TCC et addiction à l’usage d’internet à Oyonnax et en visio
L’addiction à l’usage d’internet, ou usage problématique d’internet, se manifeste par une difficulté à limiter le temps passé en ligne, malgré les conséquences sur le sommeil, le travail, les études, la vie familiale, les relations, l’attention, l’humeur ou l’estime de soi.
Internet peut être utilisé pour chercher des informations, regarder des vidéos, consulter les réseaux sociaux, faire défiler des contenus, jouer, acheter, discuter, travailler, vérifier, se distraire ou éviter certaines émotions. Le problème apparaît lorsque l’usage devient automatique, compulsif, difficile à interrompre ou utilisé comme principal moyen de fuir l’ennui, l’anxiété, la solitude, le stress ou les responsabilités.
Les thérapies cognitives et comportementales, ou TCC, permettent de mieux comprendre les mécanismes qui entretiennent l’usage problématique d’internet : déclencheurs émotionnels, perte de contrôle, procrastination, recherche de soulagement, récompense immédiate, évitement, pensées de permission, sommeil perturbé et prévention des rechutes.
Au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax, Florence CHATENET propose un accompagnement orienté TCC pour les personnes confrontées à un usage excessif d’internet, à une navigation compulsive, à une perte de temps en ligne, à une difficulté à décrocher des écrans ou à un usage numérique devenu envahissant.
Les séances peuvent avoir lieu en présentiel à Oyonnax, dans l’Ain, ou en visioconférence partout en France. La visio permet également d’accompagner les expatriés et les personnes francophones vivant à l’étranger, lorsqu’elles souhaitent consulter en français.
Quelles peuvent être les conséquences ?
Sommeil et fatigue
L’utilisation d’Internet peut retarder le coucher, notamment lorsque la personne fait défiler des contenus, regarde des vidéos ou poursuit une conversation.
Les conséquences peuvent comprendre :
- un endormissement retardé ;
- une diminution de la durée du sommeil ;
- une difficulté à se lever ;
- une fatigue au réveil ;
- une baisse de concentration ;
- une irritabilité ;
- un besoin accru de stimulation le lendemain.
Le cycle peut devenir :
Fatigue → diminution du contrôle → navigation passive → coucher retardé → fatigue plus importante.
Travail et études
L’usage problématique peut entraîner :
- une difficulté à commencer une tâche ;
- une procrastination ;
- des interruptions fréquentes ;
- une perte de concentration ;
- des retards ;
- une diminution de la productivité ;
- des travaux non terminés ;
- une utilisation cachée pendant les cours ou le travail ;
- une baisse des résultats.
Relations sociales et familiales
La personne peut être physiquement présente mais mentalement absorbée par son écran.
Les conséquences peuvent comprendre :
- une diminution des conversations ;
- des conflits ;
- un sentiment d’être ignoré chez les proches ;
- l’utilisation du téléphone pendant les repas ;
- une baisse de disponibilité émotionnelle ;
- un retrait des activités partagées ;
- un isolement ;
- une préférence croissante pour les interactions numériques.
Santé physique
Une utilisation prolongée peut contribuer à :
- la sédentarité ;
- des douleurs cervicales ou dorsales ;
- une fatigue visuelle ;
- des maux de tête ;
- une diminution de l’activité physique ;
- une alimentation désorganisée ;
- un sommeil insuffisant.
Santé psychologique
L’usage problématique d’Internet est associé dans les études à différentes difficultés psychologiques, notamment l’anxiété, la dépression, la solitude, les troubles du sommeil et les difficultés attentionnelles. Ces associations ne prouvent pas que l’utilisation d’Internet est toujours la cause : une personne peut utiliser Internet pour apaiser une difficulté déjà présente, puis contribuer involontairement à l’entretenir.
Tolérance et réactions lors de la réduction
Certaines personnes décrivent :
- le besoin de rester connectées plus longtemps ;
- une recherche de contenus plus stimulants ;
- une difficulté croissante à apprécier des activités hors ligne ;
- une irritabilité lorsqu’elles essaient de réduire ;
- une agitation ;
- un ennui intense ;
- une impression de vide ;
- une peur de manquer quelque chose.
Ces manifestations ne correspondent pas nécessairement à un sevrage comparable à celui d’une substance. Elles peuvent néanmoins rendre la diminution difficile.
Usage problématique général ou trouble spécifique ?
Une évaluation précise doit rechercher si la difficulté concerne principalement :
- les jeux vidéo ;
- les réseaux sociaux ;
- le smartphone ;
- la pornographie ;
- les achats ;
- les jeux d’argent ;
- les actualités ;
- le travail ;
- la navigation générale.
Cette distinction est importante, car les mécanismes, les risques et les objectifs thérapeutiques ne sont pas identiques.
Le trouble du jeu vidéo possède des critères spécifiques dans la CIM-11 : perte de contrôle, priorité accrue donnée au jeu et poursuite malgré les conséquences négatives.
Quelles difficultés peuvent être associées ?
L’usage problématique peut masquer ou aggraver :
- un trouble anxieux ;
- une dépression ;
- un TDAH ;
- une anxiété sociale ;
- un trouble du sommeil ;
- une faible estime de soi ;
- une solitude ;
- un harcèlement ;
- des difficultés familiales ;
- un épuisement professionnel ;
- un autre comportement compulsif.
Le traitement ne doit donc pas porter seulement sur le temps d’écran. Il doit aussi prendre en charge ce qui rend la connexion nécessaire ou difficile à contrôler.
Quand l’utilisation d’Internet devient difficile à contrôler
Internet occupe une place importante dans la vie quotidienne. Il permet de travailler, d’étudier, de communiquer, de se divertir, de s’informer, d’effectuer des achats ou des démarches et de maintenir des relations.
Passer beaucoup de temps en ligne ne signifie donc pas automatiquement qu’une personne présente une addiction. Le temps d’écran doit toujours être interprété en fonction des activités réalisées, des besoins professionnels ou scolaires et des conséquences observées.
L’usage devient problématique lorsque la personne perd progressivement le contrôle de son utilisation, accorde une priorité croissante aux activités en ligne et continue malgré des répercussions négatives sur son sommeil, son travail, ses études, ses relations, sa santé ou son bien-être psychologique.
L’expression « addiction à Internet » est couramment employée, mais elle ne correspond pas à un diagnostic général autonome reconnu dans la CIM-11. L’Organisation mondiale de la Santé reconnaît spécifiquement le trouble du jeu vidéo, caractérisé par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité croissante donnée à cette activité et sa poursuite malgré les conséquences négatives. Pour les autres activités, il est souvent plus précis de parler d’usage problématique d’Internet ou d’un usage problématique spécifique, par exemple des réseaux sociaux, du smartphone ou des achats en ligne.
Usage intensif et usage problématique ne sont pas identiques
Une personne peut utiliser Internet plusieurs heures par jour pour travailler, étudier ou rester en contact avec ses proches sans présenter de perte de contrôle.
La difficulté apparaît lorsque l’utilisation devient subie plutôt que choisie.
Plusieurs questions permettent de faire la distinction :
- Pouvez-vous décider librement quand vous connecter et quand vous arrêter ?
- Restez-vous en ligne plus longtemps que prévu ?
- Avez-vous déjà essayé de réduire sans y parvenir ?
- Internet prend-il la place du sommeil, des responsabilités ou des relations ?
- Continuez-vous malgré les conséquences ?
- Vous connectez-vous principalement pour fuir une émotion ou une difficulté ?
La durée constitue donc un repère, mais elle ne suffit pas à elle seule. La perte de contrôle et le retentissement fonctionnel sont plus importants.
Quelles activités peuvent être concernées ?
Internet est un support donnant accès à des activités très différentes. La difficulté peut concerner principalement :
- les réseaux sociaux ;
- les jeux vidéo en ligne ;
- les vidéos et les plateformes de streaming ;
- la navigation sans objectif précis ;
- les forums et les messageries ;
- les achats en ligne ;
- les jeux d’argent ;
- la pornographie ;
- les applications de rencontre ;
- les informations et les actualités ;
- les recherches répétitives ;
- le travail en ligne ;
- plusieurs activités associées.
Il est donc essentiel de ne pas parler seulement de « temps passé sur Internet », mais d’identifier précisément ce que la personne fait en ligne, dans quelles situations et avec quelles conséquences.
Quelques repères de prévalence
La prévalence exacte de l’usage problématique d’Internet reste difficile à établir. Les études utilisent des définitions, des outils de mesure, des seuils et des populations très différents.
Une revue portant sur la persistance de l’usage problématique rappelle que les estimations publiées ont varié d’environ 0,7 à 27,5 %, ce qui montre l’impossibilité de retenir un chiffre universel. Les résultats dépendent notamment de l’âge, du pays, de l’activité numérique étudiée et du questionnaire utilisé.
Les adolescents, les jeunes adultes et certaines personnes présentant une vulnérabilité émotionnelle ou attentionnelle sont fréquemment étudiés, mais l’usage problématique peut concerner tous les âges.
Ces chiffres ne doivent pas être utilisés pour poser un diagnostic individuel. Une évaluation personnalisée reste nécessaire.
Quels signes doivent alerter ?
Plusieurs manifestations peuvent évoquer un usage problématique :
- une connexion plus longue ou plus fréquente que prévu ;
- une difficulté à s’arrêter ;
- des tentatives répétées de réduction sans résultat durable ;
- la vérification constante des notifications ;
- une navigation automatique sans objectif ;
- le besoin de garder le téléphone à portée de main ;
- un coucher régulièrement retardé ;
- une fatigue importante ;
- une baisse de concentration ;
- une procrastination ;
- une négligence des responsabilités ;
- une diminution des activités physiques, sociales ou familiales ;
- des conflits avec les proches ;
- une irritabilité lorsque l’accès est interrompu ;
- des mensonges sur le temps passé en ligne ;
- une perte d’intérêt pour les activités hors ligne ;
- une utilisation systématique pour gérer le stress, l’ennui ou la solitude ;
- un sentiment de vide, de culpabilité ou de honte après une longue connexion.
Un seul signe ne suffit pas à caractériser un trouble. C’est leur répétition, leur intensité et leur retentissement qui doivent être évalués.
Pourquoi peut-il être difficile de réduire ?
De nombreuses activités numériques associent plusieurs mécanismes particulièrement renforçants :
- accès presque permanent ;
- gratification immédiate ;
- notifications ;
- nouveautés fréquentes ;
- défilement continu ;
- recommandations personnalisées ;
- récompenses variables et imprévisibles ;
- réactions sociales rapides ;
- possibilité d’éviter temporairement une émotion ou une tâche.
Le cerveau apprend progressivement à associer certaines situations à la connexion :
- ennui ;
- solitude ;
- stress ;
- fatigue ;
- anxiété ;
- attente ;
- conflit ;
- tâche difficile ;
- coucher ;
- réveil ;
- trajet ;
- notification ;
- téléphone visible ou accessible.
L’ouverture d’une application peut alors devenir un automatisme réalisé avant même qu’une décision consciente ait été prise.
Le cercle de l’usage problématique d’Internet
Le cycle peut être résumé ainsi :
Stress, ennui ou émotion pénible → envie de se connecter → activité en ligne → distraction ou soulagement immédiat → temps perdu, fatigue ou culpabilité → difficultés accrues → nouvelle envie de se connecter.
À court terme, Internet permet :
- de se distraire ;
- d’obtenir une stimulation ;
- de diminuer l’ennui ;
- d’éviter une tâche ;
- de calmer temporairement l’anxiété ;
- de se sentir relié aux autres ;
- d’oublier momentanément une difficulté.
À plus long terme, l’utilisation peut renforcer précisément ce que la personne cherchait à éviter :
- le travail s’accumule ;
- le sommeil se dégrade ;
- la fatigue augmente ;
- les conflits se multiplient ;
- l’estime de soi diminue ;
- la solitude s’accentue ;
- le besoin de se reconnecter devient plus fort.
Le craving numérique
Le craving désigne une envie intense de se connecter, de vérifier une notification ou de poursuivre une activité numérique.
Il peut être déclenché par :
- une vibration ;
- un son ;
- la vue du téléphone ;
- une notification ;
- un moment d’attente ;
- une émotion ;
- une tâche pénible ;
- un conflit ;
- le coucher ;
- la peur de manquer une information.
La personne peut penser :
« Je regarde seulement une minute. »
« Je dois répondre immédiatement. »
« Je risque de manquer quelque chose. »
« Je vais me détendre un peu, puis je travaillerai. »
« Je ne peux pas me concentrer avant d’avoir vérifié. »
L’envie fonctionne souvent comme une vague : elle augmente, atteint un maximum puis peut diminuer lorsqu’elle n’est pas immédiatement suivie.
La peur de manquer quelque chose
La FOMO, ou fear of missing out, désigne la peur de manquer une information, un événement, une publication ou une interaction.
Elle peut entraîner :
- des vérifications répétées ;
- une difficulté à couper les notifications ;
- une surveillance permanente des réseaux ;
- une anxiété lorsque le téléphone n’est pas disponible ;
- une comparaison sociale ;
- une consultation pendant les repas ou les conversations ;
- un réveil nocturne pour vérifier les messages.
Le travail thérapeutique aide à tolérer le fait de ne pas être informé immédiatement et à remettre les notifications à leur juste place.
Quels sont les apports des TCC ?
Les thérapies cognitives et comportementales étudient les interactions entre :
- les situations ;
- les pensées ;
- les émotions ;
- les sensations corporelles ;
- le comportement de connexion ;
- le soulagement immédiat ;
- les conséquences différées.
Les psychothérapies, notamment les interventions cognitives et comportementales, figurent parmi les approches les plus étudiées pour les usages problématiques du numérique. Les revues récentes retrouvent des améliorations possibles, tout en soulignant l’hétérogénéité des programmes et le besoin de mieux documenter leurs effets à long terme.
Comprendre la fonction de l’utilisation
La première étape consiste à déterminer ce qu’Internet apporte :
- distraction ;
- plaisir ;
- stimulation ;
- sentiment d’appartenance ;
- diminution de l’anxiété ;
- évitement d’une tâche ;
- soulagement de la solitude ;
- valorisation ;
- recherche de réassurance ;
- oubli temporaire d’une difficulté.
L’objectif n’est pas de supprimer Internet, devenu nécessaire dans de nombreux domaines, mais de modifier les usages qui entretiennent la souffrance.
Réaliser une analyse fonctionnelle
La personne peut relever :
- l’heure ;
- le lieu ;
- l’appareil utilisé ;
- l’activité réalisée ;
- le déclencheur ;
- l’émotion ;
- la pensée automatique ;
- l’intensité de l’envie ;
- la durée prévue ;
- la durée réelle ;
- le bénéfice immédiat ;
- les conséquences.
Exemple
Situation : une tâche professionnelle difficile doit être commencée.
Pensée automatique : « Je regarde quelques vidéos pour me détendre. »
Émotion : anxiété et découragement.
Comportement : navigation pendant une heure.
Conséquence immédiate : distraction et soulagement.
Conséquence différée : tâche retardée, stress accru et culpabilité.
Cette analyse permet d’identifier le moment où une autre réponse reste possible.
Travailler les pensées automatiques
Certaines pensées entretiennent le cycle :
« Je vérifie seulement une minute. »
« Je dois répondre immédiatement. »
« Je ne supporte pas de m’ennuyer. »
« Je risque de manquer une information importante. »
« Je travaillerai mieux après. »
« Puisque j’ai déjà perdu du temps, la journée est fichue. »
La TCC aide à construire des pensées alternatives :
« Je peux vérifier à l’heure prévue. »
« Une notification n’est pas forcément une urgence. »
« L’ennui est inconfortable, mais supportable. »
« Je peux commencer la tâche pendant cinq minutes. »
« Une interruption n’annule pas toute ma journée. »
Apprendre à gérer le craving numérique
Les stratégies peuvent comprendre :
- attendre dix minutes avant d’ouvrir l’application ;
- nommer l’envie ;
- poser le téléphone dans une autre pièce ;
- désactiver temporairement la connexion ;
- revenir aux cinq sens ;
- se lever et marcher ;
- commencer une tâche très courte ;
- utiliser une minuterie ;
- observer l’envie comme une vague ;
- relire un plan d’action.
L’objectif est d’augmenter progressivement le délai entre l’envie et la connexion.
Modifier l’environnement numérique
L’environnement peut être adapté pour réduire les comportements automatiques :
- désactiver les notifications non essentielles ;
- enlever certaines applications de l’écran d’accueil ;
- désinstaller temporairement les applications les plus problématiques ;
- utiliser des bloqueurs à certains horaires ;
- laisser le téléphone hors de la chambre ;
- charger l’appareil dans une autre pièce ;
- utiliser un réveil indépendant ;
- créer des zones sans écran ;
- séparer les appareils professionnels et personnels ;
- éviter les écrans pendant les repas ;
- désactiver la lecture automatique.
Ces mesures ne remplacent pas le travail thérapeutique, mais elles facilitent la reprise de contrôle.
Structurer le temps
La personne peut apprendre à :
- définir des horaires de connexion ;
- regrouper les vérifications ;
- créer des périodes de travail concentré ;
- utiliser la méthode Pomodoro ;
- prévoir des pauses sans écran ;
- fixer une heure de fin ;
- distinguer l’utilisation nécessaire de la navigation automatique ;
- préparer les soirées et les week-ends ;
- prévoir des activités hors ligne.
Réduire progressivement
Une diminution peut être organisée par étapes :
- mesurer le temps réel ;
- identifier les applications prioritaires ;
- supprimer l’utilisation nocturne ;
- retarder la première connexion du matin ;
- réduire une plage horaire précise ;
- prévoir des repas sans téléphone ;
- créer une soirée sans écran ;
- limiter les consultations automatiques ;
- augmenter progressivement les activités hors ligne.
Une réduction ciblée est souvent plus réaliste qu’une interdiction générale.
Développer d’autres ressources
Le travail peut porter sur :
- la tolérance à l’ennui ;
- la gestion du stress ;
- la régulation émotionnelle ;
- le sommeil ;
- l’activité physique ;
- les relations sociales ;
- les loisirs ;
- l’estime de soi ;
- l’affirmation de soi ;
- la résolution de problèmes ;
- le traitement d’un trouble associé.
Réinvestir la vie hors ligne
La réduction est difficile lorsque la vie hors ligne ne contient que des obligations ou des situations anxiogènes.
Le suivi cherche donc à reconstruire :
- des activités agréables ;
- des relations ;
- des projets ;
- des sorties ;
- des apprentissages ;
- une activité physique ;
- des temps de récupération ;
- des expériences valorisantes.
Le but n’est pas seulement de diminuer le temps connecté, mais d’augmenter les expériences qui donnent du sens à la vie quotidienne.
Prévenir les rechutes
Une longue période de connexion ne signifie pas que tout le travail est perdu.
L’épisode peut être analysé :
- quel était le déclencheur ?
- quelle application était concernée ?
- quelle émotion était présente ?
- quelle pensée a précédé la connexion ?
- quelle stratégie a manqué ?
- quelles conséquences ont suivi ?
- quelle modification sera utile ?
L’écart devient une information permettant d’améliorer le plan.
Réduction ou arrêt complet ?
Un arrêt complet d’Internet est généralement impossible et rarement souhaitable.
L’objectif consiste plutôt à :
- préserver les usages utiles ;
- réduire les usages automatiques ;
- arrêter certaines applications ;
- supprimer les connexions nocturnes ;
- créer des périodes déconnectées ;
- diminuer l’activité la plus problématique ;
- restaurer un équilibre entre vie numérique et vie hors ligne.
Un arrêt complet peut cependant être indiqué pour une activité particulière, par exemple les jeux d’argent, certains achats compulsifs ou un contenu déclenchant une perte de contrôle systématique.
Comment se déroule un accompagnement ?
Les premières consultations permettent généralement d’évaluer :
- les appareils utilisés ;
- les activités concernées ;
- le temps réel passé en ligne ;
- les horaires ;
- les situations déclenchantes ;
- les émotions ;
- le sommeil ;
- le travail ou les études ;
- les relations ;
- les tentatives précédentes de réduction ;
- l’anxiété ;
- l’humeur ;
- l’attention ;
- les objectifs de la personne.
Le suivi peut ensuite associer :
- une auto-observation ;
- une analyse fonctionnelle ;
- une restructuration cognitive ;
- une gestion du craving ;
- une modification de l’environnement numérique ;
- une structuration du temps ;
- une activation comportementale ;
- un travail sur le sommeil ;
- une prise en charge des troubles associés ;
- une prévention des rechutes.
4. « Ma famille me reproche d’être toujours sur mon téléphone »
La personne consulte son écran pendant les repas, les conversations ou les activités familiales.
Elle peut penser :
« Je suis quand même présent. »
Les proches ressentent pourtant une diminution de l’attention et de la disponibilité émotionnelle.
Le travail peut comprendre :
- des zones sans téléphone ;
- des repas sans écran ;
- une mise en silencieux ;
- une communication sur les attentes ;
- des activités partagées ;
- l’analyse des émotions évitées ;
- la restauration progressive de la présence relationnelle.
5. « Je réduis quelques jours, puis je reprends »
La personne limite son usage lorsqu’elle est motivée, puis reprend après une période de stress ou de fatigue.
Elle pense :
« Je n’ai aucune volonté. »
Cette pensée en tout ou rien favorise l’abandon des limites.
Le travail peut comprendre :
- l’identification des périodes à risque ;
- un plan d’urgence ;
- la distinction entre un écart et une rechute durable ;
- la reprise rapide des limites ;
- l’ajustement des objectifs ;
- la réduction de l’auto-critique ;
- le renforcement des activités hors ligne.
Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC
1. « Je prends mon téléphone dès que je m’ennuie »
La personne ouvre automatiquement une application dès qu’un moment d’attente ou de calme apparaît.
Elle pense :
« Je ne supporte pas de ne rien faire. »
À court terme, le téléphone apporte une stimulation. À long terme, la personne tolère de moins en moins les moments calmes et sollicite constamment son attention.
Le travail peut comprendre :
- l’identification des moments déclencheurs ;
- un délai avant la prise du téléphone ;
- des périodes d’attente sans écran ;
- un retour aux sensations ;
- des activités courtes alternatives ;
- un travail sur la tolérance à l’ennui ;
- le retrait des raccourcis de l’écran d’accueil.
L’objectif est de ne plus répondre automatiquement à chaque moment vide.
2. « Je reporte mon travail en naviguant sur Internet »
Une tâche difficile déclenche de l’anxiété, de l’ennui ou une peur de l’échec.
La personne consulte des vidéos, des informations ou des réseaux pour éviter temporairement cet inconfort.
Le travail peut comprendre :
- le découpage de la tâche ;
- un démarrage de cinq minutes ;
- la fermeture des onglets inutiles ;
- l’utilisation d’un bloqueur ;
- des périodes de travail structurées ;
- un travail sur le perfectionnisme ;
- une récompense hors ligne après l’effort.
L’objectif est de réduire l’évitement et de renforcer le sentiment d’efficacité.
3. « Je reste connecté jusqu’à très tard »
La personne prévoit de regarder un contenu, mais enchaîne ensuite les vidéos, messages ou publications.
Elle perd la notion du temps et repousse plusieurs fois le coucher.
Le travail peut comprendre :
- une heure de coupure numérique ;
- le téléphone hors de la chambre ;
- l’utilisation d’un réveil indépendant ;
- une routine de coucher ;
- des bloqueurs horaires ;
- la suppression de la lecture automatique ;
- une prise en charge de l’insomnie.
L’objectif est de sortir du cercle fatigue–connexion–coucher retardé–fatigue.
Quand consulter ?
Une consultation peut être utile lorsque :
- vous n’arrivez pas à réduire ;
- vous perdez régulièrement la notion du temps ;
- votre sommeil est perturbé ;
- votre travail ou vos études sont affectés ;
- vos proches se plaignent de votre indisponibilité ;
- vous utilisez Internet pour fuir vos émotions ;
- vous ressentez une forte irritabilité sans connexion ;
- vous avez abandonné des activités ;
- vous vous sentez isolé malgré de nombreux échanges numériques ;
- vous souhaitez simplement faire le point.
Il n’est pas nécessaire de se considérer comme dépendant pour demander de l’aide.
Une démarche progressive et sans jugement
L’usage problématique d’Internet n’est pas un simple manque de volonté.
Les notifications, le défilement continu, les recommandations personnalisées et la disponibilité permanente renforcent les habitudes. Internet peut également répondre à un besoin important de stimulation, de réassurance, de lien ou d’évitement.
L’accompagnement vise à comprendre :
- les activités concernées ;
- ce qu’elles apportent ;
- les situations déclenchantes ;
- les conséquences ;
- les besoins de la personne ;
- les changements souhaités.
Le but n’est pas de bannir Internet. Il est de retrouver une utilisation choisie, équilibrée et compatible avec la santé, les relations et les priorités personnelles.
Prendre rendez-vous
Une première consultation permet de faire le point sur :
- les activités numériques ;
- les appareils utilisés ;
- la fréquence et les horaires ;
- la perte de contrôle ;
- les conséquences ;
- le sommeil ;
- les émotions ;
- les objectifs de réduction.
Les consultations peuvent être proposées en présentiel ou en visioconférence, dans un cadre confidentiel, bienveillant et sans jugement.
Les informations proposées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation individuelle. En présence d’idées suicidaires, d’une détresse psychologique majeure ou d’un danger immédiat, contactez rapidement un professionnel de santé ou les services d’urgence.