TCC et chemsex à Oyonnax et en visio
Les effets après une session
Après une session, la personne peut ressentir :
- une fatigue importante ;
- une privation de sommeil ;
- une irritabilité ;
- une anxiété ;
- un sentiment de vide ;
- une humeur dépressive ;
- de la honte ;
- une culpabilité ;
- des difficultés de concentration ;
- des troubles de mémoire ;
- un craving ;
- une peur d’avoir contracté une infection ;
- un isolement ;
- une difficulté à reprendre le travail ou les activités habituelles.
Les symptômes dépendent des substances consommées, de la durée de la session, des doses, des mélanges et de l’état de santé.
Une confusion importante, des hallucinations, des idées de persécution, des idées suicidaires ou une agitation inhabituelle nécessitent une évaluation médicale rapide.
Quels sont les principaux risques ?
Surdose ou intoxication
Le risque varie selon les produits. Le GHB ou la GBL peuvent notamment provoquer une perte de connaissance, un coma et un ralentissement respiratoire, en particulier lorsque les doses sont rapprochées ou associées à l’alcool ou à d’autres substances sédatives.
Avec les stimulants, les risques peuvent inclure :
- des palpitations ;
- une douleur thoracique ;
- une hypertension ;
- une hyperthermie ;
- des convulsions ;
- une forte agitation ;
- une paranoïa ;
- une psychose.
Les combinaisons de produits augmentent l’imprévisibilité des effets.
Risques sexuels
La désinhibition, la durée des rapports et l’altération du jugement peuvent favoriser :
- des rapports non protégés ;
- des lésions ou des saignements ;
- un nombre élevé de partenaires ;
- une difficulté à exprimer ou respecter une limite ;
- une altération du consentement ;
- une exposition au VIH, aux hépatites et aux autres infections sexuellement transmissibles.
Les enquêtes françaises associent le chemsex à des comportements augmentant l’exposition au VIH et aux autres IST, ainsi qu’à des signes de détresse psychosociale.
Consentement fragilisé
Le consentement doit être libre, éclairé, spécifique et révocable à tout moment.
Une personne très intoxiquée, inconsciente, désorientée ou incapable de comprendre ce qui se passe ne peut pas consentir valablement.
Le travail de réduction des risques peut inclure la préparation, avant la session, de limites concernant :
- les produits ;
- les doses ;
- les pratiques ;
- la protection ;
- les photographies ou vidéos ;
- la présence d’autres partenaires ;
- la possibilité de quitter les lieux.
Risques infectieux
Les risques peuvent comprendre :
- le VIH ;
- les hépatites B et C ;
- la syphilis ;
- la gonorrhée ;
- les infections à Chlamydia ;
- d’autres IST ;
- les infections liées à l’injection ;
- les abcès.
Une prise en charge adaptée associe santé sexuelle, dépistage, vaccination, réduction des risques et accompagnement addictologique. L’OMS souligne l’importance de services coordonnant les enjeux de consommation et de santé sexuelle, dans un cadre non jugeant et adapté aux populations concernées.
Risques psychologiques
Le chemsex peut provoquer ou aggraver :
- l’anxiété ;
- la dépression ;
- la honte ;
- la perte d’estime de soi ;
- les attaques de panique ;
- les idées de persécution ;
- les hallucinations ;
- l’isolement ;
- les pensées suicidaires ;
- un traumatisme lié à une expérience sexuelle non consentie.
Les consommations de produits psychoactifs en contexte sexuel sont associées à davantage de symptômes dépressifs, sans que les études permettent toujours de déterminer si ces difficultés précédaient ou résultaient de la consommation.
Réduction des risques
La réduction des risques ne signifie pas encourager la consommation. Elle vise à protéger la vie et la santé, y compris lorsque la personne ne souhaite pas encore arrêter.
Elle peut notamment comprendre :
- connaître les produits réellement consommés ;
- éviter les mélanges imprévisibles ;
- éviter l’association du GHB ou de la GBL avec l’alcool et d’autres sédatifs ;
- ne pas redoser approximativement ;
- noter précisément les heures et les quantités ;
- ne pas rester seul ;
- prévoir une personne de confiance ;
- utiliser du matériel personnel et stérile ;
- ne jamais partager le matériel d’injection ou de préparation ;
- utiliser des préservatifs et du lubrifiant selon les pratiques ;
- organiser régulièrement des dépistages ;
- s’informer sur la PrEP et le traitement post-exposition ;
- vérifier les vaccinations, notamment contre les hépatites ;
- préparer une limite temporelle à la session ;
- prévoir le retour, le sommeil, l’alimentation et la récupération ;
- consulter rapidement après un malaise ou une perte de connaissance.
La réduction des risques doit être personnalisée avec un médecin, un centre de santé sexuelle, un CSAPA ou une structure spécialisée.
Quand les produits psychoactifs deviennent associés à la sexualité
Le terme chemsex désigne l’usage intentionnel de substances psychoactives avant ou pendant une activité sexuelle afin d’augmenter le désir, le plaisir, l’endurance, la désinhibition ou le sentiment de connexion avec les partenaires.
Cette pratique a été initialement décrite principalement chez les hommes gays, bisexuels et les autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Elle peut toutefois exister dans d’autres populations et d’autres contextes sexuels. Toutes les consommations de produits pendant une relation sexuelle ne correspondent pas nécessairement au chemsex au sens strict. L’expression « consommation sexualisée » permet de décrire plus largement les usages de substances en contexte sexuel.
Le chemsex n’est pas automatiquement synonyme d’addiction. Certaines personnes vivent des expériences ponctuelles sans perdre le contrôle de leur consommation. La situation devient problématique lorsque les produits, les rencontres ou les applications occupent une place croissante, que les sessions se prolongent, que les risques augmentent ou que la personne éprouve des difficultés à retrouver une sexualité satisfaisante sans substance.
L’accompagnement doit rester confidentiel, respectueux de l’orientation sexuelle, des pratiques et de l’identité de la personne. Il ne vise pas à juger la sexualité, mais à protéger la santé, restaurer la liberté de choix et diminuer la souffrance.
Quelques repères de prévalence
Il est difficile de proposer un chiffre unique de prévalence, car les études n’utilisent pas toutes la même définition du chemsex ni les mêmes périodes d’observation.
Dans l’enquête française ERAS menée auprès d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, 6 % des participants déclaraient avoir pratiqué le chemsex lors de leur dernier rapport sexuel en 2023. Environ 13 % déclaraient cette pratique au cours des six mois précédant l’enquête. Ces résultats concernent une enquête en ligne fondée sur le volontariat et ne peuvent pas être directement généralisés à l’ensemble de la population française.
Les données de l’enquête française sur les sexualités de 2023 montrent plus largement que les consommations de produits en contexte sexuel existent dans l’ensemble de la population, mais qu’elles sont plus fréquemment déclarées par les personnes ayant déjà eu des partenaires de même sexe. Ces pratiques restent minoritaires dans la population générale.
Quelles substances peuvent être concernées ?
Les produits les plus souvent associés au chemsex comprennent notamment :
- le GHB ou la GBL ;
- les cathinones de synthèse, comme la 3-MMC ou d’autres dérivés ;
- la méthamphétamine ;
- la cocaïne ;
- la kétamine ;
- la MDMA ou l’ecstasy ;
- les poppers ;
- certains médicaments utilisés pour faciliter l’érection ;
- l’alcool, le cannabis ou d’autres substances associés aux produits précédents.
En France, les observations de terrain de l’OFDT indiquent que les cathinones associées au GHB ou à la GBL restent fréquemment présentes. La kétamine occupe également une place devenue plus visible au cours des dernières années.
Les effets, la durée d’action et les risques diffèrent considérablement selon les substances. Les mélanges rendent les réactions plus difficiles à anticiper.
Le slam
Le slam désigne l’injection de produits psychoactifs dans un contexte sexuel.
Il ne constitue pas un synonyme du chemsex : il s’agit d’un mode particulier d’administration qui augmente certains risques, notamment :
- la surdose ;
- les infections locales ;
- les abcès ;
- les atteintes veineuses ;
- la transmission du VIH ou des hépatites en cas de partage de matériel ;
- une montée très rapide des effets ;
- une perte de contrôle plus importante.
Le matériel d’injection ne doit jamais être partagé, même entre partenaires proches. Une pratique de slam nécessite une évaluation spécifique et l’accès à du matériel stérile, au dépistage et à des professionnels formés.
Quels sont les effets recherchés ?
Selon les produits et la situation, la personne peut rechercher :
- une augmentation du désir ;
- une diminution des inhibitions ;
- une meilleure confiance en soi ;
- une impression de proximité ou de fusion ;
- une augmentation des sensations ;
- une plus grande endurance ;
- une diminution de la fatigue ;
- une réduction de l’anxiété sociale ou sexuelle ;
- une facilité à rencontrer des partenaires ;
- une impression d’être plus libre ou plus performant ;
- un éloignement temporaire de la solitude ou du mal-être.
Ces effets peuvent être particulièrement renforçants lorsque la personne éprouve habituellement de la honte corporelle, une peur du rejet, une difficulté à se sentir désirable ou une anxiété liée à la sexualité.
Quand le chemsex devient-il problématique ?
Plusieurs signes peuvent alerter :
- une envie intense de recommencer ;
- des rencontres de plus en plus fréquentes ;
- des sessions qui durent plus longtemps que prévu ;
- des redosages répétés ;
- une difficulté à quitter la session ;
- une perte de contrôle sur les produits ou les pratiques ;
- l’impossibilité de ressentir du désir ou du plaisir sans substance ;
- une utilisation des applications presque exclusivement pour organiser des sessions ;
- un sommeil et une récupération très perturbés ;
- des absences ou des difficultés professionnelles ;
- des dépenses importantes ;
- des prises de risques sexuels ou médicaux ;
- une anxiété, une honte ou une humeur dépressive après les sessions ;
- des tentatives répétées de réduction sans résultat durable ;
- un isolement progressif ;
- la poursuite malgré une surdose, un malaise ou une infection.
Un seul signe ne suffit pas nécessairement à caractériser une addiction. C’est leur répétition, leur intensité et leur retentissement qui doivent être pris en compte.
Pourquoi peut-il être difficile de réduire ou d’arrêter ?
La difficulté vient souvent de l’association progressive entre trois éléments :
- le produit ;
- l’excitation sexuelle ;
- le contexte de rencontre.
Le cerveau apprend que certaines applications, personnes, images, lieux ou sensations annoncent à la fois une consommation et une expérience sexuelle intense.
Le cycle peut être résumé ainsi :
Solitude, stress, envie de rencontre ou recherche d’intensité → consultation d’une application ou contact avec un partenaire → anticipation du produit et de la sexualité → consommation → désinhibition, excitation et endurance → fatigue, anxiété, honte ou baisse de l’humeur → envie de recommencer pour retrouver l’intensité ou fuir le mal-être.
Plus ce cycle se répète, plus il peut devenir difficile de distinguer :
- l’envie sexuelle ;
- l’envie de rencontrer quelqu’un ;
- l’envie de consommer ;
- le besoin de soulager une émotion.
Le craving
Le craving désigne une envie intense de consommer ou de recommencer une session.
Il peut être déclenché par :
- la solitude ;
- le stress ;
- une dispute ;
- une application de rencontre ;
- un message ;
- une photographie ;
- un lieu ;
- une personne ;
- un week-end ;
- un souvenir sexuel ;
- une émotion de rejet ;
- la présence du produit ;
- le début d’une excitation sexuelle.
L’envie peut donner l’impression qu’elle ne diminuera pas sans passage à l’acte. Pourtant, son intensité évolue souvent comme une vague : elle augmente, atteint un maximum puis redescend.
Le travail thérapeutique consiste notamment à créer un délai entre l’envie et l’action.
Quels sont les apports des TCC ?
Les thérapies cognitives et comportementales étudient les interactions entre :
- les situations ;
- les pensées ;
- les émotions ;
- les sensations corporelles ;
- les comportements sexuels ;
- la consommation ;
- les conséquences immédiates et différées.
Les recherches spécifiquement consacrées aux TCC dans le chemsex restent moins nombreuses que celles concernant certaines addictions plus générales. Les outils TCC peuvent néanmoins être intégrés à une prise en charge globale associant addictologie, santé sexuelle, soins médicaux et soutien psychosocial.
Comprendre la fonction du chemsex
La première étape consiste à déterminer ce que la pratique apporte à la personne :
- diminuer la solitude ;
- se sentir désirable ;
- réduire la peur du rejet ;
- faciliter les rencontres ;
- diminuer les inhibitions ;
- rechercher de l’intensité ;
- fuir une émotion ;
- éviter certaines pensées ;
- supporter un traumatisme ;
- augmenter la performance sexuelle.
L’objectif n’est pas de supprimer immédiatement un comportement sans comprendre le besoin auquel il répond.
Réaliser une analyse fonctionnelle
La personne peut relever :
- le contexte ;
- les émotions ;
- les pensées ;
- l’application ou le contact utilisé ;
- les substances envisagées ;
- la décision de rejoindre une session ;
- les consommations ;
- les pratiques sexuelles ;
- les conséquences immédiates ;
- les effets les jours suivants.
Cette analyse permet d’identifier les moments où une autre décision reste possible.
Travailler les pensées automatiques
Certaines pensées peuvent entretenir le chemsex :
« Je ne peux pas être désiré sans produit. »
« Je ne saurai pas avoir de relation sexuelle sobre. »
« Je dois être performant pendant des heures. »
« Sans produit, je serai trop anxieux. »
« J’ai déjà commencé, autant continuer. »
« Si je refuse, je vais être rejeté. »
« Une dernière dose ne changera rien. »
La TCC aide à examiner ces pensées, à identifier les distorsions cognitives et à développer des réponses plus réalistes.
Gérer le craving
Les stratégies peuvent comprendre :
- différer l’ouverture de l’application ;
- attendre avant de répondre à un message ;
- quitter un lieu à risque ;
- contacter une personne de confiance ;
- utiliser une activité incompatible avec la consommation ;
- observer l’envie comme une vague ;
- limiter l’accès à l’argent ou aux produits ;
- bloquer temporairement certains contacts ;
- utiliser un plan d’urgence écrit ;
- se rappeler les conséquences différées.
Préparer les situations à risque
La préparation peut porter sur :
- le jour et l’heure ;
- le lieu ;
- les produits ;
- les doses ;
- les pratiques acceptées ou refusées ;
- la durée maximale ;
- les moyens de protection ;
- le transport ;
- la personne à contacter ;
- les signes imposant l’arrêt de la session ;
- la manière de quitter les lieux.
Le but est de réduire les décisions prises sous intoxication.
Reconstruire une sexualité sans produit
Lorsqu’une association forte s’est installée, les premiers rapports sans substance peuvent paraître moins intenses ou plus anxiogènes.
Le travail peut être progressif :
- imaginer une rencontre sans consommation ;
- échanger avec un partenaire de confiance ;
- commencer par des moments d’intimité sans objectif de performance ;
- réduire progressivement certains produits ;
- redécouvrir les sensations corporelles ;
- accepter une intensité différente ;
- travailler le consentement et les limites ;
- développer une sexualité fondée sur les préférences réelles plutôt que sur la performance.
Travailler l’anxiété sociale et sexuelle
Le suivi peut porter sur :
- la peur du jugement ;
- l’image corporelle ;
- la honte ;
- la peur de ne pas être suffisamment performant ;
- les difficultés d’érection ;
- la peur du rejet ;
- l’affirmation de soi ;
- la communication avec les partenaires.
Les expositions progressives permettent de tester la possibilité d’une rencontre ou d’une sexualité sans dépendre entièrement du produit.
Développer d’autres ressources
Le chemsex peut occuper une place centrale lorsque la vie quotidienne comporte peu de sources de plaisir, de lien ou de valorisation.
Le travail peut inclure :
- la reprise d’activités ;
- la restauration du sommeil ;
- le renforcement des relations sociales ;
- l’accompagnement de la solitude ;
- la régulation émotionnelle ;
- l’estime de soi ;
- le traitement d’une dépression ou d’un traumatisme ;
- le développement d’une communauté et de liens sans consommation.
Prévenir les rechutes
Une nouvelle session ne signifie pas que tout le travail est perdu.
L’épisode peut être analysé afin d’identifier :
- le déclencheur ;
- la pensée automatique ;
- l’application ou le contact ;
- la disponibilité des produits ;
- les limites qui n’ont pas été préparées ;
- les stratégies qui ont manqué ;
- les mesures à renforcer.
L’objectif est de distinguer un écart d’un retour durable au cycle antérieur.
Réduction ou arrêt ?
L’objectif est défini avec la personne.
Il peut s’agir :
- de réduire la fréquence des sessions ;
- de diminuer leur durée ;
- d’éviter certains mélanges ;
- d’arrêter le slam ;
- d’interrompre l’utilisation d’un produit particulier ;
- de ne plus consommer seul ;
- de mieux préparer les doses ;
- d’utiliser moins souvent les applications ;
- de réaliser une première rencontre sans produit ;
- de sortir complètement du chemsex ;
- de reconstruire progressivement une sexualité sans substance.
Lorsque la consommation entraîne des overdoses, des pertes de connaissance, une psychose, des violences ou une perte de contrôle importante, un arrêt et une prise en charge spécialisée sont particulièrement indiqués.
Comment se déroule un accompagnement ?
Les premières consultations permettent généralement d’évaluer :
- les produits consommés ;
- les doses et les mélanges ;
- les modes d’administration ;
- la fréquence et la durée des sessions ;
- la place des applications ;
- le craving ;
- les antécédents de surdose ;
- les pertes de connaissance ;
- les risques sexuels ;
- le consentement ;
- le dépistage et la prévention des IST ;
- le sommeil ;
- l’anxiété ;
- l’humeur ;
- les traumatismes éventuels ;
- les ressources et le soutien disponibles.
Le suivi peut associer :
- des TCC ;
- un accompagnement addictologique ;
- un suivi médical ;
- un centre de santé sexuelle ;
- une prise en charge psychiatrique ;
- une réduction des risques ;
- un soutien communautaire ;
- une prise en charge du traumatisme lorsque la personne est stabilisée.
4. « Après une session, je culpabilise puis je recommence »
Après la consommation, la personne se juge sévèrement :
« Je suis nul. »
« Je n’ai aucun contrôle. »
« Je ne mérite pas d’être aidé. »
La honte augmente le mal-être. Une nouvelle session devient ensuite une manière de l’éviter.
Le cercle peut devenir :
Session → culpabilité → honte et isolement → besoin d’échapper au mal-être → nouvelle session.
Le travail peut comprendre :
- la réduction de l’auto-jugement ;
- l’identification de la pensée en tout ou rien ;
- l’analyse factuelle de l’épisode ;
- le traitement de l’anxiété ou de la dépression ;
- un plan après-session ;
- un contact rapide avec un soutien ;
- la distinction entre un écart et un échec global.
5. « Je veux arrêter, mais les applications me replongent »
La personne souhaite réduire, mais les notifications, messages et photographies réactivent rapidement l’envie.
Elle peut penser :
« Je vais seulement regarder. »
La consultation de l’application entraîne ensuite un échange, une rencontre et parfois une consommation.
Le travail peut comprendre :
- la désactivation des notifications ;
- la suppression temporaire de certaines applications ;
- le blocage de contacts à risque ;
- une limite d’utilisation ;
- le repérage des horaires vulnérables ;
- des réponses préparées aux invitations ;
- le développement de rencontres et de relations dans d’autres contextes ;
- un plan de prévention personnalisé.
Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC
1. « Je n’arrive plus à vivre ma sexualité sans produit »
La personne a progressivement associé l’excitation, le désir et la confiance aux substances.
Lorsqu’elle envisage un rapport sans produit, elle pense :
« Je ne serai pas assez détendu. »
« Je ne serai pas désirable. »
« Je n’aurai pas de plaisir. »
Cette anticipation augmente l’anxiété et pousse à consommer.
Le travail en TCC peut comprendre :
- l’identification des croyances sur la performance ;
- un travail sur la peur du jugement ;
- des expériences progressives d’intimité sans produit ;
- la communication avec un partenaire de confiance ;
- la redécouverte des sensations ;
- la diminution des objectifs de performance ;
- l’apprentissage d’une sexualité plus lente et plus choisie.
L’objectif n’est pas de reproduire immédiatement l’intensité du chemsex, mais de reconstruire une sexualité satisfaisante autrement.
2. « Je consomme surtout lorsque je me sens seul »
La solitude, le vide ou le sentiment de ne pas être désiré déclenchent l’ouverture d’une application.
La possibilité d’une session offre rapidement :
- une rencontre ;
- une excitation ;
- un sentiment d’appartenance ;
- une interruption du mal-être.
Après la session, la fatigue, la honte ou l’isolement peuvent cependant augmenter.
Le travail peut comprendre :
- l’identification des périodes de solitude à risque ;
- un plan pour les soirées et les week-ends ;
- la reprise de relations sociales ;
- le développement d’activités gratifiantes ;
- un travail sur l’estime de soi ;
- la gestion du craving ;
- le traitement d’une éventuelle dépression.
3. « Mes sessions durent trop longtemps et je perds le contrôle »
La personne avait prévu quelques heures, mais reste parfois un ou plusieurs jours.
Chaque redosage est précédé d’une pensée :
« Encore un peu. »
« Je partirai après. »
« Je veux prolonger l’effet. »
La fatigue et l’intoxication réduisent progressivement sa capacité à décider.
Le travail peut comprendre :
- l’analyse précise des moments de redosage ;
- une limite temporelle préparée à l’avance ;
- une quantité limitée de produits ;
- un transport organisé ;
- une alarme ou un contact extérieur ;
- des critères précis imposant de partir ;
- la préparation d’un plan de récupération ;
- une évaluation médicale des risques.
Quand consulter ?
Une consultation peut être utile lorsque :
- vous avez du mal à contrôler les sessions ;
- vous consommez davantage que prévu ;
- vous avez déjà fait une surdose ou perdu connaissance ;
- votre sommeil ou votre travail est fortement perturbé ;
- vous n’arrivez plus à avoir de sexualité sans produit ;
- vous ressentez une forte anxiété ou une humeur dépressive après les sessions ;
- vous pratiquez le slam ;
- vous prenez des risques sexuels ;
- vous ne vous souvenez pas clairement de certains événements ;
- vous avez vécu une situation sexuelle non consentie ;
- vous avez essayé de réduire sans y parvenir ;
- vous souhaitez simplement faire le point.
Il n’est pas nécessaire de se considérer comme dépendant pour demander de l’aide.
Quand demander une aide médicale urgente ?
Contactez immédiatement les services d’urgence lorsqu’une personne présente :
- une respiration lente, irrégulière ou absente ;
- une perte de connaissance ;
- une impossibilité à se réveiller ;
- une douleur thoracique ;
- des convulsions ;
- une température corporelle très élevée ;
- une confusion importante ;
- une agitation extrême ;
- des hallucinations incontrôlables ;
- des idées de persécution majeures ;
- des idées suicidaires ;
- un comportement dangereux.
Ne laissez pas la personne seule. Informez les secours des produits qui ont probablement été consommés, même si leur usage est illégal.
Une démarche confidentielle et sans jugement
Le chemsex peut être associé à la honte, au secret et à la peur d’être jugé pour sa sexualité ou sa consommation.
L’accompagnement vise au contraire à comprendre :
- ce que la pratique apporte ;
- les besoins auxquels elle répond ;
- les risques ;
- les conséquences ;
- les difficultés émotionnelles ou relationnelles associées ;
- les changements souhaités.
Le but n’est pas d’imposer une sexualité particulière. Il est de permettre à la personne de retrouver davantage de sécurité, de consentement, de plaisir et de liberté de choix.
Prendre rendez-vous
Une première consultation permet de faire le point sur :
- les substances utilisées ;
- les pratiques de consommation ;
- les situations déclenchantes ;
- la sexualité ;
- les risques médicaux et infectieux ;
- les objectifs de réduction ou d’arrêt ;
- la nécessité d’un accompagnement complémentaire.
Les consultations peuvent être proposées en présentiel ou en visioconférence, dans un cadre confidentiel, bienveillant et sans jugement.
Les informations présentées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation médicale, addictologique ou de santé sexuelle individuelle. Une perte de connaissance, une difficulté respiratoire, des convulsions, une douleur thoracique, une confusion importante ou des idées suicidaires constituent une urgence médicale.