Deuils et pertes : accompagnement, TCC et apport possible de l’EMDR

L’éloignement géographique peut être particulièrement difficile lorsqu’un décès ou une perte survient. La visioconférence permet aux personnes vivant dans une autre région française, mais également aux Français expatriés et aux francophones vivant à l’étranger, de bénéficier d’un accompagnement en français sans nécessairement être physiquement présentes à Oyonnax.

Deuils et pertes : comprendre le processus et l’apport de l’EMDR et des TCC

Le deuil est une réaction humaine à la perte d’une personne, d’une relation, d’un état de santé, d’un projet, d’un emploi, d’un rôle ou d’une étape importante de la vie.

Il ne correspond pas à une faiblesse personnelle. Il ne suit pas non plus un parcours parfaitement linéaire. Certaines journées peuvent être relativement apaisées, tandis que d’autres réactivent brutalement la tristesse, le manque, la colère ou la culpabilité.

Chaque deuil est singulier. Il dépend notamment :

  • de la nature de la perte ;
  • de la relation avec la personne ou la situation perdue ;
  • des circonstances de la perte ;
  • de son caractère attendu ou brutal ;
  • des ressources psychologiques et relationnelles ;
  • des pertes antérieures ;
  • du soutien de l’entourage ;
  • des éventuels traumatismes associés.

L’objectif d’un accompagnement psychologique n’est pas d’oublier, de supprimer l’attachement ou de ne plus ressentir de tristesse. Il consiste à aider la personne à intégrer progressivement la réalité de la perte, à retrouver des appuis et à poursuivre sa vie sans renier le lien, l’histoire ou ce qui a compté.

Quelles pertes peuvent provoquer un processus de deuil ?

Le deuil ne concerne pas uniquement le décès d’un proche.

Il peut apparaître après :

  • le décès d’un parent, d’un enfant, d’un conjoint ou d’un ami ;
  • un décès brutal, violent ou inattendu ;
  • un suicide ;
  • une séparation ou un divorce ;
  • une rupture affective ;
  • une fausse couche ;
  • une interruption médicale de grossesse ;
  • un décès périnatal ;
  • une infertilité ou l’arrêt d’un parcours de procréation médicalement assistée ;
  • la perte d’un emploi ;
  • la retraite ;
  • une maladie chronique ;
  • une perte d’autonomie ;
  • un accident entraînant des limitations ;
  • la perte du domicile ;
  • une migration ou un exil ;
  • l’éloignement d’un proche ;
  • la perte d’un projet de vie ;
  • la fin d’une identité professionnelle ou familiale.

Une perte peut être visible et reconnue par l’entourage. D’autres deuils sont moins reconnus socialement, comme une fausse couche précoce, la perte d’un animal, une rupture non officielle, la perte d’un projet parental ou la fin d’une relation complexe.

Cette absence de reconnaissance peut accentuer la solitude et la sensation de ne pas avoir le droit de souffrir.

 

 

 

Le deuil n’est pas un processus linéaire

Le processus de deuil n’évolue pas selon une succession obligatoire d’étapes identiques pour tout le monde.

La personne peut alterner entre deux mouvements.

Se confronter à la perte

Elle peut :

  • penser au défunt ;
  • regarder des photographies ;
  • ressentir le manque ;
  • pleurer ;
  • raconter l’histoire de la relation ;
  • s’interroger sur les circonstances de la mort ;
  • participer à des rituels.

Se tourner vers la restauration de la vie

Elle peut également :

  • accomplir des démarches ;
  • reprendre le travail ;
  • s’occuper de la famille ;
  • retrouver une activité ;
  • réorganiser son quotidien ;
  • se distraire ;
  • se projeter progressivement.

Ces deux mouvements sont nécessaires.

Se distraire ne signifie pas oublier. Pleurer à nouveau après une période plus calme ne signifie pas revenir au point de départ.

Les manifestations fréquentes du deuil

Les réactions émotionnelles

La personne peut ressentir :

  • une tristesse profonde ;
  • un manque intense ;
  • des pleurs fréquents ;
  • de la colère ;
  • de l’injustice ;
  • de la culpabilité ;
  • un soulagement parfois difficile à accepter ;
  • une peur de l’avenir ;
  • une impression de vide ;
  • une difficulté à ressentir du plaisir ;
  • une alternance entre douleur et moments d’apaisement.

Des émotions apparemment contradictoires peuvent coexister.

Une personne peut aimer profondément le défunt tout en ressentant du soulagement après une longue maladie. Elle peut être triste après une séparation tout en sachant que la relation était devenue destructrice.

Ces émotions ne signifient pas que le lien était faux ou insuffisant.

Les réactions corporelles

Le deuil peut s’accompagner de :

  • fatigue ;
  • oppression ;
  • tensions musculaires ;
  • douleurs ;
  • sensation de boule dans la gorge ;
  • troubles digestifs ;
  • perte ou augmentation de l’appétit ;
  • difficultés d’endormissement ;
  • réveils nocturnes ;
  • cauchemars ;
  • ralentissement ;
  • agitation ;
  • sensation d’épuisement.

Le corps peut donner l’impression de porter la perte.

Les réactions cognitives

La personne peut présenter :

  • des difficultés de concentration ;
  • des oublis ;
  • une impression de confusion ;
  • des pensées répétitives ;
  • une difficulté à prendre des décisions ;
  • une sensation d’irréalité ;
  • une impression que la personne décédée va revenir ;
  • des images des derniers instants ;
  • des questions en « pourquoi ? » ou « si seulement… ».

Certaines personnes peuvent momentanément croire entendre la voix du défunt, sentir sa présence ou penser l’apercevoir. Ces expériences peuvent survenir dans le deuil sans traduire nécessairement un trouble psychotique. Elles doivent néanmoins être évaluées si elles deviennent très envahissantes ou entraînent une perte importante de contact avec la réalité.

 

Les réactions comportementales et relationnelles

La personne peut :

  • s’isoler ;
  • éviter les lieux associés à la perte ;
  • conserver tous les objets sans pouvoir les toucher ;
  • retirer immédiatement toutes les photographies ;
  • se rendre très fréquemment au cimetière ;
  • éviter de parler du défunt ;
  • rechercher constamment des informations ;
  • négliger les tâches quotidiennes ;
  • se surinvestir dans le travail ;
  • consommer davantage d’alcool, de médicaments ou d’autres substances ;
  • solliciter continuellement l’entourage ;
  • refuser toute aide.

Ces comportements peuvent représenter des tentatives de supporter une douleur devenue trop intense.

L’absence de soutien

Le deuil peut être compliqué lorsque :

  • l’entourage évite le sujet ;
  • la personne se sent obligée d’être forte ;
  • la perte n’est pas reconnue ;
  • les proches donnent des conseils rapides ;
  • les relations familiales sont conflictuelles ;
  • la personne vit seule ;
  • elle doit immédiatement assumer de nombreuses responsabilités.

Des pertes multiples

Plusieurs pertes rapprochées peuvent provoquer :

  • une fatigue extrême ;
  • un sentiment d’accumulation ;
  • une anesthésie émotionnelle ;
  • une impression de ne plus pouvoir faire face ;
  • un deuil devenu difficile à différencier ;
  • une perte de confiance dans l’avenir.

 

Ce qui peut compliquer le deuil

Certaines circonstances peuvent rendre le processus plus difficile.

Un décès brutal ou violent

Le décès peut être associé à :

  • un accident ;
  • une agression ;
  • un suicide ;
  • une catastrophe ;
  • une réanimation ;
  • une découverte du corps ;
  • des images choquantes ;
  • l’impossibilité de dire au revoir.

La dimension traumatique peut alors prendre une place importante.

La personne ne pense plus seulement au lien avec le défunt. Elle reste envahie par l’annonce, le corps, les derniers instants ou la scène de la mort.

Une forte culpabilité

La personne peut penser :

  • « J’aurais dû être là. »
  • « J’aurais dû comprendre. »
  • « J’aurais dû appeler plus tôt. »
  • « Je n’ai pas assez fait. »
  • « Je l’ai abandonné. »
  • « Je n’ai pas dit ce qu’il fallait. »
  • « Je n’ai pas le droit d’aller mieux. »

La culpabilité émotionnelle peut être très intense, même lorsque la responsabilité réelle est faible ou inexistante.

Une relation ambivalente

La personne peut éprouver à la fois :

  • de l’amour ;
  • de la colère ;
  • du soulagement ;
  • de la honte ;
  • des regrets ;
  • un sentiment d’inachevé.

Le décès ne supprime pas les conflits, les blessures ou les paroles non dites.

 

Quand demander de l’aide ?

Une consultation peut être utile lorsque :

  • les images de la mort sont très envahissantes ;
  • la personne reste en état de choc ;
  • les cauchemars sont fréquents ;
  • la culpabilité devient écrasante ;
  • elle ne parvient plus à assurer les besoins essentiels ;
  • elle s’isole durablement ;
  • elle évite toute évocation de la perte ;
  • elle utilise des substances pour supporter la douleur ;
  • elle présente une dépression importante ;
  • elle ne parvient plus à travailler ou à s’occuper de sa famille ;
  • la douleur reste très intense et invalidante ;
  • elle présente des idées suicidaires ;
  • elle souhaite mourir pour rejoindre le défunt.

En présence d’idées suicidaires ou d’un danger immédiat, une évaluation urgente est nécessaire.

L’apport de l’EMDR dans les deuils et les pertes

L’EMDR peut être envisagé lorsque certains aspects de la perte restent fortement traumatiques ou émotionnellement bloqués.

Il ne vise pas à effacer le défunt, la relation, la tristesse ni l’attachement.

Il peut aider à diminuer la charge de souvenirs qui empêchent le processus de deuil d’évoluer.

1. Retraiter l’annonce de la perte

L’annonce peut rester fixée dans la mémoire :

  • un appel téléphonique ;
  • une phrase prononcée par un médecin ;
  • un message ;
  • la visite de la police ;
  • l’annonce d’une fausse couche ;
  • le résultat d’un examen ;
  • l’annonce d’une maladie ou d’un handicap.

La personne peut revoir continuellement le lieu, le visage de celui qui a annoncé la nouvelle ou entendre les mêmes mots.

L’EMDR peut aider à replacer ce moment dans le passé.

2. Diminuer les images traumatiques

Les cibles peuvent être :

  • la découverte du corps ;
  • une scène de réanimation ;
  • une chambre d’hôpital ;
  • le visage du défunt ;
  • les derniers instants ;
  • une échographie ;
  • une scène d’accident ;
  • les funérailles ;
  • un objet associé à la mort.

L’objectif est que la personne puisse penser à la perte sans être continuellement ramenée à la scène la plus traumatique.

3. Travailler la culpabilité

L’EMDR peut aider à différencier :

  • ce que la personne aurait souhaité pouvoir faire ;
  • ce qu’elle pouvait réellement contrôler ;
  • ce qu’elle savait au moment des faits ;
  • la responsabilité réelle ;
  • la responsabilité ressentie après coup.

La cognition négative :

« Je suis responsable »

peut progressivement évoluer vers :

« J’aurais voulu pouvoir empêcher cela, mais je ne contrôlais pas cet événement. »

 

4. Travailler l’impuissance

La personne peut se sentir encore bloquée dans un moment où elle n’a pas pu :

  • protéger ;
  • intervenir ;
  • dire au revoir ;
  • appeler les secours ;
  • empêcher une séparation ;
  • éviter une maladie ;
  • sauver la relation.

Le retraitement peut aider à reconnaître les limites réelles de son pouvoir dans cette situation.

5. Préparer les moments futurs

L’EMDR peut également préparer :

  • une date anniversaire ;
  • une cérémonie ;
  • un retour sur un lieu ;
  • le tri des affaires ;
  • une rencontre familiale ;
  • une démarche médicale ;
  • une reprise professionnelle ;
  • une future grossesse après une perte périnatale ;
  • un changement de domicile.

L’objectif n’est pas de supprimer toute émotion, mais de permettre à la personne de traverser ces moments avec davantage de ressources.

4. EMDR sur la blessure d’abandon, TCC sur les comportements actuels

Après une séparation, la personne peut vérifier son téléphone, contacter impulsivement l’ancien partenaire ou abandonner toutes ses activités.

L’EMDR peut travailler la séparation actuelle et les abandons plus anciens.

La TCC aide à réduire les vérifications, les contacts impulsifs, les ruminations et le retrait.

5. EMDR sur la perte, TCC sur la reconstruction

Les TCC peuvent soutenir :

  • la résolution de problèmes ;
  • la reprise des projets ;
  • l’activation comportementale ;
  • le soutien social ;
  • les routines ;
  • l’affirmation de soi ;
  • la prévention de la dépression ;
  • la reconstruction du sens.

L’objectif n’est pas de revenir exactement à la vie d’avant, mais de construire une vie qui intègre la perte sans être entièrement gouvernée par elle.

Pourquoi associer l’EMDR et les TCC ?

L’EMDR peut travailler sur les souvenirs douloureux qui restent très activants.

Les TCC interviennent davantage sur les pensées, les comportements, les évitements et l’organisation actuelle de la vie.

1. EMDR sur le souvenir, TCC sur le quotidien

L’EMDR peut apaiser l’annonce, l’image ou la scène traumatique.

Les TCC peuvent aider à :

  • retrouver un rythme ;
  • reprendre les démarches ;
  • maintenir l’alimentation et le sommeil ;
  • réintroduire certaines activités ;
  • retrouver des contacts sociaux ;
  • organiser les journées ;
  • réduire l’isolement.

2. EMDR sur la culpabilité, TCC sur les pensées en « j’aurais dû »

L’EMDR travaille la charge émotionnelle de la scène.

La TCC examine les pensées :

  • « J’aurais dû savoir. »
  • « J’aurais dû tout empêcher. »
  • « Je n’ai pas assez aimé. »
  • « Aller mieux serait une trahison. »
  • « Je dois souffrir pour prouver mon attachement. »

Le travail consiste à rechercher une pensée plus juste, sans effacer la responsabilité réelle lorsqu’elle existe.

3. EMDR sur les images, TCC sur l’évitement

La personne peut éviter :

  • les photographies ;
  • les affaires du défunt ;
  • la chambre ;
  • le cimetière ;
  • les proches ;
  • les conversations ;
  • les examens médicaux.

L’EMDR peut diminuer la charge des souvenirs traumatiques.

La TCC aide ensuite à réintroduire progressivement ce qui a été évité, selon le rythme de la personne.

 

Cinq exemples détaillés

Exemple 1 : deuil traumatique après un décès brutal

Situation

Une femme apprend brutalement le décès d’un proche.

Elle reste envahie par :

  • l’appel annonçant le décès ;
  • l’image des derniers instants ;
  • la scène de réanimation ;
  • une profonde culpabilité ;
  • des cauchemars ;
  • une peur de perdre une autre personne.

Elle pense :

  • « J’aurais dû empêcher cela. »
  • « Je l’ai abandonné. »
  • « Je suis responsable. »
  • « Je ne mérite pas d’aller mieux. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • l’appel annonçant le décès ;
  • la dernière rencontre ;
  • la découverte du corps ;
  • une image médicale ;
  • une parole non dite ;
  • la sensation d’impuissance ;
  • la pensée « j’aurais dû ».

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à réduire :

  • les images intrusives ;
  • la peur ;
  • la culpabilité traumatique ;
  • la sensation que le décès est encore en train de se produire.

La cognition :

« Je suis responsable »

peut progressivement devenir :

« J’aurais voulu agir, mais je ne contrôlais pas cet événement. »

 

Apport des TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • différencier culpabilité et responsabilité ;
  • travailler les pensées contrefactuelles ;
  • reprendre les routines ;
  • maintenir les liens ;
  • réintroduire progressivement les souvenirs non traumatiques ;
  • réduire l’évitement des photographies ou des conversations.

Objectif

Permettre au deuil d’évoluer avec moins d’intrusions et davantage d’accès à l’ensemble des souvenirs de la relation.

Apport des TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • réduire les vérifications du téléphone ;
  • limiter les contacts impulsifs ;
  • reprendre les activités ;
  • maintenir les liens sociaux ;
  • travailler la généralisation ;
  • reconstruire une autonomie affective.

Objectif

Vivre la séparation sans qu’elle confirme un abandon définitif et retrouver progressivement une stabilité personnelle.

Exemple 2 : séparation, rupture et blessure d’abandon

Situation

Un homme présente une grande tristesse après une séparation.

Il :

  • vérifie fréquemment son téléphone ;
  • relit les messages ;
  • contacte impulsivement son ancienne compagne ;
  • s’isole ;
  • rumine les raisons de la rupture ;
  • se sent abandonné.

La séparation actuelle réactive un départ parental ancien.

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • l’annonce de la séparation ;
  • la maison vide ;
  • le dernier message ;
  • le départ de la partenaire ;
  • une scène ancienne d’abandon ;
  • la croyance « je ne compte pour personne ».

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à distinguer :

  • la perte actuelle ;
  • de la blessure ancienne.

Il peut travailler la croyance :

« Tout le monde finit par m’abandonner »

afin qu’elle évolue vers :

« Cette séparation est douloureuse, mais elle ne détermine pas toute ma valeur ni toutes mes relations futures. »

 

Exemple 3 : fausse couche ou perte périnatale

Situation

Une femme présente une douleur intense après une fausse couche ou un décès périnatal.

Elle ressent :

  • un vide ;
  • de la culpabilité ;
  • une impression d’échec corporel ;
  • une tristesse profonde ;
  • une peur d’une nouvelle grossesse ;
  • une douleur lors des dates prévues ou des anniversaires.

La souffrance peut être peu reconnue par l’entourage.

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • l’annonce de l’arrêt de la grossesse ;
  • l’échographie ;
  • une salle d’hôpital ;
  • la chambre ou les vêtements préparés ;
  • le retour au domicile ;
  • la pensée « mon corps a échoué » ;
  • une date future.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à retraiter :

  • le choc de l’annonce ;
  • les images médicales ;
  • la culpabilité ;
  • le sentiment d’échec ;
  • la peur d’une répétition.

 

Apport des TCC

Les TCC peuvent soutenir :

  • la validation des émotions ;
  • la réduction de l’auto-accusation ;
  • le soutien du couple ;
  • la reprise progressive du rythme ;
  • la création de rituels symboliques ;
  • la préparation d’un éventuel nouveau projet parental.

Objectif

Intégrer la perte avec douceur, préserver le lien symbolique et retrouver davantage de compassion envers soi.

Apport des TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • adapter les objectifs ;
  • reprendre les activités possibles ;
  • gérer l’énergie ;
  • travailler l’image de soi ;
  • résoudre les difficultés pratiques ;
  • développer de nouvelles sources de satisfaction.

Objectif

Construire un nouvel équilibre et une image de soi qui ne soit pas réduite à la maladie ou au handicap.

Exemple 4 : perte de santé ou d’autonomie

Situation

Une personne reçoit un diagnostic de maladie chronique ou subit un accident entraînant une limitation durable.

Elle pleure la perte :

  • de son corps d’avant ;
  • de ses capacités ;
  • de son emploi ;
  • de certains projets ;
  • de son indépendance ;
  • de son image de soi.

Elle peut penser :

  • « Ma vie est terminée. »
  • « Je ne suis plus la même personne. »
  • « Je ne serai plus utile. »
  • « Mon corps m’a trahi. »

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • l’annonce médicale ;
  • l’accident ;
  • une chute ;
  • une hospitalisation ;
  • la première confrontation à une limitation ;
  • la comparaison entre l’avant et l’après ;
  • un sentiment d’humiliation ou d’impuissance.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à diminuer :

  • le choc ;
  • la peur ;
  • la colère ;
  • l’humiliation ;
  • le sentiment de rupture biographique.

 

Exemple 5 : pertes multiples et épuisement de deuil

Situation

Une personne a vécu plusieurs pertes rapprochées :

  • décès successifs ;
  • séparation ;
  • maladie ;
  • perte professionnelle ;
  • déménagement imposé.

Elle se sent :

  • submergée ;
  • très fatiguée ;
  • anesthésiée émotionnellement ;
  • isolée ;
  • incapable d’organiser son quotidien ;
  • sans espoir.

Cibles possibles en EMDR

Le travail peut porter sur :

  • une succession d’annonces ;
  • la scène la plus marquante ;
  • un sentiment d’impuissance ;
  • une perte restée particulièrement active ;
  • la pensée « je n’y arriverai jamais » ;
  • la peur d’une nouvelle catastrophe.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à réduire l’effet d’accumulation traumatique.

Le travail doit généralement être progressif, en commençant par la stabilisation et par des cibles suffisamment limitées.

 

Apport des TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • hiérarchiser les besoins ;
  • restaurer une structure quotidienne ;
  • maintenir les liens sociaux ;
  • reprendre des actions simples ;
  • prévenir l’isolement ;
  • travailler les pensées de désespoir ;
  • repérer les signes de dépression.

Objectif

Retrouver des appuis, du souffle et la possibilité d’avancer progressivement sans devoir résoudre toutes les pertes en même temps.

Une approche progressive et personnalisée

Toutes les personnes endeuillées n’ont pas besoin d’une psychothérapie.

Certaines trouvent progressivement un nouvel équilibre grâce au temps, au soutien et aux rituels personnels ou familiaux.

Une prise en charge devient particulièrement utile lorsque la souffrance est :

  • traumatique ;
  • très envahissante ;
  • durablement invalidante ;
  • associée à une culpabilité importante ;
  • accompagnée d’une dépression ;
  • liée à des pertes multiples ;
  • aggravée par l’isolement ;
  • associée à des idées suicidaires.

L’EMDR n’efface pas le lien.

Les TCC ne demandent pas de « tourner la page ».

L’accompagnement vise à permettre à la personne de conserver ce qui compte, tout en retrouvant progressivement une capacité à vivre, à choisir, à créer de nouveaux liens et à se projeter.

Le lien ne disparaît pas nécessairement : il se transforme.

Comment se déroule la prise en charge ?

La première étape consiste à comprendre :

  • la nature de la perte ;
  • les circonstances ;
  • la relation avec la personne ou la situation perdue ;
  • les émotions ;
  • les images intrusives ;
  • les pensées de culpabilité ;
  • les évitements ;
  • le sommeil ;
  • le fonctionnement quotidien ;
  • les soutiens disponibles ;
  • les pertes antérieures ;
  • les signes de dépression ;
  • le risque suicidaire.

La prise en charge peut ensuite associer :

  • une écoute et un soutien psychologique ;
  • une psychoéducation sur le deuil ;
  • des techniques d’ancrage ;
  • la stabilisation émotionnelle ;
  • l’EMDR sur certaines cibles traumatiques ;
  • un travail TCC sur les ruminations ;
  • l’activation comportementale ;
  • la réduction des évitements ;
  • le maintien des liens sociaux ;
  • des rituels symboliques ;
  • un travail sur la culpabilité ;
  • la prévention de la dépression et de l’isolement.