TCC et troubles alimentaires à Oyonnax et en visio
Les troubles alimentaires regroupent différentes difficultés liées à l’alimentation, au rapport au corps, au poids, à l’image de soi et à la régulation émotionnelle. Ils peuvent se manifester par des restrictions, des compulsions alimentaires, des crises d’hyperphagie, des vomissements provoqués, une peur intense de grossir, une préoccupation excessive autour du corps ou une perte de liberté dans la manière de manger.
Les thérapies cognitives et comportementales, ou TCC, peuvent aider à mieux comprendre les mécanismes qui entretiennent les troubles alimentaires : pensées automatiques, émotions, comportements de contrôle, restriction, crises, culpabilité, évitements, comparaison corporelle, honte et faible estime de soi.
Au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax, Florence CHATENET propose un accompagnement orienté TCC pour les personnes confrontées aux troubles alimentaires, aux compulsions, à l’hyperphagie, à la boulimie, à la restriction alimentaire, à l’insatisfaction corporelle ou à une relation douloureuse avec l’alimentation.
Les séances peuvent avoir lieu en présentiel à Oyonnax, dans l’Ain, ou en visioconférence partout en France. La visio permet également d’accompagner les expatriés et les personnes francophones vivant à l’étranger, lorsqu’elles souhaitent consulter en français.
Les troubles de conduite alimentaire sont des pathologies fréquentes en France. On en distingue trois principaux.
Selon l'Assurance maladie, l'anorexie mentale touche entre 0,9 et 1,5 % des femmes et 0,2 à 0,3 % des hommes. Dans plus de 80 % des cas, les personnes atteintes sont des femmes, avec un pic de fréquence chez les 13-14 ans et les 16-17 ans.
La boulimie concerne 1,5 % des 11-20 ans et touche en majorité les femmes d’après la Haute Autorité de Santé (HAS). Le pic de fréquence se situe vers 19-20 ans selon Ameli.fr. Enfin, l'hyperphagie boulimique touche autant les hommes que les femmes, et apparaît plutôt à l'âge adulte. Elle touche 3 à 5 % de la population, toujours d'après la HAS, Si l'on englobe toutes les formes de troubles des conduites alimentaires, on estime que 10 % de la population pourrait être concernée.
Durant toute notre vie, notre rapport à la nourriture reflète notre état de santé physique ou mentale : notre appétit est fréquemment modifié par des bouleversements passagers (infection, stress, déprime passagère, etc.). Mais, lorsqu'une relation inhabituelle à la nourriture associée à une souffrance psychique s'installe durablement et qu'il y a des conséquences pour la santé, on parle de troubles des conduites alimentaires.
Les plus fréquents sont l’anorexie mentale, la boulimie et l'hyperphagie boulimique. Ces pathologies ne doivent pas être confondues avec des habitudes de grignotage ou de suralimentation, ou des restrictions alimentaires liées à un régime. Il s'agit bel et bien de troubles psychiatriques qui, selon certaines données scientifiques, sont du registre des addictions sans drogue.
Les symptômes s’observent aux niveaux comportemental, physique, psychologique et psychique.
- Sur le plan comportemental, il s’agit de manière répétée des régimes, des accès hyperphagiques, des vomissements, une activité physique intense, la présence de rituel durant la consommation des aliments.
- Pour les symptômes physiques, on observera des changements rapides de poids, de la fatigue, des étourdissements, des évanouissements, une sensibilité au froid pour l’anorexie, un arrêt ou des perturbations des menstruations.
- Pour les symptômes psychologiques et psychiques, on constate une peur intense de prendre du poids, une obsession grandissante pour le poids, sa silhouette et les aliments, une sensibilité aux critiques sur son apparence physique, une perte de contrôle face à certains aliments, une anxiété accrue, une humeur instable, une faible estime de soi, un état irritable jusqu’à l’état dépressif et/ou suicidaire.
Objectifs généraux de la TCC dans les troubles alimentaires
La TCC vise à aider la personne à mieux comprendre les mécanismes qui entretiennent le trouble alimentaire et à reprendre progressivement une relation plus apaisée avec l’alimentation, le corps et les émotions.
Les objectifs peuvent être :
- réduire les restrictions alimentaires ;
- diminuer les crises alimentaires ;
- limiter les comportements compensatoires ;
- réduire les évitements ;
- travailler sur les pensées automatiques ;
- améliorer l’image corporelle ;
- renforcer l’estime de soi ;
- développer des stratégies de régulation émotionnelle ;
- prévenir les rechutes ;
- retrouver plus de liberté dans la vie quotidienne.
L’accompagnement se fait de manière progressive, collaborative et adaptée au rythme de la personne. Il ne s’agit pas seulement de modifier des comportements alimentaires, mais aussi de comprendre ce qu’ils viennent apaiser, éviter ou contrôler. La TCC permet ainsi de travailler à la fois sur les symptômes visibles et sur les mécanismes psychologiques qui les maintiennent.
1. L’anorexie mentale
L’anorexie mentale se caractérise par une restriction alimentaire importante, une peur intense de prendre du poids et une perturbation de l’image corporelle. La personne peut se percevoir comme trop grosse malgré une perte de poids importante, contrôler fortement son alimentation, éviter certains aliments ou augmenter son activité physique dans une logique de contrôle du poids.
L’Inserm souligne que des conduites de restriction ou de jeûne peuvent apparaître chez de nombreuses jeunes filles, mais seule une minorité développe une anorexie mentale répondant aux critères diagnostiques. Ce trouble touche particulièrement les adolescentes et les jeunes femmes, mais peut aussi concerner les garçons et les adultes.
Causes et facteurs favorisants
L’anorexie mentale ne résulte pas d’une cause unique. Elle peut être favorisée par une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques, familiaux, sociaux et culturels. Parmi les facteurs souvent retrouvés, on peut citer le perfectionnisme, le besoin de contrôle, une faible estime de soi, une peur de grandir ou de perdre la maîtrise, une anxiété importante, des difficultés émotionnelles, des remarques sur le poids, des expériences de harcèlement ou une pression sociale autour de l’apparence.
Apport de la TCC
La TCC aide à identifier les pensées rigides autour du poids, du corps, de la nourriture et de la valeur personnelle. Elle permet de travailler sur les croyances telles que : « si je prends du poids, je perds le contrôle », « je ne vaux quelque chose que si je suis mince » ou « manger certains aliments est dangereux ».
Le travail peut inclure :
- l’identification des règles alimentaires strictes ;
- la diminution progressive des évitements alimentaires ;
- le travail sur l’image corporelle ;
- l’exposition graduée à certains aliments redoutés ;
- la réduction des comportements de contrôle ;
- l’apprentissage de stratégies de gestion émotionnelle ;
- la prévention des rechutes.
Exemple de prise en charge
Une personne qui évite systématiquement les féculents par peur de grossir peut apprendre à observer les pensées automatiques associées, puis réintroduire progressivement ces aliments dans un cadre sécurisé. Le travail porte aussi sur la tolérance à l’inconfort, la diminution des vérifications corporelles et la reconstruction d’une estime de soi moins dépendante du poids.
2. La boulimie nerveuse
La boulimie nerveuse se caractérise par des épisodes de crises alimentaires, souvent vécues avec un sentiment de perte de contrôle, suivis de comportements compensatoires : vomissements provoqués, prise de laxatifs, jeûne, restriction alimentaire ou activité physique excessive. La personne peut être enfermée dans un cycle de restriction, crise, culpabilité et compensation.
La HAS rappelle que la boulimie et l’hyperphagie boulimique nécessitent un repérage et une prise en charge adaptés, notamment en raison de leurs conséquences psychologiques, somatiques et sociales.
Causes et facteurs favorisants
La boulimie peut être favorisée par une restriction alimentaire excessive, une insatisfaction corporelle, une faible estime de soi, une anxiété importante, des émotions difficiles à réguler, des antécédents de régime, de honte corporelle ou de pression liée au poids. Les crises peuvent devenir une manière de soulager momentanément une tension émotionnelle, avant de provoquer culpabilité et détresse.
Apport de la TCC
La TCC vise à comprendre et interrompre le cercle boulimique. Elle aide la personne à repérer les déclencheurs des crises : restriction, émotions, fatigue, conflits, solitude, perfectionnisme ou pensées de type « tout ou rien ».
Le travail peut inclure :
- la mise en place d’un rythme alimentaire plus régulier ;
- l’identification des situations à risque ;
- la réduction des comportements compensatoires ;
- le travail sur la culpabilité après les crises ;
- la modification des pensées extrêmes sur le corps et l’alimentation ;
- l’apprentissage de stratégies alternatives face aux émotions ;
- la prévention des rechutes.
Exemple de prise en charge
Une personne peut remarquer que ses crises surviennent surtout le soir, après une journée de restriction et de stress. La TCC peut l’aider à rétablir des repas plus réguliers, à anticiper les moments de vulnérabilité et à remplacer progressivement les comportements compensatoires par des stratégies plus adaptées : respiration, exposition à l’inconfort, auto-observation, appel à une ressource, plan d’action ou activité de régulation émotionnelle.
3. L’hyperphagie boulimique
L’hyperphagie boulimique correspond à des crises alimentaires récurrentes, avec sensation de perte de contrôle, mais sans comportements compensatoires réguliers comme les vomissements ou les laxatifs. Elle peut entraîner une grande souffrance psychologique, de la honte, un isolement social et parfois une prise de poids. Ameli précise que l’hyperphagie boulimique est souvent diagnostiquée à l’âge adulte et peut être associée à un surpoids ou à une obésité.
Causes et facteurs favorisants
L’hyperphagie peut être liée à des difficultés de régulation émotionnelle, des régimes répétés, une relation conflictuelle à l’alimentation, une faible estime de soi, des épisodes de stress, de solitude, de fatigue ou de tristesse. La nourriture peut devenir un moyen de soulager temporairement une tension interne, mais ce soulagement est souvent suivi de honte ou de culpabilité.
Apport de la TCC
La TCC aide à mieux comprendre les déclencheurs des crises et à réduire la perte de contrôle alimentaire. Elle vise à sortir du cycle restriction-frustration-crise-culpabilité.
Le travail peut inclure :
- l’observation des émotions et des situations déclenchantes ;
- la mise en place d’une alimentation plus régulière ;
- la diminution des règles alimentaires rigides ;
- l’apprentissage de réponses alternatives aux émotions ;
- le travail sur la honte et l’estime de soi ;
- la réduction de l’auto-critique ;
- la prévention des rechutes.
Exemple de prise en charge
Une personne qui mange de grandes quantités lorsqu’elle se sent seule peut apprendre à repérer le besoin émotionnel sous-jacent : réconfort, apaisement, présence, sécurité. La TCC peut l’aider à créer un plan d’action : identifier l’émotion, différer la crise, contacter une personne ressource, utiliser une activité apaisante, puis réintroduire progressivement un rapport moins culpabilisant à l’alimentation.
4. L’ARFID
L’ARFID, ou trouble de restriction ou d’évitement de l’ingestion d’aliments, correspond à une restriction alimentaire importante qui n’est pas motivée par la peur de grossir ou par l’image corporelle. Elle peut être liée à une hypersensibilité sensorielle, à une peur de s’étouffer, de vomir, d’avoir mal au ventre, ou à un faible intérêt pour l’alimentation. Ce trouble est reconnu dans les classifications diagnostiques récentes des troubles alimentaires.
Causes et facteurs favorisants
L’ARFID peut être favorisé par des sensibilités sensorielles importantes, des expériences alimentaires négatives, des troubles anxieux, un épisode d’étouffement, de vomissement ou de douleur digestive, ou encore une rigidité importante autour des textures, goûts, odeurs ou couleurs des aliments.
Apport de la TCC
La TCC aide à élargir progressivement le répertoire alimentaire, tout en respectant le rythme de la personne. L’objectif n’est pas de forcer, mais de réduire l’évitement et d’augmenter la tolérance aux aliments redoutés.
Le travail peut inclure :
- l’identification des aliments évités ;
- la hiérarchisation des peurs alimentaires ;
- l’exposition graduée aux textures, odeurs ou goûts ;
- le travail sur les pensées catastrophiques ;
- la gestion de l’anxiété corporelle ;
- l’amélioration de la flexibilité alimentaire ;
- la coordination avec un médecin ou un professionnel de la nutrition si nécessaire.
Exemple de prise en charge
Une personne qui évite les aliments solides par peur de s’étouffer peut commencer par observer l’aliment, le toucher, le sentir, le porter à la bouche, puis en prendre une très petite quantité. Chaque étape permet de diminuer progressivement l’anticipation anxieuse et de restaurer un sentiment de sécurité.
5. Le pica
Le pica se caractérise par l’ingestion persistante de substances non alimentaires, comme de la terre, du papier, de la craie, des cheveux, du savon ou d’autres matières. Il peut concerner les enfants, les adolescents ou les adultes, et peut être associé à des facteurs médicaux, développementaux, sensoriels ou psychologiques. Le pica fait partie des troubles alimentaires et de l’ingestion d’aliments décrits dans les classifications diagnostiques.
Causes et facteurs favorisants
Le pica peut être lié à des carences nutritionnelles, à des troubles du développement, à des difficultés de régulation émotionnelle, à des comportements sensoriels, à de l’anxiété, ou à des contextes de stress. Une évaluation médicale est particulièrement importante afin d’écarter ou de prendre en charge les risques physiques : intoxication, troubles digestifs, infections ou carences.
Apport de la TCC
La TCC peut aider à comprendre les déclencheurs du comportement et à mettre en place des stratégies de substitution plus sûres. Elle s’inscrit généralement dans une prise en charge pluridisciplinaire.
Le travail peut inclure :
- l’identification des situations où le comportement apparaît ;
- la compréhension de la fonction du comportement : apaisement, stimulation, habitude, anxiété ;
- la mise en place d’alternatives comportementales ;
- la réduction progressive des comportements à risque ;
- le travail sur les émotions déclenchantes ;
- la prévention des situations de rechute.
Exemple de prise en charge
Une personne qui ingère du papier lors de moments de stress peut apprendre à repérer les signaux précoces de tension, à remplacer ce comportement par une stratégie sensorielle sans danger et à travailler sur les pensées ou émotions qui précèdent l’envie.
6. Le trouble de rumination
Le trouble de rumination se manifeste par des régurgitations répétées d’aliments, qui peuvent être remâchés, recrachés ou réavalés. Ce comportement ne correspond pas simplement à un reflux digestif et peut nécessiter une évaluation médicale afin d’écarter une cause organique. Il est également reconnu dans les classifications des troubles alimentaires et de l’ingestion d’aliments.
Causes et facteurs favorisants
Le trouble de rumination peut être lié à des facteurs physiologiques, comportementaux, anxieux ou émotionnels. Chez certaines personnes, il peut devenir un comportement automatique, renforcé par l’habitude ou par une sensation de soulagement temporaire.
Apport de la TCC
La TCC peut aider à identifier les moments d’apparition du comportement, les sensations corporelles associées et les facteurs de maintien. Elle peut être associée à des techniques comportementales, de respiration, de pleine attention corporelle ou de modification des habitudes.
Le travail peut inclure :
- l’observation des circonstances du comportement ;
- l’apprentissage de stratégies incompatibles avec la rumination ;
- la gestion de l’anxiété ou de la tension corporelle ;
- la modification des routines après les repas ;
- la coordination avec un médecin si nécessaire.
Exemple de prise en charge
Une personne qui régurgite fréquemment après les repas peut apprendre à repérer les sensations qui précèdent la rumination, modifier sa posture, utiliser une respiration spécifique, mettre en place une activité de transition après le repas et travailler sur l’anxiété associée.
7. Les troubles alimentaires atypiques ou non spécifiés
Certaines personnes souffrent de symptômes alimentaires importants sans correspondre exactement aux critères complets d’un trouble spécifique. Il peut s’agir d’anorexie atypique, de boulimie ou d’hyperphagie sous le seuil diagnostique, de conduites de purge, d’orthorexie, de grignotages compulsifs, de restrictions fluctuantes ou d’une préoccupation excessive autour du corps et de l’alimentation. Les classifications diagnostiques reconnaissent l’existence de troubles alimentaires autres spécifiés ou non spécifiés.
Causes et facteurs favorisants
Ces troubles peuvent être favorisés par des régimes répétés, une insatisfaction corporelle, des difficultés émotionnelles, une anxiété, une faible estime de soi, un perfectionnisme, une rigidité alimentaire, des traumatismes, des expériences de moqueries ou une pression sociale autour de l’apparence.
Apport de la TCC
La TCC permet d’intervenir même lorsque les symptômes ne correspondent pas à un diagnostic complet, dès lors qu’ils entraînent une souffrance ou une altération de la qualité de vie.
Le travail peut inclure :
- la compréhension du cercle pensées-émotions-comportements ;
- la diminution des restrictions et interdits alimentaires ;
- le travail sur l’image corporelle ;
- la réduction des conduites de contrôle ;
- l’exposition progressive aux aliments ou situations évités ;
- l’apprentissage d’une relation plus souple au corps et à l’alimentation ;
- la prévention des rechutes.
Exemple de prise en charge
Une personne qui alterne périodes de contrôle alimentaire strict et épisodes de perte de contrôle peut apprendre à repérer les règles rigides qui favorisent les crises, réintroduire progressivement de la flexibilité alimentaire et développer des stratégies émotionnelles plus adaptées.