Troubles anxieux : l’apport des TCC et de l’EMDR

L’accompagnement des troubles anxieux peut être réalisé au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax ou à distance. La visioconférence permet notamment d'accompagner des personnes vivant partout en France, des Français expatriés ainsi que des personnes francophones résidant dans d’autres pays.

Troubles anxieux pouvant comporter des cibles EMDR

L’anxiété est une réaction humaine normale. Elle aide à anticiper un danger, à mobiliser les ressources de l’organisme et à se protéger.

Elle devient problématique lorsqu’elle apparaît trop souvent, devient très intense, persiste en l’absence de danger immédiat ou limite progressivement la vie quotidienne.

Les troubles anxieux peuvent affecter :

  • le sommeil ;
  • la concentration ;
  • les relations ;
  • le travail ou les études ;
  • les déplacements ;
  • la santé physique ;
  • la confiance en soi ;
  • la capacité à prendre des décisions.

Ils peuvent s’accompagner d’inquiétudes, de pensées catastrophiques, de sensations corporelles fortes, d’évitements et de comportements destinés à prévenir une catastrophe.

Les troubles anxieux peuvent être traités. Les thérapies cognitivo-comportementales, notamment l’exposition progressive, font partie des approches psychologiques reconnues. L’Organisation mondiale de la santé recommande les interventions fondées sur les TCC pour le trouble anxieux généralisé et le trouble panique.

L’EMDR est principalement validé pour le trouble de stress post-traumatique. Dans certains autres troubles anxieux, il peut être envisagé en complément lorsqu’une expérience marquante, un souvenir ou une situation passée continue d’alimenter la peur actuelle. Les résultats disponibles sont encourageants, mais moins solidement établis que pour le TSPT.

 

Quels troubles anxieux peuvent comporter des cibles EMDR ?

Le trouble panique

Le trouble panique se caractérise par des attaques de panique répétées ou par la peur persistante qu’une nouvelle crise survienne.

Une attaque de panique peut provoquer :

  • des palpitations ;
  • une accélération du cœur ;
  • des tremblements ;
  • une oppression ;
  • une sensation d’étouffement ;
  • des vertiges ;
  • une impression d’irréalité ;
  • une peur de mourir ;
  • une peur de perdre le contrôle ;
  • une peur de devenir fou.

Après une première crise particulièrement marquante, la personne peut commencer à surveiller continuellement son corps.

Elle peut éviter les lieux où la crise est survenue et interpréter chaque sensation comme le début d’une nouvelle attaque.

Les cibles EMDR peuvent notamment concerner :

  • la première attaque de panique ;
  • la crise la plus intense ;
  • un passage aux urgences ;
  • la sensation d’étouffement ;
  • la peur de mourir ;
  • le regard des personnes présentes ;
  • le sentiment de ne pas avoir été secouru.

Les phobies spécifiques

Une phobie spécifique correspond à une peur intense et persistante déclenchée par un objet ou une situation précise.

Elle peut concerner :

  • les animaux ;
  • la conduite ;
  • l’avion ;
  • les hauteurs ;
  • les espaces clos ;
  • les orages ;
  • le sang ;
  • les injections ;
  • les soins dentaires ;
  • l’eau ;
  • le vomissement.

La peur peut avoir commencé après :

  • une morsure ;
  • un accident ;
  • un malaise ;
  • une intervention douloureuse ;
  • de fortes turbulences ;
  • un enfermement ;
  • une scène effrayante observée pendant l’enfance.

L’EMDR peut alors cibler l’expérience initiale et les éléments qui continuent à déclencher la peur.

L’évitement et les comportements de sécurité

Pour réduire son anxiété, la personne peut :

  • éviter une situation ;
  • sortir uniquement accompagnée ;
  • surveiller les issues ;
  • contrôler sa respiration ;
  • vérifier son corps ;
  • demander à être rassurée ;
  • préparer excessivement une conversation ;
  • utiliser systématiquement un objet de sécurité ;
  • renoncer à certaines activités.

Ces comportements apportent un soulagement immédiat, mais peuvent maintenir la peur.

Le cercle vicieux de l’anxiété

Le fonctionnement peut être résumé ainsi :

Déclencheur → interprétation du danger → sensations et anxiété → évitement ou comportement de sécurité → soulagement immédiat → maintien de la peur.

La personne n’a pas l’occasion de constater qu’elle aurait pu faire face, que l’anxiété aurait diminué naturellement ou que la catastrophe redoutée ne se serait pas produite.

Comment l’anxiété peut-elle s’installer ?

Une expérience marquante

L’anxiété peut commencer après un événement particulier :

  • accident ;
  • malaise ;
  • crise de panique ;
  • agression ;
  • humiliation ;
  • maladie ;
  • hospitalisation ;
  • séparation ;
  • perte ;
  • situation de blocage.

Elle peut aussi se développer progressivement après une accumulation de situations stressantes.

Une mémoire de danger

Après l’événement, le cerveau peut associer certains éléments au danger :

  • un lieu ;
  • un bruit ;
  • une odeur ;
  • une sensation ;
  • un visage ;
  • un regard ;
  • une situation sociale ;
  • un véhicule ;
  • un geste médical.

Même lorsque le danger est terminé, ces éléments peuvent continuer à activer le système d’alarme.

Une interprétation catastrophique

La personne peut penser :

  • « Cela va recommencer. »
  • « Je vais perdre le contrôle. »
  • « Je vais mourir. »
  • « Je ne pourrai pas m’échapper. »
  • « Les autres vont se moquer de moi. »
  • « Cette sensation indique une maladie grave. »
  • « Si je ne contrôle pas tout, quelque chose de grave arrivera. »

Les réactions corporelles

L’interprétation du danger active le corps.

La personne peut ressentir :

  • des palpitations ;
  • une oppression ;
  • des tensions ;
  • des tremblements ;
  • des vertiges ;
  • des nausées ;
  • une envie de fuir ;
  • une sensation d’irréalité ;
  • une difficulté à respirer naturellement.

Ces sensations peuvent ensuite être interprétées comme une nouvelle preuve du danger.

 

L’agoraphobie

L’agoraphobie correspond à la peur de situations dans lesquelles la personne pense qu’il serait difficile de partir, de s’échapper ou de recevoir de l’aide.

Elle peut conduire à éviter :

  • les transports ;
  • les centres commerciaux ;
  • les files d’attente ;
  • les lieux très fréquentés ;
  • les espaces ouverts ;
  • les déplacements loin du domicile ;
  • les sorties sans accompagnement.

L’agoraphobie peut apparaître après une attaque de panique, un malaise, une chute ou une expérience au cours de laquelle la personne s’est sentie bloquée.

Le trouble anxieux généralisé

Le trouble anxieux généralisé, ou TAG, se caractérise par des inquiétudes excessives et difficiles à contrôler dans plusieurs domaines de la vie :

  • santé ;
  • travail ;
  • finances ;
  • famille ;
  • avenir ;
  • sécurité des proches ;
  • erreurs possibles ;
  • responsabilités quotidiennes.

La personne peut penser :

  • « Je dois tout anticiper. »
  • « Si je me détends, une catastrophe surviendra. »
  • « Je dois empêcher tous les problèmes. »
  • « Je ne pourrai pas faire face. »

L’EMDR n’est pas le traitement principal du TAG. Il peut toutefois compléter une TCC lorsque certaines inquiétudes sont liées à des expériences anciennes d’insécurité, de maladie, de perte, d’imprévisibilité ou de responsabilités précoces.

 

L’anxiété sociale

L’anxiété sociale se caractérise par une peur importante d’être jugé, rejeté, critiqué ou humilié.

La personne peut craindre :

  • de rougir ;
  • de trembler ;
  • de perdre ses mots ;
  • de commettre une erreur ;
  • d’être observée ;
  • de parler devant un groupe ;
  • de manger ou d’écrire devant les autres ;
  • de ne pas paraître suffisamment compétente.

Des souvenirs peuvent entretenir cette peur :

  • moqueries ;
  • harcèlement ;
  • humiliations scolaires ;
  • critiques parentales ;
  • rejet amoureux ;
  • erreur professionnelle publique ;
  • prise de parole vécue comme catastrophique.

L’anxiété de santé

Dans l’anxiété de santé, la personne interprète des sensations corporelles ordinaires ou bénignes comme le signe possible d’une maladie grave.

Elle peut :

  • surveiller son pouls ;
  • palper certaines parties du corps ;
  • observer sa respiration ;
  • consulter fréquemment Internet ;
  • demander régulièrement à être rassurée ;
  • multiplier les consultations médicales ;
  • éviter certains examens par peur du résultat.

Les cibles EMDR peuvent notamment concerner :

  • une hospitalisation ;
  • une annonce médicale ;
  • une maladie grave dans la famille ;
  • une erreur médicale ;
  • le décès soudain d’un proche ;
  • une sensation corporelle vécue comme une mort imminente ;
  • une expérience de réanimation.

L’apport de l’EMDR dans les troubles anxieux

1. Sécuriser avant de commencer

Le travail EMDR ne consiste pas à plonger immédiatement la personne dans son souvenir le plus difficile.

Une phase de préparation peut comprendre :

  • des exercices d’ancrage ;
  • le développement de ressources ;
  • un lieu apaisant ;
  • l’identification des réactions corporelles ;
  • des moyens de revenir au présent ;
  • la possibilité d’interrompre le travail ;
  • une évaluation de la dissociation ;
  • une meilleure compréhension du trouble.

Le rythme est adapté à la personne.

2. Retraiter les expériences à l’origine de la peur

L’EMDR peut cibler un souvenir précis :

  • un accident ;
  • une première crise de panique ;
  • une humiliation ;
  • une hospitalisation ;
  • une morsure ;
  • un épisode d’étouffement ;
  • une scène de rejet ;
  • un moment de perte de contrôle.

L’objectif n’est pas de supprimer le souvenir.

Il s’agit de permettre à la personne d’y repenser sans ressentir immédiatement la même détresse ni la même alarme corporelle.

3. Diminuer la charge émotionnelle

Lorsque le souvenir est activé, la personne peut ressentir :

  • de la peur ;
  • de la honte ;
  • de l’impuissance ;
  • de la culpabilité ;
  • une oppression ;
  • une sensation de danger imminent.

L’EMDR peut progressivement diminuer l’intensité de ces réactions.

Le souvenir reste présent, mais il devient moins envahissant et moins alarmant.

 

4. Travailler les croyances anxieuses

Les croyances négatives peuvent être :

  • « Je suis en danger. »
  • « Je vais perdre le contrôle. »
  • « Je suis impuissant. »
  • « Je suis ridicule. »
  • « Mon corps n’est pas fiable. »
  • « Je ne pourrai pas faire face. »
  • « Je dois tout contrôler. »

Des représentations plus adaptées peuvent progressivement émerger :

  • « Cette expérience est terminée. »
  • « Je peux faire face. »
  • « Une sensation désagréable n’est pas nécessairement dangereuse. »
  • « Je peux supporter une part d’incertitude. »
  • « Une erreur ne définit pas toute ma valeur. »
  • « Je peux agir même si je ressens de l’anxiété. »

5. Travailler les déclencheurs actuels

Après le retraitement des événements sources, certaines situations actuelles peuvent encore provoquer une réaction importante.

Il peut s’agir :

  • d’entrer dans un magasin ;
  • de voir une voiture ;
  • de ressentir une palpitation ;
  • de parler devant un groupe ;
  • d’attendre un résultat médical ;
  • de rencontrer un chien ;
  • de prendre l’avion ;
  • de rester seul.

Ces déclencheurs peuvent également être travaillés en EMDR.

6. Préparer le futur

L’EMDR peut permettre de préparer mentalement une situation future :

  • conduire ;
  • sortir seul ;
  • parler devant des personnes ;
  • recevoir une injection ;
  • prendre les transports ;
  • consulter un médecin ;
  • tolérer une sensation physique ;
  • faire face à une situation imprévue.

L’objectif est d’aider la personne à se représenter la situation avec davantage de ressources et de contrôle.

4. EMDR sur le passé, TCC sur les compétences

Les TCC peuvent permettre de développer :

  • l’exposition graduée ;
  • la restructuration cognitive ;
  • la tolérance à l’incertitude ;
  • l’affirmation de soi ;
  • la résolution de problèmes ;
  • la réduction des vérifications ;
  • l’exposition aux sensations corporelles ;
  • une attention moins centrée sur les signes de danger.

5. EMDR sur les souvenirs, TCC sur la prévention de la rechute

La TCC aide à repérer :

  • le retour des évitements ;
  • l’augmentation des vérifications ;
  • les demandes de réassurance ;
  • les pensées catastrophiques ;
  • l’isolement ;
  • les périodes de stress.

Un plan de prévention permet de maintenir les progrès et de réagir rapidement si l’anxiété augmente

Pourquoi associer l’EMDR et les TCC ?

L’EMDR et les TCC agissent sur des dimensions différentes et complémentaires.

L’EMDR travaille principalement sur les expériences et les souvenirs qui continuent à alimenter la peur.

Les TCC travaillent sur les pensées, les comportements et les situations actuelles.

1. EMDR sur le souvenir, TCC sur le quotidien

L’EMDR aide à retraiter l’expérience à l’origine de la peur.

Les TCC permettent d’agir sur :

  • les habitudes actuelles ;
  • les pensées anxieuses ;
  • les évitements ;
  • les comportements de sécurité ;
  • les difficultés du quotidien.

2. EMDR sur les déclencheurs, TCC sur l’exposition

L’EMDR peut réduire l’activation associée à un déclencheur.

La TCC organise ensuite une exposition progressive et sécurisée aux situations évitées.

La personne apprend que :

  • l’anxiété peut diminuer sans fuir ;
  • une sensation corporelle peut être tolérée ;
  • elle peut agir malgré la peur ;
  • la catastrophe ne survient pas systématiquement.

3. EMDR sur la blessure émotionnelle, TCC sur les pensées actuelles

L’EMDR peut travailler les expériences de peur, de honte ou d’impuissance.

La TCC aide à identifier les pensées qui entretiennent actuellement l’anxiété :

  • « Tout le monde va me juger. »
  • « Je vais forcément refaire une crise. »
  • « Cette douleur est nécessairement grave. »
  • « Je ne pourrai pas supporter cette situation. »

Le travail consiste à rechercher une interprétation plus réaliste.

 

Cinq exemples détaillés

Exemple 1 : phobie de la conduite après un accident

Situation

Après un accident, une personne évite de conduire et ressent une forte anxiété lorsqu’elle monte dans une voiture.

Elle pense :

  • « L’accident va recommencer. »
  • « Je vais perdre le contrôle. »
  • « Je ne pourrai pas réagir assez vite. »
  • « La route est trop dangereuse. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • le moment du choc ;
  • un bruit de freinage ;
  • l’image du véhicule ;
  • les sirènes ;
  • une sensation d’oppression ;
  • la peur de mourir ;
  • un carrefour ressemblant au lieu de l’accident.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut diminuer la charge émotionnelle du souvenir et l’impression que chaque trajet reproduit l’accident.

La cognition :

« Je suis en danger »

peut progressivement évoluer vers :

« L’accident est terminé et je peux rester attentive à la situation actuelle. »

 

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent organiser une reprise progressive :

  1. regarder une voiture ;
  2. s’installer dans un véhicule arrêté ;
  3. rester passager pendant un court trajet ;
  4. conduire sur une route calme ;
  5. augmenter la durée et la complexité des trajets.

Le travail porte également sur la surestimation du danger et les comportements de sécurité excessifs.

Objectif

Pouvoir conduire avec une prudence raisonnable sans revivre l’accident à chaque déplacement.

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent comprendre :

  • une psychoéducation sur la panique ;
  • une exposition aux sensations corporelles ;
  • une diminution du contrôle respiratoire ;
  • une reprise graduée des magasins ;
  • un travail sur les interprétations catastrophiques.

Objectif

Pouvoir ressentir une activation corporelle sans l’interpréter automatiquement comme une catastrophe.

Exemple 2 : trouble panique après une première crise marquante

Situation

Une personne a vécu une première attaque de panique dans un magasin.

Depuis, elle surveille son cœur, contrôle sa respiration et évite les lieux fréquentés.

Elle pense :

  • « Mon cœur va lâcher. »
  • « Je vais m’évanouir. »
  • « Je vais perdre le contrôle. »
  • « Personne ne pourra m’aider. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • la première crise ;
  • les palpitations ;
  • la sensation d’étouffement ;
  • le passage aux urgences ;
  • le regard des autres ;
  • la peur de mourir ;
  • l’endroit précis où la crise est survenue.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut réduire la charge émotionnelle de la première crise et la peur conditionnée des sensations corporelles.

La personne peut progressivement différencier une activation anxieuse d’un danger médical immédiat.

 

Exemple 3 : anxiété sociale après des humiliations

Situation

Après des moqueries et des humiliations, une personne craint de parler devant les autres.

Elle évite les réunions, prépare excessivement ses phrases et surveille son visage.

Elle pense :

  • « Tout le monde va voir que je suis ridicule. »
  • « Je vais perdre mes mots. »
  • « Les autres sont plus compétents que moi. »
  • « Une erreur prouvera que je suis incapable. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • une moquerie ;
  • un rire ;
  • un regard critique ;
  • une remarque d’un enseignant ;
  • un rougissement remarqué ;
  • une mise à l’écart ;
  • une prise de parole difficile.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut diminuer la honte associée aux scènes anciennes et la sensation que chaque regard annonce une nouvelle humiliation.

 

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent travailler :

  • la lecture de pensée ;
  • l’attention centrée sur soi ;
  • les comportements de camouflage ;
  • les prises de parole graduées ;
  • l’affirmation de soi ;
  • l’acceptation d’une performance imparfaite.

Objectif

Pouvoir être visible, parler ou commettre une petite erreur sans se sentir entièrement dévalorisé.

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • réduire les vérifications corporelles ;
  • limiter les recherches sur Internet ;
  • espacer les demandes de réassurance ;
  • préparer les rendez-vous médicaux ;
  • respecter un cadre de suivi raisonnable ;
  • tolérer une part d’incertitude.

Objectif

Prendre soin de sa santé sans vivre sous la surveillance permanente d’une catastrophe médicale.

Exemple 4 : anxiété de santé après une hospitalisation

Situation

Après une hospitalisation difficile, une personne interprète chaque sensation comme le signe possible d’une maladie grave.

Elle vérifie son pouls, consulte Internet et demande fréquemment à être rassurée.

Elle pense :

  • « Cette douleur annonce une maladie grave. »
  • « Les médecins peuvent passer à côté de quelque chose. »
  • « Je dois surveiller mon corps pour être en sécurité. »
  • « Si je ne vérifie pas, je prends un risque. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • une annonce médicale ;
  • une salle d’hôpital ;
  • une alarme ;
  • une douleur ;
  • une intervention ;
  • la peur de mourir ;
  • le décès médicalisé d’un proche.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à réduire l’activation liée aux souvenirs médicaux et à distinguer plus facilement une sensation actuelle d’un ancien danger.

 

Exemple 5 : TAG après une histoire d’insécurité

Situation

Une personne ayant grandi dans un environnement imprévisible s’inquiète continuellement pour sa famille, son travail, ses finances et son avenir.

Elle pense :

  • « Je dois tout anticiper. »
  • « Si je me détends, quelque chose de grave arrivera. »
  • « Je dois empêcher tous les problèmes. »
  • « Je ne pourrai pas faire face à l’imprévu. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • une crise familiale ;
  • une maladie ;
  • un départ brutal ;
  • une difficulté financière ;
  • une responsabilité précoce ;
  • une erreur fortement punie ;
  • un moment où aucun adulte ne semblait contrôler la situation.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut diminuer la charge émotionnelle des expériences ayant appris à la personne que le danger était permanent et qu’elle devait tout contrôler.

 

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent travailler :

  • l’intolérance à l’incertitude ;
  • les scénarios catastrophiques ;
  • les comportements de contrôle ;
  • le temps consacré aux inquiétudes ;
  • la distinction entre problème réel et inquiétude hypothétique ;
  • la résolution de problèmes.

Objectif

Développer une confiance plus réaliste dans sa capacité à faire face sans rechercher une sécurité absolue.

Une approche individualisée

L’EMDR n’est pas systématiquement indiqué pour tous les troubles anxieux.

Il est surtout envisagé lorsqu’un souvenir, une expérience ou un déclencheur identifiable continue à alimenter la peur.

Pour plusieurs troubles anxieux, les TCC et l’exposition restent des éléments centraux du traitement. L’EMDR peut les compléter en travaillant les expériences à l’origine de certaines réactions émotionnelles.

L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir d’anxiété.

Il consiste à retrouver une anxiété proportionnée aux situations, à réduire les évitements et à développer davantage de liberté, de confiance et de capacité d’action.

Comment se déroule la prise en charge ?

La première étape consiste à comprendre :

  • la forme de l’anxiété ;
  • son ancienneté ;
  • les situations déclenchantes ;
  • les souvenirs associés ;
  • les sensations corporelles ;
  • les évitements ;
  • les comportements de sécurité ;
  • les demandes de réassurance ;
  • les conséquences sur la vie quotidienne ;
  • les ressources de la personne.

La prise en charge peut ensuite associer :

  • psychoéducation ;
  • stabilisation ;
  • ancrage ;
  • retraitement EMDR ;
  • restructuration cognitive ;
  • exposition graduée ;
  • exposition aux sensations corporelles ;
  • réduction des vérifications ;
  • tolérance à l’incertitude ;
  • prévention de la rechute.