Trouble de stress aigu et symptômes post-traumatiques : EMDR et TCC
Après un événement particulièrement éprouvant, un accompagnement peut être proposé en présentiel à Oyonnax ou en visioconférence, y compris pour les personnes résidant ailleurs en France, les Français expatriés et les personnes vivant dans un environnement francophone à l’étranger.
Une réaction immédiate n’est pas nécessairement pathologique
Dans les heures ou les jours suivant un événement traumatique, la personne peut présenter :
- une sidération ;
- des pleurs ;
- une agitation ;
- une grande fatigue ;
- des difficultés à dormir ;
- des images de l’événement ;
- une peur importante ;
- une irritabilité ;
- une impression d’irréalité ;
- une difficulté à comprendre ce qui s’est passé ;
- un besoin de rester proche de personnes rassurantes.
Ces réactions peuvent faire partie de la réponse humaine normale à un événement anormal.
La priorité immédiate n’est pas toujours de raconter en détail toute la scène. Il est souvent préférable de commencer par restaurer :
- la sécurité ;
- les besoins corporels essentiels ;
- le sommeil ;
- le contact avec les proches ;
- les repères temporels ;
- l’accès aux soins ;
- les informations pratiques ;
- un sentiment minimal de contrôle.
Un débriefing psychologique imposant à toutes les personnes de raconter très rapidement et en détail l’événement n’est pas recommandé comme moyen systématique de prévenir le TSPT.
Trouble de stress aigu et symptômes post-traumatiques : comprendre les réactions après un événement traumatique
Après un événement violent, menaçant ou bouleversant, il est fréquent de ressentir pendant quelque temps une peur importante, des images envahissantes, des troubles du sommeil ou une sensation d’insécurité.
Ces réactions ne signifient pas nécessairement qu’un trouble de stress post-traumatique va s’installer. Chez de nombreuses personnes, elles diminuent progressivement avec le temps, la sécurité retrouvée et le soutien de l’entourage. Cependant, lorsqu’elles sont très intenses, durent plusieurs jours ou perturbent fortement la vie quotidienne, une évaluation psychologique ou médicale peut être utile.
Le trouble de stress aigu commence généralement peu après l’événement traumatique. Dans les classifications diagnostiques usuelles, ses symptômes persistent de trois jours à un mois. Lorsque les difficultés se prolongent au-delà d’un mois, une évaluation du trouble de stress post-traumatique peut être envisagée.
Le trouble de stress aigu ne correspond ni à un manque de volonté ni à une fragilité personnelle. Il traduit la persistance temporaire d’un système de survie fortement activé après un événement vécu comme dangereux ou incontrôlable.
Quels événements peuvent provoquer des symptômes post-traumatiques ?
Les réactions de stress aigu peuvent apparaître après :
- un accident de la route ;
- une agression physique ou sexuelle ;
- une menace grave ;
- des violences conjugales ou familiales ;
- un cambriolage ou une intrusion ;
- un incendie ;
- une catastrophe naturelle ;
- un attentat ;
- une guerre ;
- une hospitalisation ou une réanimation ;
- une intervention médicale vécue comme traumatique ;
- un accouchement difficile ;
- le décès brutal ou violent d’un proche ;
- une scène choquante dont la personne a été témoin ;
- un événement professionnel grave ;
- une annonce brutale concernant la santé ou la mort d’un proche.
La personne peut avoir directement vécu l’événement, en avoir été témoin ou avoir appris qu’il était arrivé à un proche.
Quels sont les symptômes du trouble de stress aigu ?
Le trouble de stress aigu peut associer plusieurs catégories de symptômes.
1. Les souvenirs intrusifs
La personne peut présenter :
- des images soudaines ;
- des souvenirs involontaires ;
- des flashbacks ;
- des cauchemars ;
- des impressions de revivre l’événement ;
- des sensations corporelles associées au traumatisme ;
- une détresse intense face à certains rappels.
Le souvenir ne revient pas toujours sous la forme d’un récit organisé.
Il peut apparaître sous la forme d’un son, d’une odeur, d’une image ou d’une sensation physique.
2. Une humeur négative
La personne peut ressentir :
- une tristesse importante ;
- une peur persistante ;
- une colère ;
- une culpabilité ;
- une honte ;
- un sentiment d’impuissance ;
- une incapacité temporaire à ressentir des émotions positives ;
- une impression que rien ne sera plus jamais comme avant.
3. La dissociation
La dissociation peut se manifester par :
- une impression d’irréalité ;
- une sensation d’être détaché de son corps ;
- une impression d’observer la scène de l’extérieur ;
- un fonctionnement automatique ;
- des difficultés à se repérer dans le temps ;
- des souvenirs fragmentaires ;
- une impression d’engourdissement émotionnel ;
- des difficultés à se rappeler une partie de l’événement.
La dissociation peut constituer une réaction automatique de protection lorsque la personne se sent dépassée ou incapable d’échapper à la situation.
4. L’évitement
La personne peut éviter :
- le lieu de l’événement ;
- les conversations ;
- certaines personnes ;
- les informations ;
- la voiture ;
- les soins médicaux ;
- les courriels professionnels ;
- les émotions ;
- les pensées associées au traumatisme.
Cet évitement peut apporter un soulagement immédiat. Toutefois, lorsqu’il devient durable, il peut contribuer au maintien de la peur.
5. L’hyperactivation
Le système nerveux peut rester dans un état d’alerte élevé.
La personne peut présenter :
- une hypervigilance ;
- des sursauts ;
- une irritabilité ;
- des difficultés à se concentrer ;
- une tension musculaire ;
- des palpitations ;
- une agitation ;
- des troubles du sommeil ;
- une peur qu’un nouvel événement survienne ;
- un besoin de surveiller continuellement l’environnement.
Les symptômes intrusifs, l’humeur négative, la dissociation, l’évitement et l’activation excessive font partie des manifestations caractéristiques du trouble de stress aigu.
Le cercle vicieux
Le fonctionnement peut être résumé ainsi :
Souvenir traumatique → déclencheur → alarme corporelle → peur, flashback ou dissociation → évitement et comportements de sécurité → soulagement immédiat → maintien de la peur.
Par exemple, après un accident, une personne peut éviter totalement la voiture.
Cet évitement diminue momentanément son anxiété. Cependant, il ne lui permet pas d’expérimenter progressivement que tous les trajets ne conduisent pas à un nouvel accident.
Quand faut-il consulter ?
Une consultation peut être utile lorsque :
- les symptômes sont très intenses ;
- les images ou les cauchemars sont fréquents ;
- la personne ne parvient plus à dormir ;
- elle évite de nombreuses situations ;
- elle ne peut plus travailler ou prendre soin d’elle ;
- elle se sent détachée de la réalité ;
- elle utilise de l’alcool ou d’autres substances pour tenir ;
- elle reste constamment en état d’alerte ;
- les symptômes ne diminuent pas ;
- ils se prolongent plusieurs semaines ;
- elle présente des idées suicidaires ;
- elle demeure exposée à des violences ou à un danger actuel.
En présence d’un danger immédiat, d’idées suicidaires importantes ou d’une incapacité à assurer sa sécurité, une prise en charge urgente est nécessaire.
Comment les symptômes post-traumatiques s’installent-ils ?
La mémoire traumatique
Après un événement particulièrement menaçant, certaines informations peuvent rester insuffisamment intégrées.
La personne peut savoir que l’événement est terminé, mais continuer à le ressentir comme actuel.
Le souvenir peut rester associé à :
- une image ;
- un son ;
- une odeur ;
- une douleur ;
- une sensation d’oppression ;
- une peur de mourir ;
- une impression d’impuissance ;
- une honte ;
- une culpabilité.
Lorsqu’un élément similaire est rencontré, le cerveau peut déclencher une nouvelle alarme.
Les déclencheurs
Les déclencheurs peuvent être très visibles ou très discrets :
- un bruit de freinage ;
- une sirène ;
- une odeur médicale ;
- un vêtement ;
- un visage ;
- un ton de voix ;
- un message ;
- une date ;
- un lieu ;
- la nuit ;
- une sensation cardiaque ;
- une douleur ;
- une position corporelle.
La personne ne comprend pas toujours immédiatement pourquoi elle ressent soudainement une peur ou une détresse intense.
L’apport de l’EMDR dans le stress aigu et les symptômes post-traumatiques
L’EMDR est une psychothérapie principalement reconnue dans la prise en charge du trouble de stress post-traumatique. L’Organisation mondiale de la santé inclut l’EMDR parmi les interventions psychologiques pouvant être proposées aux adultes présentant un TSPT.
Dans les jours suivant immédiatement un événement, l’utilisation de l’EMDR doit être adaptée au contexte, au degré de stabilité et aux besoins de la personne.
Il ne s’agit pas nécessairement de commencer immédiatement un retraitement complet du souvenir.
La première étape consiste souvent à évaluer :
- la sécurité actuelle ;
- la présence de dissociation ;
- les besoins médicaux ;
- les ressources disponibles ;
- les capacités de retour au calme ;
- le sommeil ;
- le soutien social ;
- l’intensité des symptômes.
1. Sécuriser avant de retraiter
Avant tout travail sur le souvenir, la personne doit pouvoir rester suffisamment présente.
La préparation peut inclure :
- l’ancrage dans le présent ;
- l’identification d’un lieu apaisant ;
- le développement de ressources ;
- une respiration souple ;
- des repères sensoriels ;
- la possibilité d’interrompre le travail ;
- le repérage de la dissociation ;
- un plan de sécurité.
Le thérapeute adapte le rythme à la capacité de la personne à tolérer l’activation émotionnelle.
2. Retraiter progressivement les éléments les plus pénibles
Lorsque l’indication est posée, le travail peut porter sur :
- l’image la plus difficile ;
- le moment où la personne a cru mourir ;
- un bruit ;
- une parole ;
- une sensation corporelle ;
- le visage d’un agresseur ;
- une scène médicale ;
- une annonce ;
- la sensation d’être impuissant.
L’objectif n’est pas d’obliger la personne à raconter plusieurs fois tous les détails.
Le retraitement se concentre sur les éléments qui restent émotionnellement et corporellement bloqués.
3. Diminuer la charge émotionnelle
Le souvenir peut rester présent sans déclencher la même intensité de peur, de honte, de panique ou d’oppression.
La personne peut progressivement passer de :
« Cela est encore en train d’arriver »
à :
« Cela s’est produit, mais c’est terminé. »
4. Travailler les croyances traumatiques
Après l’événement, la personne peut penser :
- « Je suis en danger. »
- « C’est ma faute. »
- « Je suis impuissant. »
- « Je n’ai pas su me défendre. »
- « Je vais mourir. »
- « Mon corps n’est plus fiable. »
- « Je ne pourrai jamais reprendre une vie normale. »
Le travail EMDR peut favoriser des représentations plus adaptées :
- « L’événement est terminé. »
- « J’ai survécu. »
- « J’ai fait ce que j’ai pu. »
- « Ma réaction était une réaction de survie. »
- « Je peux retrouver progressivement un sentiment de sécurité. »
- « Je peux demander de l’aide. »
5. Préparer les situations futures
Une fois les principaux souvenirs suffisamment apaisés, la personne peut être préparée à :
- reprendre la voiture ;
- retourner dans un lieu ;
- sortir seule ;
- dormir ;
- consulter un médecin ;
- ouvrir un courriel ;
- retourner au travail ;
- assister à une cérémonie ;
- faire face à un bruit ou à une sensation corporelle.
Le scénario futur vise à renforcer la confiance dans les ressources actuelles de la personne.
4. EMDR sur le passé, TCC sur la régulation actuelle
Les TCC peuvent proposer des outils concrets :
- ancrage sensoriel ;
- repérage des émotions ;
- réduction des ruminations ;
- organisation du sommeil ;
- reprise des activités ;
- gestion des comportements de sécurité ;
- résolution de problèmes ;
- planification des démarches.
5. EMDR sur la mémoire traumatique, TCC sur la prévention
La TCC aide à repérer :
- les signes précoces d’aggravation ;
- les évitements qui s’installent ;
- les troubles du sommeil ;
- l’isolement ;
- les consommations ;
- les dates ou lieux déclencheurs ;
- les besoins de soutien.
Un plan personnalisé peut préciser les ressources et les démarches à mobiliser si les symptômes augmentent.
Pourquoi associer l’EMDR et les TCC ?
Pour les adultes présentant un trouble de stress aigu ou des symptômes post-traumatiques cliniquement importants dans le premier mois suivant un événement, le NICE recommande notamment une TCC individuelle centrée sur le trauma.
Dans une approche intégrative, l’EMDR peut intervenir sur les souvenirs encore très activants, tandis que les TCC agissent sur les mécanismes actuels qui entretiennent la peur.
1. EMDR sur le souvenir, TCC sur le quotidien
L’EMDR peut réduire la charge émotionnelle de l’événement.
La TCC aide à reprendre :
- les routines ;
- les soins personnels ;
- les déplacements ;
- les démarches ;
- les activités ;
- les contacts sociaux ;
- un rythme de sommeil plus régulier.
2. EMDR sur les déclencheurs, TCC sur l’évitement
L’EMDR peut travailler l’activation provoquée par un bruit, un lieu ou une sensation.
La TCC organise une reprise graduée des situations évitées.
Par exemple :
- regarder une voiture ;
- s’en approcher ;
- s’asseoir à l’intérieur ;
- faire un court trajet ;
- reprendre progressivement la conduite.
3. EMDR sur la blessure émotionnelle, TCC sur les pensées actuelles
L’EMDR peut travailler :
- la peur ;
- la honte ;
- la culpabilité ;
- l’impuissance ;
- la sidération.
La TCC aide à examiner des pensées telles que :
- « Cela va forcément recommencer. »
- « Je ne serai plus jamais en sécurité. »
- « Je suis incapable de faire face. »
- « Toutes les personnes sont dangereuses. »
- « Si je ressens de l’angoisse, je vais perdre le contrôle. »
Cinq exemples détaillés
Exemple 1 : trouble de stress aigu après un accident de la route
Situation
Après un accident, une personne présente :
- des flashbacks ;
- des sursauts ;
- une peur intense en voiture ;
- une oppression ;
- des cauchemars ;
- un évitement de la conduite.
Elle pense :
- « Cela va recommencer. »
- « Je vais mourir si je remonte en voiture. »
- « Je ne contrôle plus rien. »
Cibles possibles en EMDR
Le travail peut porter sur :
- le moment du choc ;
- le bruit du freinage ;
- l’image du véhicule ;
- les sirènes ;
- une sensation d’oppression ;
- le moment où la personne a cru mourir ;
- l’arrivée des secours.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut aider à diminuer la charge émotionnelle de la scène et l’impression que l’accident est encore en train de se produire.
La cognition :
« Je suis en danger »
peut progressivement évoluer vers :
« L’accident est terminé et je peux évaluer la situation actuelle. »
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut organiser une reprise graduée :
- regarder une voiture ;
- s’asseoir dans un véhicule arrêté ;
- être passager sur un court trajet ;
- conduire sur une route calme ;
- augmenter progressivement la durée du trajet.
Elle peut également aider à travailler la surestimation du risque et les pensées catastrophiques.
Objectif
Pouvoir se déplacer à nouveau avec davantage de sécurité intérieure et moins de détresse.
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut organiser :
- des sorties accompagnées ;
- des trajets courts ;
- des sorties seules dans un lieu connu ;
- une diminution progressive des vérifications ;
- une réduction des comportements de sécurité excessifs ;
- un travail sur l’affirmation de soi.
Objectif
Retrouver une liberté de déplacement avec une prudence raisonnable, sans vivre chaque sortie comme une menace imminente.
Exemple 2 : symptômes post-traumatiques après une agression
Situation
Après une agression, une personne évite de sortir seule, sursaute au moindre bruit et surveille continuellement son environnement.
Elle pense :
- « Je ne suis nulle part en sécurité. »
- « Je n’ai pas su me défendre. »
- « Quelqu’un va forcément m’agresser à nouveau. »
Cibles possibles en EMDR
Le travail peut porter sur :
- le visage de l’agresseur ;
- un bruit de pas ;
- un cri ;
- la chute ;
- la sidération ;
- une sensation corporelle ;
- le lieu de l’agression ;
- la peur de mourir.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut aider à réduire les images intrusives, la peur et le sentiment d’impuissance.
Il peut également aider à comprendre émotionnellement que la sidération était une réaction automatique de survie.
Exemple 3 : symptômes post-traumatiques après un traumatisme médical
Situation
Après une hospitalisation, une intervention ou une réanimation, une personne présente :
- des images de la chambre ou du bloc ;
- une peur des soins ;
- une forte activation corporelle ;
- des cauchemars ;
- un évitement des rendez-vous médicaux ;
- une peur de mourir ou de perdre le contrôle.
Cibles possibles en EMDR
Le travail peut porter sur :
- la salle d’hôpital ;
- une alarme ;
- une annonce médicale ;
- un geste invasif ;
- une sensation corporelle ;
- une douleur ;
- une impression d’étouffement ;
- la séparation avec les proches.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut aider à diminuer l’intensité des souvenirs et l’angoisse associée aux rappels médicaux.
La personne peut progressivement différencier :
- une sensation actuelle ;
- du danger vécu pendant l’hospitalisation.
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut aider à :
- préparer les rendez-vous ;
- établir une liste de questions ;
- réduire l’évitement des soins ;
- demander des explications ;
- retrouver des repères corporels plus sécurisants ;
- utiliser des stratégies d’ancrage pendant les examens.
Objectif
Pouvoir recevoir les soins nécessaires avec moins de panique et davantage de contrôle.
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut aider à :
- reprendre les démarches administratives ;
- ouvrir progressivement certains courriels ;
- organiser le quotidien ;
- différencier épuisement et incapacité ;
- travailler les pensées de dévalorisation ;
- préparer une reprise, un aménagement ou une réorientation ;
- développer l’affirmation de soi.
Objectif
Pouvoir penser au travail sans être immédiatement submergé et retrouver progressivement une marge de décision.
Exemple 4 : stress aigu après un événement professionnel
Situation
Après un accident professionnel, une agression au travail, un harcèlement brutal ou une humiliation grave, une personne présente :
- des pleurs ;
- une peur des courriels ;
- une oppression ;
- des réactions de sursaut ;
- une peur du lieu professionnel ;
- une sensation d’effondrement.
Elle pense :
- « Je suis incapable. »
- « Je vais être à nouveau attaqué. »
- « Je ne pourrai plus travailler. »
- « J’aurais dû réagir autrement. »
Cibles possibles en EMDR
Le travail peut porter sur :
- un courriel ;
- une réunion ;
- un ton de voix ;
- une humiliation ;
- une menace ;
- la sensation d’effondrement ;
- l’annonce de l’arrêt de travail ;
- le retour anticipé sur le lieu.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut aider à réduire la charge émotionnelle des scènes vécues et le sentiment d’être toujours menacé.
La croyance :
« Je suis impuissant »
peut évoluer vers :
« Je peux maintenant me protéger et demander du soutien. »
Exemple 5 : symptômes post-traumatiques après un décès brutal
Situation
Après un décès brutal ou après avoir été témoin d’une scène grave, une personne reste envahie par :
- l’annonce ;
- des images choquantes ;
- les derniers instants ;
- une forte culpabilité ;
- des cauchemars ;
- des troubles du sommeil.
Elle pense :
- « J’aurais dû empêcher cela. »
- « Je suis responsable. »
- « Je ne mérite pas d’aller mieux. »
- « J’aurais dû être davantage présente. »
Cibles possibles en EMDR
Le travail peut porter sur :
- l’annonce du décès ;
- la découverte du corps ;
- une scène de réanimation ;
- les derniers instants ;
- une parole non dite ;
- la culpabilité ;
- une image précise ;
- la peur de perdre un autre proche.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut aider à réduire la dimension traumatique du souvenir et la responsabilité émotionnelle excessive.
La cognition :
« Je suis responsable »
peut évoluer vers :
« J’aurais voulu agir, mais je ne contrôlais pas cet événement. »
L’objectif n’est pas d’effacer la tristesse ni le lien avec le défunt.
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut aider à :
- distinguer culpabilité et responsabilité ;
- travailler les pensées en « j’aurais dû » ;
- réduire certains évitements ;
- reprendre les activités quotidiennes ;
- maintenir les liens sociaux ;
- réintroduire progressivement des souvenirs moins traumatiques ;
- comprendre les vagues émotionnelles du deuil.
Objectif
Permettre au deuil d’évoluer avec moins d’images intrusives, moins de culpabilité et davantage d’apaisement.
Comment se déroule la prise en charge ?
La première étape consiste à évaluer :
- la nature de l’événement ;
- la date à laquelle il s’est produit ;
- les symptômes actuels ;
- la dissociation ;
- le sommeil ;
- les évitements ;
- le fonctionnement quotidien ;
- le soutien disponible ;
- la sécurité actuelle ;
- le risque suicidaire ;
- les consommations ;
- les besoins médicaux.
La prise en charge peut ensuite associer :
- psychoéducation ;
- soutien ;
- stabilisation ;
- ancrage ;
- travail sur le sommeil ;
- TCC centrée sur le trauma ;
- retraitement EMDR adapté ;
- reprise graduée des activités ;
- prévention de l’évolution vers un TSPT durable.
Les recommandations de l’OMS indiquent que les TCC centrées sur le trauma peuvent être bénéfiques chez les adultes présentant des symptômes aigus après un traumatisme.
Une approche progressive et personnalisée
Toutes les personnes n’ont pas besoin du même accompagnement.
Certaines récupèrent avec du soutien, du repos et une restauration de la sécurité.
D’autres ont besoin d’une psychothérapie structurée lorsque les symptômes sont intenses, persistants ou invalidants.
L’objectif n’est pas de supprimer immédiatement toutes les émotions. Il consiste à aider la personne à :
- retrouver des repères ;
- comprendre ses réactions ;
- diminuer l’intensité des souvenirs ;
- réduire les évitements ;
- retrouver un sentiment de sécurité ;
- reprendre progressivement sa vie quotidienne ;
- prévenir l’installation durable des symptômes.
Le stress aigu et les symptômes post-traumatiques peuvent être pris en charge. Avec un accompagnement adapté, la personne peut progressivement se souvenir de l’événement sans être constamment ramenée dans le danger.