TCC et troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité TDA/H à Oyonnax et en visio
5.9% des moins de 18 ans et 2.8% des adultes. Il semble plus fréquent chez les garçons que les filles.
Quel peut être le retentissement du TDA(H) ?
Dans la vie professionnelle
La personne peut rencontrer des difficultés pour :
- respecter les délais ;
- rédiger des rapports ;
- organiser les priorités ;
- suivre des réunions longues ;
- gérer les courriels ;
- terminer les tâches administratives ;
- éviter les interruptions ;
- maintenir un rythme régulier ;
- arriver à l’heure ;
- s’adapter aux tâches peu stimulantes.
Elle peut être très créative, réactive et efficace dans l’urgence, mais éprouver des difficultés à maintenir une organisation stable.
Dans les études et les formations
Le TDA(H) peut entraîner :
- une difficulté à prendre des notes ;
- des oublis d’échéances ;
- une préparation tardive ;
- une lecture lente ou discontinue ;
- des révisions irrégulières ;
- une difficulté à préparer un mémoire ;
- des abandons de formation ;
- un épuisement lié aux compensations.
Dans la vie quotidienne
La personne peut :
- oublier de payer une facture ;
- perdre ses clés ;
- accumuler du rangement ;
- oublier des courses ;
- commencer plusieurs tâches ménagères ;
- avoir du mal à préparer un repas ;
- négliger les démarches ;
- oublier un traitement ;
- se sentir constamment débordée.
Dans la vie relationnelle
Les proches peuvent interpréter certaines difficultés comme :
- un manque d’écoute ;
- de l’indifférence ;
- de l’égoïsme ;
- un manque de fiabilité ;
- une absence d’effort.
La personne peut interrompre, oublier une conversation ou ne pas réaliser une tâche promise, sans que cela signifie qu’elle ne se soucie pas de l’autre.
Sur l’estime de soi
Après des années de difficultés, la personne peut penser :
- « Je suis paresseux. »
- « Je suis incapable de m’organiser. »
- « Je ne termine jamais rien. »
- « Je déçois tout le monde. »
- « Je pourrais réussir si je faisais vraiment un effort. »
- « Je suis moins adulte que les autres. »
Le diagnostic, lorsqu’il est correctement posé, peut permettre de relire le parcours sans réduire la personne à ses erreurs.
Le diagnostic du TDA(H) chez l’adulte
Le diagnostic ne repose pas uniquement sur un questionnaire ou sur la présence d’oublis.
L’évaluation tient notamment compte :
- des difficultés actuelles ;
- de leur présence pendant l’enfance ;
- de leur manifestation dans plusieurs contextes ;
- de leur retentissement ;
- des stratégies de compensation ;
- du parcours scolaire et professionnel ;
- de l’état émotionnel ;
- du sommeil ;
- des consommations ;
- des traitements ;
- des autres hypothèses possibles.
D’autres situations peuvent provoquer ou aggraver des difficultés d’attention :
- anxiété ;
- dépression ;
- trouble du sommeil ;
- traumatisme ;
- épuisement professionnel ;
- consommation de substances ;
- trouble bipolaire ;
- trouble du spectre de l’autisme ;
- difficultés cognitives ou médicales.
Une évaluation médicale et clinique individualisée est donc nécessaire.
TDA(H) chez l’adulte : comprendre les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité et l’apport des TCC
Qu’est-ce que le TDA(H) chez l’adulte ?
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, souvent abrégé TDAH ou TDA(H), est un trouble neurodéveloppemental. Il concerne principalement :
- l’attention ;
- l’organisation ;
- la gestion du temps ;
- le contrôle des impulsions ;
- la régulation du niveau d’activité ;
- la gestion des émotions ;
- les fonctions exécutives.
Le TDA(H) commence pendant l’enfance, même s’il peut ne pas avoir été identifié à cette période. Chez certaines personnes, les difficultés deviennent plus visibles à l’âge adulte lorsque les responsabilités augmentent : études supérieures, emploi, démarches administratives, vie familiale, parentalité ou gestion du logement.
Le TDA(H) ne correspond pas à un manque de volonté, de sérieux, d’intelligence ou de motivation. La personne peut vouloir réussir, mais rencontrer des difficultés persistantes pour mobiliser son attention, démarrer une tâche, organiser les étapes, résister aux distractions ou maintenir un effort jusqu’à la fin.
Les différentes présentations du TDA(H)
Le TDA(H) peut se présenter de plusieurs manières.
Présentation principalement inattentive
Les difficultés concernent surtout :
- la concentration ;
- les oublis ;
- la désorganisation ;
- la procrastination ;
- la difficulté à terminer ;
- la perte d’objets ;
- la gestion du temps ;
- la dispersion.
L’hyperactivité motrice peut être discrète ou absente. Cette présentation peut être repérée tardivement, notamment chez les personnes calmes, rêveuses ou très compensées.
Présentation principalement hyperactive et impulsive
La personne peut présenter :
- une agitation corporelle ;
- une impatience importante ;
- une difficulté à attendre ;
- une tendance à interrompre ;
- une prise de décision rapide ;
- un besoin constant d’activité ;
- une difficulté à rester assise ;
- une recherche de stimulation.
Chez l’adulte, l’hyperactivité est parfois ressentie comme une agitation intérieure plutôt que comme un mouvement permanent visible.
Présentation combinée
La personne présente à la fois des difficultés d’attention et des manifestations d’hyperactivité ou d’impulsivité.
Le profil peut évoluer avec l’âge et varier selon les contextes. Certaines difficultés sont très visibles au travail, mais moins présentes dans une activité passionnante ou stimulante.
Quels sont les signes fréquents chez l’adulte ?
Difficultés d’attention
La personne peut :
- perdre le fil d’une conversation ;
- relire plusieurs fois un texte ;
- oublier les consignes ;
- être facilement distraite ;
- avoir du mal à maintenir son attention ;
- passer d’une tâche à une autre ;
- commettre des erreurs d’inattention ;
- oublier ce qu’elle était venue faire ;
- perdre régulièrement ses affaires ;
- ne pas terminer ce qu’elle a commencé.
Elle peut néanmoins rester très concentrée pendant longtemps sur une activité fortement intéressante. Ce phénomène, parfois appelé hyperfocalisation, ne contredit pas les difficultés d’attention. Le problème concerne surtout la régulation volontaire de l’attention.
Difficultés d’organisation
La personne peut avoir du mal à :
- hiérarchiser les priorités ;
- estimer la durée d’une tâche ;
- anticiper les étapes ;
- gérer plusieurs échéances ;
- préparer le matériel ;
- classer les documents ;
- tenir un agenda ;
- maintenir un espace organisé ;
- passer de l’intention à l’action.
Elle peut connaître parfaitement ce qu’elle devrait faire sans réussir à le mettre en œuvre de manière régulière.
Procrastination et difficulté à démarrer
La personne peut repousser les tâches :
- longues ;
- répétitives ;
- administratives ;
- peu stimulantes ;
- complexes ;
- émotionnellement inconfortables.
Elle peut attendre l’urgence pour commencer, car la pression augmente temporairement le niveau d’activation et facilite le passage à l’action.
Le cycle devient souvent :
Tâche peu stimulante ou difficile
→ ennui, tension ou découragement
→ évitement
→ soulagement immédiat
→ retard
→ urgence
→ travail précipité
→ fatigue et culpabilité.
Difficulté à terminer
Certaines personnes commencent de nombreux projets, mais perdent progressivement leur intérêt.
Elles peuvent :
- laisser des tâches inachevées ;
- changer de projet ;
- s’arrêter lorsqu’une activité devient répétitive ;
- sous-estimer les dernières étapes ;
- ne pas ranger après avoir terminé ;
- oublier d’envoyer le document final.
Difficultés liées au temps
La personne peut :
- sous-estimer la durée ;
- partir trop tard ;
- oublier un rendez-vous ;
- arriver en retard ;
- perdre la notion du temps ;
- consacrer plusieurs heures à une tâche secondaire ;
- ne pas anticiper les transitions.
Le temps peut être vécu essentiellement selon deux catégories :
« maintenant » et « plus tard ».
Hyperactivité ou agitation intérieure
Chez l’adulte, l’hyperactivité peut se manifester par :
- un besoin de bouger ;
- une difficulté à rester assis ;
- des gestes fréquents ;
- une tendance à parler beaucoup ;
- une sensation de moteur intérieur ;
- un besoin de stimulation ;
- une difficulté à se reposer ;
- une multiplication des activités.
La personne peut ressentir de la culpabilité lorsqu’elle ne fait rien ou avoir besoin d’écouter de la musique, de manipuler un objet ou de marcher pour rester attentive.
Impulsivité
L’impulsivité peut entraîner :
- des interruptions ;
- des achats non prévus ;
- des décisions rapides ;
- des messages envoyés sous le coup de l’émotion ;
- une difficulté à attendre ;
- une conduite imprudente ;
- des changements professionnels répétés ;
- une difficulté à différer une récompense ;
- des comportements à risque.
Difficultés émotionnelles
Le TDA(H) peut s’accompagner d’une régulation émotionnelle difficile.
La personne peut ressentir :
- une frustration rapide ;
- une irritabilité ;
- une sensibilité à la critique ;
- une colère intense mais brève ;
- une difficulté à redescendre émotionnellement ;
- une honte liée aux erreurs ;
- un sentiment d’échec ;
- une forte autocritique.
Ces difficultés peuvent être renforcées par les expériences répétées de reproches, d’incompréhension ou de comparaison.
Quels sont les apports des TCC chez l’adulte présentant un TDA(H) ?
Les thérapies cognitives et comportementales ne modifient pas le fonctionnement neurodéveloppemental de la personne. Elles l’aident à mieux le comprendre, à diminuer le retentissement des difficultés et à développer des stratégies concrètes.
Les objectifs peuvent concerner :
- l’organisation ;
- la gestion du temps ;
- le démarrage des tâches ;
- la procrastination ;
- l’attention ;
- l’impulsivité ;
- les émotions ;
- l’estime de soi ;
- les relations ;
- les routines.
Comprendre son propre fonctionnement
La personne apprend à repérer :
- les situations où elle fonctionne bien ;
- les tâches qui provoquent l’évitement ;
- les sources de distraction ;
- les moments de meilleure attention ;
- l’effet de la fatigue ;
- les déclencheurs émotionnels ;
- les stratégies déjà efficaces.
L’objectif n’est pas d’appliquer une méthode identique à tout le monde, mais de construire un fonctionnement réaliste.
Externaliser les informations
Pour ne pas dépendre uniquement de la mémoire, la personne peut utiliser :
- un agenda unique ;
- des alarmes ;
- un calendrier ;
- des listes ;
- des rappels visuels ;
- des applications ;
- des tableaux de suivi ;
- un emplacement fixe pour les objets ;
- une liste quotidienne courte.
Les outils doivent rester simples. Multiplier les applications et les carnets peut créer une nouvelle forme de désorganisation.
Définir les priorités
Une journée peut être organisée autour de trois catégories :
- essentiel aujourd’hui ;
- important mais planifiable ;
- non prioritaire.
La personne peut sélectionner un nombre limité d’objectifs réalistes plutôt que construire une liste impossible à terminer.
Fractionner les tâches
Une tâche comme « faire la comptabilité » peut être découpée en :
- ouvrir le dossier ;
- réunir les documents ;
- classer un mois ;
- vérifier les pièces manquantes ;
- envoyer un message ;
- ranger le dossier.
Chaque étape doit être suffisamment précise pour pouvoir être commencée immédiatement.
Utiliser la règle des cinq minutes
La personne s’engage à commencer pendant cinq minutes seulement.
L’objectif peut être :
- ouvrir le document ;
- écrire le titre ;
- lire le premier courriel ;
- ranger cinq objets ;
- faire le premier appel.
La motivation apparaît souvent après le début de l’action.
Travailler par périodes courtes
Des séquences de travail courtes peuvent être utilisées :
- vingt-cinq minutes de travail ;
- cinq minutes de pause ;
- reprise pour une nouvelle séquence.
La durée est adaptée à la personne. Certaines fonctionnent mieux avec dix ou quinze minutes.
Réduire les distractions
Les stratégies peuvent comprendre :
- téléphone en mode silencieux ;
- notifications désactivées ;
- une seule fenêtre ouverte ;
- matériel préparé ;
- bureau dégagé ;
- casque ou bruit neutre ;
- plages sans courriel ;
- travail dans un lieu calme.
Gérer l’impulsivité
La personne peut apprendre une séquence :
Stop → respirer → nommer l’émotion → vérifier les conséquences → choisir l’action.
Pour les messages conflictuels, une règle peut être :
« Je rédige, mais je n’envoie pas immédiatement. »
Travailler les pensées automatiques
Pensée
« Je suis incapable de m’organiser. »
Pensée alternative
« J’ai besoin d’outils visibles et de tâches plus courtes pour m’organiser. »
Pensée
« Si je ne termine pas tout, ma journée est ratée. »
Pensée alternative
« Terminer deux priorités importantes constitue déjà une journée utile. »
Pensée
« Je devrais réussir sans aide. »
Pensée alternative
« Utiliser une alarme ou une checklist me rend plus autonome. »
Réguler les émotions
Le travail peut comprendre :
- identifier les déclencheurs ;
- ralentir la réaction ;
- différencier émotion et action ;
- respirer ;
- prendre une pause ;
- formuler une demande ;
- développer la tolérance à la frustration ;
- réduire l’autocritique.
Restaurer l’estime de soi
L’accompagnement cherche à distinguer :
- les difficultés liées au TDA(H) ;
- les compétences ;
- les valeurs ;
- les réussites ;
- les stratégies de compensation ;
- l’identité globale de la personne.
4. « Je coupe la parole et cela crée des conflits »
La personne a peur d’oublier son idée et intervient immédiatement.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- noter un mot-clé ;
- attendre deux secondes ;
- écouter la phrase jusqu’au bout ;
- reformuler avant de répondre ;
- repérer l’impatience corporelle ;
- utiliser des jeux de rôle ;
- reconnaître et réparer après une interruption.
5. « Je me sens constamment nul et débordé »
La personne compare ses difficultés au fonctionnement des autres et ne voit plus ses réussites.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- identifier les pensées autocritiques ;
- relever les réussites quotidiennes ;
- définir des objectifs réalistes ;
- diminuer la surcharge ;
- reconnaître les besoins de repos ;
- utiliser l’autocompassion ;
- valoriser les compétences créatives et relationnelles.
Une démarche personnalisée
Le TDA(H) peut être associé à des forces telles que :
- créativité ;
- énergie ;
- curiosité ;
- intuition ;
- capacité d’improvisation ;
- enthousiasme ;
- sensibilité ;
- engagement intense dans les activités intéressantes.
L’objectif de l’accompagnement n’est pas de transformer la personne en quelqu’un de parfaitement organisé ou constamment concentré. Il est de l’aider à mieux connaître son fonctionnement, à réduire la souffrance et à construire un quotidien plus stable.
Les informations de cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation médicale, psychiatrique, psychologique ou neuropsychologique individualisée.
Cinq exemples d’accompagnement en TCC chez l’adulte
1. « Je n’arrive pas à terminer mon rapport »
La personne ouvre le document, consulte ses courriels, répond à un message puis oublie son objectif.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- découper le rapport en petites étapes ;
- définir une première action ;
- fermer la messagerie ;
- utiliser un minuteur ;
- travailler dans un espace sans notification ;
- noter les idées parasites sur une feuille ;
- prévoir une heure de fin.
Pensée alternative :
« Je n’ai pas besoin de terminer le rapport maintenant. Je dois uniquement rédiger la première partie. »
2. « J’oublie tous mes rendez-vous »
La personne utilise plusieurs agendas et oublie de les consulter.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- choisir un seul agenda ;
- inscrire immédiatement chaque rendez-vous ;
- utiliser deux rappels ;
- vérifier l’agenda à heure fixe ;
- préparer les documents la veille ;
- prévoir le temps de trajet ;
- créer une routine quotidienne de vérification.
3. « Je reporte toutes les démarches administratives »
La tâche paraît longue, confuse et peu stimulante.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- choisir une seule démarche ;
- préparer uniquement les documents ;
- commencer pendant cinq minutes ;
- effectuer l’appel ou le formulaire dans un créneau précis ;
- demander une aide ciblée ;
- prévoir une récompense réaliste ;
- noter la démarche terminée.
TDA(H) chez l’enfant : comprendre les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité et l’apport des TCC
Quel peut être le retentissement ?
Difficultés scolaires
L’enfant peut avoir des capacités adaptées, mais obtenir des résultats irréguliers.
Il peut réussir une tâche un jour et sembler incapable de la refaire le lendemain.
Fatigue
La concentration demande beaucoup d’efforts. L’enfant peut être épuisé après l’école.
Conflits
Les rappels, devoirs et routines peuvent provoquer des tensions quotidiennes.
Baisse de confiance
L’enfant peut entendre :
- « Fais attention. »
- « Arrête de bouger. »
- « Tu pourrais si tu voulais. »
- « Tu ne fais aucun effort. »
- « Tu es toujours dans la lune. »
- « Tu es pénible. »
Il peut progressivement penser :
- « Je suis nul. »
- « Je fais toujours tout mal. »
- « La maîtresse ne m’aime pas. »
- « Je suis méchant. »
- « Je n’y arriverai jamais. »
Rejet social
L’impulsivité, l’agitation ou les réactions émotionnelles peuvent compliquer les relations, même lorsque l’enfant souhaite avoir des amis.
Comment se déroule l’évaluation ?
Le diagnostic repose sur une évaluation complète.
Elle peut prendre en compte :
- le développement ;
- le comportement à la maison ;
- le fonctionnement scolaire ;
- les relations ;
- le sommeil ;
- les apprentissages ;
- les émotions ;
- les antécédents familiaux ;
- les questionnaires remplis par plusieurs adultes ;
- les autres hypothèses possibles.
Des difficultés d’attention peuvent également être associées à :
- un trouble anxieux ;
- un trouble du sommeil ;
- une dépression ;
- un trouble des apprentissages ;
- un TSA ;
- un traumatisme ;
- des difficultés sensorielles ;
- une situation familiale ou scolaire difficile.
Le diagnostic ne doit pas être posé à partir d’un seul comportement ou d’une simple observation.
Qu’est-ce que le TDA(H) chez l’enfant ?
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité est un trouble neurodéveloppemental qui apparaît pendant l’enfance.
Il peut concerner :
- l’attention ;
- la concentration ;
- l’organisation ;
- l’impulsivité ;
- la gestion du niveau d’activité ;
- les émotions ;
- les fonctions exécutives.
Tous les enfants peuvent être occasionnellement distraits, agités ou impatients. Dans le TDA(H), les difficultés sont plus fréquentes, plus persistantes et entraînent un retentissement important dans plusieurs domaines de vie.
Le TDA(H) n’est pas :
- un caprice ;
- un manque d’éducation ;
- un manque d’intelligence ;
- une absence de volonté ;
- la conséquence automatique des écrans ;
- une simple agitation.
L’enfant peut vouloir respecter une consigne, rester assis ou terminer un exercice, mais ne pas parvenir à mobiliser suffisamment les capacités nécessaires au bon moment.
Les différentes présentations
Présentation principalement inattentive
L’enfant peut :
- rêver ;
- sembler ne pas écouter ;
- perdre ses affaires ;
- oublier les consignes ;
- faire des erreurs d’inattention ;
- terminer difficilement ;
- être lent ;
- se désorganiser ;
- avoir besoin de nombreux rappels.
Il peut être calme et ne pas déranger la classe. Ses difficultés risquent alors d’être repérées plus tardivement.
Présentation principalement hyperactive et impulsive
L’enfant peut :
- bouger beaucoup ;
- se lever ;
- parler fréquemment ;
- courir ;
- toucher les objets ;
- attendre difficilement ;
- interrompre ;
- agir avant de réfléchir ;
- avoir du mal à jouer calmement.
Présentation combinée
L’enfant présente à la fois des difficultés d’attention et des manifestations d’hyperactivité ou d’impulsivité.
Comment le TDA(H) peut-il se manifester ?
À l’école
L’enfant peut :
- ne pas terminer les exercices ;
- oublier une partie de la consigne ;
- se lever ;
- parler sans attendre ;
- perdre son matériel ;
- regarder ailleurs ;
- copier lentement ;
- sauter des questions ;
- oublier les devoirs ;
- faire des erreurs malgré de bonnes connaissances ;
- déranger les autres sans intention de nuire.
Pendant les devoirs
Les parents peuvent observer :
- un démarrage difficile ;
- des négociations ;
- des déplacements fréquents ;
- des oublis de matériel ;
- une concentration très courte ;
- des crises ;
- une fatigue rapide ;
- un temps de devoir excessif ;
- une dépendance à la présence d’un adulte ;
- une difficulté à mémoriser.
Dans les relations
L’enfant peut :
- interrompre ;
- imposer son idée ;
- attendre difficilement son tour ;
- réagir fortement à la frustration ;
- s’approcher trop près ;
- provoquer sans mesurer l’effet ;
- perdre rapidement ses amis ;
- se sentir rejeté ;
- avoir du mal à réparer après un conflit.
Dans la vie familiale
Les difficultés peuvent concerner :
- le rangement ;
- la préparation du matin ;
- les repas ;
- l’habillement ;
- l’heure du coucher ;
- la gestion des écrans ;
- les transitions ;
- le respect des consignes ;
- les disputes entre frères et sœurs.
Dans les émotions
L’enfant peut présenter :
- des colères rapides ;
- des pleurs ;
- une frustration intense ;
- une difficulté à attendre ;
- une hypersensibilité aux remarques ;
- une honte après les crises ;
- une anxiété ;
- une faible estime de soi.
Les fonctions exécutives chez l’enfant
Le TDA(H) peut affecter plusieurs fonctions exécutives.
L’inhibition
L’enfant a du mal à arrêter une réponse immédiate.
Il peut parler, toucher ou agir avant d’avoir eu le temps de réfléchir.
La mémoire de travail
Il peut oublier une consigne alors qu’il souhaite la respecter.
La planification
Il peut ne pas savoir dans quel ordre réaliser une activité.
La gestion du temps
Il peut ne pas percevoir combien de temps reste disponible.
La flexibilité
Il peut avoir du mal à accepter une modification ou à changer de stratégie.
L’autorégulation émotionnelle
Il peut ressentir une émotion rapidement et intensément, puis mettre du temps à retrouver son calme.
Quels sont les apports des TCC chez l’enfant ?
L’accompagnement est adapté à l’âge et repose souvent sur :
- la psychoéducation ;
- des outils visuels ;
- des routines ;
- des exercices concrets ;
- la guidance parentale ;
- la collaboration avec l’école ;
- la gestion des émotions ;
- le renforcement positif.
L’objectif n’est pas de demander à l’enfant de contrôler seul son fonctionnement. L’environnement doit également être adapté.
Expliquer le TDA(H) à l’enfant
L’enfant peut apprendre que son cerveau a parfois besoin :
- de consignes plus courtes ;
- de mouvement ;
- de pauses ;
- de repères visibles ;
- de temps ;
- d’un environnement moins distracteur ;
- d’aide pour organiser les étapes.
Cette explication doit éviter de réduire l’enfant à son diagnostic.
Donner une consigne à la fois
Une consigne complexe peut être remplacée par :
- prends ton cahier ;
- ouvre à la bonne page ;
- fais le premier exercice ;
- viens montrer.
L’adulte peut demander à l’enfant de reformuler la consigne.
Utiliser des supports visuels
Les outils peuvent comprendre :
- un planning ;
- des pictogrammes ;
- une checklist ;
- un minuteur ;
- des codes couleur ;
- une liste du matin ;
- une liste du cartable ;
- un tableau des routines.
Fractionner les tâches
Une page entière peut être découpée en petits blocs.
L’enfant peut réaliser quelques questions, faire une pause courte, puis reprendre.
Utiliser le renforcement positif
Le renforcement porte sur un comportement précis :
- avoir commencé ;
- être resté assis cinq minutes ;
- avoir levé la main ;
- avoir préparé son matériel ;
- avoir attendu son tour ;
- avoir repris après une erreur.
Il est plus utile de dire :
« Tu as attendu que ton camarade termine avant de parler. »
que :
« Tu as été sage. »
Apprendre la pause avant l’action
Une séquence simple peut être enseignée :
Stop → je respire → je regarde → je choisis.
Elle peut être représentée par une carte ou un feu tricolore.
Travailler les émotions
L’enfant peut apprendre à :
- nommer son émotion ;
- utiliser une échelle ;
- reconnaître les signes corporels ;
- prendre une pause ;
- respirer ;
- demander de l’aide ;
- revenir réparer après une crise.
Développer l’autonomie
L’adulte peut progressivement diminuer son aide :
- montrer ;
- faire ensemble ;
- donner un indice ;
- laisser faire avec une checklist ;
- vérifier uniquement à la fin.
Collaborer avec l’école
Les aménagements peuvent comprendre, selon les besoins :
- une place limitant les distractions ;
- des consignes courtes ;
- une vérification de la compréhension ;
- un support écrit ;
- un temps fractionné ;
- des pauses motrices ;
- une réduction de la quantité sans diminuer l’objectif pédagogique ;
- un code discret avec l’enseignant ;
- une valorisation des progrès ;
- un emploi du temps visible.
5. « Il coupe la parole et se dispute en classe »
L’enfant intervient dès qu’une idée apparaît, de peur de l’oublier.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- lever la main ;
- noter ou dessiner rapidement l’idée ;
- attendre un signal ;
- utiliser un objet discret pour patienter ;
- pratiquer des jeux de rôle ;
- apprendre à reformuler ;
- valoriser chaque attente réussie.
Le rôle des parents
Les parents peuvent aider en :
- donnant des consignes claires ;
- évitant les longs discours ;
- préparant les transitions ;
- valorisant les progrès ;
- utilisant des conséquences prévisibles ;
- maintenant des routines ;
- laissant du mouvement ;
- protégeant le sommeil ;
- collaborant avec l’école ;
- évitant les étiquettes.
La fermeté peut être associée à la bienveillance.
Le parent peut dire :
« Je comprends que ce soit difficile. La règle reste la même et je vais t’aider à faire la première étape. »
Valoriser les forces de l’enfant
L’enfant peut également présenter :
- créativité ;
- curiosité ;
- énergie ;
- spontanéité ;
- imagination ;
- enthousiasme ;
- sens de l’humour ;
- intuition ;
- capacité à s’investir fortement dans ses intérêts.
L’accompagnement vise à réduire les difficultés sans définir l’enfant uniquement par son TDA(H).
Les informations de cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation médicale, pédopsychiatrique, psychologique, neuropsychologique ou pédagogique individualisée.
Cinq exemples d’accompagnement en TCC chez l’enfant
1. « Il ne commence jamais ses devoirs »
L’enfant tourne autour de la table, cherche son matériel et se met en colère.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- une heure régulière ;
- un espace préparé ;
- une seule consigne ;
- une première tâche de cinq minutes ;
- un minuteur ;
- une pause ;
- un renforcement après le démarrage.
Phrase possible :
« Tu n’as pas besoin de faire tous les devoirs maintenant. Commence seulement par écrire la date. »
2. « Sa chambre est constamment en désordre »
La consigne « range ta chambre » est trop globale.
Apport des TCC
La tâche peut être découpée :
- mettre les vêtements dans le panier ;
- ranger les livres ;
- mettre les jouets dans deux boîtes ;
- jeter les papiers ;
- arrêter après dix minutes.
Des photographies du rangement attendu peuvent être utilisées.
3. « Il explose lorsqu’on lui dit non »
L’enfant ressent une frustration intense et agit immédiatement.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- reconnaître les signes de montée ;
- utiliser une échelle de colère ;
- enseigner la pause ;
- respirer ;
- quitter temporairement la situation ;
- revenir exprimer la demande ;
- réparer après la crise ;
- renforcer les moments de contrôle.
4. « Il oublie toujours son cartable ou son matériel »
L’enfant connaît ce qu’il doit prendre mais oublie plusieurs étapes.
Apport des TCC
Les outils peuvent inclure :
- une checklist illustrée ;
- un rangement fixe ;
- la préparation la veille ;
- une couleur par matière ;
- une vérification avant de partir ;
- un rappel visuel près de la porte ;
- une diminution progressive de l’aide parentale.