TCC et addiction à la chirurgie esthétique à Oyonnax et en visio
Le cercle des interventions répétées
Le cycle peut être représenté ainsi :
Insatisfaction, comparaison ou peur du jugement
→ pensée automatique : « Je dois corriger ce défaut »
→ recherches, consultations, devis et comparaisons
→ intervention esthétique
→ espoir et soulagement temporaire
→ surveillance du résultat
→ nouvelle imperfection perçue ou déplacement vers une autre zone
→ nouvelle demande d’intervention.
À court terme, la procédure donne l’impression qu’une solution concrète existe.
À plus long terme, elle peut renforcer :
- la surveillance corporelle ;
- la focalisation sur les détails ;
- les comparaisons ;
- la dépendance aux compliments ;
- le perfectionnisme ;
- la difficulté à tolérer les transformations normales du corps ;
- la conviction qu’une nouvelle intervention apportera enfin une satisfaction durable.
Chez certaines personnes, le problème ne réside donc pas uniquement dans une partie du corps, mais dans la manière dont l’apparence est perçue, évaluée et utilisée pour déterminer sa propre valeur.
Le craving de modification esthétique
Certaines personnes décrivent une envie très forte de prendre rendez-vous, de demander un devis ou de programmer rapidement une nouvelle procédure.
Cette envie peut être déclenchée par :
- une photographie jugée défavorable ;
- un reflet dans le miroir ;
- un commentaire ;
- une publication sur les réseaux sociaux ;
- une promotion ;
- un anniversaire ;
- une rupture ;
- la peur de vieillir ;
- une insatisfaction après une précédente intervention ;
- un résultat encore en cours de cicatrisation.
Les pensées fréquentes peuvent être :
- « Je serai enfin bien après cette opération. »
- « Je dois corriger cela avant que les autres le remarquent. »
- « Une petite retouche suffira. »
- « Je ne peux pas vivre avec ce défaut. »
- « Le chirurgien précédent n’a pas assez corrigé. »
- « Ma vie changera lorsque mon apparence sera parfaite. »
- « Je dois profiter de cette offre maintenant. »
- « Je ne peux pas attendre la fin de la cicatrisation. »
L’urgence ressentie ne signifie pas nécessairement qu’une intervention est urgente. Elle peut diminuer lorsque la décision est différée et que les vérifications sont temporairement réduites.
Quand le désir de modifier son apparence devient difficile à contrôler
La chirurgie esthétique regroupe des interventions réalisées principalement pour modifier l’apparence physique, sans nécessité réparatrice ou fonctionnelle immédiate. Une intervention réfléchie, précédée d’une information médicale complète et fondée sur des attentes réalistes, ne constitue pas une addiction.
L’expression « addiction à la chirurgie esthétique » est couramment utilisée lorsqu’une personne recherche des interventions de manière répétitive, ressent une urgence à modifier une nouvelle partie de son corps ou reste durablement insatisfaite malgré les opérations déjà réalisées.
Cette expression ne correspond toutefois pas à un diagnostic autonome officiellement reconnu. Plusieurs difficultés peuvent être impliquées :
- une insatisfaction corporelle importante ;
- une recherche compulsive de perfection ;
- un trouble dysmorphique corporel ou dysmorphophobie ;
- une estime de soi très dépendante de l’apparence ;
- une recherche répétée de réassurance ;
- une impulsivité ;
- une anxiété ou une dépression ;
- une difficulté à accepter le vieillissement ou les transformations du corps.
Le trouble dysmorphique corporel se caractérise par une préoccupation persistante concernant un ou plusieurs défauts perçus dans l’apparence, souvent peu visibles ou inexistants pour les autres. Cette préoccupation s’accompagne généralement de vérifications, de comparaisons, de camouflage, de demandes de réassurance ou de recherches répétées de corrections esthétiques.
Chirurgie esthétique répétée et dysmorphophobie
Toutes les personnes qui souhaitent plusieurs interventions ne présentent pas un trouble dysmorphique corporel.
La situation devient préoccupante lorsque la personne :
- consacre beaucoup de temps à un défaut perçu ;
- estime que l’intervention résoudra ses difficultés affectives, sociales ou professionnelles ;
- ressent un soulagement seulement temporaire après l’opération ;
- déplace rapidement son attention vers une autre partie du corps ;
- demande des corrections toujours plus précises ;
- consulte plusieurs chirurgiens après un refus ;
- reste insatisfaite malgré un résultat médicalement satisfaisant ;
- recherche une apparence parfaite ou irréaliste ;
- vérifie constamment son image ;
- évite les photographies, les relations ou certaines activités ;
- s’endette pour financer de nouvelles procédures ;
- minimise les risques ou les complications ;
- envisage une nouvelle intervention avant la guérison complète.
La question centrale n’est donc pas seulement :
« Combien d’interventions avez-vous réalisées ? »
Mais plutôt :
« Pouvez-vous différer ou renoncer à une intervention ? Qu’attendez-vous réellement du changement physique ? L’insatisfaction disparaît-elle durablement après l’opération ? »
Quelques repères de prévalence
Il n’existe pas de chiffre précis concernant une « addiction à la chirurgie esthétique », puisqu’il ne s’agit pas d’un diagnostic défini par des critères universels.
En revanche, les préoccupations dysmorphiques sont plus fréquentes parmi les personnes consultant en chirurgie ou en médecine esthétique que dans la population générale. Les estimations varient fortement selon les spécialités, les pays, les questionnaires employés et le fait qu’il s’agisse d’un simple dépistage ou d’un diagnostic clinique confirmé.
Ces données soulignent l’importance d’une évaluation psychologique lorsque la demande est répétitive, urgente, disproportionnée ou accompagnée d’une forte souffrance.
Pourquoi peut-il être difficile de s’arrêter ?
Une intervention esthétique peut procurer rapidement :
- de l’espoir ;
- une impression de reprendre le contrôle ;
- une diminution momentanée de la honte ;
- une anticipation positive ;
- une sensation de valorisation ;
- des compliments ;
- l’impression de se rapprocher d’un idéal ;
- l’idée d’un nouveau départ.
Le cerveau peut progressivement associer une période d’insatisfaction, de stress ou de vulnérabilité à la recherche d’une nouvelle modification esthétique.
Les déclencheurs peuvent être :
- un miroir ;
- une photographie ;
- une vidéo ;
- une remarque ;
- une comparaison ;
- une séparation ;
- une difficulté professionnelle ;
- le vieillissement ;
- une grossesse ;
- une variation de poids ;
- les réseaux sociaux ;
- les filtres numériques ;
- une publicité ;
- une promotion limitée dans le temps ;
- un événement à venir.
L’intervention devient alors une réponse rapide à une souffrance psychologique plus large.
Quels sont les apports des TCC ?
Les thérapies cognitives et comportementales analysent les interactions entre :
- les situations déclenchantes ;
- les pensées sur l’apparence ;
- les émotions ;
- les sensations corporelles ;
- les vérifications ;
- les comparaisons ;
- la recherche d’une intervention ;
- le soulagement immédiat ;
- les conséquences différées.
L’objectif n’est pas de juger le souhait esthétique. Il est de distinguer une demande réfléchie et réaliste d’une tentative répétée de traiter une souffrance psychologique par des modifications corporelles.
Comprendre la fonction de l’intervention
La première étape consiste à identifier ce que la chirurgie est censée apporter :
- de la confiance ;
- de la reconnaissance ;
- de la sécurité ;
- une impression de contrôle ;
- la réparation d’une humiliation ;
- la diminution de la honte ;
- la sauvegarde d’une relation ;
- une protection contre le vieillissement ;
- un sentiment d’appartenance ;
- l’impression de devenir une meilleure version de soi.
Cette compréhension permet de traiter directement les besoins et les émotions auxquels la procédure semble répondre.
Réaliser une analyse fonctionnelle
La personne peut relever :
- la situation déclenchante ;
- la partie du corps concernée ;
- la pensée automatique ;
- l’émotion ;
- l’intensité de l’urgence ;
- les vérifications ;
- les recherches réalisées ;
- les consultations ou devis ;
- le soulagement obtenu ;
- les conséquences.
Exemple
Situation : une photographie prise lors d’un événement.
Pensée automatique :
« Mon nez gâche complètement mon visage. Tout le monde doit le remarquer. »
Émotions :
Honte, anxiété et tristesse.
Comportements :
Agrandissement de la photographie, comparaisons, recherches de chirurgiens et demandes de devis.
Conséquence immédiate :
Soulagement lié à l’impression d’avoir trouvé une solution.
Conséquence différée :
Focalisation accrue sur le nez, multiplication des photographies et augmentation de l’urgence.
L’analyse montre que les recherches soulagent temporairement, mais renforcent la conviction que le défaut est intolérable.
Travailler les pensées automatiques
Les pensées fréquentes peuvent être :
- « Tout le monde regarde mon défaut. »
- « Je ne pourrai pas être aimé avec ce visage. »
- « Cette opération changera toute ma vie. »
- « Je dois être parfaitement symétrique. »
- « Le résultat précédent est un échec total. »
- « Je ne peux pas attendre. »
- « Une nouvelle intervention me donnera enfin confiance. »
- « Vieillir signifie perdre ma valeur. »
Les pensées alternatives peuvent être :
- « Je focalise davantage sur ce détail que les autres. »
- « Mon apparence ne résume pas ma valeur. »
- « Une intervention ne peut pas garantir une transformation affective ou sociale. »
- « Les visages et les corps comportent naturellement des asymétries. »
- « Je peux attendre avant de prendre une décision difficilement réversible. »
- « Mon anxiété ne prouve pas qu’une opération est nécessaire. »
- « La confiance peut se construire dans plusieurs domaines. »
- « Un résultat imparfait n’est pas nécessairement un échec. »
Différer la décision
Un délai permet de sortir de l’urgence émotionnelle.
La personne peut décider :
- de ne pas réserver le jour même ;
- d’attendre la fin complète de la cicatrisation ;
- de suspendre les recherches pendant plusieurs semaines ;
- de ne pas verser d’acompte sous l’effet d’une promotion ;
- de discuter de la demande en thérapie ;
- de solliciter un avis médical indépendant ;
- de réévaluer les attentes après une période plus stable.
Le délai ne constitue pas automatiquement une interdiction définitive. Il permet de vérifier si la demande reste cohérente lorsque l’émotion et l’urgence diminuent.
Réduire les vérifications et les comparaisons
Le travail peut porter sur :
- la limitation du temps passé devant le miroir ;
- l’arrêt des agrandissements photographiques ;
- la diminution des selfies de contrôle ;
- l’absence de comparaison avec des images filtrées ;
- la réduction des demandes de réassurance ;
- le retrait temporaire de certains comptes ;
- l’utilisation du miroir pour une tâche précise et limitée ;
- l’arrêt des recherches répétées de photographies avant-après.
Les vérifications procurent un soulagement très court, mais peuvent renforcer la préoccupation.
Quelles peuvent être les conséquences ?
Risques médicaux et chirurgicaux
Toute intervention chirurgicale comporte des risques, même lorsqu’elle est réalisée dans de bonnes conditions.
Les complications possibles comprennent notamment :
- infection ;
- saignement ;
- hématome ;
- douleur persistante ;
- cicatrisation difficile ;
- cicatrice visible ou anormale ;
- asymétrie ;
- modification de la sensibilité ;
- lésion nerveuse ;
- nécrose cutanée ;
- thrombose ou embolie ;
- complication anesthésique ;
- résultat différent de celui attendu ;
- besoin de reprise chirurgicale ;
- complication grave.
Les risques varient selon le type d’intervention, l’état de santé, les traitements, le tabagisme, l’anesthésie et la qualité du suivi médical.
Accumulation des risques
Chaque nouvelle intervention ajoute :
- une nouvelle anesthésie ;
- une nouvelle période de cicatrisation ;
- un risque infectieux supplémentaire ;
- des modifications des tissus ;
- des cicatrices supplémentaires ;
- une diminution possible de la prévisibilité du résultat ;
- une complexité accrue pour les opérations suivantes.
La répétition peut également conduire à demander des corrections de plus en plus importantes ou techniquement difficiles.
Conséquences financières
Les interventions répétées peuvent entraîner :
- des dépenses importantes ;
- des crédits ;
- un endettement ;
- l’épuisement de l’épargne ;
- des paiements cachés ;
- des conflits conjugaux ;
- des frais de déplacement ;
- des frais liés aux reprises ;
- des arrêts de travail ;
- des coûts médicaux en cas de complication.
La personne peut se dire :
« Après cette dernière intervention, je n’aurai plus besoin de rien. »
Cette pensée peut justifier une nouvelle dépense malgré les expériences précédentes.
Conséquences professionnelles et sociales
Les opérations répétées peuvent provoquer :
- des absences ;
- des périodes de récupération ;
- une diminution temporaire des activités ;
- un retrait social ;
- l’évitement des photographies ;
- une difficulté à expliquer les interventions ;
- des conflits avec les proches ;
- une focalisation permanente sur l’apparence.
Conséquences psychologiques
La personne peut ressentir :
- de l’anxiété ;
- de la honte ;
- de la déception ;
- de la colère ;
- de la culpabilité ;
- une perte de confiance ;
- une peur du vieillissement ;
- une humeur dépressive ;
- un isolement ;
- l’impression de ne jamais être suffisamment corrigée.
Dans les situations sévères, le désespoir lié à l’apparence ou au résultat d’une intervention peut s’accompagner d’idées suicidaires. Une aide médicale ou psychiatrique rapide est alors nécessaire.
Le rôle des réseaux sociaux et des filtres
Les réseaux sociaux peuvent renforcer :
- les comparaisons ;
- la focalisation sur les détails du visage ou du corps ;
- les standards esthétiques irréalistes ;
- la banalisation des interventions ;
- la perception d’une procédure comme simple et immédiate ;
- l’exposition à des publicités ciblées ;
- l’insatisfaction devant les photographies non retouchées.
Les filtres numériques peuvent modifier instantanément :
- la forme du nez ;
- le volume des lèvres ;
- la texture de la peau ;
- l’ovale du visage ;
- la taille des yeux ;
- la silhouette.
La personne peut alors comparer son apparence réelle à une image artificiellement transformée, lissée et constamment disponible.
Exposition avec prévention de la réponse
Des exercices progressifs peuvent consister à :
- sortir sans camouflage excessif ;
- conserver une photographie non retouchée ;
- participer à une activité malgré l’insatisfaction ;
- se regarder globalement plutôt que détail par détail ;
- éviter de demander l’avis des autres ;
- tolérer une légère asymétrie ;
- attendre avant de rechercher une procédure ;
- accepter que le sentiment d’imperfection diminue sans correction.
L’objectif est de découvrir que l’anxiété peut diminuer sans intervention, vérification ni réassurance.
Travailler l’image corporelle
La thérapie peut aider à :
- distinguer le corps réel du corps idéalisé ;
- repérer les standards irréalistes ;
- réduire l’auto-critique ;
- adopter une perception plus globale ;
- reconnaître les fonctions du corps ;
- développer une neutralité corporelle ;
- accepter certaines transformations liées à l’âge ;
- élargir les critères d’identité.
L’acceptation corporelle ne signifie pas devoir aimer chaque partie de son corps. Elle consiste à ne plus organiser toute sa vie autour de sa correction.
Renforcer l’estime de soi
Lorsque la valeur personnelle dépend uniquement de l’apparence, chaque imperfection devient une menace.
Le travail vise à développer d’autres sources de valeur :
- les relations ;
- les compétences ;
- les qualités humaines ;
- la créativité ;
- le travail ;
- les projets ;
- les engagements ;
- l’autonomie ;
- la capacité à prendre soin de soi ;
- les valeurs personnelles.
Modifier l’environnement
Il peut être utile de :
- se désabonner de certains comptes ;
- supprimer les applications de simulation ;
- éviter les promotions esthétiques ;
- limiter les photographies avant-après ;
- suspendre les rendez-vous multiples ;
- diminuer les discussions centrées sur l’apparence ;
- ne pas emprunter d’argent pour une procédure décidée dans l’urgence ;
- demander l’aide d’un proche pour respecter le délai ;
- limiter les forums ou contenus qui renforcent l’insatisfaction.
Prévenir les reprises
Une nouvelle recherche ou une demande de devis ne signifie pas que tout le travail est perdu.
L’épisode peut être analysé :
- quelle émotion était présente ?
- quelle image ou remarque a déclenché la demande ?
- quelle partie du corps est devenue prioritaire ?
- quelle vérification a renforcé le doute ?
- quelle promesse était associée à l’intervention ?
- quelle stratégie a manqué ?
- comment rétablir le délai ?
L’écart devient une information utile plutôt qu’une preuve d’échec.
Arrêter toute chirurgie ou retrouver une décision libre ?
L’objectif thérapeutique n’est pas nécessairement d’interdire définitivement toute intervention esthétique.
Il peut être de :
- suspendre les procédures répétées ;
- attendre la cicatrisation complète ;
- sortir de l’urgence ;
- réduire les consultations multiples ;
- traiter une dysmorphophobie ;
- améliorer l’image corporelle ;
- stabiliser une difficulté émotionnelle ;
- retrouver des attentes réalistes ;
- prendre une décision informée et libre.
Lorsqu’un trouble dysmorphique corporel est suspecté, il est préférable de traiter d’abord cette difficulté. Une nouvelle intervention risque de ne pas apporter le soulagement espéré et d’entretenir le cycle de préoccupation.
Une intervention peut-elle résoudre un problème de vie ?
Une opération esthétique ne peut pas garantir :
- le retour ou la fidélité d’un partenaire ;
- une relation amoureuse ;
- une réussite professionnelle ;
- l’acceptation sociale ;
- la disparition de l’anxiété ;
- une estime de soi stable ;
- la réparation complète d’un traumatisme ;
- la fin des comparaisons ;
- une satisfaction parfaite et définitive.
Avant une procédure, il peut être utile de se demander :
- « Quel problème précis est-ce que j’attends que l’opération résolve ? »
- « Ce problème dépend-il réellement de mon apparence ? »
- « Comment réagirais-je si le résultat restait imparfait ? »
- « Prendrais-je la même décision sans promotion ni pression temporelle ? »
- « Mes attentes correspondent-elles à ce que la chirurgie peut réellement obtenir ? »
- « Suis-je dans une période émotionnelle suffisamment stable pour décider ? »
Quand évoquer une dysmorphophobie ?
Une évaluation spécialisée peut être utile lorsque la personne :
- pense plusieurs heures par jour à un défaut ;
- juge ce défaut majeur alors qu’il est peu visible pour les autres ;
- se regarde ou se photographie constamment ;
- évite totalement les miroirs ;
- compare sans cesse une partie de son corps ;
- demande régulièrement l’avis des autres ;
- camoufle excessivement une zone ;
- retouche toutes ses photographies ;
- consulte plusieurs chirurgiens ;
- reste insatisfaite après un résultat objectivement correct ;
- évite le travail, les études ou les relations ;
- ressent une honte intense ;
- présente des idées suicidaires.
Une insatisfaction corporelle n’est pas automatiquement une dysmorphophobie. Le trouble suppose une préoccupation envahissante, des comportements répétitifs et un retentissement important.
Comment se déroule un accompagnement ?
Les premières consultations permettent généralement d’évaluer :
- les interventions déjà réalisées ;
- les nouvelles procédures envisagées ;
- la partie du corps concernée ;
- le temps consacré aux préoccupations ;
- les vérifications et les comparaisons ;
- les attentes ;
- les conséquences ;
- les dépenses ;
- les relations ;
- l’humeur ;
- l’anxiété ;
- une éventuelle dysmorphophobie ;
- les idées suicidaires ;
- les objectifs de la personne.
Le suivi peut ensuite associer :
- une auto-observation ;
- une analyse fonctionnelle ;
- une restructuration cognitive ;
- une réduction des vérifications ;
- une exposition avec prévention de la réponse ;
- un travail sur l’image corporelle ;
- un renforcement de l’estime de soi ;
- une gestion des réseaux sociaux ;
- une prévention des reprises ;
- une coordination médicale ou psychiatrique.
4. « Je consulte plusieurs chirurgiens jusqu’à obtenir un accord »
Un premier professionnel refuse l’intervention ou recommande d’attendre.
La personne interprète ce refus comme un manque de compétence et cherche immédiatement un autre praticien.
Le travail peut comprendre :
- l’analyse de l’urgence ;
- la compréhension de la recherche de réassurance ;
- un délai sans nouvelle consultation ;
- la prise en compte des motifs médicaux du refus ;
- un avis indépendant ;
- le travail sur la frustration ;
- la prévention du « shopping médical ».
5. « Je m’endette pour financer de nouvelles interventions »
La personne utilise son épargne ou souscrit des crédits, convaincue que la prochaine opération sera la dernière.
Elle pense :
« Lorsque je serai enfin bien dans mon corps, l’investissement en aura valu la peine. »
Le travail peut comprendre :
- un relevé complet des dépenses ;
- la suspension des crédits ;
- un délai avant tout acompte ;
- la protection du budget essentiel ;
- l’analyse du coût réel du soulagement ;
- un travail sur l’impulsivité ;
- l’aide d’un professionnel en cas d’endettement.
Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC
1. « Après chaque intervention, je trouve un nouveau défaut »
La personne ressent un soulagement pendant quelques semaines après l’opération.
Son attention se déplace ensuite vers une autre partie du corps :
« Mon nez va mieux, mais maintenant mes paupières sont vraiment affreuses. »
Le travail peut comprendre :
- la cartographie des préoccupations successives ;
- l’analyse du déplacement de l’attention ;
- la suspension des nouvelles démarches ;
- la réduction des vérifications ;
- un travail sur le perfectionnisme ;
- une exposition à l’imperfection ;
- le dépistage d’un trouble dysmorphique corporel.
2. « Je pense qu’une opération va sauver mon couple »
Après une rupture ou une distance affective, la personne attribue les difficultés à son apparence.
Elle pense :
« S’il me trouvait plus attirante, tout redeviendrait comme avant. »
Le travail peut comprendre :
- la distinction entre problème relationnel et apparence ;
- l’analyse des faits ;
- un travail sur la dépendance affective ;
- le renforcement de l’estime de soi ;
- la communication ;
- le deuil éventuel de la relation ;
- le report de toute décision chirurgicale pendant la crise.
3. « Je ne supporte pas de vieillir »
Chaque ride ou modification corporelle est vécue comme une perte de valeur.
La personne multiplie les procédures afin de conserver une apparence constamment plus jeune.
Le travail peut comprendre :
- l’identification des croyances sur l’âge ;
- le travail sur la peur du rejet ;
- l’exposition progressive aux signes du vieillissement ;
- la réduction des comparaisons ;
- le développement d’autres critères de valeur ;
- l’acceptation des transformations normales ;
- une décision esthétique différée et réaliste.
Quand consulter ?
Une consultation peut être utile lorsque :
- vous pensez constamment à une nouvelle intervention ;
- vous ne parvenez pas à attendre ;
- vous restez insatisfait après plusieurs procédures ;
- vous changez régulièrement de défaut prioritaire ;
- votre estime de vous-même dépend principalement de votre apparence ;
- vous consultez plusieurs chirurgiens après un refus ;
- vous vous endettez ;
- vous cachez vos démarches ;
- vous évitez certaines activités à cause de votre apparence ;
- vous vérifiez ou comparez votre corps plusieurs heures par jour ;
- vous pensez qu’une opération résoudra toutes vos difficultés ;
- vous souhaitez simplement faire le point.
Il n’est pas nécessaire de se définir comme dépendant pour demander de l’aide.
Quand demander une aide rapide ?
Une évaluation médicale ou psychiatrique rapide est nécessaire en présence :
- d’idées suicidaires ;
- d’une détresse psychologique majeure ;
- d’une menace envers soi-même ou un professionnel ;
- d’une intervention réalisée dans des conditions dangereuses ;
- d’une complication postopératoire ;
- d’une infection ;
- d’une douleur importante ;
- d’un saignement ;
- d’un essoufflement ;
- d’un gonflement brutal ;
- d’un malaise ou d’un état confusionnel ;
- d’un endettement grave ou d’une emprise commerciale.
Une douleur thoracique, un essoufflement soudain, un saignement important ou une perte de connaissance après une opération constituent une urgence médicale.
Une démarche progressive et sans jugement
La recherche répétée d’interventions esthétiques n’est pas uniquement une question de vanité ou de volonté.
Elle peut être entretenue par :
- une souffrance réelle liée à l’image corporelle ;
- le perfectionnisme ;
- une dysmorphophobie ;
- les comparaisons ;
- les réseaux sociaux ;
- la peur du vieillissement ;
- une faible estime de soi ;
- une rupture ;
- un traumatisme ;
- les bénéfices émotionnels immédiats des démarches esthétiques.
L’accompagnement ne vise pas à juger les choix esthétiques. Il cherche à aider la personne à retrouver une décision libre, des attentes réalistes et une estime de soi moins dépendante des corrections corporelles.
Prendre rendez-vous
Une première consultation permet de faire le point sur :
- les interventions déjà réalisées ;
- les nouvelles demandes ;
- les attentes ;
- les préoccupations corporelles ;
- les vérifications ;
- les émotions ;
- les conséquences médicales, relationnelles ou financières ;
- les tentatives de report ;
- les objectifs souhaités.
Les consultations peuvent être proposées en présentiel ou en visioconférence, dans un cadre confidentiel, bienveillant et sans jugement.
Les informations présentées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation médicale, chirurgicale, psychiatrique ou psychologique individualisée.