TCC et addiction aux médicaments détournés de leur usage à Oyonnax et en visio
Anxiolytiques, somnifères, antidouleurs opioïdes et stimulants
Les médicaments sont conçus pour traiter une maladie, soulager une douleur ou améliorer un symptôme précis. Ils peuvent néanmoins devenir problématiques lorsqu’ils sont utilisés autrement que prévu, sans prescription, à des doses supérieures, pendant une durée plus longue ou dans un objectif différent de leur indication initiale.
Le détournement peut notamment concerner :
- certains anxiolytiques ;
- certains somnifères ;
- les médicaments antalgiques opioïdes ;
- les médicaments stimulants ;
- certains traitements sédatifs ou psychotropes.
Une personne peut commencer à prendre un médicament dans un cadre médical parfaitement adapté, puis perdre progressivement le contrôle de son usage. D’autres personnes utilisent un médicament qui leur a été donné, acheté ou obtenu sans prescription.
Toutes les utilisations prolongées ne correspondent pas à une addiction. La difficulté apparaît surtout lorsque le médicament devient indispensable pour dormir, se calmer, travailler, soulager une émotion ou fonctionner normalement, et que son usage se poursuit malgré des conséquences négatives.
L’addiction aux médicaments ne traduit pas un manque de volonté. Elle repose sur des mécanismes biologiques, psychologiques et comportementaux qui peuvent entraîner une tolérance, une dépendance physique, un craving et une perte progressive de liberté.
Qu’appelle-t-on détournement de médicament ?
Un médicament est détourné de son usage lorsqu’il est utilisé :
- sans prescription médicale ;
- à une dose différente de celle prescrite ;
- plus souvent que prévu ;
- pendant une durée supérieure à celle recommandée ;
- par une voie d’administration non prévue ;
- pour rechercher un effet psychologique ou stimulant ;
- pour calmer une émotion plutôt que traiter le symptôme initial ;
- en association avec de l’alcool ou d’autres substances ;
- à partir de l’ordonnance d’une autre personne.
Le détournement ne signifie pas nécessairement qu’une addiction est déjà installée. Il constitue cependant un facteur de risque qui mérite d’être évalué.
Dépendance physique, tolérance et addiction
Ces trois notions sont liées, mais elles ne sont pas identiques.
La tolérance
La tolérance correspond au besoin d’augmenter progressivement la dose pour obtenir un effet comparable.
La personne peut constater que le comprimé qui l’aidait auparavant à dormir, à se calmer ou à soulager sa douleur semble moins efficace.
Elle peut alors augmenter les doses ou rapprocher les prises sans en parler au prescripteur.
La dépendance physique
La dépendance physique apparaît lorsque l’organisme s’est adapté à la présence régulière du médicament.
Une diminution trop rapide ou un arrêt brutal peut alors provoquer des symptômes de sevrage ou un phénomène de rebond.
Une personne peut présenter une dépendance physique sans avoir perdu le contrôle de son traitement. Cela peut notamment survenir dans le cadre d’un traitement médical prolongé.
L’addiction
L’addiction implique une difficulté à contrôler l’usage et la poursuite du médicament malgré ses conséquences.
La personne peut penser fréquemment au produit, anticiper les prises, chercher plusieurs sources d’approvisionnement ou utiliser le médicament pour modifier son état émotionnel.
La distinction entre dépendance physique et addiction est importante afin de proposer un accompagnement adapté, sans culpabiliser la personne ni interrompre brutalement un traitement utile.
Quels signes peuvent alerter ?
Plusieurs manifestations peuvent indiquer que l’usage d’un médicament devient problématique :
- une envie forte ou difficilement contrôlable de prendre le médicament ;
- des doses plus élevées ou des prises plus fréquentes que prévu ;
- une difficulté à respecter l’ordonnance ;
- une augmentation des doses sans avis médical ;
- des tentatives répétées de diminution sans résultat durable ;
- la peur de ne plus avoir suffisamment de comprimés ;
- beaucoup de temps consacré à obtenir le produit ou à récupérer de ses effets ;
- l’utilisation du médicament en dehors de son indication ;
- la poursuite malgré une somnolence, des troubles de mémoire ou des chutes ;
- des mélanges avec de l’alcool ou d’autres médicaments ;
- le sentiment de ne plus pouvoir dormir, se calmer, travailler ou fonctionner sans le produit ;
- l’obtention d’ordonnances auprès de plusieurs professionnels ;
- l’utilisation des médicaments d’un proche ;
- le fait de cacher ou de minimiser les quantités consommées.
Un signe isolé ne suffit pas nécessairement à parler d’addiction. C’est l’ensemble de la situation, la perte de contrôle et les conséquences qui doivent être évalués.
Quels sont les apports des TCC ?
Les thérapies cognitives et comportementales complètent la prise en charge médicale. Elles ne remplacent pas le suivi du prescripteur ni la diminution progressive lorsqu’elle est nécessaire.
Elles permettent d’étudier les liens entre :
- les situations ;
- les pensées ;
- les émotions ;
- les sensations corporelles ;
- la prise du médicament ;
- le soulagement immédiat ;
- les conséquences différées.
Clarifier la motivation
La personne peut vouloir réduire tout en craignant :
- de ne plus dormir ;
- de ne plus supporter l’anxiété ;
- de ressentir davantage la douleur ;
- de ne plus être performante ;
- de subir un manque ;
- de perdre le contrôle de ses émotions.
Le psychologue aide à examiner ces inquiétudes sans jugement et à définir des objectifs réalistes.
Repérer les déclencheurs
Un relevé peut permettre d’identifier :
- l’heure de la prise ;
- le contexte ;
- l’émotion ressentie ;
- le niveau de douleur ou de fatigue ;
- la pensée automatique ;
- la dose prise ;
- l’effet immédiat ;
- les conséquences ultérieures.
Cette analyse aide à distinguer les prises médicalement nécessaires des prises devenues automatiques ou émotionnelles.
Modifier les pensées automatiques
Certaines pensées peuvent favoriser l’usage :
« Je ne peux pas supporter cette anxiété. »
« Sans comprimé, je ne dormirai pas. »
« Ma douleur va devenir incontrôlable. »
« Je ne pourrai jamais terminer mon travail sans stimulant. »
« Une dose supplémentaire ne changera rien. »
La thérapie aide à examiner ces pensées, à les nuancer et à développer des réponses plus protectrices.
Développer d’autres stratégies
Selon la fonction du médicament, le travail peut comprendre :
- des techniques de régulation de l’anxiété ;
- une TCC de l’insomnie ;
- des stratégies non médicamenteuses de gestion de la douleur ;
- une organisation différente du travail ;
- une amélioration du sommeil et de la récupération ;
- la résolution de problèmes ;
- l’affirmation de soi ;
- la reprise d’activités gratifiantes ;
- la gestion des émotions ;
- la réduction des comportements de réassurance.
Tolérer progressivement l’inconfort
L’objectif n’est pas de supprimer immédiatement toute anxiété, douleur, fatigue ou difficulté de sommeil.
La personne apprend progressivement qu’un inconfort peut être observé, régulé et traversé sans nécessiter systématiquement une prise immédiate.
Les exercices sont adaptés à la situation médicale et ne doivent pas conduire à modifier seul un traitement prescrit.
Prévenir les rechutes
Une reprise ponctuelle ou une augmentation temporaire ne signifie pas que tout le travail est perdu.
L’épisode peut être analysé afin d’identifier :
- le déclencheur ;
- la pensée automatique ;
- l’émotion ;
- la disponibilité du médicament ;
- les stratégies qui ont manqué ;
- les ajustements nécessaires.
Le but est de distinguer un écart ponctuel d’un retour durable à l’usage problématique.
Réduction ou arrêt ?
L’objectif dépend du médicament et de la situation.
Il peut s’agir :
- de revenir à la dose prescrite ;
- de supprimer les prises supplémentaires ;
- de ne plus utiliser le médicament pour gérer les émotions ;
- de réduire progressivement avec le médecin ;
- de stabiliser temporairement le traitement ;
- de remplacer certaines prises par d’autres stratégies ;
- d’arrêter un usage sans prescription ;
- de traiter le trouble initial autrement ;
- de prévenir les mélanges dangereux.
Pour certains médicaments, un arrêt complet pourra être envisagé. Pour d’autres, le maintien d’un traitement à une dose adaptée restera nécessaire.
La décision doit être individualisée et prise avec le professionnel prescripteur.
Comment se déroule l’accompagnement ?
Les premières séances permettent généralement d’évaluer :
- les médicaments utilisés ;
- leur indication initiale ;
- les doses prescrites et réellement prises ;
- la fréquence et les horaires ;
- la durée de l’usage ;
- les symptômes de dépendance physique ;
- les tentatives précédentes de réduction ;
- les mélanges avec d’autres produits ;
- le sommeil ;
- l’anxiété ;
- la douleur ;
- l’humeur ;
- les conditions de travail ;
- les conséquences sur la vie quotidienne ;
- les ressources disponibles.
Le suivi peut ensuite associer :
- une coordination avec le médecin ;
- une diminution progressive ;
- un relevé des prises ;
- une analyse fonctionnelle ;
- un travail sur les pensées automatiques ;
- des stratégies de gestion des envies ;
- le traitement psychologique du problème initial ;
- un plan de prévention de la rechute ;
- une évaluation addictologique ou psychiatrique si nécessaire.
Les anxiolytiques
Quand un anxiolytique devient une réponse automatique
Certains anxiolytiques, notamment les benzodiazépines, sont prescrits pour soulager temporairement une anxiété importante.
Ils peuvent diminuer rapidement la tension, l’agitation et certaines manifestations physiques de l’angoisse.
Le cerveau peut alors apprendre :
« Lorsque je ressens une émotion difficile, je dois immédiatement prendre un comprimé. »
Progressivement, le médicament peut être utilisé à la moindre inquiétude, avant une situation stressante ou pour empêcher toute montée émotionnelle.
La personne dispose alors de moins d’occasions d’apprendre qu’une anxiété peut être traversée et diminuer sans prise immédiate.
Signes possibles d’un usage problématique
- prendre un anxiolytique avant toute situation inconfortable ;
- augmenter progressivement les doses ;
- anticiper systématiquement les prises ;
- emporter constamment plusieurs comprimés par peur d’en manquer ;
- utiliser le médicament pour éviter les conflits ou les émotions ;
- associer le produit à de l’alcool ;
- ressentir une anxiété importante entre les prises ;
- penser ne plus être capable de faire face sans médicament.
Risques possibles
Les anxiolytiques sédatifs peuvent favoriser :
- la somnolence ;
- le ralentissement ;
- les troubles de mémoire ;
- les difficultés de concentration ;
- les chutes ;
- les accidents ;
- la confusion ;
- la dépendance physique ;
- les symptômes de sevrage.
L’association avec l’alcool, les opioïdes ou d’autres médicaments sédatifs peut augmenter considérablement le risque de perte de connaissance et de ralentissement respiratoire.
L’arrêt brutal de benzodiazépines prises régulièrement peut provoquer une anxiété intense, une insomnie, une agitation, une confusion et, dans certaines situations, des convulsions. Une réduction progressive sous surveillance médicale est généralement nécessaire.
Les somnifères
Quand le sommeil devient dépendant du comprimé
Un somnifère peut être utile pendant une période limitée. Cependant, la personne peut progressivement associer l’endormissement à la prise du médicament.
Une pensée automatique peut apparaître :
« Sans comprimé, je ne dormirai pas. »
Cette anticipation augmente l’anxiété au coucher. La personne surveille l’heure, calcule le nombre d’heures restantes et interprète chaque période d’éveil comme le début d’une nuit blanche.
Elle peut prendre le médicament de plus en plus tôt, augmenter les doses ou reprendre un comprimé pendant la nuit.
Le cercle de l’insomnie et du somnifère
Le cercle peut être résumé ainsi :
Peur de ne pas dormir → surveillance du sommeil → anxiété au coucher → prise du somnifère → soulagement → croyance renforcée que le sommeil est impossible sans médicament.
Une diminution peut provoquer temporairement une insomnie de rebond. La personne peut alors conclure trop rapidement que son trouble initial est revenu ou qu’elle sera définitivement incapable de dormir sans produit.
Risques possibles
L’usage problématique de somnifères peut entraîner :
- une somnolence le lendemain ;
- des troubles de mémoire ;
- une baisse de vigilance ;
- des chutes ;
- des accidents de la route ;
- des comportements nocturnes mal mémorisés ;
- une tolérance ;
- une dépendance physique ;
- une aggravation de l’insomnie lors d’un arrêt brutal.
Un traitement pris régulièrement ne doit pas être arrêté brutalement sans avis médical.
Les antidouleurs opioïdes
Quand le médicament ne sert plus uniquement à soulager la douleur
Les médicaments opioïdes comprennent notamment la codéine, la morphine, l’oxycodone, le fentanyl et le tramadol.
Ils sont utilisés pour traiter certaines douleurs, mais peuvent également produire une sensation de détente, d’apaisement ou de bien-être.
Progressivement, une personne peut commencer à les utiliser :
- pour dormir ;
- pour diminuer le stress ;
- pour calmer une détresse émotionnelle ;
- pour supporter une journée difficile ;
- pour retrouver un sentiment de sécurité ;
- pour éviter les symptômes de manque.
La dose peut augmenter et les prises peuvent devenir indépendantes de l’intensité réelle de la douleur.
Signes possibles d’un trouble de l’usage
- augmenter les doses sans accord médical ;
- prendre le médicament plus tôt que prévu ;
- manquer régulièrement de comprimés avant le renouvellement ;
- consulter plusieurs prescripteurs ;
- utiliser le médicament lorsque la douleur est faible ou absente ;
- écraser, mâcher, sniffer ou injecter une forme non prévue pour cela ;
- poursuivre malgré une somnolence ou des chutes ;
- ressentir un craving ;
- consommer principalement pour éviter le manque.
Risque de surdose
Les opioïdes peuvent ralentir la respiration. Le risque augmente avec les doses élevées et avec l’association à :
- l’alcool ;
- des benzodiazépines ;
- des somnifères ;
- d’autres médicaments sédatifs.
Les signes de surdose comprennent :
- une personne impossible à réveiller ;
- une respiration très lente, irrégulière ou absente ;
- des lèvres ou des doigts bleutés ;
- des pupilles très serrées ;
- une peau pâle et froide ;
- une perte de connaissance.
Cette situation constitue une urgence médicale.
Les opioïdes exposent à la dépendance physique, au mésusage, à l’addiction et au risque de surdose. La Haute Autorité de santé recommande de sécuriser leur prescription sans priver les patients qui en ont réellement besoin d’un traitement adapté de la douleur.
Il ne faut pas arrêter brutalement un opioïde pris régulièrement. La diminution doit être individualisée et organisée avec le prescripteur.
Les médicaments stimulants
Quand un stimulant devient nécessaire pour tenir ou performer
Certains médicaments stimulants peuvent être prescrits dans des indications précises, notamment dans le cadre d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité.
Le détournement peut survenir lorsqu’ils sont utilisés sans prescription ou dans un autre objectif :
- travailler plus longtemps ;
- préparer un examen ;
- lutter contre la fatigue ;
- augmenter la concentration ;
- améliorer les performances ;
- perdre du poids ;
- rester éveillé ;
- faire la fête.
La personne peut progressivement développer la conviction :
« Sans stimulant, je ne serai pas suffisamment efficace. »
Elle peut compenser un manque de sommeil par le produit, puis éprouver davantage de fatigue lorsqu’il cesse d’agir.
Le cercle de la performance
Fatigue ou pression → prise du stimulant → sensation d’énergie et de concentration → travail prolongé et réduction du sommeil → épuisement → nouvelle prise.
Risques possibles
Un usage problématique peut favoriser :
- l’insomnie ;
- l’anxiété ;
- l’agitation ;
- l’irritabilité ;
- les palpitations ;
- l’augmentation de la tension artérielle ;
- la perte d’appétit ;
- l’épuisement ;
- les idées de persécution ;
- les hallucinations ;
- les comportements impulsifs.
La diminution peut entraîner une fatigue, une baisse d’humeur, un ralentissement et une perte temporaire de motivation.
Pourquoi est-il difficile de réduire ou d’arrêter ?
Les médicaments détournés peuvent répondre très rapidement à une difficulté :
- un anxiolytique calme l’angoisse ;
- un somnifère réduit la peur de ne pas dormir ;
- un opioïde diminue la douleur ou la détresse ;
- un stimulant masque la fatigue.
Ce soulagement immédiat renforce la consommation.
Le cercle peut être résumé ainsi :
Stress, insomnie, douleur ou fatigue → envie de prendre le médicament → prise → soulagement, sédation ou stimulation → diminution de l’effet, rebond ou manque → nouvelle envie.
Avec le temps, la personne peut perdre confiance dans sa capacité à gérer la difficulté sans produit.
La peur du sevrage ou de la réapparition du symptôme initial peut également maintenir l’usage.
Symptômes possibles lors de la diminution
Les manifestations dépendent du médicament, de la dose, de la durée d’utilisation et de la vitesse de réduction.
Elles peuvent comprendre :
- une anxiété ;
- une agitation ;
- une irritabilité ;
- des troubles du sommeil ;
- une fatigue ;
- une humeur dépressive ;
- des douleurs ;
- des tremblements ;
- des nausées ;
- des troubles digestifs ;
- des palpitations ;
- des difficultés de concentration ;
- des envies fortes de reprendre le médicament.
Certains sevrages peuvent être médicalement dangereux. Cela concerne notamment certains anxiolytiques, somnifères et opioïdes.
Une réduction ne doit donc pas être improvisée. Le traitement doit être évalué avec le médecin ou le prescripteur.
4. « Je prends des stimulants pour tenir ou être performant »
La personne utilise un stimulant pour étudier, travailler tard ou respecter des délais.
À court terme, elle ressent davantage d’énergie. À long terme, elle dort moins, s’épuise et ressent encore plus le besoin de prendre le produit.
Le travail peut comprendre :
- l’identification des exigences excessives ;
- un travail sur le perfectionnisme ;
- la planification du travail et des pauses ;
- l’amélioration du sommeil ;
- des stratégies de concentration sans produit ;
- la réduction de la procrastination ;
- la reconstruction de la confiance dans ses capacités réelles.
5. « Je réduis puis je reprends »
La personne réussit à diminuer pendant quelques jours ou quelques semaines. Une période de stress, une mauvaise nuit ou la présence de comprimés disponibles entraîne une reprise.
Elle pense alors :
« J’ai échoué, autant reprendre comme avant. »
Le travail de prévention peut comprendre :
- l’analyse des tentatives précédentes sans jugement ;
- l’identification des situations à risque ;
- un plan précis en cas d’écart ;
- la sécurisation du stockage des médicaments ;
- le contact avec le médecin ;
- la distinction entre un écart et une rechute durable ;
- la réduction de la culpabilité ;
- la reprise immédiate des stratégies utiles.
Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC
1. « Je prends un anxiolytique au moindre stress »
La personne utilise son anxiolytique dès qu’elle ressent une tension, avant une réunion, une démarche ou une conversation difficile.
Elle pense :
« Si je ne le prends pas maintenant, l’anxiété va devenir incontrôlable. »
La prise diminue rapidement la peur, mais renforce la conviction que la personne n’aurait pas pu faire face seule.
Le travail en TCC peut comprendre :
- l’identification des premiers signes d’anxiété ;
- l’observation des pensées catastrophiques ;
- l’apprentissage de stratégies d’apaisement ;
- l’exposition progressive aux situations anxiogènes ;
- la réduction des comportements d’évitement ;
- une diminution médicale progressive lorsque cela est indiqué.
L’objectif est de retrouver une capacité à faire face sans utiliser automatiquement le médicament à chaque émotion.
2. « Je ne dors plus sans somnifère »
La personne prend un comprimé depuis plusieurs mois ou plusieurs années. Elle devient très anxieuse lorsqu’elle essaie de diminuer.
Une mauvaise nuit confirme immédiatement sa croyance :
« Sans médicament, je ne dormirai jamais. »
Le travail peut associer :
- une évaluation précise du sommeil ;
- une information sur l’insomnie de rebond ;
- des horaires de lever réguliers ;
- une réduction du temps éveillé dans le lit ;
- un travail sur l’anxiété du coucher ;
- une diminution progressive coordonnée avec le prescripteur ;
- la prévention des prises supplémentaires pendant la nuit.
L’objectif est de reconstruire progressivement la confiance dans les mécanismes naturels du sommeil.
3. « J’utilise des antidouleurs opioïdes au-delà de la douleur »
La personne a initialement reçu un traitement pour une douleur réelle. Elle commence ensuite à prendre le médicament lorsqu’elle se sent triste, stressée ou dépassée.
Elle peut craindre que parler de son usage conduise à la suppression brutale de son traitement ou à la négation de sa douleur.
Le travail peut comprendre :
- une évaluation médicale de la douleur ;
- la distinction entre douleur physique et détresse émotionnelle ;
- l’analyse des prises ;
- le développement d’autres stratégies de gestion de la douleur ;
- un travail sur l’anxiété et le sommeil ;
- une réduction progressive lorsqu’elle est indiquée ;
- une prévention du manque et de la surdose.
L’objectif est de sécuriser l’usage sans nier la souffrance de la personne.
Quand consulter ?
Une consultation peut être utile lorsque :
- vous prenez davantage de médicaments que prévu ;
- vous avez augmenté les doses sans avis médical ;
- vous craignez constamment de manquer ;
- vous utilisez un médicament pour gérer vos émotions ;
- vous n’arrivez plus à dormir ou à fonctionner sans lui ;
- vous avez déjà essayé de réduire sans y parvenir ;
- vous mélangez des médicaments avec de l’alcool ;
- vous consultez plusieurs prescripteurs ;
- vous ressentez un manque ;
- votre mémoire, votre vigilance ou votre humeur se dégradent ;
- vos relations, votre santé ou votre travail sont affectés ;
- vous souhaitez simplement faire le point sur votre usage.
Il n’est pas nécessaire de se considérer comme dépendant pour demander de l’aide.
Quand demander une aide médicale urgente ?
Une aide médicale urgente est nécessaire en cas de :
- personne impossible à réveiller ;
- respiration très lente ou absente ;
- lèvres ou doigts bleutés ;
- perte de connaissance ;
- confusion importante ;
- convulsions ;
- douleur thoracique ;
- difficulté à respirer ;
- agitation extrême ;
- hallucinations ;
- idées suicidaires ;
- comportement dangereux.
Ne laissez pas la personne seule et contactez immédiatement les services d’urgence.
Une démarche médicale et psychologique sans jugement
Le détournement d’un médicament peut susciter de la honte ou la peur d’être privé d’un traitement nécessaire.
L’accompagnement vise au contraire à comprendre :
- pourquoi le médicament a été commencé ;
- ce qu’il apporte aujourd’hui ;
- ce qui entretient son usage ;
- les risques ;
- les alternatives possibles ;
- les conditions d’une diminution sécurisée.
Le suivi psychologique et le suivi médical sont complémentaires.
Le but n’est pas nécessairement de supprimer tous les médicaments. Il est de retrouver un usage adapté, une sécurité, une liberté de choix et d’autres manières de faire face aux difficultés.
Prendre rendez-vous
Une première consultation permet de faire le point sur :
- les médicaments utilisés ;
- les doses ;
- les situations déclenchantes ;
- les symptômes de dépendance ;
- les conséquences ;
- les objectifs envisagés ;
- la nécessité d’une coordination médicale.
Cette rencontre ne vous engage pas dans une durée déterminée. Elle constitue un espace confidentiel permettant de comprendre votre situation et d’envisager un accompagnement adapté.
Les informations proposées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation individuelle. Ne modifiez pas ou n’interrompez pas brutalement un traitement pris régulièrement sans l’avis du prescripteur. En cas de somnolence extrême, de respiration lente, de confusion, de convulsions, de douleur thoracique, de perte de connaissance ou d’idées suicidaires, contactez immédiatement les services d’urgence.