Stress post-traumatique : EMDR et TCC à Oyonnax et en visio
L’accompagnement du TSPT et des conséquences psychologiques d’événements traumatiques est proposé au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax ainsi qu’en visioconférence lorsque cette modalité est adaptée. La consultation à distance permet notamment un accompagnement depuis différentes régions de France, mais également pour les Français vivant à l’étranger et les personnes francophones résidant hors de France.
Comment le TSPT s’installe-t-il ?
La mémoire traumatique
Un souvenir ordinaire est généralement identifié comme appartenant au passé.
La personne peut se rappeler :
- ce qui s’est produit ;
- où cela s’est produit ;
- quand cela s’est produit ;
- ce qu’elle a ressenti ;
- le fait que l’événement est terminé.
Dans le TSPT, certains éléments du souvenir peuvent rester insuffisamment intégrés.
Ils peuvent être conservés sous la forme de :
- fragments d’images ;
- sons ;
- odeurs ;
- sensations physiques ;
- émotions ;
- impressions de danger ;
- croyances négatives.
Ces fragments peuvent se réactiver brutalement, parfois sans que la personne comprenne immédiatement pourquoi.
Par exemple, l’odeur d’un produit médical peut réactiver une hospitalisation, un bruit de frein peut réactiver un accident et le ton de voix d’un supérieur peut réactiver une scène de harcèlement.
Le corps se remet en alerte
Lorsqu’un déclencheur est rencontré, le système nerveux peut réagir comme si l’événement se reproduisait.
La personne peut alors ressentir :
- une accélération cardiaque ;
- une oppression ;
- des tremblements ;
- une sidération ;
- une envie de fuir ;
- une envie de se défendre ;
- une difficulté à parler ;
- une sensation d’irréalité ;
- une perte temporaire de ses repères.
Ces réactions sont automatiques. Elles ne sont pas choisies volontairement.
Le cercle vicieux du TSPT
Le fonctionnement peut être résumé ainsi :
Souvenir traumatique → déclencheur → activation du système d’alarme → flashback, peur ou panique → évitement et comportements de sécurité → soulagement immédiat → maintien de la peur et du TSPT.
Par exemple, une personne ayant vécu un accident évite de conduire.
À court terme, cet évitement réduit son anxiété.
Cependant, elle ne peut pas expérimenter que la conduite peut à nouveau être possible sans accident. Son cerveau continue donc à associer la voiture à un danger extrême.
L’évitement devient alors compréhensible, mais il contribue malgré lui au maintien du trouble.
Trouble de stress post-traumatique — TSPT : comprendre le trouble et l’apport de l’EMDR et des TCC
Le trouble de stress post-traumatique, appelé TSPT, peut apparaître après avoir vécu, subi ou été témoin d’un événement perçu comme extrêmement menaçant, violent ou bouleversant.
Il peut notamment survenir après :
- une agression physique ou sexuelle ;
- un accident grave ;
- des violences conjugales ou familiales ;
- un cambriolage ou une intrusion ;
- un attentat ;
- une guerre ;
- une catastrophe naturelle ;
- un harcèlement professionnel ou scolaire ;
- une hospitalisation ou une réanimation traumatique ;
- un accouchement vécu comme traumatique ;
- le décès brutal ou violent d’un proche ;
- une exposition professionnelle répétée à des événements graves.
Toutes les personnes exposées à un événement potentiellement traumatique ne développent pas un TSPT. Certaines retrouvent progressivement leur équilibre, tandis que d’autres continuent à ressentir des symptômes pendant plusieurs mois ou plusieurs années. Le TSPT est un trouble reconnu, pour lequel il existe des traitements psychologiques efficaces.
Le TSPT ne correspond ni à un manque de volonté ni à une fragilité personnelle. Il traduit la persistance d’une réaction de survie après la fin de l’événement.
La personne sait généralement que le danger appartient au passé. Pourtant, une partie de son cerveau et de son corps continue à réagir comme si la menace était encore présente.
Quels sont les principaux symptômes du TSPT ?
Le TSPT peut se manifester de différentes manières selon les personnes, les événements vécus, les ressources disponibles et le temps écoulé depuis le traumatisme.
Les symptômes sont généralement regroupés autour de plusieurs dimensions.
Les reviviscences
La personne peut avoir l’impression de revivre une partie de l’événement.
Cela peut prendre la forme de :
- souvenirs intrusifs ;
- images soudaines ;
- flashbacks ;
- cauchemars ;
- sensations corporelles ;
- impressions de présence ;
- émotions intenses apparaissant sans explication immédiate.
Un bruit, une odeur, un visage, une date, un lieu ou une sensation physique peuvent suffire à réactiver le souvenir.
Pendant un flashback, la personne ne se contente pas de penser à l’événement. Elle peut momentanément se sentir à nouveau en danger.
L’évitement
Afin de ne pas être submergée, la personne peut éviter :
- certains lieux ;
- certaines personnes ;
- les conversations sur l’événement ;
- les informations ou les images ;
- les transports ;
- les soins médicaux ;
- le travail ;
- les relations intimes ;
- certaines émotions ;
- les pensées liées au traumatisme.
Cet évitement procure souvent un soulagement immédiat. Cependant, lorsqu’il devient systématique, il peut progressivement restreindre la vie quotidienne et renforcer la peur.
L’hyperactivation du système d’alarme
Le corps peut rester dans un état de vigilance élevé.
La personne peut présenter :
- une hypervigilance ;
- des réactions de sursaut ;
- une irritabilité ;
- des accès de colère ;
- une tension musculaire ;
- des palpitations ;
- des difficultés à se détendre ;
- une peur constante qu’un événement grave survienne ;
- des difficultés de concentration ;
- des troubles du sommeil.
La personne peut avoir besoin de surveiller continuellement les portes, les fenêtres, les autres personnes ou son environnement.
Les modifications des pensées et des émotions
Le traumatisme peut modifier la manière dont la personne se perçoit, perçoit les autres et imagine l’avenir.
Elle peut penser :
- « Je suis toujours en danger. »
- « Je ne peux faire confiance à personne. »
- « C’est ma faute. »
- « Je suis faible. »
- « Je suis définitivement abîmé. »
- « Je n’ai pas su me défendre. »
- « Le monde est dangereux. »
- « Rien ne sera plus jamais comme avant. »
La honte, la culpabilité, la peur, la colère, l’impuissance et le détachement émotionnel sont fréquents. Certaines personnes ont également des difficultés à ressentir du plaisir, à se projeter ou à se sentir proches de leurs proches.
Le TSPT peut aussi s’accompagner de dissociation, de difficultés relationnelles, de dérégulation émotionnelle et d’une perception très négative de soi.
L’apport de l’EMDR dans le traitement du TSPT
L’EMDR, ou désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires, est une psychothérapie structurée principalement destinée au traitement des expériences traumatiques.
Elle fait partie des interventions psychologiques recommandées pour les adultes présentant un TSPT. L’Organisation mondiale de la santé inclut l’EMDR et les TCC centrées sur le trauma parmi les interventions pouvant être proposées aux adultes.
L’EMDR ne cherche pas à effacer le souvenir.
L’objectif est que la personne puisse se rappeler l’événement en sachant et en ressentant qu’il appartient au passé.
1. Retraiter la mémoire traumatique
Certaines expériences restent continuellement réactivées comme si elles étaient toujours actuelles.
L’EMDR peut cibler :
- l’image la plus pénible ;
- le moment où la personne a cru mourir ;
- le visage d’un agresseur ;
- un son ;
- une parole ;
- une odeur ;
- une sensation corporelle ;
- le sentiment d’impuissance ;
- la honte ;
- la culpabilité ;
- la peur de perdre le contrôle.
Le retraitement vise à permettre une intégration plus complète du souvenir.
La personne conserve la mémoire de ce qui s’est produit, mais la scène devient généralement moins intrusive et moins envahissante.
2. Diminuer la charge émotionnelle
Avant le retraitement, une personne peut évaluer la détresse associée au souvenir comme très élevée.
Lorsqu’elle repense à l’événement, elle peut ressentir :
- une peur intense ;
- une panique ;
- une oppression ;
- une honte écrasante ;
- une colère ;
- une culpabilité ;
- une sensation de paralysie.
Le travail EMDR peut permettre une diminution progressive de cette activation.
Le souvenir n’est pas rendu agréable. Il devient davantage tolérable et moins capable de déclencher automatiquement toute la réaction de survie.
3. Travailler les croyances négatives
Un événement traumatique peut laisser des conclusions négatives profondes.
Par exemple :
- « Je suis en danger. »
- « Je suis impuissant. »
- « C’est ma faute. »
- « Je suis faible. »
- « Je ne peux faire confiance à personne. »
- « Je n’ai pas su me défendre. »
- « Mon corps m’a trahi. »
- « Je ne suis plus en sécurité. »
Pendant l’EMDR, ces croyances sont travaillées en lien avec des souvenirs précis.
Une représentation plus adaptée peut progressivement émerger :
- « Aujourd’hui, je suis en sécurité. »
- « J’ai survécu. »
- « Je ne suis pas responsable de la violence de l’autre. »
- « J’ai fait ce que j’ai pu dans une situation extrême. »
- « Je peux maintenant me protéger. »
- « Cet événement ne définit pas toute mon identité. »
La cognition positive n’est pas imposée. Elle doit devenir suffisamment crédible pour la personne.
4. Réduire la honte et la culpabilité traumatiques
Après un traumatisme, la personne peut se reprocher :
- de ne pas avoir fui ;
- de ne pas avoir crié ;
- de ne pas s’être défendue ;
- d’être restée immobile ;
- de ne pas avoir protégé quelqu’un ;
- d’avoir pris une décision avant l’événement ;
- d’avoir survécu ;
- d’avoir ressenti certaines émotions.
La sidération, la fuite, la lutte ou la soumission sont des réactions automatiques du système de survie.
L’EMDR peut aider la personne à comprendre émotionnellement que sa réaction n’était pas un choix conscient ni la preuve d’une faiblesse.
Il peut également aider à distinguer la responsabilité réelle de la culpabilité ressentie.
5. Travailler les déclencheurs actuels
Même lorsque l’événement appartient au passé, certains éléments actuels peuvent continuer à déclencher une forte réaction.
Il peut s’agir :
- d’un bruit ;
- d’un message ;
- d’un visage ;
- d’un uniforme ;
- d’une voiture ;
- d’une odeur ;
- d’une porte fermée ;
- d’une salle d’attente ;
- d’un lieu professionnel ;
- d’une sensation corporelle.
Après avoir travaillé les événements sources, l’EMDR peut cibler ces déclencheurs présents.
L’objectif est que la personne puisse progressivement les rencontrer sans être automatiquement projetée dans l’expérience traumatique.
6. Préparer le futur
L’EMDR peut également comporter une préparation des situations futures.
La personne peut s’imaginer :
- reprendre la voiture ;
- retourner dans un lieu ;
- prendre les transports ;
- se rendre à un rendez-vous médical ;
- reprendre le travail ;
- dormir seule ;
- poser une limite ;
- rencontrer une nouvelle personne ;
- faire face à un bruit imprévu.
Le scénario futur ne vise pas à garantir l’absence totale d’anxiété. Il permet de renforcer une représentation plus réaliste de la sécurité, du contrôle et des ressources disponibles.
4. EMDR sur le passé, TCC sur la régulation actuelle
L’EMDR aide à désactiver certaines réactivations liées au passé.
La TCC propose des outils concrets pour gérer le présent :
- ancrage sensoriel ;
- respiration non contrôlante ;
- repérage des signes de dissociation ;
- reprise d’un rythme de sommeil ;
- routines ;
- gestion des ruminations ;
- planification des activités ;
- réduction des consommations ;
- affirmation de soi ;
- résolution de problèmes.
5. EMDR sur la mémoire traumatique, TCC sur la prévention de la rechute
Une fois les principaux souvenirs retraités, la TCC peut aider à repérer :
- les premiers signes d’alerte ;
- les déclencheurs récurrents ;
- les comportements d’évitement qui reviennent ;
- les périodes de vulnérabilité ;
- les dates anniversaires ;
- les troubles du sommeil ;
- l’isolement ;
- l’augmentation de la consommation de substances.
Un plan de protection peut prévoir :
- les outils à utiliser ;
- les personnes à contacter ;
- les activités à maintenir ;
- les démarches médicales éventuelles ;
- les séances de soutien nécessaires.
Pourquoi associer l’EMDR et les TCC dans le TSPT ?
L’EMDR et les TCC centrées sur le trauma sont toutes deux utilisées dans le traitement du TSPT. Les TCC centrées sur le trauma comprennent notamment un travail sur les souvenirs, les émotions traumatiques, les significations attribuées à l’événement et les conduites d’évitement.
Dans une prise en charge intégrative, les deux approches peuvent être utilisées de manière complémentaire.
L’EMDR agit principalement sur les souvenirs traumatiques et leur charge émotionnelle.
Les TCC permettent notamment de travailler sur :
- les comportements d’évitement ;
- les pensées catastrophiques ;
- les comportements de sécurité ;
- la régulation émotionnelle ;
- le sommeil ;
- la reprise des activités ;
- les difficultés relationnelles ;
- la prévention de la rechute.
1. EMDR sur le souvenir, TCC sur le quotidien
L’EMDR aide à retraiter l’événement traumatique.
La TCC aide la personne à reconstruire progressivement son fonctionnement quotidien.
Par exemple, après avoir travaillé un accident en EMDR, la TCC peut organiser une reprise progressive :
- s’asseoir dans une voiture arrêtée ;
- effectuer un trajet très court ;
- être passager ;
- conduire sur une route calme ;
- reprendre progressivement des trajets plus complexes.
Le retraitement émotionnel et les nouvelles expériences comportementales peuvent ainsi se renforcer mutuellement.
2. EMDR sur les déclencheurs, TCC sur l’évitement
L’EMDR peut réduire l’activation produite par un bruit, un lieu, une image ou une sensation.
La TCC aide à établir une hiérarchie des situations évitées et à les réintroduire progressivement.
La personne n’est pas poussée brutalement dans une situation trop difficile.
Les étapes sont préparées, graduées et évaluées.
3. EMDR sur la blessure émotionnelle, TCC sur les pensées actuelles
L’EMDR travaille les émotions et croyances reliées aux souvenirs :
- peur ;
- honte ;
- culpabilité ;
- impuissance ;
- sentiment de danger.
La TCC examine les pensées qui apparaissent actuellement :
- « Je vais forcément être agressé. »
- « Si je panique, je ne pourrai pas faire face. »
- « Tout le monde est dangereux. »
- « Je suis incapable de reprendre une vie normale. »
Le travail consiste à rechercher une pensée plus équilibrée, sans nier les risques réels ni confirmer une vision catastrophique permanente.
TSPT complexe, dissociation et traumatismes répétés
Lorsqu’une personne a vécu des traumatismes répétés ou prolongés, la prise en charge est souvent plus progressive.
Les difficultés peuvent concerner :
- la régulation émotionnelle ;
- la confiance ;
- l’identité ;
- les relations ;
- la honte ;
- la dissociation ;
- l’autoprotection ;
- les conduites à risque ;
- les addictions ;
- les douleurs ;
- les troubles alimentaires.
Le traitement doit alors être adapté au rythme de la personne.
La sécurité, la stabilisation, la relation thérapeutique et les ressources peuvent devenir prioritaires avant un retraitement plus approfondi.
Cinq exemples détaillés distinguant l’apport de l’EMDR et de l’association EMDR–TCC
Exemple 1 : TSPT après un accident de la route
Situation
Une personne a été victime d’un accident de la route.
Depuis l’accident, elle présente :
- des flashbacks ;
- des cauchemars ;
- une peur intense en voiture ;
- des sursauts au bruit d’un freinage ;
- une oppression lorsqu’elle s’assoit sur le siège passager ;
- un évitement de la conduite.
Elle pense :
- « Je vais mourir si je remonte dans une voiture. »
- « Je ne pourrai pas contrôler la situation. »
- « La route est dangereuse. »
Cibles possibles en EMDR
Le travail peut porter sur :
- le moment du choc ;
- le bruit de la collision ;
- les sirènes ;
- l’image du véhicule ;
- la sensation d’être coincé ;
- la peur de mourir ;
- l’arrivée des secours ;
- le siège de la voiture ;
- un cauchemar récurrent.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut aider à diminuer la charge émotionnelle des images de l’accident.
Le souvenir peut devenir moins intrusif et le corps peut progressivement cesser de réagir comme si la collision allait se reproduire immédiatement.
La cognition négative :
« Je suis en danger »
peut évoluer vers :
« L’accident est terminé et je peux évaluer la situation présente. »
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut compléter le retraitement par une reprise progressive :
- regarder une voiture ;
- rester quelques minutes dans une voiture arrêtée ;
- s’installer comme passager ;
- effectuer un trajet très court ;
- conduire sur une route calme ;
- augmenter progressivement la durée et la complexité des trajets.
Le travail cognitif peut porter sur les pensées catastrophiques et la surestimation permanente du risque.
Objectif thérapeutique
Pouvoir reprendre progressivement les déplacements sans revivre l’accident à chaque trajet et sans dépendre durablement de comportements de sécurité excessifs.
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut organiser une reprise progressive des sorties :
- sortir accompagnée ;
- effectuer un court trajet connu ;
- rester dans un lieu public ;
- marcher seule quelques minutes ;
- varier progressivement les horaires et les lieux.
Elle peut également travailler :
- les vérifications répétées ;
- le port permanent d’objets de sécurité ;
- l’hypervigilance ;
- la surestimation du danger ;
- les difficultés à demander de l’aide ;
- l’affirmation de soi.
Objectif thérapeutique
Retrouver des déplacements plus libres, tout en conservant une prudence raisonnable et sans vivre chaque sortie comme une menace imminente.
Exemple 2 : TSPT après une agression
Situation
Une personne a subi une agression dans la rue.
Depuis, elle évite de sortir seule, vérifie constamment derrière elle et sursaute au moindre bruit.
Elle ressent parfois la présence de l’agresseur alors qu’elle sait rationnellement qu’il n’est pas là.
Elle pense :
- « Je ne suis nulle part en sécurité. »
- « Je n’ai pas su me défendre. »
- « Quelqu’un va forcément m’agresser à nouveau. »
Cibles possibles en EMDR
Le travail peut porter sur :
- le visage de l’agresseur ;
- un cri ;
- un bruit de pas ;
- la chute ;
- la sensation d’être maintenue ;
- la peur de mourir ;
- la sidération ;
- le sentiment d’impuissance ;
- le moment immédiatement après l’agression.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut aider à retraiter la scène et à réduire les images intrusives.
Il peut également permettre de travailler la cognition :
« Je suis impuissante »
afin qu’elle évolue vers une représentation comme :
« J’ai survécu et je peux aujourd’hui apprendre à me protéger. »
Le retraitement peut aussi aider à diminuer la honte liée à la sidération ou à l’absence de défense physique.
Exemple 3 : TSPT après un harcèlement professionnel
Situation
Une personne a subi pendant plusieurs mois des humiliations, des menaces et une mise à l’écart au travail.
Depuis son arrêt, elle pleure lorsqu’elle ouvre sa messagerie, ressent une oppression lorsqu’elle voit le nom de son entreprise et panique à l’idée de reprendre une activité professionnelle.
Elle pense :
- « Je suis incapable. »
- « Je n’ai pas su me défendre. »
- « Tous les employeurs finiront par me traiter ainsi. »
- « Je ne peux plus travailler. »
Cibles possibles en EMDR
Le travail peut porter sur :
- une réunion humiliante ;
- le visage du supérieur ;
- son ton de voix ;
- un entretien menaçant ;
- un courriel ;
- l’annonce de l’arrêt de travail ;
- une scène d’isolement ;
- la sensation d’effondrement ;
- la peur de retourner sur le lieu professionnel.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut diminuer la honte, la peur, la colère et l’impuissance associées aux scènes de harcèlement.
La croyance :
« Je suis faible »
peut progressivement être remplacée par :
« J’ai été exposé à une situation professionnelle destructrice et je peux maintenant me protéger. »
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut aider à :
- reprendre les démarches administratives ;
- consulter les courriels nécessaires sans vérification excessive ;
- différencier incapacité et épuisement ;
- travailler les pensées de généralisation ;
- restaurer un rythme quotidien ;
- préparer une reprise ou une réorientation ;
- apprendre à repérer les signes d’un environnement professionnel toxique ;
- développer l’affirmation de soi.
Objectif thérapeutique
Pouvoir penser au travail sans être immédiatement submergé et retrouver une capacité de choix professionnel.
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut aider à :
- distinguer culpabilité et responsabilité ;
- identifier les pensées contrefactuelles ;
- réduire les évitements ;
- réintroduire progressivement des photos ou des souvenirs ;
- reprendre certaines activités ;
- maintenir les liens sociaux ;
- organiser le quotidien ;
- accepter les vagues émotionnelles sans les interpréter comme une rechute.
Objectif thérapeutique
Permettre au deuil de retrouver une place moins traumatique, afin que les souvenirs de la relation ne soient plus uniquement dominés par la scène du décès.
Exemple 4 : TSPT et deuil traumatique
Situation
Une personne perd brutalement un proche.
Elle reste envahie par :
- l’appel annonçant le décès ;
- l’image du corps ;
- une scène de réanimation ;
- les derniers instants ;
- une forte culpabilité.
Elle pense :
- « J’aurais dû empêcher cela. »
- « Je suis responsable. »
- « Je l’ai abandonné. »
- « Je ne mérite pas d’aller mieux. »
Cibles possibles en EMDR
Le travail peut porter sur :
- l’annonce du décès ;
- la découverte du corps ;
- une scène médicale ;
- la dernière conversation ;
- les derniers instants ;
- une parole qui n’a pas été dite ;
- la culpabilité ;
- la peur de perdre une autre personne.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut aider à réduire les images intrusives et la dimension traumatique du décès.
Il peut également travailler la responsabilité émotionnelle.
La cognition :
« Je suis responsable »
peut évoluer vers :
« J’aurais voulu pouvoir agir, mais je ne contrôlais pas cet événement. »
L’objectif n’est pas de supprimer la tristesse ni le lien avec le défunt.
Exemple 5 : TSPT après des violences anciennes
Situation
Une personne ayant vécu des violences répétées pendant l’enfance présente un TSPT durable.
Elle ressent :
- une forte insécurité ;
- de la honte ;
- une peur du conflit ;
- des réactions de sidération ;
- une difficulté à poser des limites ;
- une méfiance relationnelle ;
- des sensations de déconnexion.
Elle pense :
- « Je n’ai aucune valeur. »
- « Je suis sans défense. »
- « Je ne mérite pas d’être respecté. »
- « Les autres peuvent faire ce qu’ils veulent de moi. »
Préparation avant l’EMDR
Dans ce type de situation, une phase de préparation plus longue peut être nécessaire.
Elle peut comporter :
- la construction de l’alliance thérapeutique ;
- le repérage de la dissociation ;
- l’apprentissage de l’ancrage ;
- la création de ressources ;
- un lieu sûr ou apaisant ;
- un contenant mental ;
- la capacité à revenir au présent ;
- un plan de sécurité ;
- la stabilisation des comportements à risque.
Le travail ne commence pas nécessairement par le souvenir le plus grave.
Cibles possibles en EMDR
Les premières cibles peuvent être :
- une scène précise ;
- un regard menaçant ;
- une parole humiliante ;
- une sensation corporelle ;
- un moment où la personne n’a pas été protégée ;
- une situation actuelle réactivant l’impuissance ;
- la peur de dire non ;
- la peur de poser une limite.
Apport de l’EMDR
L’EMDR peut aider à retraiter progressivement certaines scènes sans dépasser les capacités de tolérance de la personne.
Le travail peut permettre de diminuer l’impression que le danger ancien est toujours présent.
La cognition :
« Je suis sans défense »
peut progressivement évoluer vers :
« Aujourd’hui, je peux apprendre à me protéger. »
Apport de l’EMDR associé aux TCC
La TCC peut renforcer :
- l’ancrage ;
- la régulation émotionnelle ;
- l’affirmation de soi ;
- la capacité à dire non ;
- la reconnaissance des relations dangereuses ;
- les limites relationnelles ;
- la gestion des conflits ;
- les comportements de protection ;
- la prévention des relations répétant les violences antérieures.
Objectif thérapeutique
Transformer progressivement un vécu ancien d’impuissance en davantage de sécurité, de choix et de capacité de protection dans la vie actuelle.
Comment se déroule la prise en charge ?
La prise en charge commence par une évaluation de la situation.
Elle peut porter sur :
- la nature des événements vécus ;
- les symptômes actuels ;
- les reviviscences ;
- les évitements ;
- le sommeil ;
- la dissociation ;
- les émotions ;
- les consommations ;
- les ressources ;
- la sécurité actuelle ;
- le risque suicidaire ;
- les traitements médicaux ;
- les soutiens disponibles.
Le travail de retraitement ne commence pas nécessairement dès la première séance.
Une phase de préparation peut être nécessaire afin que la personne dispose de moyens suffisants pour rester dans sa fenêtre de tolérance.
Cette préparation peut comporter :
- des exercices d’ancrage ;
- des ressources ;
- un lieu apaisant ;
- un contenant mental ;
- une meilleure compréhension du TSPT ;
- un plan de sécurité ;
- la capacité à interrompre le travail ;
- des outils de retour au présent.
Une prise en charge personnalisée et coordonnée
L’EMDR et les TCC peuvent être utilisées séparément ou associées selon la situation.
L’EMDR est particulièrement adapté lorsque des souvenirs traumatiques restent très activants.
Les TCC permettent notamment d’agir sur les évitements, les pensées actuelles, les comportements de sécurité, les difficultés quotidiennes et la prévention de la rechute.
La durée de la prise en charge dépend :
- du nombre d’événements ;
- de leur ancienneté ;
- de la présence de dissociation ;
- de la sécurité actuelle ;
- des troubles associés ;
- des ressources disponibles ;
- du rythme de la personne.
Chez l’adulte, les recommandations internationales reconnaissent les TCC centrées sur le trauma et l’EMDR parmi les traitements psychologiques du TSPT. Chez l’enfant et l’adolescent, les modalités sont adaptées à l’âge et au développement ; les recommandations du NICE privilégient notamment les TCC centrées sur le trauma et envisagent l’EMDR dans certaines situations à partir de 7 ans.
En présence d’idées suicidaires, de violences actuelles, de symptômes psychotiques, d’une addiction sévère, d’une dissociation importante ou d’une grande instabilité, une évaluation médicale ou psychiatrique et une coordination des soins peuvent être indispensables.
Le TSPT peut être traité. L’objectif n’est pas d’oublier l’événement, mais de pouvoir se souvenir sans être continuellement ramené dans le danger, retrouver une vie moins gouvernée par l’évitement et reconstruire progressivement un sentiment de sécurité.