une contamination des matières premières utilisées. Quant au formaldéhyde, c’est une substance toxique et corrosive.
L'INC et 60 Millions de consommateurs, en partenariat avec le Comité national contre le tabagisme (CNCT), appellent à interdire les sachets de nicotine, appelés "pouches" en France, qui ne représentent aucun avantage pour un arrêt du tabac mais plutôt une nouvelle entrée dans le tabagisme, et, ceci dès le plus jeune âge… du fait de leur marketing agressif sous la forme de friandise. Les plus jeunes n’y voient rien à redire puisqu’il ne s’agit pas de cigarettes. Il faut noter que "19% des 13-16 ans disent déjà avoir entendu parler des sachets de nicotine tels que Nicopouches. Parmi eux, près de 1 jeune sur 10 les a déjà expérimentées (9 %)" rapporte l'Alliance contre le tabac.
La législation actuelle oblige les buralistes à ne pas vendre ces produits au moins de dix-huit ans… Cependant, difficile de toujours vérifier cette limite d’âge. Mais, Le CNCT a relevé 239 publicités pour les sachets de nicotine sur Instagram en 2023, tandis "qu'aucune vérification rigoureuse de l’âge n’est effectuée sur les sites" qui les vendent.
https://www.francetvinfo.fr/sante/drogue-addictions/lutte-contre-le-tabagisme/les-pouches-sachets-de-nicotine-aromatises-contiennent-des-taux-eleves-d-arsenic-selon-une-etude-de-l-institut-national-de-la-consommation_6945731.html
https://sante.lefigaro.fr/arsenic-plomb-et-antimoine-retrouves-dans-des-pouches-ces-sachets-de-nicotine-a-mettre-dans-la-bouche-20241210
https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-sante-du-quotidien/3146858-nicotine-pouche-france-danger/
13/01/2025
Qu’est-ce que le sommeil ?
Deux états physiologiques fondamentaux, les états de veille et de sommeil, rythment notre vie.
Le sommeil est constitué de différents stades qui s’ordonnent de façon identique au cours de la nuit. Notre sommeil n’est donc pas continu. De plus, en fonction de l’âge, la durée du sommeil ainsi que la répartition des stades de sommeil sont différents. Les mêmes stades de sommeil existent chez les enfants, les adultes et les personnes âgées mais les variations inter et intra-individuelles sont nombreuses.
Ces stades sont le sommeil lent (ou sommeil calme chez le bébé) et le sommeil paradoxal.
Le sommeil est constitué de plusieurs cycles successifs compris entre 3 et 6. Un cycle de sommeil dure environ de 60 à 120 minutes. Le cycle est composé de plusieurs phases de sommeil lent puis de sommeil paradoxal. Chaque cycle débute par du sommeil léger et finit par du sommeil paradoxal. Chaque stade du sommeil se caractérise par une activité cérébrale particulière, associée à des ondes électriques mises en évidence par électroencéphalographie (EEG).
Le sommeil lent profond est essentiellement présent dans la première moitié de la nuit alors que les sommeils légers et paradoxaux sont plus nombreux en seconde moitié de nuit. Cela explique les rêves en fin de nuit. Si la nuit précédente a été mauvaise, le sommeil lent sera d’autant plus profond la nuit suivante.
Il est usuel de représenter l’évolution de la nuit et des cycles de sommeil sous forme d’un hypnogramme. Les cycles contiennent des proportions variables de sommeil N1, N2, N3 et de sommeil paradoxal.
Typologie du sommeil :
Le sommeil lent se divise en 3 parties : l'endormissement, le sommeil lent léger et le sommeil lent profond tandis que le sommeil paradoxal est l’unique composante.
Phase 1 ou N1 : L’endormissement (5 à 10% du sommeil)
L'endormissement est le premier stade du sommeil. Il est traduit par la transition entre éveil et sommeil. A ce stade, le dormeur est encore facile à réveiller : nous luttons pour ne pas dormir, ce stade est surtout caractérisé par le changement d’état rapide entre l’éveil et le sommeil. On parle de micro- sommeil.
Du côté physiologique, le tonus musculaire et le mouvement oculaires diminuent progressivement et la respiration prend un rythme régulier.
Phase 2 ou N2 : Sommeil lent et léger (45 à 55 % du sommeil de l’adulte)
Le sommeil lent et léger est le premier stade du sommeil. Nous passons à ce stade 30 à 45 minutes après l’endormissement. Le dormeur reste très sensible à l’environnement externe. Comme au premier stade, il suffit d’un bruit ou d’une lumière intense pour le réveiller.
Du côté physiologique, le tonus musculaire et les mouvements oculaires ne cessent de diminuer, la respiration ralentit. On remarque également des ondes cérébrales lentes et une température corporelle qui diminue.
Phase 3 et 4 ou N3 : sommeil profond : (15 à 20% du sommeil de l’adulte)
Le dormeur passe au stade du sommeil lent profond, stade suivant le sommeil lent léger. Pendant ce stade, il est difficile de réveiller le dormeur.
Du côté physiologique, les muscles se relâchent, les mouvements oculaires cessent, le rythme cardiaque et respiratoire sont de plus en plus paisibles et la température corporelle diminue. Enfin, les ondes cérébrales sont lentes et amples et les activités des fonctions vitales ralentissent.
Le sommeil profond est le sommeil le plus réparateur. Il permet la récupération de la fatigue physique. Alors, le foie, le cerveau et les muscles se rétablissent en énergie. L’hormone de croissance est secrétée et la régulation de la glycémie se réalise.
Phase 5 : Sommeil paradoxal : (10 à 15% du sommeil de l’adulte)
Après le sommeil lent, le dormeur passe au stade du sommeil paradoxal. C’est le stade durant lequel nous faisons des rêves.
Du côté physiologique, le tonus musculaire cesse alors que les mouvements oculaires sont de plus en plus soutenus. Le rythme cardiaque ainsi que la fréquence respiratoire deviennent irréguliers et la température corporelle augmente. Enfin, les ondes cérébrales sont très rapides.
Le sommeil paradoxal permet la consolidation de notre mémoire et la récupération émotionnelle.
Alternance veille et sommeil
Le rythme circadien (rythme biologique) est un cycle de 24 heures (voire 25 heures) et il permet au corps de s’adapter à son environnement et, tout particulièrement, à l’alternance veille et sommeil. La lumière du jour en est le premier principe.
Lorsque le corps ressent qu’il fait nuit, la mélatonine est sécrétée. Cette hormone nous permet de de synchroniser le rythme veille-sommeil et donc de mesurer le temps. Lors du réveil, les hormones de l’éveil (cortisol), de l’énergie et du bonheur sont sécrétées, ce qui nous rend énergique dès le matin.
Le cortisol est secrété en pic par l’organisme en début de matinée pour préparer le corps à être éveillé et en forme toute la journée.
Dette et régulation homéostatique
La dette homéostatique est semblable à toutes les dettes : il faut les rembourser. Une dette homéostatique est en effet une dette de sommeil, plus nous restons éveillé, plus notre dette et la pression du sommeil augmentent.
En conséquence, la compensation du sommeil se fera au fur et à mesure de la nuit suivante. Du côté du cycle du sommeil, il y aura une augmentation de la durée du sommeil lent. La durée du sommeil de la nuit suivante est toujours beaucoup plus longue
Qu’est-ce que l’endormissement ?
L’endormissement est lié à plusieurs facteurs provoquant le blocage des centres de l’éveil dans le cerveau, et faisant tomber dans le sommeil.
Ces facteurs découlent
La fonction du sommeil est aujourd’hui prouvée, et tout particulièrement, dans
Les conséquences d’un mauvais sommeil sont multiples :
Il est à noter qu’une une relation bidirectionnelle existe entre insomnie et des pathologies telles que la dépression et l’alcoolodépendance
Les chiffres de l’insomnie chronique
Celle-ci varie entre 10 et 15 % de la population générale adulte selon les études réalisées.
En 2017, un sondage du Baromètre de Santé publique France a été réalisé sur 12 637 sujets âgés de 18 à 75 ans représentatifs de la population française. 13,1 % de la population âgée de 18 à 75 ans déclare des symptômes évoquant une insomnie chronique. Les femmes sont environ deux fois plus nombreuses que les hommes à connaitre ce trouble du sommeil (16,9 % des femmes et 9,1 % des hommes).
Il est à noter que parmi la population générale, un tiers des personnes rapporte des difficultés occasionnelles de sommeil.
L’insomnie chronique est souvent associée à des comorbidités qui doivent être déterminées afin de choisir la meilleure prise en charge. L’examen clinique complet est bien entendu à la charge d’un médecin. Le psycho-praticien prendra toutes les précautions possibles à l’aide de questionnaires et d’un interrogatoire le plus exhaustif possible pour rediriger le client vers un professionnel de santé au moindre doute.
Ainsi, des pathologies somatiques peuvent être impliquées dans l’insomnie chronique. Certaines sont liées à des douleurs et, tout particulièrement, les pathologies rhumatismales ou neurologiques, d’autres conduisent à une gêne physique, comme le reflux gastro-œsophagien ou la broncho-pneumopathie chronique obstructive ainsi que certains troubles endocriniens tels que les dysthyroïdies ou encore pathologies néoplasiques avec altération de l’état général.
Par ailleurs, des pathologies spécifiques au sommeil sont à prendre en compte : syndrome des jambes sans repos, syndrome d’apnées du sommeil et syndrome de mouvements périodiques des jambes au cours du sommeil.
En outre, la dépression et l’anxiété sont les pathologies psychiatriques les plus fréquentes et sont recherchées par des questionnaires. Il est également important d’investiguer la consommation de toxiques (alcool, produits stupéfiants…).
Enfin, il est nécessaire de connaitre l’ensemble des traitements médicamenteux suivis par le patient. En effet, certaines médications peuvent être responsable d’insomnie chronique. Nous pouvons citer antidépresseurs, amphétaminiques, antiparkinsoniens, bêta-bloquants, corticoïdes, ou encore la nicotine.
Comment est définie l’insomnie chronique ?
Ce syndrome se caractérise par :
ceci au moins 3 fois par semaine, pendant au moins 3 mois selon les classifications CIM-10 (1), DSM-5 (2) et ISCD-3 (3).
Il existe deux grands types d’insomnie :
Les causes de l’insomnie
Les causes d’une insomnie chronique sont multiples :
Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) dans l’insomnie : une efficacité reconnue
L’ efficacité de la thérapie cognitive et comportementale pour l’insomnie a été prouvée par des méta-analyses en 2017 et 2019 relative à
L’efficacité de cette thérapie n’est pas immédiate mais les effets sont durables dans le temps. Il faut tout de même préciser que le nombre de séances est d’un peu moins de dix lorsqu’aucune comorbidité n’est associée.
Cette thérapie est recommandée en traitement de première intention de l’insomnie chronique de l’adulte, y compris du sujet âgé, par le Collège Américain de Médecine Interne ainsi que par la Société Européenne de Recherche sur le Sommeil.
Avant d’entreprendre la thérapie, le client va passer un entretien complet et également des questionnaires et échelles de façon à bien analyser la situation et ne prendre aucun risque de négliger un trouble médical. Par ce biais, il sera possible de détecter toute comorbidité parce que la prise en charge prendra en compte les troubles associés. Les échelles ainsi que les questionnaires vont permettre aussi d’avoir une ligne de base parce qu’ils seront passés à nouveau en milieu de parcours et en fin de parcours. L’objectif est d’obtenir des mesures fiables permettant de juger si la thérapie est efficiente. Sinon, il faut en recherche les causes et utiliser d’autres méthodes ou outils.
Les thérapies cognitive et comportementales reposent donc sur un modèle scientifique capable de suivre rigoureusement le client. L’alliance thérapeutique est de plus primordiale. En effet, sans elle, peu de chances de succès, si le client ne sent pas un accueil bienveillant, sans jugement et empathique. Enfin, le client sera actif dans sa prise en charge et sera aussi motivé pour que les apprentissages fonctionnent.
L’insomnie chronique va donc être prise en charge par la thérapie avec
1/ L’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP), pour comprendre et expliquer
En outre, des informations complémentaires ou approfondies sur la typologie, la chambre à coucher, la literie, les siestes, le ronflement du partenaire, le sommeil en couple, le nourrisson se réveillant la nuit, le stress, les écrans, l’activité physique, les rythmes de sommeil (dont heures de lever et coucher), le rôle de l’alimentation continueront d’être données lors des séances suivantes pour favoriser une appropriation et une mise en œuvre des conseils pour un meilleur sommeil… rester pro-actif et le fait de répéter est un avantage dans les apprentissages.
2/ La partie comportementale avec la mise en place du contrôle du stimulus et de la restriction de sommeil
La mise en place de l’agenda de sommeil va apporter de nombreuses informations sur la typologie du sommeil de la personne. Ce document va permettre de noter l’heure de coucher, l’heure de lever, la sieste, de calculer le temps de sommeil (ce qui permettra de compter le nombre d’heures habituelles de sommeil par nuit), les réveils nocturnes et le délai de réendormissement, la qualité du sommeil, la qualité du réveil, la forme de la journée (la somnolence si besoin), les activités spécifiques de la journée (par exemple, sport à 18 heures), la prise de médication (hypnotiques ou anxiolytiques, antalgiques…).
L’analyse de l’agenda va aboutir au contrôle du stimulus et de la restriction du temps passé au lit (techniques comportementales) qui sont la plupart du temps associées l’une avec l’autre pour parvenir au succès.
La restriction du temps de sommeil vise à améliorer l’efficacité́ du sommeil en réduisant le temps passé au lit. Elle conduit alors à une pression de sommeil suffisante pour assurer l’endormissement le soir suivant. En effet, la pression de sommeil est un des facteurs naturels agissant sur les cycles d’endormissement.
De nombreux insomniaques pensent améliorer leur sommeil en augmentant le temps passé au lit. Au contraire, cela va fragmenter, alléger le sommeil et perpétuer l’insomnie. L’objectif, en analysant l’agenda de sommeil, est de déterminer le temps réel de sommeil nécessaire pour l’insomniaque et au début de la prise en charge de créer une dette de sommeil pour réactiver un sommeil de meilleure qualité puisqu’il y a maintenant une pression de sommeil. Les calculs de réajustement se font semaines par semaines pour parvenir à un temps de sommeil au plus proche du besoin du client et le sommeil va alors être de meilleure qualité. Un endormissement plus rapide, un sommeil plus profond et moins fractionné sont des gains importants générés par ces thérapies pour l’insomnie. Un risque de somnolence diurne excessive en début de traitement est à signaler au patient.
Toutefois, il est important de préciser que les thérapies cognitives et comportementales ne vont pas induire des durées plus longues de sommeil parce qu’elles s’appuient sur le besoin physiologique du client. Tous les individus n’ont pas les mêmes besoins et surtout, ces besoins évoluent tout au long de la vie de façon ponctuelle ou plus pérenne.
La thérapie par contrôle du stimulus permettra, elle, d’associer le lit au sommeil. Très souvent, une personne insomniaque a tendance à rester au lit pour tenter de se rendormir et, par conséquent, un temps prolongé d’éveil au lit va se mettre en place. La perception du patient de « ne pas arriver à dormir quand il se couche » en sera amplifiée. Des conseils tels que « N’aller se coucher qu’en cas de fatigue », « se relever la nuit si l’on ne se rendort pas immédiatement » sont donnés pour favoriser le contrôle du stimulus.
Des activités incompatibles avec l’endormissement (par exemple, l’utilisation d’écrans lors du coucher ou l’anxiété anticipatoire de ne pas dormir) sont usuelles chez les insomniaques. Certains d’entre eux ont pris l’habitude (conditionnement) de s’endormir sur le canapé ou dans un fauteuil parce que leur lit est négativement associé à une anxiété de ne pas parvenir à s’endormir dans la chambre à coucher.
Les mesures comportementales de contrôle du stimulus vont à nouveau créer une association positive entre le lit, la chambre à coucher, l’heure du coucher et le sommeil et in fine une régulation du sommeil. L’objectif est d’apprendre à cette personne insomniaque à s’endormir rapidement (en moins de 30 minutes) et à maintenir son sommeil. En revanche, il est essentiel que le client évite de rester au lit lors des éveils pour renforcer l’association lit et sommeil. De plus, des apprentissages relatifs aux siestes, à un temps de latence calme, exempt d’écrans d’une heure avant le coucher, voire d’un rituel sont cruciaux.
3/ Initiation à la relaxation, respiration consciente ou pleine conscience pendant plusieurs séances avec les exercices à réaliser chaque jour à la maison pour un recentrage sur les sensations corporelles et sur l’attention à la respiration. Prise de recul par rapport aux émotions, pensées, rôle du stress et de l’anxiété (définition, compréhension, identification, conséquences et gestion)
De nombreuses méthodes existent. Elles permettent de diminuer les tensions musculaires ou psychiques. Certaines d’entre elles ciblent la tension musculaire (la relaxation musculaire progressive de Jacobson ou le training autogène de Schultz, le yoga ou le tai-chi), d’autres sont plus dévolues à la tension mentale (méditation ou l’imagerie mentale). Les préférences individuelles, l’accessibilité et la facilité d’application aideront à faire le bon choix. De plus, de nombreuses applications digitales (internet, réseaux sociaux, applications pour téléphones) ou encore des séances ou ateliers associatifs permettent la mise en pratique de la relaxation ou la méditation (qui n’est pas une méthode de relaxation. Son effet est d’une autre nature !). Le choix doit permette d’obtenir un sentiment de « lâcher-prise » et favoriser le sommeil. Idéalement, leur mise en application dans la journée doit permettre de faire baisser le stress, et lorsque la technique est bien intégrée, être utilisée pour favoriser l’endormissement ou la gestion des réveils nocturnes.
4/ Techniques cognitives pour lutter contre les pensées dysfonctionnelles relatives au sommeil
Les pensées dysfonctionnelles alimentent une anxiété qui va créer une activation cognitive et physiologique empêchant l’endormissement. L’Echelle des croyances et attitudes dysfonctionnelles à propos du sommeil (CAS) de C. Morin est l’un des questionnaires ciblant les processus cognitifs négatifs sur ce sujet.
Le thérapeute va ainsi interroger son client par un questionnement socratique (questions ouvertes), pour que le patient identifie sa problématique sous différents angles et puisse envisager un changement dans son schéma cognitif initial. Il va donc prendre conscience et comprendre ses pensées fausses sur le sommeil et peu à peu tendre vers un processus positif, encourageant des croyances favorisant le sommeil (restructuration cognitive). Celle-ci va aider le client à remettre en question son interprétation de la situation et à diminuer l’activation cognitive, émotionnelle et physiologique.
Les pensées dysfonctionnelles peuvent être
Habituellement, le travail cognitif est accompagné des techniques comportementales.
La mise en place de ces thérapies est tout à fait possible alors que le client est déjà sous médication. Le relais entre l’arrêt des médicaments et les thérapies seules se feront sous supervision et uniquement décision du prescripteur.
La prise en charge de l’insomnie par les thérapies cognitives et comportementales a un taux de succès supérieur à 70%.
Bibliographie :
Effets des écrans sur le sommeil des adolescents - résultat de l’enquête du réseau Morphée auprès des collégiens et lycéens franciliens
Thèse présentée à l’université de Sherbrooke comme exigence partielle du doctorat en psychologie (D.PS.) Par NADINE MOURAD M.A. - Septembre 2015
L'application d'un traitement cognitivo-comportemental de l'insomnie chez les enfants présentant un trouble réactionnel de l'attachement
https://savoirs.usherbrooke.ca/handle/11143/8800?show=full
Université De Bordeaux - UFR des Sciences médicales - Année 2019 N°123
Thèse pour l'obtention du Diplôme D'Etat De Docteur En Médecine Générale - Louise Heurtaux
Présentée et soutenue publiquement le 12 septembre 2019
Etude de la prise en charge non médicamenteuse de l'insomnie en établissements d'hébergement
pour personnes âgées dépendantes
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02516557
Duy Thai Nguyen. Evaluation de déterminants influençant le sommeil : effets de l’activité physique,
et des caractéristiques de population (âge et handicap). Santé. Université Grenoble Alpes [2020-..],
2021. Français. NNT : 2021GRALS038. tel-03642096
https://theses.hal.science/tel-03642096/
Traitement des troubles du sommeil par thérapies cognitivo-comportementales dans la fibromyalgie :
intérêt sur la douleur et la qualité de vie
Elodie COUTURIER - Mémoire UE28 - Année scolaire : 2021-2022
RÉGION DES PAYS DE LA LOIRE - Institut Régional de Formation aux Métiers de la Rééducation et de la Réadaptation
https://kinedoc.org/work/kinedoc/Nantes-2022-COUTURIER-Rhumatologie.pdf
Élaboration et évaluation d’un guide de thérapie cognitivo-comportementale pour le traitement autonome de l’insomnie chronique : étude “ Read & Sleep ”
Brice-Diego Castiel Submitted on 20 May 2020
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02613619v1
Prise en charge de l’insomnie chronique : analyse d’un atelier du sommeil à Nantes
Thèse d’exercice / Université de Rennes 1 - Faculté de Médecine
Thèse en vue du diplôme d’état de docteur en médecine
Anne-Claire DUFLOT épouse LE ROUX
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02145706/document
Présentée pour le diplôme d’état de Docteur en Médecine - Tiphaine MONTALESCOT
Ressentis des médecins généralistes sur la prise en charge non médicamenteuse de l’insomnie chronique
Thèse pour l’obtention du grade de Docteur en Médecine
Présentée et soutenue publiquement le mercredi 28 octobre 2020 - CARALP Augustin
La pratique des Thérapies Comportementales et Cognitives par les médecins généralistes du
Calvados dans l’insomnie chronique des patients âgés de 18 à 65 ans.
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03205189/document
Sylvain Dagneaux « Prendre en charge l’insomnie par les TCC »
Benjamin Lubszynski « Bien dormir, ça s’apprend ».
Une liste d’ouvrages sur l’insomnie et abordant pour certains d’entre eux les TCC-I est disponible sur l’espace documentation du site du Réseau Morphée (56).
Faire la lumière sur notre activité nocturne
Modifié le : 08/11/2024 Publié le : 07/08/2017 Temps de lecture : 20 min
https://www.inserm.fr/dossier/sommeil/
Chronobiologie, Les 24 heures chrono de l’organisme
https://www.inserm.fr/dossier/chronobiologie/