TCC et gestion des émotions chez l’adulte, l’enfant et l’adolescent à Oyonnax et en visio
Les thérapies cognitivo- comportementales aident les personnes à identifier, vivre, exprimer, accepter, réguler, comprendre, transformer et utiliser une large gamme d’émotions.
Il existe 5 émotions primaires : la joie, la tristesse, le dégoût, la colère et la peur. Elles sont universelles. On les retrouve dans toutes les cultures. Il existe aussi de multiples émotions secondaires (sociales), qui varient selon les cultures.
Une émotion est composée à la fois de sensations physiques (ventre noué, tensions, larmes, etc.) et de constructions mentales (d’images et de pensées). Elle résulte d’un traitement d’une information interne (par exemple une pensée déclenche de la tristesse) ou sensorielle (par exemple voir un animal déclenche de la peur).
L’émotion a une fonction de survie.
Les émotions sont automatiques. Elles ne peuvent pas être changées directement. Elles surviennent soudainement et leur intensité peut augmenter ainsi que descendre avec le temps. Elles s’auto-entretiennent. Elles sont des phénomènes complexes.
Les émotions ont un rôle important dans tous les domaines significatifs de la vie: santé psychologique, santé physique, relations sociales, dont professionnelles et climat scolaire
Une émotion génère des changements:
- au niveau physiologique (accélération cardiaque en cas de peur...),
- au niveau cognitif: changement dans la manière de percevoir, de penser,
- au niveau expressif: changement dans l’expression non verbale expression du visage...),
- au niveau comportemental : peur avec la fuite
Gestion des émotions chez l'adulte
Les émotions font partie intégrante de la vie psychique. Elles sont des réactions naturelles face à une situation, une pensée, un souvenir, une relation ou un besoin. Elles peuvent signaler un danger, une perte, une injustice, une frustration, une satisfaction ou encore un besoin de protection.
Chez l’adulte, les émotions peuvent parfois devenir difficiles à gérer lorsqu’elles sont trop intenses, trop fréquentes, trop envahissantes ou lorsqu’elles entraînent des réactions que la personne regrette ensuite. Il peut s’agir d’anxiété, de colère, de tristesse, de culpabilité, de honte, de stress, d’irritabilité ou encore d’un sentiment de débordement.
La difficulté n’est pas d’avoir des émotions, mais de se sentir dépassé par elles. Certaines personnes ont tendance à les retenir, les éviter, les minimiser ou les contrôler fortement. D’autres peuvent réagir rapidement sous le coup de l’émotion, par des paroles, des comportements impulsifs, de l’évitement ou du repli.
Apprendre à mieux gérer ses émotions ne signifie pas les supprimer. Il s’agit plutôt de les reconnaître, de les comprendre, de les accueillir comme des signaux, puis de choisir une réponse plus adaptée à la situation, à soi-même et aux autres.
Un accompagnement psychologique peut aider à mieux identifier les émotions, comprendre leurs déclencheurs, repérer les pensées qui les amplifient et développer des stratégies concrètes pour retrouver davantage de calme, de stabilité et de confiance.
L’apport des TCC dans la gestion des émotions chez l’adulte
Les Thérapies Cognitives et Comportementales, ou TCC, sont particulièrement utiles dans la gestion des émotions, car elles s’intéressent au lien entre les pensées, les émotions, les sensations corporelles et les comportements.
Une même situation peut être vécue de manière très différente selon l’interprétation que la personne en fait. Par exemple, recevoir un message bref peut déclencher de l’anxiété si la personne pense : « il est fâché contre moi », de la colère si elle pense : « il me manque de respect », ou de la tristesse si elle pense : « je ne compte pas pour lui ». Les TCC aident à repérer ces interprétations automatiques et à comprendre leur impact émotionnel.
Le premier apport des TCC est donc l’observation. La personne apprend à identifier l’émotion ressentie, son intensité, les sensations corporelles associées, la situation déclenchante, les pensées qui apparaissent et les comportements qui suivent. Cette étape permet déjà de mettre de la distance avec l’émotion et de ne plus la subir comme une vague incompréhensible.
Les TCC permettent ensuite de travailler les pensées automatiques. Certaines pensées peuvent amplifier fortement l’émotion : « je ne vais pas y arriver », « c’est insupportable », « je dois absolument contrôler la situation », « je suis nul(le) », « on ne me respecte jamais ». Le thérapeute aide la personne à examiner ces pensées, à rechercher des éléments plus nuancés et à construire une lecture plus réaliste de la situation.
Un autre apport important concerne la régulation corporelle. Les émotions s’expriment souvent dans le corps : accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, boule dans la gorge, oppression, agitation, fatigue ou tremblements. Les TCC peuvent intégrer des outils de respiration, d’ancrage, de relaxation, de pleine attention ou de pause comportementale pour diminuer l’activation physiologique.
Les TCC travaillent également les comportements. Face à une émotion forte, certaines réactions peuvent maintenir ou aggraver la difficulté : éviter une situation, fuir une discussion, exploser de colère, se renfermer, chercher à tout contrôler, vérifier sans cesse, ou ruminer pendant des heures. Le travail thérapeutique consiste à identifier ces réponses automatiques et à tester progressivement des comportements plus adaptés.
Les TCC aident aussi à développer la tolérance émotionnelle. L’objectif n’est pas de ne plus ressentir d’émotions désagréables, mais de pouvoir les traverser sans être débordé. La personne apprend que l’émotion monte, atteint un pic, puis redescend. Elle peut alors utiliser des stratégies pour ne pas agir immédiatement sous l’effet de l’émotion.
Enfin, les TCC favorisent la prévention des rechutes. La personne construit progressivement une boîte à outils personnelle : reconnaître les signes d’alerte, comprendre ses vulnérabilités, identifier ses ressources, mettre en place des routines protectrices et savoir quoi faire lorsque l’émotion devient trop intense.
4. Gérer la culpabilité ou la honte
La culpabilité apparaît souvent lorsque la personne pense avoir mal agi. La honte, elle, touche davantage l’image de soi : « je suis nul(le) », « je ne vaux rien », « je suis une mauvaise personne ».
Les TCC aident à distinguer responsabilité réelle, regret, réparation possible et jugement excessif de soi.
Par exemple, une personne peut penser : « J’ai fait une erreur, donc je suis incapable. » Le travail thérapeutique peut aider à transformer cette pensée en une formulation plus juste : « J’ai fait une erreur, je peux en tirer une leçon et réparer si nécessaire. Cela ne définit pas toute ma valeur. »
Le psychologue peut aussi aider la personne à développer un discours intérieur plus bienveillant et plus réaliste.
L’objectif est de réduire l’auto-critique excessive et de restaurer l’estime de soi.
5. Reprendre des actions utiles malgré l’émotion
Lorsqu’une émotion est forte, elle peut pousser à éviter, s’isoler, abandonner, procrastiner ou se couper des autres. À court terme, cela soulage parfois, mais à long terme, cela peut renforcer la difficulté.
Les TCC utilisent l’activation comportementale et l’exposition progressive pour aider la personne à reprendre des actions utiles, même lorsque l’émotion est présente.
Par exemple, une personne triste ou anxieuse peut ne plus répondre aux messages, éviter les sorties ou repousser les tâches importantes. Le travail peut commencer par de petits objectifs : répondre à un message, marcher dix minutes, ranger un espace, préparer un repas, demander de l’aide ou reprendre une activité agréable.
Ces actions permettent de retrouver progressivement un sentiment de mouvement, de compétence et de contrôle.
L’objectif n’est pas d’attendre de ne plus ressentir l’émotion pour agir, mais d’apprendre à avancer avec elle, à son rythme.
Cinq exemples détaillés d’apports des TCC dans la gestion des émotions chez l’adulte
1. Apaiser l’anxiété
L’anxiété apparaît souvent lorsque la personne anticipe un danger ou une difficulté. Elle peut penser : « je ne vais pas y arriver », « ça va mal se passer », « je vais perdre le contrôle », ou « je ne saurai pas faire face ».
En TCC, le psychologue aide la personne à identifier les pensées catastrophes et à les confronter à des éléments plus réalistes. Le travail consiste à distinguer le danger réel du danger imaginé, puis à construire des actions concrètes.
Par exemple, une personne anxieuse avant une réunion peut penser : « je vais être ridicule ». Le travail thérapeutique peut l’aider à se demander : quelles sont les preuves ? Ai-je déjà réussi des situations similaires ? Que puis-je préparer ? Que se passerait-il réellement si je faisais une erreur ?
La pensée peut progressivement devenir : « Je suis stressé(e), mais je peux préparer mes idées et faire de mon mieux. Une erreur ne signifie pas que je suis ridicule. »
2. Réguler la colère
La colère est souvent liée à un sentiment d’injustice, de frustration, de non-respect ou d’impuissance. Elle peut devenir problématique lorsqu’elle entraîne des paroles blessantes, des comportements impulsifs ou des conflits répétés.
En TCC, la personne apprend à repérer les signes précoces de la colère : tension dans le corps, accélération, chaleur, envie de répondre immédiatement, pensées comme « il se moque de moi » ou « c’est inadmissible ».
Le travail peut consister à introduire une pause avant d’agir : respirer, s’éloigner quelques minutes, différer une réponse, écrire sans envoyer, ou reformuler son besoin.
Par exemple, au lieu de répondre immédiatement par un message agressif, la personne peut apprendre à attendre que l’intensité émotionnelle diminue, puis répondre de manière plus claire : « Je n’ai pas apprécié ce ton. J’ai besoin qu’on en parle calmement. »
L’objectif n’est pas de supprimer la colère, mais de l’utiliser comme un signal tout en évitant qu’elle abîme les relations.
3. Sortir des ruminations
Les ruminations sont des pensées répétitives qui tournent en boucle autour d’un problème, d’une erreur, d’un conflit ou d’une inquiétude. Elles donnent parfois l’impression de chercher une solution, mais elles épuisent souvent la personne.
En TCC, le psychologue aide à repérer ces boucles mentales et à comprendre leur fonction. La personne apprend à distinguer une réflexion utile d’une rumination stérile.
Par exemple, une personne peut repenser pendant des heures à une phrase dite lors d’un échange : « Pourquoi ai-je dit ça ? Il doit penser que je suis stupide. » Le travail peut consister à identifier la pensée, à la nuancer, puis à réorienter l’attention vers une action concrète.
Des outils peuvent être proposés : temps limité de réflexion, retour au présent, activité de recentrage, écriture structurée ou plan d’action.
L’objectif est de retrouver de l’espace mental et de réduire l’épuisement lié aux pensées répétitives.
Gestion des émotions chez les enfants à partir de 6 ans
À partir de 6 ans, l’enfant commence à mieux reconnaître certaines émotions, mais il n’a pas encore toujours les mots pour expliquer ce qu’il ressent. L’émotion passe souvent par le corps et le comportement : pleurs, agitation, opposition, colère, retrait, maux de ventre, difficultés d’endormissement ou besoin d’être rassuré.
À cet âge, l’objectif n’est pas de demander à l’enfant de contrôler parfaitement ses émotions. Il s’agit plutôt de l’aider à les reconnaître, à les nommer, à comprendre ce qui les déclenche et à apprendre progressivement des réponses plus adaptées.
Apport des TCC chez l’enfant à partir de 6 ans
Les TCC permettent de rendre l’émotion plus concrète et plus compréhensible pour l’enfant. Le psychologue peut utiliser des cartes émotions, des dessins, des histoires, des jeux de rôle, un thermomètre émotionnel ou des petits exercices pratiques.
L’enfant apprend à repérer :
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »
« Qu’est-ce que j’ai pensé ? »
« Qu’est-ce que j’ai ressenti dans mon corps ? »
« Qu’est-ce que j’ai fait ensuite ? »
Les TCC aident aussi l’enfant à apprendre des outils simples : respirer, demander une pause, aller dans un coin calme, utiliser une phrase aidante, demander de l’aide ou exprimer son besoin avec des mots.
L’implication des parents est souvent essentielle. Ils peuvent aider l’enfant à répéter les outils, valoriser les efforts et mettre en place un cadre rassurant.
5 exemples détaillés chez l’enfant à partir de 6 ans
1. Apaiser la colère
Un enfant peut se mettre à crier, taper ou jeter un objet lorsqu’il est frustré ou contrarié. En TCC, il apprend à reconnaître les premiers signes de colère : poings serrés, visage chaud, envie de crier, tension dans le corps.
Il peut ensuite utiliser une stratégie simple : dire « je suis en colère », demander une pause, respirer ou serrer une balle anti-stress.
L’objectif est de l’aider à exprimer la colère sans se faire mal ni blesser les autres.
2. Diminuer la peur
Un enfant peut avoir peur de dormir seul, d’aller à l’école, de parler devant les autres ou d’être séparé de ses parents. Les TCC l’aident à identifier la pensée qui accompagne la peur : « je ne vais pas y arriver », « il va m’arriver quelque chose », « maman ne reviendra pas ».
Le travail se fait par petites étapes, avec des réussites progressives.
L’objectif est de renforcer le sentiment de sécurité et la confiance.
3. Gérer la frustration
L’enfant peut être très contrarié lorsqu’il perd à un jeu, doit attendre ou reçoit un refus. En TCC, il apprend à nommer la frustration et à comprendre que l’émotion peut être forte sans être dangereuse.
On peut utiliser une échelle de frustration, des jeux de rôle ou des phrases comme : « je suis déçu, mais je peux essayer encore ».
L’objectif est de développer la patience et la tolérance à l’inconfort.
4. Exprimer la tristesse
Certains enfants pleurent facilement, se renferment ou deviennent irritables lorsqu’ils sont tristes. Les TCC aident à mettre des mots sur le chagrin : « je suis triste », « je me sens seul », « j’ai besoin d’un câlin ».
L’enfant apprend que la tristesse peut être accueillie et partagée.
L’objectif est de l’aider à demander du réconfort plutôt que de rester seul avec ce qu’il ressent.
5. Mieux gérer les conflits
Lors d’un conflit avec un frère, une sœur ou un camarade, l’enfant peut réagir vite : crier, pousser, accuser ou pleurer. Les TCC peuvent utiliser des jeux de rôle pour apprendre à dire : « je n’ai pas aimé », « je veux récupérer mon jouet », « j’ai besoin d’aide ».
L’objectif est de développer des réponses plus adaptées dans les relations.
Gestion des émotions chez les préadolescents
Chez le préadolescent, généralement autour de 10 à 12 ans, les émotions deviennent souvent plus intenses. Cette période est marquée par un besoin croissant d’autonomie, une sensibilité au regard des autres, des changements corporels, une recherche d’identité et parfois une plus grande irritabilité.
Le préadolescent peut osciller entre le besoin d’être reconnu comme plus grand et le besoin d’être encore soutenu par l’adulte. Les émotions peuvent alors se manifester par des réactions vives, des oppositions, du repli, des inquiétudes, des comparaisons aux autres ou une baisse de confiance.
Apport des TCC chez le préadolescent
Les TCC aident le préadolescent à mieux comprendre ce qui se passe dans sa tête, son corps et ses comportements. À cet âge, il devient possible de travailler plus clairement sur les pensées automatiques : « tout le monde se moque de moi », « c’est injuste », « je suis nul », « personne ne me comprend ».
Le psychologue peut aider à distinguer les faits des interprétations. Par exemple, un camarade qui ne répond pas à un message ne signifie pas forcément qu’il rejette le préadolescent.
Les TCC permettent aussi de travailler l’impulsivité, l’irritabilité, les ruminations, les difficultés relationnelles et l’anxiété scolaire. Les outils peuvent inclure des échelles d’émotions, des exercices de respiration, des scénarios, des jeux de rôle, des défis progressifs et des stratégies de communication.
L’objectif est de soutenir l’autonomie émotionnelle tout en gardant un cadre sécurisant.
5 exemples détaillés chez le préadolescent
1. Réguler l’irritabilité
Le préadolescent peut réagir fortement à une remarque, une consigne ou une frustration. En TCC, il apprend à repérer les déclencheurs : fatigue, sentiment d’injustice, impression d’être traité comme un enfant, peur d’être critiqué.
Le travail consiste à mettre une pause entre l’émotion et la réaction.
L’objectif est de pouvoir répondre plus calmement, sans exploser immédiatement.
2. Travailler la honte
À cet âge, le regard des autres devient très important. Une erreur, une moquerie ou une remarque peut être vécue très douloureusement. Le préadolescent peut penser : « tout le monde m’a vu », « je suis ridicule », « je suis nul ».
Les TCC aident à nuancer ces pensées et à vérifier les faits.
L’objectif est de réduire l’impact du regard des autres sur l’estime de soi.
3. Apaiser l’anxiété scolaire
Le préadolescent peut avoir peur d’échouer, de ne pas comprendre, de décevoir ou d’être interrogé. En TCC, on identifie les pensées anxieuses, puis on construit un plan concret : préparer une partie du travail, demander de l’aide, s’entraîner progressivement, apprendre à respirer avant une évaluation.
L’objectif est de diminuer l’évitement et de restaurer un sentiment de compétence.
4. Gérer la frustration
Les limites posées par les parents ou les enseignants peuvent être vécues comme injustes. Le préadolescent peut argumenter, s’opposer ou se fermer. Les TCC l’aident à reconnaître la frustration, à l’exprimer autrement et à chercher une solution acceptable.
L’objectif est de développer la souplesse et la résolution de problème.
5. Améliorer les relations amicales
Les amitiés prennent une place importante. Un message non reçu, une invitation manquée ou une remarque peut être interprété comme un rejet. Les TCC aident à envisager plusieurs explications possibles avant de conclure : « il ne veut plus être mon ami ».
L’objectif est d’améliorer la communication, de limiter les malentendus et de renforcer la sécurité relationnelle.
Gestion des émotions chez les adolescents
Chez l’adolescent, les émotions peuvent être intenses, contradictoires et parfois difficiles à partager. Elles sont souvent liées à l’identité, au corps, aux relations amicales ou amoureuses, à la famille, à la pression scolaire, aux réseaux sociaux, à l’avenir ou à l’estime de soi.
L’adolescent peut avoir besoin d’autonomie tout en ayant encore besoin de sécurité. Il peut vouloir être compris sans forcément savoir comment expliquer ce qu’il ressent. Les émotions peuvent alors se traduire par de l’isolement, de l’irritabilité, des conflits familiaux, de l’anxiété, une perte de motivation, des ruminations ou une baisse de confiance.
Apport des TCC chez l’adolescent
Les TCC permettent à l’adolescent de mieux comprendre ses schémas émotionnels. Le travail peut porter sur les pensées automatiques : « je ne vaux rien », « je vais échouer », « personne ne me comprend », « je déçois tout le monde », « je suis différent », « je ne serai jamais à la hauteur ».
Le psychologue aide l’adolescent à identifier le lien entre ces pensées, les émotions ressenties, les sensations corporelles et les comportements : évitement, isolement, impulsivité, procrastination, vérifications, conflits ou ruminations.
Les TCC permettent aussi de travailler l’affirmation de soi, les limites, la régulation de la colère, l’anxiété sociale, l’estime de soi, la gestion des réseaux sociaux et les stratégies de retour au calme.
L’objectif est de développer une meilleure autonomie émotionnelle : reconnaître ce qui se passe, comprendre les déclencheurs, prendre du recul, choisir une réponse plus adaptée et construire des stratégies personnelles.
5 exemples détaillés chez l’adolescent
1. Gérer l’anxiété sociale
L’adolescent peut craindre le jugement des autres, éviter de parler en classe, redouter les groupes ou analyser chaque interaction. Il peut penser : « ils vont me trouver bizarre », « je vais être ridicule », « personne ne m’aime vraiment ».
En TCC, le travail consiste à identifier ces pensées, à les nuancer et à s’exposer progressivement aux situations évitées.
L’objectif est de diminuer la peur du regard des autres et de renforcer la confiance sociale.
2. Sortir des ruminations
L’adolescent peut repenser sans cesse à un message, une dispute, une erreur ou une remarque. Les ruminations peuvent augmenter l’anxiété, la tristesse ou la colère.
Les TCC aident à distinguer une réflexion utile d’une boucle mentale épuisante. Des outils peuvent être utilisés : temps limité de réflexion, écriture structurée, retour au présent, activité de recentrage.
L’objectif est de retrouver de l’espace mental.
3. Restaurer l’estime de soi
Certains adolescents se jugent très durement : « je suis nul », « je ne suis pas intéressant », « je déçois tout le monde ». Les TCC aident à repérer ces pensées globales et à rechercher des éléments plus nuancés : efforts, qualités, réussites, progrès, ressources.
L’objectif est de construire une image de soi plus stable et moins dépendante du regard des autres.
4. Réguler la colère dans les conflits
Les conflits avec les parents, les enseignants ou les pairs peuvent déclencher des réactions rapides : claquer une porte, envoyer un message blessant, crier ou se couper de la discussion.
En TCC, l’adolescent apprend à repérer les signes de montée émotionnelle et à différer sa réponse. Il peut apprendre à dire : « je suis trop énervé pour parler maintenant, je reviens après ».
L’objectif est de préserver les relations sans nier la colère.
5. Lutter contre l’isolement
Lorsqu’un adolescent se sent triste, anxieux ou découragé, il peut s’isoler, arrêter certaines activités, dormir beaucoup ou se couper des autres. Les TCC utilisent l’activation comportementale pour réintroduire progressivement des actions utiles : reprendre un rythme, sortir un peu, contacter une personne de confiance, pratiquer une activité, demander de l’aide.
L’objectif est de remettre du mouvement dans le quotidien et de restaurer un sentiment de compétence.
Quelle prise en charge pour la gestion des émotions ?
La prise en charge des difficultés de gestion des émotions commence par une évaluation précise de la situation : émotions concernées, intensité, fréquence, déclencheurs, réactions corporelles, pensées automatiques, comportements, conséquences, sommeil, stress, estime de soi, relations, contexte familial, scolaire ou professionnel, ressources disponibles et besoins prioritaires.
L’accompagnement TCC vise à comprendre ce qui se passe avant, pendant et après l’émotion. Il ne s’agit pas de supprimer les émotions, mais d’apprendre à les reconnaître, les nommer, les traverser et y répondre de manière plus adaptée.
La prise en charge peut inclure :
- une psychoéducation sur les émotions ;
- un travail d’identification des émotions ;
- l’utilisation d’échelles d’intensité ;
- un repérage des déclencheurs ;
- un travail sur les pensées automatiques ;
- des stratégies de retour au calme ;
- des exercices d’ancrage ;
- un travail sur la colère ;
- un travail sur l’anxiété ;
- un travail sur la tristesse ;
- un travail sur la honte ou la culpabilité ;
- un entraînement à l’affirmation de soi ;
- une amélioration de la communication ;
- une résolution de problème ;
- une exposition progressive si l’émotion entraîne de l’évitement ;
- un plan de crise si nécessaire ;
- une prévention des rechutes émotionnelles ;
- un soutien parental pour les enfants ou les adolescents ;
- une orientation médicale, scolaire ou spécialisée si nécessaire.
Chez l’enfant, le travail peut utiliser des supports concrets : dessins, cartes émotions, roue des émotions, thermomètre émotionnel, histoires, jeux de rôle, exercices corporels simples et apprentissage de la réparation après une crise.
Chez l’adolescent, le travail peut intégrer les enjeux de l’âge : identité, regard des autres, réseaux sociaux, conflits familiaux, anxiété scolaire, pression de performance, impulsivité, estime de soi et besoin d’autonomie.
Chez l’adulte, le travail peut porter sur les relations, le couple, le travail, la parentalité, la difficulté à poser des limites, les ruminations, les comportements de compensation et l’estime de soi.
Lorsque les émotions sont associées à des automutilations, idées suicidaires, violences, conduites à risque, dépression, trouble anxieux sévère, trouble alimentaire, addiction, TDAH, TSA, trouble bipolaire, trauma ou souffrance familiale importante, un avis médical, pédopsychiatrique ou psychiatrique peut être nécessaire.
Quand consulter pour des difficultés de gestion des émotions ?
Il peut être utile de consulter lorsque les émotions deviennent trop intenses, trop fréquentes, difficiles à comprendre ou qu’elles entraînent des conséquences dans la vie quotidienne.
Vous pouvez demander un accompagnement si vous observez :
- des crises de colère fréquentes ;
- une irritabilité importante ;
- des pleurs fréquents ;
- une anxiété envahissante ;
- une tristesse persistante ;
- une hypersensibilité douloureuse ;
- une impulsivité ;
- des réactions difficiles à contrôler ;
- des conflits répétés ;
- des ruminations ;
- une difficulté à dire non ;
- une difficulté à poser des limites ;
- une honte ou une culpabilité excessive ;
- un évitement de certaines situations ;
- un isolement ;
- des troubles du sommeil ;
- une baisse d’estime de soi ;
- des difficultés scolaires ;
- des difficultés professionnelles ;
- une souffrance familiale ;
- une consommation d’alcool, de substances, de nourriture ou d’écrans pour calmer l’émotion ;
- des comportements de mise en danger ;
- des automutilations ;
- des idées noires ou des idées suicidaires.
Pour un enfant ou un adolescent, il peut être utile de consulter lorsque les crises deviennent fréquentes, que l’enfant souffre, que la famille s’épuise, que l’école alerte, que les relations se dégradent, que le sommeil est perturbé ou que l’enfant n’arrive plus à mettre des mots sur ce qu’il ressent.
Consulter ne signifie pas que l’émotion est anormale. Cela signifie qu’elle déborde, qu’elle fait souffrir ou qu’elle entraîne des réactions qui ne permettent plus d’avancer sereinement.
Il est important de consulter rapidement un médecin, un pédopsychiatre, un psychiatre ou les urgences en cas d’idées suicidaires, d’automutilations, de violence, de danger immédiat, de maltraitance, de harcèlement, de crise aiguë, de consommation importante de substances, de symptômes psychotiques, de dépression sévère ou d’impossibilité à rester en sécurité.
En France, en cas d’idées suicidaires, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide, accessible 24 h/24 et 7 j/7.
Prendre rendez-vous pour mieux gérer les émotions
Vous vous sentez rapidement submergé par vos émotions ? Votre enfant ou votre adolescent fait des crises, se met en colère, pleure souvent, s’isole, rumine ou semble très anxieux ? Vous avez l’impression que la colère, la peur, la tristesse, la honte ou l’hypersensibilité prennent trop de place dans le quotidien ?
Florence CHATENET vous accueille au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax, dans un cadre confidentiel, bienveillant et structuré, pour un accompagnement TCC de la gestion des émotions chez l’adulte, l’enfant et l’adolescent.
Les séances peuvent avoir lieu en présentiel à Oyonnax, dans l’Ain et le Haut-Bugey, ou en visioconférence partout en France. La visio permet également d’accompagner les adultes, adolescents, parents, expatriés et les personnes francophones vivant à l’étranger, lorsque ce format est adapté à la situation clinique et compatible avec la législation en vigueur dans le pays de résidence.
La première séance permet de faire le point sur la situation : émotions concernées, intensité, fréquence, déclencheurs, réactions corporelles, pensées, comportements, sommeil, stress, relations, contexte familial, scolaire ou professionnel, ressources disponibles et besoins actuels.
Pour les enfants et les adolescents, un temps avec les parents peut être proposé afin de mieux comprendre les difficultés, soutenir la régulation émotionnelle et ajuster le cadre familial lorsque cela est utile.
L’accompagnement vise progressivement à mieux reconnaître les émotions, comprendre les déclencheurs, développer des stratégies de retour au calme, travailler les pensées automatiques, poser des limites, améliorer la communication et choisir des réactions plus adaptées.
Pour prendre rendez-vous, vous pouvez contacter le Cabinet Flora Mentis — Florence CHATENET à Oyonnax afin de convenir d’un premier échange en présentiel ou en visio.
En cas d’idées suicidaires, d’automutilations, de danger immédiat, de violence, de maltraitance, de harcèlement, de crise aiguë, de consommation importante de substances ou d’impossibilité à rester en sécurité, il est indispensable de contacter un médecin, un pédopsychiatre, un psychiatre, les services d’urgence ou le 3114 en France.