Addictions et comportements compulsifs : TCC et apport possible de l’EMDR

Les consultations peuvent être réalisées au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax ou en visioconférence depuis toute la France et l’étranger. L’accompagnement à distance peut notamment faciliter la continuité du suivi des personnes mobiles ou expatriées, tout en s’articulant avec une prise en charge médicale ou addictologique locale lorsqu’elle est nécessaire.

Les fonctions possibles de l’addiction

Une même conduite peut remplir plusieurs fonctions.

Elle peut permettre temporairement de :

  • calmer l’anxiété ;
  • éviter une émotion ;
  • réduire une douleur ;
  • dormir ;
  • tenir au travail ;
  • se sentir plus confiant ;
  • se sentir désiré ;
  • remplir un vide ;
  • rechercher de l’excitation ;
  • oublier un souvenir ;
  • fuir une situation ;
  • appartenir à un groupe ;
  • se récompenser ;
  • interrompre des ruminations.

Comprendre la fonction ne revient pas à justifier les conséquences. Cela permet d’identifier ce que le produit ou le comportement apporte à court terme afin de construire des alternatives plus adaptées.

Addictions et comportements compulsifs : comprendre le trouble et l’apport de l’EMDR et des TCC

Une addiction ou un comportement compulsif se caractérise par la répétition d’une consommation ou d’une conduite devenue difficile à contrôler, malgré ses conséquences négatives sur la santé, les relations, la vie familiale, professionnelle, sociale ou financière.

La personne peut sincèrement vouloir réduire ou arrêter, tout en se sentant poussée à recommencer. Cette difficulté ne correspond pas à un simple manque de volonté. Elle résulte d’interactions complexes entre :

  • les mécanismes d’apprentissage et de récompense ;
  • les émotions ;
  • les habitudes ;
  • les expériences de vie ;
  • l’environnement ;
  • la disponibilité du produit ou du comportement ;
  • les vulnérabilités psychologiques et sociales ;
  • les conséquences physiques de certaines substances.

Les troubles liés à l’usage de substances peuvent provoquer une souffrance importante et altérer le fonctionnement personnel, familial, social, scolaire ou professionnel. Une prise en charge adaptée peut associer interventions psychologiques, accompagnement médical, réduction des risques et soutien social.

L’objectif thérapeutique ne se limite pas nécessairement à obtenir immédiatement une abstinence parfaite. Selon la situation, il peut s’agir de :

  • réduire les risques ;
  • retrouver davantage de contrôle ;
  • interrompre une escalade ;
  • préparer un sevrage ;
  • prévenir les rechutes ;
  • reconstruire une vie moins organisée autour du produit ou du comportement ;
  • retrouver davantage de liberté et de capacité de choix.

 

 

Comment l’addiction ou la compulsion s’installe-t-elle ?

Le cercle peut être résumé ainsi :

Déclencheur → envie ou craving → consommation ou comportement → soulagement immédiat → conséquences négatives → honte, fatigue ou détresse → nouveau déclencheur.

1. Le déclencheur

Le déclencheur peut être :

  • du stress ;
  • une dispute ;
  • un sentiment de solitude ;
  • de l’ennui ;
  • une douleur ;
  • une fatigue ;
  • une humiliation ;
  • une frustration ;
  • un souvenir traumatique ;
  • une sensation corporelle ;
  • une occasion sociale ;
  • un accès facile au produit ;
  • une publicité ou une image ;
  • un gain ou une perte financière.

2. L’envie ou le craving

La personne peut penser :

  • « J’en ai besoin maintenant. »
  • « Je ne tiendrai pas sans cela. »
  • « C’est le seul moyen de me calmer. »
  • « Une seule fois ne changera rien. »
  • « Je mérite de me faire plaisir. »
  • « Après cette journée, je n’ai pas d’autre solution. »

3. La consommation ou le comportement

La personne peut :

  • boire ;
  • fumer ;
  • consommer une substance ;
  • jouer ;
  • acheter ;
  • regarder des contenus ;
  • rechercher une relation sexuelle ;
  • utiliser un écran ;
  • manger de manière compulsive.

 

4. Le soulagement immédiat

Pendant un temps, elle peut ressentir :

  • de l’apaisement ;
  • du plaisir ;
  • une stimulation ;
  • une sensation de puissance ;
  • une diminution de la peur ;
  • un oubli ;
  • une anesthésie émotionnelle ;
  • une impression de liberté.

Ce soulagement renforce l’apprentissage :

« Lorsque je ressens cette émotion, cette conduite me soulage. »

5. L’après-coup

Après le comportement peuvent apparaître :

  • culpabilité ;
  • honte ;
  • fatigue ;
  • problèmes financiers ;
  • conflits ;
  • anxiété ;
  • manque ;
  • baisse de l’estime de soi ;
  • peur d’être découvert ;
  • sentiment d’échec.

6. Le renforcement du cycle

La détresse liée aux conséquences devient elle-même un nouveau déclencheur.

La personne peut alors recommencer pour échapper à la honte provoquée par la consommation précédente.

Addictions avec substances

Les addictions avec substances peuvent notamment concerner :

  • l’alcool ;
  • le cannabis ;
  • la cocaïne ;
  • les amphétamines et méthamphétamines ;
  • les opioïdes ;
  • l’héroïne ;
  • les médicaments détournés de leur usage ;
  • les benzodiazépines ;
  • les somnifères ;
  • le tabac ;
  • certains produits de synthèse.

Une substance psychoactive agit sur le fonctionnement mental, notamment sur l’humeur, la perception, la cognition ou le comportement. Toutes les consommations ne constituent pas une dépendance, mais certaines peuvent évoluer vers un trouble de l’usage, en particulier lorsqu’elles deviennent répétées, incontrôlables ou dangereuses.

Addictions sans substance et comportements compulsifs

Certaines conduites répétées peuvent également entraîner une perte de contrôle et des conséquences importantes.

Elles peuvent concerner :

  • les jeux d’argent ;
  • les jeux vidéo ;
  • les écrans ;
  • les réseaux sociaux ;
  • les achats compulsifs ;
  • la pornographie ;
  • la sexualité compulsive ;
  • certaines conduites alimentaires ;
  • certaines recherches répétées de sensations ou d’excitation.

Toutes ces conduites ne possèdent pas le même statut diagnostique. Le trouble lié aux jeux d’argent est reconnu comme une addiction comportementale. D’autres problématiques, comme les achats compulsifs ou la sexualité compulsive, sont évaluées selon leur fonctionnement, leur intensité et leurs conséquences, sans être automatiquement assimilées à une addiction.

Les conséquences liées aux jeux d’argent peuvent être psychologiques, relationnelles, professionnelles et financières. Le risque suicidaire doit être évalué directement lorsqu’une personne présente des dommages importants liés au jeu.

Quels sont les signes fréquents ?

Une addiction ou un comportement compulsif peut comporter plusieurs manifestations.

Une envie intense ou craving

Le craving correspond à une envie forte, parfois vécue comme urgente ou irrésistible.

Il peut prendre la forme de :

  • pensées répétées ;
  • images mentales ;
  • tension corporelle ;
  • agitation ;
  • sensation de manque ;
  • anticipation du soulagement ou du plaisir ;
  • impression qu’il faut agir immédiatement.

Le craving n’est pas toujours constant. Il peut apparaître en réponse à un déclencheur précis.

Une perte de contrôle

La personne peut :

  • consommer davantage que prévu ;
  • rester plus longtemps que prévu dans le comportement ;
  • ne pas respecter les limites qu’elle s’était fixées ;
  • recommencer après avoir décidé d’arrêter ;
  • multiplier les tentatives infructueuses ;
  • avoir l’impression d’agir automatiquement.

Une place croissante dans la vie quotidienne

La personne peut consacrer beaucoup de temps à :

  • obtenir le produit ;
  • préparer la consommation ;
  • organiser le comportement ;
  • récupérer après la consommation ;
  • cacher la conduite ;
  • rechercher de l’argent ;
  • consulter des contenus ;
  • anticiper la prochaine occasion.

Les autres activités perdent progressivement de leur importance.

 

Une tolérance ou une escalade

Dans certaines addictions, la personne peut rechercher :

  • des quantités plus importantes ;
  • une fréquence plus élevée ;
  • des situations plus intenses ;
  • davantage de risques ;
  • des contenus plus stimulants ;
  • des dépenses plus importantes.

Une poursuite malgré les conséquences

La consommation ou le comportement continue malgré :

  • les conflits ;
  • la fatigue ;
  • les dettes ;
  • les difficultés professionnelles ;
  • les problèmes de santé ;
  • les mensonges ;
  • le risque de séparation ;
  • la honte ;
  • les promesses d’arrêt ;
  • la diminution de l’estime de soi.

La honte et la dissimulation

La personne peut :

  • minimiser ;
  • mentir ;
  • cacher les dépenses ;
  • supprimer des messages ;
  • dissimuler les produits ;
  • éviter les discussions ;
  • s’isoler ;
  • ressentir une forte culpabilité après coup.

Cette honte peut retarder la demande d’aide et renforcer le cycle addictif.

Les conséquences possibles

Santé physique et mentale

Selon le produit ou le comportement, les conséquences peuvent inclure :

  • troubles du sommeil ;
  • anxiété ;
  • dépression ;
  • irritabilité ;
  • troubles cardiovasculaires ;
  • troubles digestifs ;
  • douleurs ;
  • accidents ;
  • intoxications ;
  • sevrage ;
  • altération de la mémoire ou de la concentration ;
  • aggravation d’un trouble psychiatrique.

Couple et relations

La conduite peut entraîner :

  • mensonges ;
  • perte de confiance ;
  • disputes ;
  • éloignement ;
  • infidélités ;
  • diminution de l’intimité ;
  • menaces de séparation ;
  • épuisement du conjoint ;
  • surveillance mutuelle ;
  • difficultés parentales.

Travail et études

La personne peut présenter :

  • retards ;
  • absentéisme ;
  • baisse de performance ;
  • erreurs ;
  • difficultés de concentration ;
  • conflits ;
  • perte d’emploi ;
  • abandon des études ;
  • prise de risques.

Finances

Les conséquences peuvent être particulièrement importantes dans :

  • les jeux d’argent ;
  • les achats compulsifs ;
  • la cocaïne ;
  • certaines conduites sexuelles tarifées ;
  • les consommations quotidiennes.

Elles peuvent inclure :

  • dettes ;
  • crédits ;
  • découverts ;
  • dissimulation des comptes ;
  • vente d’objets ;
  • difficultés à payer les besoins essentiels.

Estime de soi et isolement

La répétition des promesses non tenues peut favoriser :

  • la honte ;
  • l’auto-critique ;
  • le sentiment d’être faible ;
  • la perte de confiance ;
  • le désespoir ;
  • le retrait social.

L’apport possible de l’EMDR

L’EMDR est principalement reconnu pour le traitement du trouble de stress post-traumatique. Dans les addictions, il peut être envisagé comme un complément lorsque des souvenirs traumatiques, des pertes, des humiliations ou des déclencheurs émotionnels participent au maintien de la consommation.

Les recherches récentes suggèrent que l’EMDR pourrait réduire certains cravings et symptômes émotionnels associés, mais son effet sur la sévérité globale de l’addiction reste incertain. Il ne doit donc pas être présenté comme un traitement autonome ou suffisant des addictions.

1. Retraiter les souvenirs traumatiques

Certaines consommations servent à éviter :

  • une agression ;
  • des violences anciennes ;
  • un deuil ;
  • une humiliation ;
  • un abandon ;
  • une scène de guerre ;
  • un accident ;
  • une expérience médicale ;
  • un harcèlement ;
  • une situation d’impuissance.

L’EMDR peut aider à diminuer la charge émotionnelle de ces expériences.

2. Travailler les déclencheurs émotionnels

Les cibles peuvent être :

  • une dispute ;
  • un rejet ;
  • un sentiment de solitude ;
  • une critique ;
  • une situation professionnelle ;
  • une sensation corporelle ;
  • une image ;
  • un lieu ;
  • un message ;
  • une perte.

L’objectif est que le déclencheur ne conduise plus aussi automatiquement à l’urgence de consommer ou d’agir.

3. Travailler la honte et la culpabilité

La personne peut penser :

  • « Je suis faible. »
  • « Je suis mauvais. »
  • « J’ai tout détruit. »
  • « Je ne mérite pas d’être aidé. »
  • « Je serai toujours comme cela. »
  • « Je ne peux faire face sans le produit. »

Le travail EMDR peut porter sur certaines expériences ayant construit ces croyances.

Des représentations plus adaptées peuvent progressivement émerger :

  • « J’ai développé un comportement problématique, mais il ne définit pas toute mon identité. »
  • « Je peux apprendre d’autres moyens de faire face. »
  • « Une rechute n’annule pas tous les progrès. »
  • « Je peux demander de l’aide. »
  • « J’ai le droit de me protéger. »

Les limites de l’EMDR

L’EMDR ne remplace pas :

  • une évaluation médicale ;
  • un sevrage médicalisé lorsque celui-ci est nécessaire ;
  • la réduction des risques ;
  • la surveillance des interactions médicamenteuses ;
  • le traitement des complications physiques ;
  • la prise en charge du craving ;
  • le travail sur les habitudes ;
  • la sécurisation de l’environnement ;
  • les interventions familiales ;
  • la prévention de la rechute.

Un sevrage brutal de certaines substances, notamment l’alcool ou certaines benzodiazépines, peut être dangereux et nécessite une évaluation médicale. Les recommandations distinguent clairement la psychothérapie du traitement médical des complications et du sevrage.

4. Travailler certaines scènes de consommation

Certaines scènes peuvent être fortement fixées dans la mémoire :

  • première consommation marquante ;
  • forte sensation de soulagement ;
  • soirée associée au produit ;
  • gain important au jeu ;
  • scène sexuelle ;
  • consommation après un événement douloureux ;
  • rechute vécue comme catastrophique.

Selon la situation, ces images peuvent être intégrées au plan thérapeutique.

5. Préparer le futur

L’EMDR peut contribuer à préparer :

  • une soirée sans consommer ;
  • une situation de conflit ;
  • un week-end seul ;
  • une rencontre avec d’anciens partenaires de consommation ;
  • l’accès à de l’argent ;
  • un déplacement ;
  • une période de stress ;
  • une situation de craving ;
  • la possibilité de refuser une proposition.

Le scénario futur ne remplace pas les stratégies concrètes de prévention de la rechute.

4. EMDR sur les déclencheurs, TCC sur l’environnement

Le travail concret peut comporter :

  • retirer les produits du domicile ;
  • limiter l’accès à l’argent ;
  • bloquer certains sites ;
  • éviter temporairement certains lieux ;
  • modifier les trajets ;
  • préparer les soirées ;
  • réduire les contacts à risque ;
  • organiser des activités alternatives ;
  • travailler avec l’entourage lorsque cela est approprié.

5. EMDR sur le passé, TCC sur la prévention de la rechute

La prévention aide à repérer :

  • la fatigue ;
  • l’isolement ;
  • les conflits ;
  • le manque de sommeil ;
  • l’excès de confiance ;
  • le retour des anciennes fréquentations ;
  • l’accès facilité au produit ;
  • les pensées de permission ;
  • l’abandon des routines protectrices.

Les TCC, les interventions motivationnelles et d’autres interventions psychosociales font partie des traitements utilisés pour les troubles liés à l’alcool et aux substances. Pour la dépendance aux stimulants, l’OMS recommande notamment les TCC et la gestion des contingences

Pourquoi associer l’EMDR et les TCC ?

1. EMDR sur les racines émotionnelles, TCC sur le fonctionnement actuel

L’EMDR peut travailler :

  • les traumatismes ;
  • les pertes ;
  • les humiliations ;
  • les scènes d’impuissance ;
  • certains déclencheurs émotionnels.

Les TCC permettent d’analyser :

  • ce qui précède la conduite ;
  • ce que la personne pense ;
  • ce qu’elle ressent ;
  • ce qu’elle fait ;
  • le soulagement obtenu ;
  • les conséquences ;
  • ce qui renforce la répétition.

2. EMDR sur le souvenir, TCC sur le craving

Les TCC peuvent aider à :

  • reconnaître le craving ;
  • observer son évolution ;
  • différer l’action ;
  • éviter l’accès immédiat au produit ;
  • modifier l’environnement ;
  • développer une activité incompatible ;
  • contacter une personne ressource ;
  • utiliser un plan d’urgence.

3. EMDR sur la honte, TCC sur les pensées automatiques

Les pensées peuvent être :

  • « Je ne peux pas résister. »
  • « J’ai déjà échoué, autant continuer. »
  • « Une seule fois ne fera pas de mal. »
  • « Je dois me sentir mieux immédiatement. »
  • « Sans cela, je suis incapable de fonctionner. »

La TCC aide à rechercher des pensées plus réalistes :

  • « L’envie est forte, mais elle n’est pas une obligation. »
  • « Je peux différer de dix minutes. »
  • « Une difficulté ne m’oblige pas à abandonner tout le plan. »
  • « Le soulagement immédiat aura des conséquences. »
  • « Je peux contacter quelqu’un avant d’agir. »

 

Cinq exemples détaillés

Exemple 1 : alcool et régulation émotionnelle

Situation

Une personne consomme de l’alcool le soir pour calmer :

  • le stress ;
  • la tension ;
  • la tristesse ;
  • les pensées répétitives ;
  • les difficultés de sommeil.

Au fil du temps, les quantités augmentent et la personne perd progressivement le contrôle.

Elle pense :

  • « C’est le seul moyen de me détendre. »
  • « Je ne pourrai pas dormir sans boire. »
  • « Après ma journée, j’en ai besoin. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • une dispute ;
  • une humiliation ;
  • un deuil ;
  • une scène de solitude ;
  • un souvenir de détresse ;
  • une consommation associée à un événement traumatique ;
  • la peur de faire face à ses émotions sans alcool.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à diminuer la charge de certains souvenirs et déclencheurs émotionnels.

Il ne remplace pas l’évaluation de la dépendance ni celle du risque de sevrage.

 

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • analyser les heures et situations de consommation ;
  • repérer les pensées automatiques ;
  • différer le premier verre ;
  • préparer des alternatives ;
  • modifier les routines du soir ;
  • travailler le sommeil ;
  • prévenir la rechute.

Objectif

Apprendre à gérer les émotions autrement qu’en buvant et retrouver des moyens d’apaisement plus sûrs.

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • observer le craving ;
  • analyser les routines ;
  • identifier l’évitement émotionnel ;
  • travailler le sommeil ;
  • développer d’autres moyens d’apaisement ;
  • reprendre des activités ;
  • prévoir les situations à risque.

Objectif

Retrouver des moyens de régulation plus durables et moins dépendants du produit.

Exemple 2 : cannabis, anxiété et évitement

Situation

Une personne consomme du cannabis pour calmer :

  • l’anxiété ;
  • l’agitation ;
  • l’ennui ;
  • les difficultés à dormir ;
  • les ruminations.

La consommation devient quotidienne et remplace progressivement d’autres stratégies.

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • une expérience de stress ;
  • un conflit ;
  • une peur ;
  • un souvenir d’insécurité ;
  • la première consommation vécue comme très apaisante ;
  • une humiliation ;
  • une sensation corporelle anxieuse.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut travailler certaines sources émotionnelles de la consommation et la croyance :

« Le cannabis est indispensable pour me calmer. »

 

Exemple 3 : cocaïne et pression de performance

Situation

Une personne consomme de la cocaïne pour :

  • tenir ;
  • travailler davantage ;
  • sortir ;
  • se sentir plus forte ;
  • parler plus facilement ;
  • se sentir performante ;
  • compenser la fatigue.

Elle peut penser :

  • « Sans cela, je ne serai pas à la hauteur. »
  • « J’ai besoin d’énergie immédiatement. »
  • « Je dois assurer. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • des scènes de pression ;
  • des humiliations ;
  • des rejets ;
  • des échecs ;
  • la peur de ne pas être à la hauteur ;
  • des critiques anciennes ;
  • une soirée de consommation marquante.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à réduire la honte, l’impuissance et certaines associations émotionnelles entre performance, valeur personnelle et consommation.

 

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • repérer les situations à risque ;
  • travailler le craving ;
  • identifier les contacts associés à la consommation ;
  • réduire l’impulsivité ;
  • travailler les croyances de performance ;
  • préparer un plan de protection ;
  • restaurer le sommeil et le rythme.

Objectif

Dissocier la valeur personnelle de la performance et retrouver une stabilité moins dépendante de la stimulation chimique.

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • analyser le cycle ;
  • repérer les horaires et situations ;
  • réduire les automatismes ;
  • bloquer certains accès ;
  • différer l’impulsion ;
  • développer des alternatives ;
  • travailler les pensées ;
  • prévenir les rechutes ;
  • reconstruire une sexualité relationnelle plus choisie.

Objectif

Retrouver une sexualité et une vie relationnelle moins gouvernées par l’urgence, la honte ou la compulsion.

Exemple 4 : pornographie ou sexualité compulsive

Situation

Une personne recherche de manière répétée :

  • l’excitation ;
  • l’apaisement ;
  • l’évasion ;
  • la réassurance ;
  • une sensation d’être désirée ;
  • l’oubli de la solitude.

La conduite continue malgré :

  • la culpabilité ;
  • les mensonges ;
  • les conséquences conjugales ;
  • les dépenses ;
  • la perte de temps ;
  • la diminution de la sexualité partagée.

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • la solitude ;
  • le rejet ;
  • la honte ;
  • une scène traumatique ;
  • une exposition sexuelle précoce ;
  • une blessure d’abandon ;
  • une humiliation corporelle ;
  • une rupture.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut travailler :

  • la honte ;
  • certaines images ;
  • la détresse émotionnelle ;
  • certains déclencheurs ;
  • des blessures relationnelles.

 

Exemple 5 : jeux d’argent ou achats compulsifs

Situation

Une personne ressent une montée de tension, d’excitation, de vide ou un besoin d’évasion qui conduit au jeu ou à l’achat.

Elle peut penser :

  • « Je vais me refaire. »
  • « Cette fois sera différente. »
  • « Acheter me permettra d’aller mieux. »
  • « J’ai besoin de cette excitation. »
  • « Je réglerai les conséquences plus tard. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • un manque affectif ;
  • une humiliation ;
  • un sentiment de vide ;
  • une perte financière marquante ;
  • un gain important ;
  • une scène d’échec ;
  • un stress ;
  • une période de solitude.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut travailler :

  • certains déclencheurs émotionnels ;
  • la honte ;
  • la recherche de compensation ;
  • certains souvenirs associés à l’excitation ou à la perte.

 

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • analyser les envies ;
  • différer l’impulsion ;
  • limiter l’accès à l’argent ;
  • sécuriser les comptes ;
  • exclure ou bloquer l’accès aux plateformes ;
  • restructurer les pensées liées au gain ;
  • mettre en place des alternatives ;
  • préparer la prévention de la rechute.

Objectif

Réduire la compulsion et retrouver une relation plus libre à l’argent, au manque, à l’excitation et aux émotions.

Une approche individualisée

Toutes les personnes n’ont pas besoin du même objectif ni du même rythme.

La prise en charge dépend notamment :

  • du produit ou du comportement ;
  • du niveau de dépendance ;
  • des risques physiques ;
  • de la situation familiale ;
  • du contexte social ;
  • des traumatismes ;
  • de la motivation ;
  • des ressources ;
  • des traitements en cours.

L’EMDR peut compléter la prise en charge lorsqu’un vécu émotionnel ou traumatique alimente la conduite.

Les TCC aident à modifier durablement le fonctionnement actuel.

Les soins médicaux protègent la santé et sécurisent certains sevrages.

Le soutien social aide à sortir de l’isolement.

L’objectif n’est pas de moraliser ni de réduire la personne à son addiction. Il consiste à comprendre le cycle, diminuer les risques, apaiser la souffrance et reconstruire une vie plus libre, plus stable et davantage alignée avec ses valeurs.

Comment se déroule la prise en charge ?

Première étape : comprendre

L’évaluation peut porter sur :

  • le type de produit ou de comportement ;
  • l’ancienneté ;
  • la fréquence ;
  • les quantités ;
  • les déclencheurs ;
  • le craving ;
  • les conséquences ;
  • les tentatives d’arrêt ;
  • les périodes de contrôle ;
  • les ressources ;
  • les soutiens ;
  • les risques médicaux ;
  • les troubles associés.

Évaluer la sécurité

L’évaluation doit également prendre en compte :

  • le risque de sevrage ;
  • les mélanges de substances ;
  • les accidents ;
  • les prises de risque ;
  • l’état physique ;
  • le sommeil ;
  • l’humeur ;
  • l’anxiété ;
  • les traumatismes ;
  • les idées suicidaires ;
  • les violences ;
  • les dettes ;
  • la sécurité de l’entourage.

Construire la prise en charge

Selon la situation, l’accompagnement peut associer :

  • psychoéducation ;
  • entretien motivationnel ;
  • réduction des risques ;
  • coordination médicale ;
  • stabilisation ;
  • EMDR sur certaines cibles ;
  • TCC ;
  • analyse fonctionnelle ;
  • gestion du craving ;
  • activation comportementale ;
  • modification de l’environnement ;
  • travail sur les émotions ;
  • travail avec l’entourage ;
  • prévention de la rechute.

Prévenir la rechute

Le plan peut comprendre :

  • les signes d’alerte ;
  • les situations à risque ;
  • les pensées de permission ;
  • les personnes à contacter ;
  • les actions immédiates ;
  • les lieux à éviter ;
  • les moyens de protéger l’argent ;
  • les alternatives ;
  • le sommeil ;
  • les activités protectrices ;
  • les démarches médicales nécessaires.

Une rechute ne signifie pas nécessairement que tout le traitement a échoué.

Elle doit être analysée afin de comprendre :

  • le déclencheur ;
  • ce qui manquait dans le plan ;
  • les décisions prises avant la conduite ;
  • les ressources qui auraient pu être mobilisées ;
  • les adaptations à apporter.