TCC et troubles cognitifs à Oyonnax et en visio
Quelles peuvent être les causes ?
Les troubles cognitifs peuvent avoir des origines très différentes.
Les troubles neurodéveloppementaux
Chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte, des difficultés peuvent être associées à :
- un TDAH ;
- un trouble spécifique des apprentissages ;
- un trouble développemental du langage ;
- un trouble développemental de la coordination ;
- un trouble du spectre de l’autisme ;
- une déficience intellectuelle.
Les troubles spécifiques des apprentissages sont fréquemment associés entre eux ou à des difficultés attentionnelles et motrices.
Les difficultés psychologiques
Les performances cognitives peuvent être perturbées par :
- l’anxiété ;
- la dépression ;
- les ruminations ;
- un traumatisme ;
- un stress chronique ;
- un burn-out ;
- une forte charge émotionnelle ;
- un trouble du sommeil.
Une personne très anxieuse peut, par exemple, mobiliser une grande partie de son attention pour surveiller ses sensations ou anticiper un danger. Elle dispose alors de moins de ressources pour mémoriser ou réfléchir.
Les causes médicales ou neurologiques
Une évaluation médicale peut rechercher :
- un traumatisme crânien ;
- un accident vasculaire cérébral ;
- une épilepsie ;
- une infection ;
- une maladie neurologique ;
- une pathologie métabolique ou endocrinienne ;
- une carence ;
- une maladie inflammatoire ;
- les effets d’un traitement ;
- une consommation d’alcool ou de substances ;
- un trouble neurocognitif.
Un trouble cognitif peut être lié à une maladie du système nerveux, à un traumatisme, à une infection ou à une autre affection médicale.
Le vieillissement
Certaines modifications cognitives peuvent accompagner l’âge, notamment une plus grande lenteur ou un besoin accru de temps.
En revanche, une perte progressive des capacités qui perturbe significativement les activités quotidiennes ne doit pas être considérée comme une conséquence normale du vieillissement.
Les facteurs aggravants
Les performances cognitives peuvent être temporairement diminuées par :
- un manque de sommeil ;
- une douleur ;
- une fatigue importante ;
- une surcharge ;
- un environnement bruyant ;
- des interruptions fréquentes ;
- une alimentation irrégulière ;
- certains médicaments ;
- l’alcool ou les substances ;
- une anxiété élevée.
Le cercle des difficultés cognitives
Le fonctionnement peut être représenté ainsi :
Tâche exigeante
→ difficulté d’attention, de mémoire ou d’organisation
→ erreur, oubli, lenteur ou blocage
→ pensée : « Je suis incapable »
→ anxiété, honte ou découragement
→ évitement, précipitation ou dépendance à l’aide
→ diminution de l’entraînement et nouveaux échecs
→ perte de confiance.
La difficulté cognitive peut être réelle. Mais son retentissement est souvent amplifié par :
- l’auto-critique ;
- le stress ;
- la peur de l’erreur ;
- la comparaison ;
- l’évitement ;
- le perfectionnisme ;
- l’absence de stratégies adaptées.
Exemple
Situation : une consigne comporte quatre étapes.
Difficulté cognitive :
La personne ne retient que les deux premières étapes.
Pensée automatique :
« Je suis vraiment incapable. »
Émotions :
Honte, anxiété et découragement.
Comportement :
Elle se précipite, oublie de relire ou demande immédiatement à quelqu’un de faire à sa place.
Conséquence :
L’erreur augmente et la personne se sent encore moins autonome.
Une réponse plus adaptée serait de noter les étapes, de reformuler la consigne et de les vérifier une par une.
Quelles peuvent être les conséquences ?
Les troubles cognitifs peuvent entraîner :
- des difficultés scolaires ;
- des difficultés professionnelles ;
- des oublis de rendez-vous ;
- une désorganisation ;
- une fatigue mentale ;
- une perte de confiance ;
- une dépendance accrue aux proches ;
- des conflits ;
- un évitement des tâches ;
- une réduction des activités ;
- un isolement ;
- une baisse de l’autonomie.
La personne peut se sentir jugée parce que ses difficultés ne sont pas toujours visibles.
Elle peut entendre :
- « Tu ne fais pas attention. »
- « Tu pourrais faire un effort. »
- « Tu oublies parce que cela ne t’intéresse pas. »
- « Tu es mal organisé. »
- « Tu ne m’écoutes jamais. »
Ces remarques peuvent renforcer la honte sans apporter de solution.
Que sont les troubles cognitifs ?
Les fonctions cognitives regroupent les capacités mentales qui permettent de percevoir une information, de la comprendre, de la mémoriser, de l’utiliser et d’adapter son comportement à une situation.
Elles comprennent notamment :
- la mémoire ;
- l’attention et la concentration ;
- le langage ;
- la vitesse de traitement de l’information ;
- le raisonnement ;
- les capacités visuospatiales ;
- les fonctions exécutives, comme l’organisation, la planification, l’inhibition et la flexibilité mentale.
Un trouble cognitif correspond à une altération d’une ou de plusieurs de ces fonctions, quelle qu’en soit la cause. Il ne désigne donc pas une maladie unique.
Les difficultés peuvent être :
- présentes depuis l’enfance ;
- apparues progressivement ;
- liées à une maladie ou à un accident ;
- transitoires ;
- aggravées par la fatigue, le stress ou le manque de sommeil ;
- légères ou suffisamment importantes pour réduire l’autonomie.
Une difficulté cognitive ne signifie pas que la personne manque d’intelligence, de motivation ou de volonté.
Les principales fonctions cognitives
La mémoire
La mémoire permet d’enregistrer, de conserver et de retrouver des informations.
Elle comprend plusieurs systèmes.
La mémoire de travail
Elle permet de conserver temporairement une information pendant la réalisation d’une tâche.
Elle est utilisée pour :
- retenir une consigne ;
- effectuer un calcul mental ;
- suivre plusieurs étapes ;
- prendre des notes tout en écoutant ;
- organiser une réponse.
Une fragilité de la mémoire de travail peut donner l’impression que la personne n’écoute pas ou oublie immédiatement ce qui vient d’être dit.
La mémoire à long terme
Elle permet de conserver :
- les événements vécus ;
- les connaissances ;
- le vocabulaire ;
- les méthodes apprises ;
- les gestes et les automatismes.
La mémoire prospective
Elle permet de se rappeler ce que l’on devra faire plus tard :
- prendre un traitement ;
- se rendre à un rendez-vous ;
- rendre un document ;
- rappeler une personne ;
- préparer du matériel.
L’attention
L’attention permet de sélectionner les informations importantes et de rester engagé dans une tâche.
Les difficultés peuvent concerner :
- l’attention soutenue : rester concentré dans la durée ;
- l’attention sélective : ignorer les distractions ;
- l’attention divisée : gérer plusieurs informations ;
- l’alternance attentionnelle : passer d’une tâche à une autre.
Les fonctions attentionnelles comprennent plusieurs dimensions et sont soutenues par différents réseaux cérébraux.
La personne peut :
- perdre le fil ;
- ne retenir qu’une partie de la consigne ;
- commencer plusieurs tâches ;
- être distraite par un bruit ;
- commettre des erreurs d’inattention ;
- avoir besoin de nombreuses pauses.
Les fonctions exécutives
Les fonctions exécutives permettent de contrôler volontairement ses pensées et ses actions pour atteindre un objectif. Elles supervisent et coordonnent les autres fonctions cognitives.
Elles permettent notamment de :
- planifier ;
- organiser ;
- hiérarchiser les priorités ;
- commencer une tâche ;
- résister à une distraction ;
- contrôler une impulsion ;
- changer de stratégie ;
- résoudre un problème ;
- vérifier son travail ;
- s’adapter à l’imprévu.
Une difficulté exécutive peut se manifester par :
- une désorganisation ;
- des retards ;
- des oublis de matériel ;
- une mauvaise estimation du temps ;
- une difficulté à commencer ;
- un abandon rapide ;
- une dépendance à l’aide des autres ;
- une difficulté à terminer ce qui a été commencé.
La vitesse de traitement
La vitesse de traitement correspond au temps nécessaire pour percevoir, comprendre et utiliser une information.
Une personne peut connaître la réponse, mais avoir besoin de plus de temps pour :
- comprendre une consigne ;
- lire ;
- écrire ;
- calculer ;
- répondre à l’oral ;
- passer d’une étape à une autre ;
- prendre une décision.
La lenteur ne signifie pas nécessairement un manque d’intelligence.
Le langage
Les difficultés peuvent concerner :
- la compréhension orale ;
- la recherche des mots ;
- l’expression ;
- l’organisation d’un récit ;
- la lecture ;
- l’écriture ;
- la compréhension des implicites ;
- le suivi d’une conversation.
La personne peut savoir ce qu’elle souhaite dire, mais ne pas trouver immédiatement le mot ou perdre le fil de sa phrase.
Les capacités visuospatiales
Elles permettent notamment de :
- se repérer dans l’espace ;
- organiser une feuille ;
- reconnaître une forme ;
- comprendre un plan ;
- reproduire une figure ;
- estimer une distance ;
- s’orienter dans un lieu.
Une plainte cognitive n’est pas toujours un déficit cognitif
Une personne peut dire :
- « J’oublie tout. »
- « Je n’arrive plus à me concentrer. »
- « Je perds mes mots. »
- « Mon cerveau fonctionne au ralenti. »
- « Je suis complètement désorganisé. »
Cette plainte doit être entendue, mais elle ne suffit pas à identifier la nature ou la cause de la difficulté.
Il faut distinguer :
- la plainte ressentie ;
- la difficulté observable dans le quotidien ;
- le déficit objectivé par des tests ;
- le trouble neurocognitif diagnostiqué médicalement.
Des tests de repérage comme le MoCA ou le MMSE peuvent explorer plusieurs fonctions, mais ils ne remplacent pas un bilan clinique et neuropsychologique complet.
Quels sont les apports des TCC ?
Les thérapies cognitives et comportementales ne remplacent pas une évaluation médicale, neuropsychologique, orthophonique ou pédagogique.
Elles peuvent cependant aider à :
- comprendre son fonctionnement ;
- identifier les situations problématiques ;
- diminuer l’anxiété ;
- réduire l’autocritique ;
- développer des stratégies compensatoires ;
- organiser les tâches ;
- améliorer l’autonomie ;
- retrouver un sentiment de compétence ;
- mieux utiliser les capacités disponibles.
L’objectif n’est pas toujours de faire disparaître la difficulté cognitive. Il est souvent de réduire son retentissement sur la vie quotidienne.
Comprendre son fonctionnement
La première étape consiste à repérer :
- les fonctions les plus fragiles ;
- les points forts ;
- les moments de la journée les plus favorables ;
- les situations aggravantes ;
- l’effet de la fatigue ;
- l’effet du stress ;
- les stratégies déjà efficaces.
Par exemple, une personne peut mieux retenir une information lorsqu’elle :
- la voit écrite ;
- la reformule ;
- la répète ;
- l’associe à une image ;
- la note immédiatement ;
- la pratique dans une situation concrète.
Travailler les pensées automatiques
Les difficultés cognitives peuvent entraîner des pensées très globales.
Pensée
« J’ai une mauvaise mémoire. »
Pensée alternative
« Ma mémoire fonctionne mieux lorsque l’information est courte, structurée et répétée. »
Pensée
« Je suis trop lent, donc je suis moins intelligent. »
Pensée alternative
« J’ai besoin de davantage de temps pour traiter certaines informations. »
Pensée
« J’oublie une étape, donc tout est raté. »
Pensée alternative
« Je peux utiliser une checklist et reprendre à l’étape suivante. »
Pensée
« Les autres n’ont pas besoin de ces outils. »
Pensée alternative
« Utiliser un outil adapté me permet d’être plus autonome. »
Externaliser les informations
Lorsque la mémoire de travail est fragile, il est utile de ne pas tout conserver mentalement.
Les outils peuvent comprendre :
- un agenda unique ;
- un calendrier visible ;
- des alarmes ;
- une checklist ;
- un tableau des étapes ;
- des codes couleur ;
- des fiches synthétiques ;
- des post-it ;
- une application de rappel ;
- un emplacement fixe pour les objets ;
- des consignes écrites.
Utiliser un outil compensatoire n’est pas tricher. Il permet de réduire la charge cognitive.
Fractionner les tâches
Une tâche complexe peut être divisée en étapes.
Par exemple, « préparer un exposé » devient :
- choisir le sujet ;
- rechercher trois informations ;
- construire un plan ;
- préparer les mots-clés ;
- créer le support ;
- s’entraîner ;
- vérifier le matériel.
L’objectif est de ne traiter qu’une étape à la fois.
Réduire les distractions
L’environnement peut être adapté :
- éloigner le téléphone ;
- désactiver les notifications ;
- dégager le bureau ;
- préparer le matériel ;
- travailler sur une seule tâche ;
- limiter le bruit ;
- utiliser un casque si nécessaire ;
- prévoir des pauses ;
- fermer les applications inutiles.
Structurer le temps
La personne peut utiliser :
- un minuteur ;
- des périodes de travail courtes ;
- une heure de début ;
- une heure de fin ;
- des pauses planifiées ;
- une estimation réaliste de la durée ;
- un nombre limité de priorités.
La planification doit réduire la surcharge, et non créer un programme impossible à respecter.
Utiliser des routines
Les routines diminuent le nombre de décisions nécessaires.
Elles peuvent concerner :
- la préparation du cartable ;
- le rangement ;
- le début des devoirs ;
- la préparation du lendemain ;
- la prise des traitements ;
- les démarches administratives ;
- la vérification des clés, du téléphone et des documents.
Développer la métacognition
La métacognition consiste à réfléchir à la manière dont on apprend et réalise une tâche.
La personne peut se demander :
- « Que dois-je faire ? »
- « Quelle est la première étape ? »
- « De quel outil ai-je besoin ? »
- « Comment saurai-je que j’ai terminé ? »
- « Qu’est-ce qui m’a aidé ? »
- « Que pourrais-je modifier la prochaine fois ? »
Gérer le stress et la fatigue
Le stress augmente souvent les oublis, les blocages et les erreurs.
Les TCC peuvent proposer :
- une respiration lente ;
- des pauses planifiées ;
- une réduction de la surcharge ;
- un travail sur le perfectionnisme ;
- une meilleure tolérance à l’erreur ;
- des pensées alternatives ;
- une exposition progressive aux tâches évitées ;
- une protection du sommeil.
Renforcer l’autonomie
L’aide peut être progressivement ajustée.
Niveau 1
L’adulte montre la méthode.
Niveau 2
La tâche est réalisée ensemble.
Niveau 3
La personne agit avec une checklist ou quelques indices.
Niveau 4
Elle réalise la tâche seule et demande une vérification finale.
Niveau 5
Elle utilise elle-même les outils et évalue sa stratégie.
L’objectif est d’aider sans faire systématiquement à la place.
Le rôle des parents et des proches
Les proches peuvent soutenir la personne en :
- donnant une consigne à la fois ;
- utilisant des phrases courtes ;
- demandant une reformulation ;
- laissant davantage de temps ;
- préparant des repères visuels ;
- maintenant des routines ;
- valorisant les stratégies ;
- évitant les reproches ;
- encourageant l’autonomie progressive ;
- signalant un changement inhabituel au médecin.
Le proche peut dire :
« Je vois que cette tâche te demande beaucoup d’efforts. Regardons comment la découper. »
plutôt que :
« Tu ne fais jamais attention. »
Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC
1. « J’oublie toujours les consignes »
La personne entend une consigne en plusieurs étapes mais n’en retient qu’une partie.
Elle pense :
« Ma mémoire est nulle. »
Le travail peut comprendre :
- une consigne à la fois ;
- la reformulation ;
- une checklist ;
- des mots-clés ;
- une vérification après chaque étape ;
- une réduction des distractions ;
- une valorisation de l’utilisation des outils.
Pensée alternative :
« Je retiens mieux lorsque la consigne est écrite et découpée. »
2. « Je commence tout et je ne termine rien »
La personne ouvre plusieurs tâches, change d’activité et oublie son objectif initial.
Le travail peut comprendre :
- une seule priorité ;
- une tâche visible à la fois ;
- un minuteur ;
- un critère précis de fin ;
- un tableau « à faire, en cours, terminé » ;
- une pause programmée ;
- une analyse des distractions.
Pensée alternative :
« Je n’ai pas besoin de tout faire maintenant. Je termine cette étape avant de changer. »
3. « Je connais mon cours mais j’ai un trou pendant le contrôle »
La personne a appris, mais l’anxiété et la surcharge limitent l’accès aux connaissances.
Le travail peut comprendre :
- le rappel actif ;
- des contrôles blancs progressifs ;
- des mots-clés ;
- une routine de début ;
- une respiration lente ;
- un travail sur les pensées catastrophiques ;
- une protection du sommeil.
Pensée alternative :
« Un blanc peut arriver. Je peux ralentir, utiliser un mot-clé et reprendre. »
4. « Je suis trop lent et je me décourage »
La personne a besoin de plus de temps et se compare continuellement aux autres.
Elle pense :
« Je suis moins intelligent. »
Le travail peut comprendre :
- une durée adaptée ;
- la hiérarchisation des tâches ;
- des pauses ;
- des objectifs centrés sur la qualité ;
- une réduction des comparaisons ;
- des outils numériques ;
- une évaluation des besoins d’aménagement.
Pensée alternative :
« Mon rythme est plus lent dans certaines tâches, mais je peux produire un travail de qualité. »
5. « Je n’arrive plus à m’organiser comme avant »
Un adulte ou une personne âgée constate des oublis et une désorganisation inhabituels.
La priorité est une évaluation médicale afin d’en rechercher la cause.
L’accompagnement peut ensuite aider à :
- utiliser un agenda unique ;
- créer des routines ;
- diminuer la surcharge ;
- préparer des checklists ;
- organiser les documents ;
- maintenir les activités adaptées ;
- soutenir les proches ;
- gérer l’anxiété liée aux changements.
Quand consulter ?
Une évaluation peut être utile lorsque les difficultés :
- perturbent les apprentissages ;
- affectent le travail ;
- réduisent l’autonomie ;
- provoquent une souffrance ;
- persistent malgré les adaptations ;
- entraînent des conflits ;
- s’accompagnent d’anxiété ou de dépression ;
- sont apparues récemment ;
- semblent s’aggraver ;
- sont remarquées par l’entourage.
Selon la situation, plusieurs professionnels peuvent intervenir :
- médecin traitant ;
- pédiatre ;
- neurologue ;
- psychiatre ou pédopsychiatre ;
- neuropsychologue ;
- psychologue ;
- orthophoniste ;
- ergothérapeute ;
- professionnels scolaires.
Quand demander une aide médicale rapide ?
Une prise en charge rapide est nécessaire en présence :
- d’une confusion brutale ;
- d’une désorientation ;
- d’une difficulté soudaine à parler ;
- d’une faiblesse d’un côté du corps ;
- d’un traumatisme crânien ;
- de convulsions ;
- d’une perte de connaissance ;
- d’un changement brutal du comportement ;
- d’une aggravation rapide ;
- d’une perte nouvelle d’autonomie.
Une démarche globale et sans jugement
Les troubles cognitifs ne correspondent pas à un manque de volonté.
Ils peuvent avoir des causes très différentes et nécessitent une évaluation adaptée.
L’accompagnement vise à transformer :
« Je suis incapable »
en :
« J’ai une difficulté précise et je peux utiliser une stratégie adaptée. »
Les progrès peuvent être progressifs. Une meilleure organisation, des outils compensatoires et une réduction de la surcharge peuvent néanmoins améliorer l’autonomie, la confiance et la qualité de vie.
Prendre rendez-vous
Une première consultation permet de faire le point sur :
- les difficultés ressenties ;
- les situations dans lesquelles elles apparaissent ;
- les fonctions concernées ;
- les émotions ;
- les pensées automatiques ;
- les stratégies déjà utilisées ;
- le sommeil ;
- la fatigue ;
- le contexte scolaire, familial ou professionnel ;
- les conséquences ;
- les objectifs de la personne et de son entourage.
Les consultations peuvent être proposées aux enfants, aux adolescents, aux étudiants, aux adultes et aux séniors, en présentiel ou en visioconférence.
Les informations proposées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation médicale, neuropsychologique, psychologique, orthophonique ou pédagogique individualisée.
Différentes fonctions cognitives importantes:
Les différentes fonctions cognitives importantes : 5 exemples et apport des TCC pour chaque fonction
Les thérapies cognitives et comportementales ne remplacent pas une évaluation médicale, neuropsychologique, orthophonique ou pédagogique. Elles peuvent néanmoins aider la personne à mieux comprendre son fonctionnement, à diminuer l’anxiété associée aux difficultés et à développer des stratégies concrètes de compensation.
1. L’attention
L’attention permet de sélectionner les informations importantes, de résister aux distractions et de rester engagé dans une activité.
Exemple 1 : perdre le fil d’une conversation
La personne écoute le début d’une explication, puis son attention est attirée par un bruit, une pensée ou une autre conversation. Elle demande ensuite :
« Tu peux répéter ? J’ai perdu le fil. »
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- le repérage des situations favorisant la distraction ;
- le recentrage volontaire sur la voix de l’interlocuteur ;
- la reformulation des informations importantes ;
- la demande d’une phrase plus courte ;
- la réduction des stimulations environnantes ;
- l’utilisation d’un mot-clé pour retrouver le sujet.
Pensée alternative :
« Perdre momentanément le fil ne signifie pas que je suis incapable d’écouter. Je peux demander une reformulation et reprendre. »
Exemple 2 : oublier une partie de la consigne
Une consigne comporte plusieurs étapes. La personne réalise la première, mais oublie les suivantes.
Apport des TCC
Le travail peut consister à :
- demander une consigne à la fois ;
- répéter la consigne avec ses propres mots ;
- écrire les étapes ;
- cocher chaque action terminée ;
- vérifier la liste avant de considérer la tâche comme achevée ;
- apprendre à demander une clarification sans honte.
Pensée alternative :
« J’ai besoin que les étapes soient visibles pour mieux les suivre. »
Exemple 3 : être facilement distrait
Pendant un devoir ou une tâche professionnelle, la personne regarde fréquemment son téléphone ou réagit au moindre bruit.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- éloigner le téléphone ;
- supprimer les notifications ;
- préparer un espace de travail dégagé ;
- utiliser un minuteur ;
- travailler par périodes courtes ;
- noter les pensées parasites sur une feuille avant de revenir à la tâche.
Un objectif concret peut être :
« Je reste sur une seule tâche pendant quinze minutes avant de faire une pause. »
Exemple 4 : commettre des erreurs d’inattention
La personne connaît la méthode, mais saute une ligne, oublie un signe ou ne lit pas une information importante.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- une routine de vérification ;
- un code couleur pour les informations importantes ;
- une lecture lente de la consigne ;
- le pointage avec le doigt ou un repère visuel ;
- une seule vérification structurée plutôt que plusieurs relectures anxieuses ;
- l’analyse des moments où les erreurs sont les plus fréquentes.
Pensée alternative :
« Une erreur d’attention ne remet pas en cause mes connaissances. Je peux utiliser une méthode de vérification. »
Exemple 5 : ne plus rester concentré en fin de journée
La personne est efficace le matin, mais devient très distraite après plusieurs heures d’activité.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- identifier les heures de meilleure disponibilité ;
- placer les tâches exigeantes aux moments les plus favorables ;
- planifier les pauses avant l’épuisement ;
- alterner les tâches difficiles et les activités plus simples ;
- réduire les exigences lorsque la fatigue augmente ;
- protéger le sommeil.
Pensée alternative :
« Ma capacité d’attention varie avec la fatigue. Adapter mon organisation est une stratégie, pas un échec. »
2. La mémoire de travail
La mémoire de travail permet de garder temporairement une information en tête pendant qu’elle est utilisée.
Exemple 1 : oublier le début d’une phrase longue
La personne comprend chaque mot, mais perd le début de la phrase avant d’en atteindre la fin.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- demander des phrases plus courtes ;
- reformuler après chaque idée ;
- prendre quelques notes ;
- utiliser des mots-clés ;
- segmenter les informations ;
- vérifier la compréhension avant de poursuivre.
Pensée alternative :
« Je comprends mieux lorsque l’information est découpée. »
Exemple 2 : perdre une étape dans un calcul mental
La personne oublie un résultat intermédiaire en réalisant l’étape suivante.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent être :
- poser les calculs par écrit ;
- entourer les résultats intermédiaires ;
- traiter une opération à la fois ;
- verbaliser chaque étape ;
- utiliser une fiche méthode ;
- ralentir volontairement.
Pensée alternative :
« Écrire les étapes me permet d’utiliser mes capacités sans surcharger ma mémoire de travail. »
Exemple 3 : ne retenir qu’une partie d’une consigne
La personne doit prendre un dossier, vérifier une date, appeler un client et classer un document, mais n’effectue que la première action.
Apport des TCC
Le travail peut consister à :
- transformer la consigne en checklist ;
- numéroter les actions ;
- lire la liste avant de commencer ;
- cocher chaque étape ;
- vérifier la liste à la fin ;
- utiliser un rappel visuel.
Exemple 4 : perdre son idée en prenant la parole
La personne commence une explication, cherche un mot et oublie son idée principale.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- préparer deux ou trois mots-clés ;
- annoncer d’abord l’idée principale ;
- utiliser des phrases plus courtes ;
- faire une pause sans se juger ;
- reprendre avec une phrase préparée ;
- diminuer la peur du silence.
Phrase de reprise :
« Je reviens à mon idée principale. »
Exemple 5 : avoir du mal à prendre des notes
L’élève écoute, comprend et écrit simultanément, mais perd une partie du contenu.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- noter uniquement les mots-clés ;
- utiliser un plan déjà préparé ;
- distinguer l’écoute du temps de copie ;
- compléter les notes après le cours ;
- utiliser des abréviations ;
- demander un support écrit lorsque cela est possible.
Pensée alternative :
« Je n’ai pas besoin de tout écrire mot à mot pour comprendre et mémoriser. »
3. La mémoire épisodique
La mémoire épisodique permet de se souvenir des événements personnellement vécus et de leur contexte.
Exemple 1 : oublier une conversation récente
La personne repose une question alors qu’une réponse lui a déjà été donnée.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- noter immédiatement les décisions importantes ;
- reformuler la conclusion de l’échange ;
- envoyer ou demander un résumé ;
- utiliser un carnet unique ;
- associer l’information à un contexte précis ;
- réduire la honte liée au fait de demander une confirmation.
Exemple 2 : ne plus se rappeler où un objet a été posé
La personne cherche fréquemment ses clés, ses lunettes ou son téléphone.
Apport des TCC
Le travail peut consister à :
- attribuer une place fixe à chaque objet ;
- verbaliser l’action : « Je pose mes clés dans le panier » ;
- utiliser un vide-poche visible ;
- limiter les lieux de rangement possibles ;
- mettre en place une routine avant de quitter une pièce ;
- éviter de poser les objets en réalisant une autre tâche.
Exemple 3 : oublier le déroulement d’une journée
La personne sait qu’elle est sortie, mais ne retrouve pas précisément les activités réalisées.
Apport des TCC
Les outils peuvent être :
- un journal quotidien bref ;
- quelques photographies légendées ;
- un agenda indiquant les activités réalisées ;
- un bilan de fin de journée ;
- trois repères : lieu, personne et activité ;
- une routine de rappel le soir.
Exemple 4 : ne pas se souvenir du contenu d’un rendez-vous
La personne se rappelle avoir rencontré un professionnel, mais ne sait plus ce qui a été décidé.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- préparer les questions avant le rendez-vous ;
- prendre des notes pendant l’échange ;
- demander une synthèse écrite ;
- relire les notes le jour même ;
- inscrire immédiatement les actions à réaliser ;
- solliciter un proche lorsque la situation le justifie.
Exemple 5 : confondre deux événements
La personne mélange deux consultations, deux voyages ou deux rencontres.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- dater systématiquement les notes ;
- associer chaque événement à un lieu ou une personne ;
- utiliser des dossiers séparés ;
- créer une chronologie ;
- éviter de se fier uniquement au sentiment de familiarité ;
- vérifier les informations dans l’agenda.
4. La mémoire sémantique
La mémoire sémantique contient les connaissances générales, le vocabulaire et les concepts appris.
Exemple 1 : retrouver une connaissance générale
La personne sait qu’elle connaît la réponse, mais ne parvient pas à l’évoquer immédiatement.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- l’utilisation d’indices ;
- le classement des connaissances par catégories ;
- des cartes mémoire ;
- la répétition espacée ;
- la création d’associations ;
- l’acceptation d’un temps de recherche plus long.
Exemple 2 : oublier la signification d’un mot
Un mot connu paraît soudainement peu familier.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent être :
- utiliser le mot dans une phrase ;
- rechercher un synonyme ;
- créer une image mentale ;
- tenir un carnet de vocabulaire ;
- revoir régulièrement les mots difficiles ;
- éviter de conclure immédiatement à une perte générale des connaissances.
Exemple 3 : oublier une règle grammaticale
L’élève connaît la règle en cours, mais ne l’applique pas spontanément dans un exercice.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- une fiche très courte ;
- un exemple-type ;
- un code couleur ;
- une question automatique avant de répondre ;
- des exercices variés ;
- un retour ciblé sur une seule règle à la fois.
Exemple 4 : ne plus retrouver la fonction d’un outil peu utilisé
La personne reconnaît l’objet, mais hésite sur son usage.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- la démonstration pratique ;
- l’association entre l’objet et son action ;
- une photographie accompagnée d’une consigne ;
- la répétition dans une situation concrète ;
- le rangement par fonction ;
- l’utilisation régulière.
Exemple 5 : mobiliser difficilement des connaissances professionnelles
La personne connaît les procédures, mais les retrouve difficilement sous pression.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- préparer des fiches opérationnelles ;
- utiliser des arbres décisionnels ;
- répéter les procédures ;
- pratiquer des simulations ;
- diminuer l’anxiété de performance ;
- distinguer difficulté d’accès et absence de connaissance.
5. La mémoire prospective
La mémoire prospective permet de se rappeler une action à effectuer ultérieurement.
Exemple 1 : oublier un rendez-vous
La personne connaît la date, mais ne pense pas au rendez-vous au moment voulu.
Apport des TCC
Les outils peuvent comprendre :
- un agenda unique ;
- plusieurs rappels espacés ;
- une alarme la veille et le jour même ;
- la préparation du matériel à l’avance ;
- une vérification quotidienne du calendrier ;
- l’association du rendez-vous à une routine.
Exemple 2 : oublier de prendre un traitement
La personne sait quel traitement prendre, mais oublie l’action.
Apport des TCC
Après validation médicale, l’organisation peut comporter :
- un pilulier ;
- une alarme ;
- une feuille de suivi ;
- une association avec une activité régulière ;
- un emplacement visible et sécurisé ;
- l’intervention d’un proche ou d’un professionnel si nécessaire.
Exemple 3 : oublier de transmettre un message
La personne rencontre le destinataire, mais oublie ce qu’elle devait lui dire.
Apport des TCC
Le travail peut consister à :
- écrire immédiatement le message ;
- programmer un rappel associé au nom de la personne ;
- placer une note sur un objet utilisé lors de la rencontre ;
- envoyer directement un message écrit ;
- utiliser une liste « à dire » ;
- vérifier la liste avant la rencontre.
Exemple 4 : oublier une tâche différée
La personne prévoit de répondre à un courriel après le repas, puis oublie.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- programmer immédiatement un rappel ;
- inscrire la tâche dans une liste ;
- décider d’une heure précise plutôt que « plus tard » ;
- garder le courriel marqué comme non traité ;
- limiter le nombre de systèmes de rappel ;
- consulter la liste à des horaires fixes.
Exemple 5 : oublier un achat important
La personne revient du magasin sans l’article principal.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- utiliser une liste organisée par rayon ;
- placer l’article prioritaire en première position ;
- vérifier la liste avant de payer ;
- utiliser une application partagée ;
- photographier le produit ;
- ne pas se fier uniquement au souvenir mental.
6. La planification et l’organisation
Ces fonctions exécutives permettent de préparer les étapes nécessaires pour atteindre un objectif.
Exemple 1 : préparer un repas complet
La personne doit coordonner plusieurs préparations et respecter les temps de cuisson.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- choisir un menu réaliste ;
- établir l’ordre des étapes ;
- préparer les ingrédients ;
- utiliser plusieurs minuteurs ;
- barrer chaque action terminée ;
- commencer par des recettes simples.
Exemple 2 : organiser un déplacement
La personne oublie un document, sous-estime le temps ou ne prévoit pas les correspondances.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- une checklist de départ ;
- la préparation la veille ;
- un calcul incluant une marge de sécurité ;
- la centralisation des billets ;
- des rappels ;
- un plan alternatif en cas d’imprévu.
Exemple 3 : commencer un dossier complexe
La personne reste bloquée parce qu’elle ne sait pas par où commencer.
Apport des TCC
Le travail peut consister à :
- définir le résultat attendu ;
- identifier la première action de moins de cinq minutes ;
- découper le dossier ;
- utiliser un tableau « à faire, en cours, terminé » ;
- fixer une durée courte ;
- valoriser le démarrage plutôt que l’achèvement immédiat.
Exemple 4 : terminer une tâche
La personne commence plusieurs activités et n’en termine aucune.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- une seule tâche visible ;
- un critère de fin précis ;
- une liste d’idées à traiter plus tard ;
- un minuteur ;
- une vérification avant de changer d’activité ;
- une récompense après la clôture.
Exemple 5 : gérer plusieurs priorités
Toutes les tâches semblent urgentes et la personne se disperse.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- distinguer urgent et important ;
- choisir trois priorités maximum ;
- estimer la durée ;
- différer ou déléguer certaines tâches ;
- planifier des créneaux ;
- réévaluer le programme en fin de journée.
7. L’inhibition
L’inhibition permet de retenir une réponse impulsive et de résister aux distractions.
Exemple 1 : interrompre fréquemment les autres
La personne parle avant la fin de l’intervention de son interlocuteur.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- repérer le signal interne d’urgence ;
- noter son idée plutôt que parler immédiatement ;
- attendre deux secondes ;
- utiliser un signe discret de rappel ;
- s’entraîner en jeu de rôle ;
- valoriser les moments où l’attente a été respectée.
Exemple 2 : consulter immédiatement une notification
La personne interrompt systématiquement son travail.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent être :
- désactiver les notifications ;
- placer le téléphone hors de portée ;
- définir des horaires de consultation ;
- utiliser un bloqueur d’application ;
- observer l’envie sans agir ;
- augmenter progressivement le délai.
Exemple 3 : répondre impulsivement à un message conflictuel
La personne envoie une réponse qu’elle regrette ensuite.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- une règle de délai ;
- l’enregistrement en brouillon ;
- la lecture à voix haute ;
- l’identification de l’émotion ;
- une réponse factuelle et assertive ;
- l’envoi uniquement après diminution de l’activation.
Exemple 4 : donner la première réponse venue
L’élève répond trop vite sans appliquer la consigne.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- une routine « stop, lis, réfléchis, réponds » ;
- le surlignage de la question ;
- une courte pause avant la réponse ;
- l’explication de la méthode ;
- une vérification ciblée ;
- un renforcement de la précision plutôt que de la vitesse.
Exemple 5 : adopter un comportement inadapté au contexte
La personne fait une remarque ou une plaisanterie sans anticiper son effet.
Apport des TCC
Le travail peut porter sur :
- l’identification des règles implicites ;
- l’anticipation des conséquences ;
- des scénarios sociaux ;
- une question de contrôle : « Est-ce utile et adapté ici ? » ;
- des jeux de rôle ;
- l’analyse sans humiliation des situations passées.
8. La flexibilité cognitive
La flexibilité cognitive permet de modifier une stratégie, une pensée ou un comportement.
Exemple 1 : répéter une méthode inefficace
La personne continue d’utiliser la même stratégie malgré plusieurs échecs.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- repérer le signal indiquant que la stratégie ne fonctionne pas ;
- générer au moins deux alternatives ;
- tester une nouvelle méthode ;
- comparer les résultats ;
- tolérer l’incertitude ;
- valoriser l’adaptation plutôt que la persistance rigide.
Exemple 2 : supporter difficilement un changement de programme
Une activité annulée provoque une forte contrariété.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent être :
- anticiper un plan B ;
- nommer l’émotion ;
- distinguer préférence et nécessité ;
- pratiquer de petits changements volontaires ;
- utiliser une phrase alternative ;
- reconstruire un nouveau plan concret.
Pensée alternative :
« Je préférais le premier programme, mais je peux m’adapter au changement. »
Exemple 3 : avoir du mal à revenir à une tâche interrompue
Après une interruption, la personne ne sait plus où elle en était.
Apport des TCC
Le travail peut consister à :
- noter l’étape en cours avant l’interruption ;
- laisser un repère visuel ;
- utiliser une fiche « prochaine action » ;
- prévoir un temps de reprise ;
- relire les dernières lignes ;
- limiter les interruptions évitables.
Exemple 4 : envisager difficilement un autre point de vue
La personne reste convaincue qu’une seule interprétation est possible.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- distinguer faits et interprétations ;
- chercher trois explications possibles ;
- utiliser le questionnement socratique ;
- imaginer le point de vue d’un tiers ;
- vérifier auprès de l’interlocuteur ;
- réduire la pensée tout ou rien.
Exemple 5 : transférer une méthode dans une situation nouvelle
L’élève connaît la méthode dans un exercice habituel mais ne la reconnaît pas lorsque la présentation change.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- comparer les ressemblances et les différences ;
- repérer le principe commun ;
- varier les exercices ;
- verbaliser la méthode ;
- utiliser une fiche de généralisation ;
- s’entraîner dans plusieurs contextes.
9. La vitesse de traitement
La vitesse de traitement correspond au temps nécessaire pour percevoir, comprendre et répondre.
Exemple 1 : répondre avec un délai
La personne connaît la réponse mais a besoin de temps pour l’organiser.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- accepter une courte pause ;
- demander quelques secondes ;
- préparer une phrase d’introduction ;
- réduire la pression de répondre immédiatement ;
- respirer lentement ;
- distinguer lenteur et incompétence.
Exemple 2 : ne pas terminer une évaluation
L’élève connaît les réponses, mais manque de temps.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- repérer d’abord les questions accessibles ;
- répartir le temps ;
- utiliser un minuteur ;
- éviter les vérifications excessives ;
- s’entraîner dans des conditions chronométrées ;
- demander une évaluation des besoins d’aménagement.
Exemple 3 : lire lentement
La personne doit relire plusieurs fois un texte dense.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- fractionner le texte ;
- utiliser un guide visuel ;
- résumer chaque paragraphe ;
- prendre des pauses ;
- sélectionner les informations essentielles ;
- adapter le temps prévu.
Exemple 4 : être débordé par des consignes rapides
Plusieurs informations arrivent avant que la première ait été traitée.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent être :
- demander de ralentir ;
- noter les mots-clés ;
- interrompre poliment pour reformuler ;
- recevoir une consigne écrite ;
- traiter une étape à la fois ;
- diminuer les doubles tâches.
Exemple 5 : avoir du mal dans une conversation de groupe
Le sujet change avant que la personne ait pu intervenir.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- préparer une phrase courte ;
- signaler son intention de parler ;
- demander de revenir au point précédent ;
- privilégier les petits groupes ;
- se concentrer sur une idée ;
- diminuer l’auto-jugement après la conversation.
10. Le langage
Le langage permet de comprendre et de produire des messages oraux et écrits.
Exemple 1 : chercher un mot
La personne connaît le mot mais ne le retrouve pas immédiatement.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- décrire l’objet ou l’idée ;
- utiliser un synonyme ;
- évoquer la première lettre ;
- prendre son temps ;
- réduire la peur du blocage ;
- revenir au mot plus tard.
Pensée alternative :
« Ne pas trouver immédiatement un mot ne signifie pas que je ne sais plus parler. »
Exemple 2 : comprendre difficilement une phrase complexe
La personne perd le sens lorsque la phrase contient trop d’informations.
Apport des TCC
Le travail peut consister à :
- demander une reformulation ;
- découper la phrase ;
- identifier le sujet et l’action principale ;
- écrire les informations ;
- vérifier la compréhension ;
- utiliser des exemples concrets.
Exemple 3 : organiser difficilement un récit
Le récit comporte beaucoup de détails et peu de structure.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- utiliser le schéma « début, événement, conséquence, conclusion » ;
- noter trois idées ;
- respecter l’ordre chronologique ;
- limiter les détails secondaires ;
- s’entraîner avec des images ;
- demander un retour précis.
Exemple 4 : comprendre difficilement les expressions figurées
La personne interprète une expression de manière littérale.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- expliciter les expressions ;
- créer un carnet d’expressions ;
- distinguer sens littéral et sens figuré ;
- utiliser des situations concrètes ;
- vérifier le contexte ;
- apprendre à demander : « Est-ce une expression ? »
Exemple 5 : suivre difficilement une conversation de groupe
La personne perd les changements de locuteur et de sujet.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent être :
- se placer près de l’interlocuteur principal ;
- réduire les sources sonores ;
- demander un résumé ;
- intervenir sur une seule idée ;
- observer les signaux indiquant un changement de sujet ;
- privilégier un échange plus calme lorsque cela est possible.
11. Le raisonnement et la résolution de problèmes
Le raisonnement permet d’analyser une situation, de formuler des hypothèses et de choisir une solution.
Exemple 1 : ne pas savoir par où commencer
Face à un problème, la personne se sent immédiatement dépassée.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre une méthode en étapes :
- définir précisément le problème ;
- distinguer les faits des interprétations ;
- générer plusieurs solutions ;
- analyser les avantages et les risques ;
- choisir une première action ;
- évaluer le résultat.
Exemple 2 : choisir une opération mathématique
L’élève connaît les opérations mais ne sait pas laquelle utiliser.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- surligner les données ;
- reformuler la question ;
- chercher ce qui est demandé ;
- associer les types de problèmes à des schémas ;
- vérifier la cohérence du résultat ;
- analyser l’erreur sans étiquetage négatif.
Exemple 3 : réparer un objet
La personne essaie plusieurs actions au hasard sans analyser la panne.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- observer avant d’agir ;
- formuler une hypothèse ;
- tester une seule modification ;
- noter le résultat ;
- éliminer les hypothèses invalidées ;
- demander une aide ciblée.
Exemple 4 : gérer un budget
La personne évite de regarder ses dépenses parce que la situation l’angoisse.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- recueillir les informations sans jugement ;
- distinguer dépenses fixes et variables ;
- définir une priorité ;
- fractionner le travail ;
- utiliser un tableau simple ;
- traiter les pensées catastrophiques.
Exemple 5 : anticiper les conséquences
La personne prend une décision uniquement à partir du bénéfice immédiat.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- une colonne « maintenant » et une colonne « plus tard » ;
- l’identification des conséquences probables ;
- l’analyse coûts-bénéfices ;
- un délai avant la décision ;
- la recherche d’une solution intermédiaire ;
- l’évaluation après l’action.
12. Les capacités visuospatiales
Ces capacités permettent de percevoir les positions, les formes, les distances et les relations entre les objets.
Exemple 1 : suivre un itinéraire
La personne se perd malgré un plan.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- utiliser des repères visuels concrets ;
- préparer le trajet ;
- découper l’itinéraire ;
- photographier certains lieux ;
- utiliser une application adaptée ;
- prévoir un plan de secours.
Exemple 2 : reproduire une figure
L’élève ne respecte pas les proportions ou l’orientation.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- observer la figure avant de commencer ;
- la diviser en formes simples ;
- utiliser un quadrillage ;
- tracer des repères ;
- comparer une partie à la fois ;
- verbaliser les positions.
Exemple 3 : ranger des objets dans un espace limité
La personne ne sait pas comment organiser une valise ou un placard.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- regrouper les objets par catégorie ;
- commencer par les plus volumineux ;
- utiliser des contenants ;
- préparer un modèle visuel ;
- photographier l’organisation finale ;
- maintenir une place stable.
Exemple 4 : estimer une distance
La personne éprouve des difficultés pour garer un véhicule ou verser un liquide.
Apport des TCC
Après vérification médicale si nécessaire, le travail peut comprendre :
- utiliser des repères fixes ;
- ralentir ;
- pratiquer dans un environnement sécurisé ;
- demander un retour concret ;
- réduire les distractions ;
- utiliser des aides techniques.
Exemple 5 : lire un graphique
La personne confond les axes ou ne comprend pas la relation entre les données.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent être :
- identifier d’abord le titre ;
- nommer chaque axe ;
- repérer l’unité ;
- lire une seule donnée ;
- reformuler ce qu’elle signifie ;
- progresser vers l’interprétation globale.
13. Les praxies
Les praxies permettent de planifier et d’exécuter des gestes appris.
Exemple 1 : utiliser des couverts
La personne sait ce qu’elle veut faire mais organise difficilement les gestes.
Apport des TCC
En coordination avec les professionnels concernés, les stratégies peuvent comprendre :
- décomposer le geste ;
- montrer lentement ;
- utiliser le guidage verbal ;
- répéter dans le même contexte ;
- diminuer progressivement l’aide ;
- renforcer chaque étape réussie.
Exemple 2 : s’habiller
Les vêtements sont mis dans le désordre ou certaines étapes sont oubliées.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- préparer les vêtements dans l’ordre ;
- utiliser une séquence illustrée ;
- simplifier les fermetures ;
- instaurer une routine ;
- laisser suffisamment de temps ;
- limiter les corrections anxieuses de l’entourage.
Exemple 3 : utiliser un outil
La personne tient mal l’objet ou ne réalise pas le geste attendu.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- une démonstration ;
- l’imitation ;
- un outil adapté ;
- un entraînement progressif ;
- une consigne à la fois ;
- un environnement sécurisé.
Exemple 4 : reproduire un geste sur demande
La personne comprend la demande mais ne parvient pas à produire le mouvement.
Apport des TCC
Le travail peut consister à :
- utiliser l’objet réel ;
- fournir un modèle ;
- guider verbalement ;
- fractionner le mouvement ;
- répéter sans pression ;
- réduire l’anxiété liée à l’observation.
Exemple 5 : construire un assemblage
L’enfant ne sait pas organiser les gestes nécessaires pour reproduire un modèle.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- commencer par des modèles simples ;
- repérer la première pièce ;
- utiliser des couleurs ;
- montrer une étape puis laisser faire ;
- vérifier progressivement ;
- valoriser la méthode utilisée.
14. Les gnosies et la reconnaissance
Les gnosies permettent d’identifier les objets, les visages, les sons ou les sensations.
Exemple 1 : reconnaître difficilement un objet
La personne voit l’objet mais ne parvient pas à l’identifier immédiatement.
Apport des TCC
En complément de l’évaluation médicale, les stratégies peuvent comprendre :
- utiliser plusieurs indices sensoriels ;
- nommer la fonction ;
- associer une étiquette ;
- ranger l’objet dans un contexte significatif ;
- répéter l’identification ;
- utiliser des photographies.
Exemple 2 : reconnaître difficilement un visage
La personne ne reconnaît pas toujours un proche à partir du visage seul.
Apport des TCC
Les compensations peuvent comprendre :
- utiliser la voix ;
- repérer la coiffure, les vêtements ou la démarche ;
- demander aux proches de se présenter ;
- utiliser un répertoire photographique ;
- préparer les rencontres ;
- diminuer la honte liée à la demande d’identification.
Exemple 3 : identifier difficilement un son
La personne entend une sonnerie mais ne comprend pas sa signification.
Apport des TCC
Le travail peut aider à :
- différencier les sons ;
- utiliser des alarmes distinctes ;
- associer chaque son à une action ;
- ajouter un signal visuel ;
- répéter dans le contexte réel ;
- limiter le nombre de signaux concurrents.
Exemple 4 : reconnaître un objet au toucher
La personne ne parvient pas à identifier un objet sans le regarder.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent inclure :
- l’exploration méthodique ;
- la verbalisation de la forme, de la texture et de la taille ;
- la comparaison entre plusieurs objets ;
- l’utilisation simultanée de la vision ;
- des exercices progressifs ;
- des adaptations de sécurité.
Exemple 5 : reconnaître une image incomplète
La personne a du mal à identifier un objet partiellement masqué.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- rechercher les indices essentiels ;
- compléter mentalement la forme ;
- comparer avec plusieurs images ;
- commencer par des objets familiers ;
- augmenter progressivement la difficulté ;
- verbaliser la stratégie de reconnaissance.
15. L’orientation
L’orientation permet de se situer dans le temps, l’espace et la situation.
Exemple 1 : ne pas connaître précisément la date
La personne confond le jour ou le mois.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- un calendrier très visible ;
- une routine quotidienne de repérage ;
- l’affichage de la date ;
- un agenda ;
- l’association avec les activités de la semaine ;
- une vérification le matin.
Exemple 2 : se perdre dans un bâtiment
La personne ne retrouve pas la sortie ou une pièce.
Apport des TCC
Les outils peuvent être :
- une signalétique claire ;
- un itinéraire fixe ;
- des couleurs ;
- des photographies ;
- un accompagnement progressif ;
- une carte simplifiée.
Exemple 3 : confondre certaines personnes
La personne reconnaît difficilement le rôle ou le lien d’une personne.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- un album nominatif ;
- une présentation verbale ;
- l’association avec le contexte ;
- des repères stables ;
- une préparation avant les rencontres ;
- le soutien bienveillant de l’entourage.
Exemple 4 : ne pas comprendre pourquoi elle se trouve dans un lieu
La personne ne retrouve plus l’objectif de la consultation ou du déplacement.
Apport des TCC
Les outils peuvent comprendre :
- une note indiquant le motif ;
- une explication simple ;
- un rappel avant le déplacement ;
- un accompagnant ;
- un dossier préparé ;
- une répétition calme des informations.
Exemple 5 : confondre la période d’un événement
La personne pense qu’un événement récent s’est produit il y a longtemps ou inversement.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- une frise chronologique ;
- des photographies datées ;
- un agenda ;
- l’association avec un événement repère ;
- la reformulation ;
- une vérification documentaire.
-
16. La cognition sociale
La cognition sociale permet de comprendre les émotions, les intentions et les règles relationnelles.
Exemple 1 : reconnaître difficilement une émotion
La personne interprète mal une expression faciale ou le ton de la voix.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- l’identification des indices du visage ;
- l’observation du ton et du contexte ;
- des photographies ou vidéos ;
- des jeux de rôle ;
- la vérification directe auprès de l’interlocuteur ;
- l’apprentissage d’un vocabulaire émotionnel.
Exemple 2 : mal interpréter une intention
Une remarque neutre est vécue comme une critique ou une attaque.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- distinguer faits et interprétations ;
- rechercher plusieurs hypothèses ;
- vérifier l’intention ;
- identifier les expériences passées influençant la perception ;
- réduire la lecture de pensée ;
- préparer une réponse assertive.
Exemple 3 : ne pas comprendre l’ironie
La personne interprète littéralement une phrase humoristique.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- l’explication des indices d’ironie ;
- l’observation du ton ;
- l’analyse du contexte ;
- des exemples concrets ;
- l’apprentissage d’une question de clarification ;
- le droit de demander : « Est-ce que tu plaisantes ? »
Exemple 4 : adapter difficilement son discours
La personne utilise le même niveau de familiarité dans tous les contextes.
Apport des TCC
Les stratégies peuvent comprendre :
- identifier le contexte et l’interlocuteur ;
- préparer plusieurs formulations ;
- pratiquer des jeux de rôle ;
- utiliser une grille « professionnel, proche, inconnu » ;
- analyser les réactions ;
- ajuster progressivement le discours.
Exemple 5 : anticiper difficilement l’effet de ses paroles
La personne parle spontanément sans imaginer la réaction de l’autre.
Apport des TCC
Le travail peut consister à utiliser trois questions avant de parler :
- Est-ce vrai ou vérifié ?
- Est-ce utile maintenant ?
- Comment puis-je le dire de manière respectueuse ?
Des jeux de rôle, des scénarios sociaux et une analyse bienveillante des conséquences peuvent compléter cet apprentissage.
Une activité quotidienne mobilise plusieurs fonctions cognitives
Exemple : préparer une recette
La préparation d’un repas mobilise :
- l’attention pour lire la recette ;
- la mémoire de travail pour garder une étape en tête ;
- la mémoire sémantique pour reconnaître les ingrédients ;
- la planification pour organiser les actions ;
- l’inhibition pour ne pas se disperser ;
- la mémoire prospective pour penser à arrêter le four ;
- les capacités visuospatiales et les praxies pour manipuler le matériel.
Apport des TCC
Les adaptations peuvent comprendre :
- une recette simplifiée ;
- des photographies ;
- les ingrédients préparés à l’avance ;
- une étape à la fois ;
- plusieurs minuteurs ;
- une checklist ;
- une progression des recettes simples vers les plus complexes.
Exemple : réaliser un exposé
Un exposé mobilise :
- le langage ;
- la mémoire ;
- l’attention ;
- la planification ;
- la vitesse de traitement ;
- l’inhibition ;
- la flexibilité ;
- la cognition sociale.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- un plan avec des mots-clés ;
- des répétitions progressives ;
- un enregistrement ;
- une préparation aux questions ;
- un travail sur les pensées anxieuses ;
- des stratégies de reprise après un blanc ;
- une exposition graduelle au regard des autres.
Quand demander une évaluation ?
Une consultation est particulièrement indiquée lorsque les difficultés :
- sont fréquentes ou persistantes ;
- apparaissent dans plusieurs contextes ;
- perturbent les apprentissages ou le travail ;
- réduisent l’autonomie ;
- provoquent une souffrance ;
- s’aggravent ;
- sont apparues récemment ;
- sont également observées par l’entourage.
Un changement cognitif brutal, une confusion, une désorientation, une difficulté soudaine à parler, une faiblesse d’un côté du corps, des convulsions ou une perte de connaissance nécessitent une prise en charge médicale urgente.
Les TCC peuvent aider à réduire le retentissement psychologique et comportemental des difficultés cognitives, mais elles ne remplacent pas une évaluation médicale, neuropsychologique, orthophonique, ergothérapique ou pédagogique individualisée.
Les troubles cognitifs chez les séniors et l’apport des TCC
Que sont les troubles cognitifs chez les séniors ?
Les troubles cognitifs correspondent à des difficultés touchant une ou plusieurs fonctions comme :
- la mémoire ;
- l’attention ;
- le langage ;
- l’orientation ;
- la vitesse de traitement ;
- la planification ;
- l’organisation ;
- le raisonnement ;
- la reconnaissance des objets ou des personnes.
Ils peuvent avoir des origines très différentes : neurologiques, psychiatriques, médicales, médicamenteuses ou liées à une association de plusieurs facteurs. Une plainte cognitive ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à une maladie neurodégénérative.
Les troubles cognitifs peuvent être :
- légers ou plus importants ;
- stables ou progressifs ;
- présents uniquement dans certaines situations ;
- aggravés par le stress, la fatigue ou le manque de sommeil ;
- associés ou non à une perte d’autonomie.
Vieillissement normal et trouble cognitif
Certaines modifications peuvent accompagner un vieillissement normal :
- avoir besoin de davantage de temps ;
- retrouver plus lentement un nom ;
- apprendre plus progressivement ;
- être moins efficace en situation de double tâche ;
- se fatiguer plus rapidement.
En revanche, les situations suivantes méritent une évaluation :
- oublier régulièrement des événements récents ;
- répéter fréquemment les mêmes questions ;
- se perdre dans un lieu familier ;
- ne plus savoir utiliser un objet habituel ;
- rencontrer des difficultés nouvelles pour gérer ses finances ;
- oublier les traitements ;
- confondre les jours ou les périodes ;
- présenter une modification du comportement ;
- perdre progressivement son autonomie.
Les maladies entraînant des troubles neurocognitifs concernent fréquemment les personnes âgées, mais la démence ne constitue pas une conséquence normale du vieillissement.
Les principales difficultés possibles
Les troubles de la mémoire
La personne peut :
- oublier une conversation récente ;
- reposer une question ;
- ne plus se rappeler un rendez-vous ;
- égarer régulièrement ses objets ;
- oublier une tâche à effectuer.
Les troubles de l’attention
Elle peut :
- perdre le fil ;
- être rapidement distraite ;
- avoir du mal à suivre plusieurs interlocuteurs ;
- commettre des erreurs ;
- se fatiguer mentalement.
Les troubles exécutifs
La personne peut éprouver des difficultés à :
- organiser sa journée ;
- préparer un repas ;
- suivre plusieurs étapes ;
- gérer les documents ;
- adapter son comportement à un imprévu ;
- terminer une tâche.
Les difficultés de langage
Elle peut :
- chercher davantage ses mots ;
- perdre le fil d’un récit ;
- comprendre difficilement une phrase longue ;
- utiliser un mot à la place d’un autre ;
- participer moins aux conversations.
Les troubles de l’orientation
Ils peuvent concerner :
- la date ;
- le moment de la journée ;
- le lieu ;
- le trajet ;
- la raison d’une consultation ou d’un déplacement.
Quelles peuvent être les causes ?
Une évaluation médicale peut rechercher notamment :
- une maladie neurocognitive ;
- un accident vasculaire cérébral ;
- un traumatisme crânien ;
- une dépression ;
- une anxiété importante ;
- une infection ;
- une douleur ;
- un trouble du sommeil ;
- une déficience auditive ou visuelle ;
- une carence ;
- une maladie métabolique ;
- les effets d’un médicament ;
- une consommation d’alcool ;
- une confusion aiguë.
Une confusion apparue brutalement chez une personne âgée doit être distinguée d’un trouble cognitif progressif et nécessite une recherche médicale rapide de sa cause.
Quand demander un avis médical rapide ?
Une prise en charge rapide est nécessaire en présence :
- d’une confusion brutale ;
- d’une désorientation soudaine ;
- d’une difficulté nouvelle à parler ;
- d’une faiblesse d’un côté du corps ;
- d’une chute avec traumatisme crânien ;
- d’une perte de connaissance ;
- de convulsions ;
- d’hallucinations apparues brutalement ;
- d’un changement rapide du comportement ;
- d’une incapacité soudaine à réaliser les activités habituelles.
Mettre en place des routines
Les routines diminuent le nombre d’informations nouvelles à traiter.
Elles peuvent concerner :
- l’heure du lever ;
- les repas ;
- les médicaments ;
- la toilette ;
- les promenades ;
- les appels ;
- le rangement ;
- la préparation du lendemain ;
- l’heure du coucher.
Fractionner les activités
Une activité complexe peut être divisée en étapes.
Exemple : préparer le petit-déjeuner
- sortir le bol ;
- prendre la boisson ;
- préparer les aliments ;
- s’installer ;
- ranger les produits.
Des photographies ou une fiche peuvent servir de repère.
Maintenir les activités
L’objectif est de conserver les activités possibles et significatives :
- marcher ;
- jardiner ;
- plier du linge ;
- écouter de la musique ;
- cuisiner une recette familière ;
- regarder un album ;
- téléphoner ;
- participer à une activité adaptée ;
- réaliser des tâches domestiques simples.
Faire systématiquement à la place de la personne peut accélérer la perte de confiance et réduire les occasions d’utiliser les capacités préservées.
Soutenir les proches
Les aidants peuvent être accompagnés pour :
- comprendre les difficultés ;
- donner une consigne à la fois ;
- éviter les confrontations inutiles ;
- proposer un choix limité ;
- utiliser des repères stables ;
- ne pas tester constamment la mémoire ;
- valoriser ce qui reste possible ;
- repérer leur propre épuisement ;
- demander de l’aide.
Quels sont les apports des TCC ?
Les TCC ne font pas disparaître une atteinte neurologique et ne remplacent pas une prise en charge médicale ou neuropsychologique.
Elles peuvent cependant aider à :
- réduire l’anxiété liée aux oublis ;
- améliorer l’utilisation des capacités préservées ;
- développer des stratégies compensatoires ;
- structurer le quotidien ;
- maintenir certaines activités ;
- réduire l’évitement ;
- soutenir l’estime de soi ;
- prévenir le repli ;
- faciliter la communication avec les proches ;
- préserver autant que possible l’autonomie.
Des traitements psychologiques, dont les approches cognitivo-comportementales, peuvent notamment être envisagés pour la dépression ou l’anxiété chez certaines personnes présentant un trouble neurocognitif léger à modéré, avec des adaptations au niveau cognitif.
Adapter le cadre thérapeutique
Les séances peuvent être adaptées grâce à :
- un rythme plus lent ;
- des phrases courtes ;
- une seule notion à la fois ;
- des répétitions ;
- des supports écrits ;
- des pictogrammes ;
- des exercices concrets ;
- des résumés ;
- une participation des proches avec l’accord de la personne ;
- des objectifs limités et réalistes.
Diminuer l’anxiété liée aux oublis
Une personne peut interpréter chaque oubli comme la preuve d’une aggravation grave.
Pensée
« J’ai oublié ce nom, donc je vais bientôt ne plus reconnaître personne. »
Pensée alternative
« Cet oubli mérite d’être replacé dans son contexte. Je peux le noter et en parler au médecin si les difficultés augmentent. »
Le but n’est pas de minimiser la plainte, mais de différencier :
- un oubli ponctuel ;
- un trouble répété ;
- une difficulté influencée par le stress ;
- un signe nécessitant une évaluation.
Externaliser les informations
Les outils peuvent comprendre :
- un agenda unique ;
- un calendrier visible ;
- un tableau de la journée ;
- des alarmes ;
- des checklists ;
- des étiquettes ;
- un pilulier préparé dans un cadre sécurisé ;
- des photographies ;
- un emplacement fixe pour les objets ;
- une fiche comportant les coordonnées utiles.
Les tests cognitifs de repérage peuvent contribuer à l’évaluation, mais ils doivent être interprétés dans une démarche clinique globale.
Préserver la dignité et l’autonomie
L’accompagnement ne doit pas réduire la personne à ses troubles.
Il est important de préserver :
- ses préférences ;
- ses choix ;
- son histoire ;
- ses relations ;
- ses habitudes importantes ;
- ses compétences ;
- sa participation aux décisions ;
- son intimité ;
- son rythme.
L’OMS rappelle que l’accompagnement du vieillissement doit viser le maintien des capacités fonctionnelles, de la dignité et de la qualité de vie, y compris lorsque des aides deviennent nécessaires.
Prendre rendez-vous
Une première consultation permet d’évaluer :
- les difficultés perçues ;
- les situations concrètes ;
- l’anxiété associée ;
- les capacités préservées ;
- les habitudes ;
- le niveau d’autonomie ;
- le rôle des proches ;
- les besoins d’orientation médicale ;
- les objectifs de la personne.
Les consultations peuvent être proposées en présentiel ou, lorsque les capacités cognitives, sensorielles et techniques le permettent, en visioconférence.
Les informations de cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation médicale, gériatrique, neurologique, psychiatrique ou neuropsychologique individualisée.
Cinq exemples détaillés
1. La peur excessive des oublis
La personne oublie un mot ou un objet et conclut immédiatement :
« Je suis en train de perdre complètement la mémoire. »
Elle se surveille, teste régulièrement ses capacités et demande de nombreuses réassurances.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- un relevé factuel des oublis ;
- la distinction entre oubli banal et difficulté préoccupante ;
- un travail sur le catastrophisme ;
- la limitation des auto-tests ;
- l’utilisation de repères ;
- une orientation médicale lorsque nécessaire.
2. La désorganisation dans les activités quotidiennes
La personne se perd dans les étapes d’une tâche, commence plusieurs actions et ne termine pas.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- une tâche à la fois ;
- une fiche illustrée ;
- une routine stable ;
- un environnement simplifié ;
- des objets placés toujours au même endroit ;
- une vérification finale avec le proche.
3. L’anxiété à l’idée de sortir seul
La personne craint de se perdre, d’oublier son chemin ou de ne pas savoir demander de l’aide.
Apport des TCC
Après évaluation du niveau réel d’autonomie, le travail peut comprendre :
- un itinéraire court et familier ;
- des repères visuels ;
- une fiche avec l’adresse ;
- un téléphone simplifié ;
- une exposition accompagnée ;
- une augmentation très progressive de l’autonomie.
La sécurité doit toujours primer lorsque l’orientation est réellement altérée.
4. Les ruminations sur la mémoire et la santé
La personne analyse chaque erreur, recherche des symptômes et surveille continuellement son fonctionnement.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- l’identification des déclencheurs ;
- la réduction des vérifications ;
- un temps limité consacré aux inquiétudes ;
- une communication structurée avec le médecin ;
- un recentrage sur l’activité présente ;
- une reprise d’activités utiles et agréables.
5. La perte de confiance
La personne pense :
« Je ne sais plus rien faire »
ou
« Je suis devenu inutile. »
Elle laisse progressivement les autres tout réaliser à sa place.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- l’identification des capacités préservées ;
- le choix d’activités encore réalisables ;
- une aide graduée ;
- des objectifs simples ;
- la valorisation des actions réalisées ;
- un travail sur l’identité au-delà des difficultés cognitives.
5. Le trouble neurocognitif associé à la maladie de Parkinson
La maladie de Parkinson peut, chez certaines personnes, s’accompagner secondairement d’un trouble neurocognitif.
Les difficultés peuvent concerner :
- l’attention ;
- la vitesse de traitement ;
- la planification ;
- la flexibilité ;
- les capacités visuospatiales ;
- la récupération des souvenirs.
La distinction avec la maladie à corps de Lewy dépend notamment de la chronologie entre l’apparition des signes moteurs et celle des troubles cognitifs. Ces deux maladies reposent sur des mécanismes biologiques proches.
Exemple
Une personne présentant depuis plusieurs années une maladie de Parkinson devient progressivement plus lente pour réfléchir, organiser ses activités et s’adapter à un changement.
6. Les troubles neurocognitifs mixtes
Une personne peut présenter simultanément plusieurs causes de trouble neurocognitif.
Les associations les plus fréquentes comprennent notamment :
- maladie d’Alzheimer et atteintes vasculaires ;
- maladie d’Alzheimer et corps de Lewy ;
- lésions vasculaires et maladie de Parkinson.
Les formes mixtes sont fréquentes chez les personnes âgées et peuvent produire un tableau moins caractéristique. L’Organisation mondiale de la santé souligne que les pathologies cérébrales mixtes peuvent être courantes.
Exemple
Une personne présente à la fois une perte progressive de la mémoire récente et une évolution par paliers après plusieurs accidents vasculaires cérébraux.
D’autres causes de troubles neurocognitifs
Un trouble neurocognitif peut également être associé à :
- un traumatisme crânien ;
- une maladie de Huntington ;
- une infection du système nerveux ;
- une consommation prolongée d’alcool ;
- certaines maladies métaboliques ;
- une tumeur ;
- une maladie inflammatoire ;
- une carence ;
- certains médicaments ;
- une épilepsie ;
- une maladie rare comme la maladie de Creutzfeldt-Jakob.
Certaines causes peuvent être partiellement ou totalement réversibles. Une évaluation médicale complète est donc indispensable avant de conclure à une maladie neurodégénérative.
Trouble neurocognitif ou confusion aiguë ?
Il est essentiel de différencier un trouble neurocognitif progressif d’un syndrome confusionnel aigu.
Le syndrome confusionnel apparaît généralement :
- brutalement ;
- en quelques heures ou quelques jours ;
- avec des fluctuations importantes ;
- avec une difficulté majeure à maintenir l’attention ;
- parfois avec agitation, somnolence ou hallucinations.
Il est souvent lié à une cause médicale, comme une infection, une déshydratation, un médicament ou un trouble métabolique, et nécessite une évaluation urgente.
Quels signes doivent conduire à une évaluation ?
Une consultation médicale est recommandée lorsque la personne :
- répète régulièrement les mêmes questions ;
- oublie des événements récents importants ;
- se perd dans un lieu connu ;
- ne sait plus gérer ses médicaments ;
- commet des erreurs inhabituelles dans ses finances ;
- ne parvient plus à utiliser un objet familier ;
- présente des hallucinations ;
- change nettement de personnalité ;
- perd progressivement son autonomie ;
- présente des difficultés de langage croissantes ;
- devient très désorganisée ;
- ne reconnaît plus certaines personnes.
Une évaluation urgente est nécessaire en cas de :
- confusion brutale ;
- difficulté soudaine à parler ;
- faiblesse d’un côté du corps ;
- chute avec traumatisme crânien ;
- perte de connaissance ;
- convulsions ;
- modification rapide du comportement ;
- incapacité soudaine à réaliser une activité habituelle.
Comment se déroule l’évaluation ?
L’évaluation peut comprendre :
- un entretien avec la personne ;
- un échange avec un proche, avec son accord ;
- l’étude de l’évolution des difficultés ;
- une évaluation de l’autonomie ;
- un examen neurologique ;
- des tests cognitifs ;
- un bilan sanguin ;
- une imagerie cérébrale ;
- un bilan neuropsychologique ;
- une évaluation de l’humeur, du sommeil et des traitements.
Les tests de dépistage ne suffisent pas à eux seuls pour poser un diagnostic. Ils doivent être interprétés avec l’histoire clinique, l’examen médical et le retentissement fonctionnel.
Les principaux troubles neurocognitifs:
Les principaux troubles neurocognitifs : comprendre les différences et l’apport des TCC
Qu’est-ce qu’un trouble neurocognitif ?
Un trouble neurocognitif correspond à une diminution acquise d’une ou de plusieurs fonctions cognitives, comme :
- la mémoire ;
- l’attention ;
- le langage ;
- l’orientation ;
- le raisonnement ;
- la vitesse de traitement ;
- la planification ;
- l’organisation ;
- la reconnaissance des objets ou des personnes ;
- la cognition sociale.
Le terme trouble neurocognitif est aujourd’hui souvent utilisé à la place du mot « démence », notamment parce qu’il permet de distinguer différents niveaux de sévérité.
Un trouble neurocognitif n’est pas une conséquence normale du vieillissement. Il résulte d’une maladie ou d’une atteinte cérébrale et peut progressivement perturber les activités de la vie quotidienne.
Trouble neurocognitif léger et trouble neurocognitif majeur
Le trouble neurocognitif léger
Dans un trouble neurocognitif léger, les difficultés sont plus importantes que celles habituellement attendues avec l’âge, mais la personne conserve globalement son autonomie.
Elle peut avoir besoin de :
- listes ;
- rappels ;
- agendas ;
- davantage de temps ;
- stratégies d’organisation ;
- vérifications.
Elle continue néanmoins à gérer la majorité de ses activités quotidiennes.
Le trouble neurocognitif léger ne conduit pas systématiquement à un trouble majeur. Certaines personnes restent stables, d’autres s’améliorent lorsque des facteurs réversibles sont traités, et d’autres connaissent une progression.
Le trouble neurocognitif majeur
Dans un trouble neurocognitif majeur, la diminution des capacités cognitives perturbe significativement l’autonomie.
La personne peut éprouver des difficultés à :
- prendre correctement ses traitements ;
- gérer ses finances ;
- cuisiner en sécurité ;
- se déplacer ;
- effectuer des démarches ;
- utiliser des objets familiers ;
- organiser sa journée ;
- prendre des décisions adaptées.
L’importance du retentissement fonctionnel compte autant que les résultats des tests cognitifs.
Les principaux troubles neurocognitifs
1. Le trouble neurocognitif dû à la maladie d’Alzheimer
La maladie d’Alzheimer constitue la cause la plus fréquente de trouble neurocognitif majeur chez la personne âgée. Elle représente environ 60 à 70 % des syndromes démentiels selon l’Organisation mondiale de la santé.
Elle est associée à des modifications cérébrales progressives, notamment à l’accumulation anormale de protéines amyloïde et tau.
Manifestations fréquentes
Le début est généralement progressif.
Les premières difficultés peuvent concerner :
- la mémoire des événements récents ;
- l’apprentissage de nouvelles informations ;
- la répétition des mêmes questions ;
- l’oubli des rendez-vous ;
- la recherche d’objets ;
- l’orientation dans le temps ;
- la recherche de mots.
À mesure que la maladie évolue, peuvent apparaître :
- une désorientation spatiale ;
- des difficultés de langage ;
- une perte d’autonomie ;
- une difficulté à reconnaître certaines personnes ;
- des changements émotionnels ou comportementaux ;
- une diminution du jugement.
Exemple
La personne se souvient bien d’événements anciens, mais oublie une conversation ayant eu lieu une heure auparavant et repose la même question.
2. Le trouble neurocognitif vasculaire
Le trouble neurocognitif vasculaire est lié à des atteintes des vaisseaux sanguins cérébraux ou à une diminution de l’irrigation du cerveau.
Il peut être associé :
- à un accident vasculaire cérébral ;
- à plusieurs petits infarctus cérébraux ;
- à une maladie des petits vaisseaux ;
- à des facteurs cardiovasculaires.
La nature des difficultés dépend de la localisation, du nombre et de l’importance des lésions vasculaires.
Manifestations fréquentes
La personne peut présenter :
- une lenteur cognitive ;
- des difficultés d’attention ;
- une difficulté à planifier ;
- une baisse de la flexibilité mentale ;
- des troubles de la marche ;
- une fatigabilité ;
- des changements d’humeur ;
- des difficultés d’organisation.
La mémoire peut être atteinte, mais les troubles exécutifs et la lenteur sont parfois plus marqués au début.
L’évolution peut être :
- progressive ;
- par paliers ;
- fluctuante ;
- aggravée après un nouvel événement vasculaire.
Exemple
Une personne sait ce qu’elle souhaite faire, mais ne parvient plus à organiser les différentes étapes d’un repas ou d’une démarche administrative.
3. Le trouble neurocognitif à corps de Lewy
Le trouble neurocognitif à corps de Lewy est associé à l’accumulation anormale d’une protéine appelée alpha-synucléine dans les cellules nerveuses.
Il comprend notamment :
- la maladie à corps de Lewy ;
- le trouble neurocognitif associé à la maladie de Parkinson.
Manifestations fréquentes
Les signes caractéristiques peuvent inclure :
- d’importantes fluctuations de l’attention et de la vigilance ;
- des hallucinations visuelles répétées ;
- une rigidité ;
- une lenteur des mouvements ;
- des tremblements éventuels ;
- des troubles du sommeil paradoxal ;
- une sensibilité particulière à certains médicaments ;
- des troubles visuospatiaux ;
- des chutes.
La personne peut sembler relativement disponible à un moment, puis très confuse ou somnolente quelques heures plus tard.
Exemple
Une personne décrit précisément des personnes ou des animaux qu’elle voit dans la pièce alors qu’ils ne sont pas présents, tout en présentant des périodes de grande fluctuation cognitive.
4. Le trouble neurocognitif frontotemporal
Les dégénérescences frontotemporales touchent principalement les lobes frontaux et temporaux du cerveau.
Ces zones interviennent notamment dans :
- le comportement ;
- la personnalité ;
- le langage ;
- l’inhibition ;
- le jugement ;
- la compréhension des règles sociales.
Les troubles du comportement peuvent être inauguraux et plus marqués que les troubles de mémoire.
La variante comportementale
Elle peut se manifester par :
- une désinhibition ;
- une impulsivité ;
- une apathie ;
- une diminution de l’empathie ;
- des comportements répétitifs ;
- une modification des habitudes alimentaires ;
- un manque de conscience des difficultés ;
- des décisions inadaptées.
Les variantes langagières
Certaines formes touchent principalement le langage et peuvent entraîner :
- une difficulté progressive à trouver les mots ;
- une perte du sens des mots ;
- une expression moins fluide ;
- des erreurs grammaticales ;
- une compréhension réduite.
Exemple
Une personne auparavant réservée devient brusquement familière, fait des remarques socialement inadaptées et ne semble pas comprendre l’inquiétude de ses proches.
Quels sont les apports des TCC ?
Les thérapies cognitives et comportementales ne guérissent pas la cause neurologique du trouble neurocognitif.
Elles peuvent toutefois aider la personne et ses proches à :
- réduire l’anxiété ;
- mieux comprendre la maladie ;
- maintenir les capacités préservées ;
- structurer les activités ;
- réduire l’évitement ;
- améliorer la communication ;
- soutenir l’humeur ;
- diminuer certains comportements problématiques ;
- renforcer les repères ;
- préserver autant que possible la qualité de vie.
L’accompagnement est adapté :
- au niveau cognitif ;
- à la fatigue ;
- aux capacités de compréhension ;
- au degré d’autonomie ;
- aux besoins des proches ;
- au stade de la maladie.
Psychoéducation adaptée
La personne et ses proches peuvent recevoir des explications simples concernant :
- la nature des difficultés ;
- les capacités préservées ;
- les facteurs aggravants ;
- les signes nécessitant un avis médical ;
- les stratégies utiles ;
- la progression possible.
L’objectif est de diminuer les reproches, la culpabilité et les interprétations erronées.
Réduction de l’anxiété
Les oublis peuvent entraîner des pensées comme :
- « Je vais tout perdre très rapidement. »
- « Je ne peux plus rien faire seul. »
- « Je vais forcément me perdre. »
- « Je deviens inutile. »
Le travail peut porter sur :
- les pensées catastrophiques ;
- les faits observables ;
- les situations réellement à risque ;
- les solutions disponibles ;
- les activités encore possibles ;
- l’acceptation d’une aide adaptée.
Structuration du quotidien
Les outils peuvent inclure :
- un agenda unique ;
- un calendrier visible ;
- des routines ;
- des photographies ;
- des étiquettes ;
- des checklists ;
- des alarmes ;
- un tableau de la journée ;
- des repères de couleur ;
- une simplification de l’environnement.
Activation comportementale
Lorsqu’une personne se replie ou présente une humeur dépressive, la reprise progressive d’activités peut porter sur :
- une promenade ;
- une activité musicale ;
- du jardinage ;
- une recette familière ;
- des photographies ;
- une activité sociale ;
- une tâche domestique adaptée ;
- un appel à un proche.
Adaptation des comportements problématiques
Un comportement difficile peut parfois exprimer :
- une douleur ;
- une peur ;
- une incompréhension ;
- un environnement trop stimulant ;
- une fatigue ;
- un besoin non identifié ;
- un changement de routine.
Le travail comportemental recherche les déclencheurs et adapte l’environnement plutôt que de considérer uniquement le comportement comme volontaire.
Soutien des aidants
Les proches peuvent être aidés à :
- donner une consigne à la fois ;
- parler lentement ;
- laisser davantage de temps ;
- éviter de tester constamment la mémoire ;
- utiliser des repères visuels ;
- diminuer les confrontations ;
- maintenir des activités adaptées ;
- repérer leur épuisement ;
- demander du relais.
L’accompagnement à domicile doit tenir compte à la fois des troubles cognitifs, des comportements, de l’isolement et du risque d’épuisement des aidants.
Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC
1. Peur excessive de la maladie d’Alzheimer
Une personne oublie un nom ou ses clés et pense immédiatement :
« C’est le début d’Alzheimer. »
Elle vérifie constamment sa mémoire et demande régulièrement à ses proches de la rassurer.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- un relevé factuel des difficultés ;
- la distinction entre oubli ponctuel et modification durable ;
- la réduction des auto-tests ;
- un travail sur le catastrophisme ;
- l’organisation d’une évaluation médicale si nécessaire ;
- l’utilisation de repères concrets.
Pensée alternative :
« Un oubli isolé ne permet pas de poser un diagnostic. Je peux observer les faits et demander une évaluation adaptée. »
2. Désorganisation dans un trouble vasculaire
La personne sait préparer un repas simple, mais se perd lorsque plusieurs plats doivent être coordonnés.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- une seule recette à la fois ;
- les ingrédients préparés à l’avance ;
- des étapes numérotées ;
- un minuteur ;
- une checklist ;
- la réduction des distractions ;
- une supervision adaptée au niveau de sécurité.
3. Anxiété liée aux hallucinations dans la maladie à corps de Lewy
La personne voit régulièrement une silhouette dans la maison et devient très inquiète.
Apport des TCC
Le travail peut comprendre :
- une validation de l’émotion sans confirmer la perception ;
- une vérification calme de l’environnement ;
- une meilleure luminosité ;
- une réduction des ombres ;
- une routine rassurante ;
- une orientation médicale concernant les hallucinations ;
- un soutien des proches.
Le proche peut dire :
« Je comprends que cela vous inquiète. Je ne vois pas cette personne, mais je vais rester avec vous et vérifier que vous êtes en sécurité. »
4. Désinhibition dans un trouble frontotemporal
La personne fait des remarques socialement inadaptées et entre fréquemment en conflit avec ses proches.
Apport des TCC
Le travail porte davantage sur l’environnement et les comportements que sur une remise en question cognitive complexe.
Il peut comprendre :
- des règles simples ;
- des consignes concrètes ;
- l’anticipation des situations difficiles ;
- une réduction des stimulations ;
- un changement d’activité ;
- des réponses cohérentes de l’entourage ;
- le soutien des proches.
5. Perte de confiance dans un trouble neurocognitif léger
La personne pense :
« Puisque j’ai des difficultés, je ne dois plus rien faire seul. »
Elle abandonne progressivement les activités qu’elle pourrait encore réaliser.
Apport des TCC
Le travail peut inclure :
- l’identification des capacités préservées ;
- des objectifs simples ;
- une aide graduée ;
- l’utilisation d’un agenda ;
- la reprise d’activités familières ;
- la valorisation des réussites ;
- une réduction de l’évitement.
Pensée alternative :
« Certaines activités nécessitent une aide, mais d’autres restent possibles avec des outils adaptés. »
Préserver la personne au-delà du diagnostic
Un trouble neurocognitif ne résume pas l’identité de la personne.
L’accompagnement doit préserver autant que possible :
- ses choix ;
- son histoire ;
- ses relations ;
- ses goûts ;
- ses habitudes importantes ;
- son intimité ;
- ses compétences ;
- sa participation aux décisions ;
- son sentiment de dignité.
Les objectifs doivent rester concrets, personnalisés et adaptés à l’évolution de la maladie.
Les informations proposées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation médicale, neurologique, gériatrique, psychiatrique ou neuropsychologique individualisée.