TCC et addiction sexuelle à Oyonnax et en visio
Le cercle de l’addiction sexuelle
Le cycle peut être résumé ainsi :
Stress, solitude, rejet ou excitation → pensée automatique → envie intense → comportement sexuel → plaisir ou soulagement immédiat → fatigue, honte ou conséquences → nouveau mal-être → nouvelle envie.
À court terme, le comportement soulage.
À plus long terme, il peut aggraver les difficultés que la personne cherchait à éviter :
- augmentation de la solitude ;
- diminution de l’estime de soi ;
- conflits relationnels ;
- fatigue ;
- anxiété ;
- perte de confiance ;
- risques sexuels ou financiers.
Plus le cycle se répète, plus le comportement peut devenir automatique.
Le craving sexuel
Le craving désigne une envie intense de réaliser un comportement sexuel.
Il peut être déclenché par :
- une émotion ;
- une personne ;
- une application ;
- un lieu ;
- une image ;
- un souvenir ;
- une période de solitude ;
- une dispute ;
- une consommation d’alcool ;
- une sensation corporelle ;
- une pensée intrusive.
La personne peut penser :
« Je ne pourrai pas résister. »
« J’ai besoin de me sentir désiré. »
« C’est le seul moyen de me calmer. »
« Je vais seulement regarder ou discuter. »
« J’ai déjà commencé, autant continuer. »
Le craving évolue généralement comme une vague : il augmente, atteint un maximum puis diminue. L’objectif thérapeutique est d’apprendre à ressentir cette envie sans devoir immédiatement agir.
Quelles peuvent être les conséquences ?
Vie conjugale et relationnelle
Les comportements compulsifs peuvent favoriser :
- les secrets ;
- les mensonges ;
- la perte de confiance ;
- les conflits ;
- l’éloignement émotionnel ;
- une diminution de l’intimité ;
- les ruptures ;
- une surveillance permanente au sein du couple.
Le partenaire peut ressentir de la colère, de la tristesse, de l’insécurité ou un sentiment de trahison.
Il ne doit cependant pas devenir responsable du contrôle des comportements.
Sexualité
La personne peut rencontrer :
- une diminution de la satisfaction ;
- une sexualité de plus en plus centrée sur la performance ;
- un besoin de nouveauté ou d’intensité ;
- une difficulté à rester présente aux sensations ;
- une difficulté à distinguer désir et urgence compulsive ;
- une diminution de l’intimité relationnelle ;
- des difficultés d’excitation ou d’orgasme avec un partenaire.
Ces difficultés peuvent également avoir d’autres causes médicales, relationnelles ou psychologiques. Une évaluation globale est donc nécessaire.
Travail et finances
Les conséquences peuvent comprendre :
- une perte de temps ;
- des retards ;
- une baisse de concentration ;
- une consultation d’applications pendant le travail ;
- des absences ;
- une diminution de la productivité ;
- des dépenses importantes ;
- des dettes ;
- des risques professionnels ou juridiques.
Santé physique et sexuelle
Les risques peuvent inclure :
- des infections sexuellement transmissibles ;
- des rapports non protégés ;
- des blessures ;
- un épuisement ;
- une privation de sommeil ;
- des conséquences liées à l’alcool ou aux drogues ;
- une difficulté à poser ou respecter certaines limites sous intoxication.
Santé psychologique
Le trouble peut être associé à :
- l’anxiété ;
- la dépression ;
- la honte ;
- une faible estime de soi ;
- la solitude ;
- l’impulsivité ;
- un traumatisme ;
- une consommation problématique de substances ;
- d’autres comportements compulsifs.
Une étude clinique a observé une fréquence élevée de troubles psychiatriques associés chez des personnes présentant un trouble du comportement sexuel compulsif, notamment des troubles dépressifs et des usages problématiques de substances. Ces résultats proviennent d’une population clinique et ne signifient pas que toutes les personnes concernées présentent ces troubles.
Consentement, sécurité et responsabilité
Le trouble du comportement sexuel compulsif ne doit jamais être utilisé pour excuser :
- une violence sexuelle ;
- un acte sans consentement ;
- un comportement impliquant un mineur ;
- un harcèlement ;
- une diffusion d’images sans autorisation ;
- un voyeurisme ou une exhibition imposés.
Le consentement doit être libre, éclairé, spécifique et révocable à tout moment.
Lorsqu’une personne craint de ne plus pouvoir contrôler un comportement susceptible de mettre quelqu’un en danger, une évaluation spécialisée rapide est nécessaire.
Quand la sexualité devient difficile à contrôler
L’expression « addiction sexuelle » est couramment utilisée pour décrire des pensées, des impulsions ou des comportements sexuels répétitifs, envahissants et difficiles à maîtriser. Selon les personnes, cela peut concerner :
- la recherche répétée de partenaires ;
- la multiplication des rapports sexuels ;
- la masturbation compulsive ;
- l’utilisation problématique de pornographie ;
- les échanges sexuels en ligne ;
- l’utilisation répétitive d’applications de rencontre ;
- le recours fréquent à des services sexuels ;
- la recherche de pratiques de plus en plus intenses ou risquées ;
- l’association entre sexualité et substances psychoactives.
Une sexualité active, une libido élevée, des fantasmes nombreux ou une fréquence importante de rapports ne constituent pas, en eux-mêmes, une addiction.
La difficulté apparaît lorsque la personne perd progressivement sa liberté de choix, ne parvient pas à réduire malgré ses décisions ou poursuit ses comportements malgré des conséquences importantes sur sa santé, son couple, son travail, ses finances ou son estime d’elle-même.
Addiction sexuelle ou trouble du comportement sexuel compulsif ?
L’expression « addiction sexuelle » n’est pas le terme diagnostique retenu par l’Organisation mondiale de la Santé.
La CIM-11 reconnaît le trouble du comportement sexuel compulsif. Celui-ci correspond à une difficulté persistante à contrôler des impulsions ou des envies sexuelles intenses et répétées, conduisant à des comportements récurrents qui provoquent une souffrance importante ou une altération du fonctionnement personnel, familial, social ou professionnel. Ce trouble est classé parmi les troubles du contrôle des impulsions et non parmi les addictions.
Le terme « addiction sexuelle » peut néanmoins être utilisé lorsqu’il permet à la personne de décrire son expérience. L’évaluation clinique doit alors préciser :
- les comportements concernés ;
- leur fréquence et leur durée ;
- la perte de contrôle ;
- leur fonction émotionnelle ;
- les conséquences ;
- les troubles éventuellement associés.
Une libido élevée n’est pas une maladie
Il est important de distinguer :
- un désir sexuel important ;
- une sexualité fréquente mais choisie ;
- des pratiques sexuelles consensuelles ;
- un trouble marqué par la perte de contrôle et la souffrance.
Une personne peut avoir de nombreux rapports ou fantasmes sans présenter de trouble. À l’inverse, un comportement moins fréquent peut devenir problématique s’il entraîne une perte de contrôle, une prise de risque ou un retentissement important.
La souffrance reposant uniquement sur un jugement moral, religieux ou culturel ne suffit pas, à elle seule, à caractériser un trouble du comportement sexuel compulsif. L’évaluation doit rechercher une véritable difficulté à contrôler le comportement et des conséquences concrètes.
Quelques repères de prévalence
La fréquence exacte du trouble du comportement sexuel compulsif reste difficile à établir. Les études utilisent des définitions, des questionnaires et des seuils différents.
Les estimations historiques souvent citées se situent autour de 3 à 6 % de la population adulte, mais elles doivent être interprétées avec prudence en raison des limites méthodologiques et du manque de données représentatives.
Une étude récente réalisée dans la population générale allemande a estimé une prévalence au cours de la vie d’environ 4,9 % chez les hommes et 3 % chez les femmes. Ces données ne peuvent pas être directement transposées à la population française.
Les recherches ont davantage porté sur les hommes. Les comportements sexuels compulsifs peuvent cependant concerner tous les genres, et leurs manifestations peuvent varier selon les personnes.
Quels comportements peuvent devenir compulsifs ?
Le trouble peut se manifester de différentes façons.
Recherche répétée de partenaires
La personne utilise fréquemment des applications, des sites ou certains lieux pour organiser de nouvelles rencontres. Elle peut passer beaucoup de temps à chercher, échanger, planifier ou se déplacer.
Multiplication des rapports sexuels
Les rencontres se répètent au-delà de ce que la personne avait prévu, parfois malgré la fatigue, les risques, les engagements de couple ou les conséquences professionnelles.
Masturbation compulsive
La masturbation devient une réponse automatique à l’ennui, au stress, à l’anxiété ou à la solitude. Elle peut se répéter plusieurs fois malgré une irritation, une fatigue ou une perte de temps importante.
La masturbation n’est pas pathologique en elle-même. C’est son caractère incontrôlable et son retentissement qui doivent être évalués.
Pornographie et cybersexualité
La personne peut consulter des contenus pendant des heures, rechercher continuellement de la nouveauté, multiplier les échanges sexuels ou ressentir une difficulté à vivre sa sexualité sans écran.
Sexualité payante ou dépenses répétées
Le recours à des services sexuels, contenus payants ou échanges rémunérés peut entraîner des dépenses excessives, des dettes ou une dissimulation financière.
Sexualité associée aux substances
L’alcool, les stimulants, le GHB ou d’autres substances peuvent être utilisés pour diminuer les inhibitions, augmenter l’endurance ou rechercher une expérience plus intense. Cette association augmente les risques médicaux et sexuels.
Quels signes doivent alerter ?
Plusieurs manifestations peuvent indiquer que la sexualité devient difficile à contrôler :
- pensées sexuelles très envahissantes ;
- temps important consacré à rechercher ou organiser les comportements ;
- comportements plus longs ou plus fréquents que prévu ;
- tentatives répétées de réduction sans résultat durable ;
- sentiment d’être poussé à agir malgré ses décisions ;
- poursuite malgré les conflits de couple ;
- manque de sommeil ;
- baisse du fonctionnement professionnel ou scolaire ;
- dépenses importantes ;
- prises de risques sexuels ;
- mensonges ou dissimulation ;
- recherche d’une intensité croissante ;
- utilisation de la sexualité pour échapper à une émotion ;
- sentiment de vide, de honte ou de culpabilité après le comportement ;
- satisfaction de plus en plus faible ;
- reprise rapide après une décision d’arrêt.
Un seul signe ne suffit pas à établir un trouble. C’est leur répétition, leur intensité et leur retentissement qui doivent être pris en compte.
Pourquoi peut-il être difficile de réduire ?
Les comportements sexuels peuvent produire rapidement :
- de l’excitation ;
- du plaisir ;
- un sentiment de valorisation ;
- une diminution de l’anxiété ;
- une interruption de l’ennui ;
- un soulagement de la solitude ;
- une impression de connexion ;
- une fuite temporaire après un conflit ou un rejet.
Le cerveau apprend progressivement à associer certaines situations au comportement sexuel :
- stress ;
- solitude ;
- ennui ;
- rejet ;
- frustration ;
- conflit conjugal ;
- fatigue ;
- alcool ou substances ;
- applications de rencontre ;
- images suggestives ;
- sentiment de ne pas être désirable.
La personne ne recherche alors plus seulement une expérience sexuelle. Elle peut utiliser le comportement pour modifier rapidement son état émotionnel.
Quels sont les apports des TCC ?
Les thérapies cognitives et comportementales étudient les liens entre :
- les situations ;
- les pensées ;
- les émotions ;
- les sensations corporelles ;
- les comportements sexuels ;
- leurs conséquences immédiates et différées.
Les recherches disponibles restent encore limitées, mais elles apportent des résultats encourageants. Un essai contrôlé randomisé portant sur une TCC de groupe a constaté une diminution des symptômes chez des hommes présentant un trouble hypersexuel. Une revue systématique a également identifié des données favorables aux interventions comportant des composantes cognitives et comportementales, tout en soulignant le besoin d’études supplémentaires et plus rigoureuses.
Comprendre la fonction du comportement
La première étape consiste à identifier ce que le comportement apporte :
- diminuer l’anxiété ;
- soulager la solitude ;
- se sentir désirable ;
- retrouver une sensation de valeur ;
- fuir un conflit ;
- rechercher de l’intensité ;
- interrompre l’ennui ;
- éviter une humeur dépressive ;
- apaiser une blessure de rejet ;
- gérer un traumatisme.
L’objectif n’est pas seulement d’empêcher un comportement. Il est de comprendre le besoin auquel il répond et de construire d’autres solutions.
Réaliser une analyse fonctionnelle
La personne peut relever :
- la situation ;
- le moment ;
- les personnes présentes ;
- l’émotion ;
- la pensée automatique ;
- l’intensité de l’envie ;
- le comportement envisagé ;
- les moyens utilisés ;
- le soulagement immédiat ;
- les conséquences différées.
Exemple
Situation : seul après une dispute.
Pensée automatique : « J’ai besoin de me sentir désiré. »
Émotion : tristesse, rejet et colère.
Comportement : ouverture d’une application et recherche d’une rencontre.
Conséquence immédiate : excitation et sentiment de valorisation.
Conséquence différée : fatigue, culpabilité et aggravation du conflit.
Cette analyse permet d’identifier les moments où une autre décision reste possible.
Travailler les pensées automatiques
Certaines pensées peuvent entretenir le comportement :
« Je ne peux pas supporter cette envie. »
« J’ai besoin de séduire pour avoir de la valeur. »
« Je ne peux pas me détendre autrement. »
« Une rencontre ne changera rien. »
« Si je refuse, je vais rester seul. »
« J’ai déjà commencé, autant continuer. »
« Puisque j’ai recommencé, tout est perdu. »
La thérapie aide à construire des pensées alternatives :
« L’envie est intense, mais elle peut diminuer. »
« Ma valeur ne dépend pas d’une validation sexuelle immédiate. »
« Je peux attendre avant de prendre une décision. »
« Un écart n’annule pas mes progrès. »
« Je peux chercher une relation ou un soutien sans passer immédiatement par la sexualité. »
Apprendre à gérer le craving
Les stratégies peuvent comprendre :
- différer l’action de dix à trente minutes ;
- fermer l’application ;
- quitter le lieu déclencheur ;
- appeler une personne de confiance ;
- marcher ;
- pratiquer une activité incompatible ;
- observer l’envie comme une vague ;
- éviter l’alcool lors des périodes à risque ;
- relire un plan d’urgence ;
- limiter l’accès immédiat à l’argent ;
- préparer une réponse aux invitations.
L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir d’envie. Il est de retrouver une capacité à choisir avant d’agir.
Modifier l’environnement
Selon la situation, il peut être utile de :
- désinstaller temporairement certaines applications ;
- désactiver les notifications ;
- bloquer certains contacts ;
- éviter certains lieux ;
- limiter l’utilisation nocturne du téléphone ;
- préparer les soirées et les week-ends ;
- ne pas conserver de moyens de paiement immédiatement accessibles ;
- éviter les substances diminuant le contrôle ;
- demander un soutien à une personne choisie.
Ces modifications créent un délai entre le déclencheur et le comportement.
Travailler l’estime de soi et la peur du rejet
Certaines personnes utilisent la sexualité pour vérifier qu’elles sont attirantes ou éviter un sentiment d’abandon.
Le travail peut porter sur :
- les croyances de dévalorisation ;
- l’image corporelle ;
- la dépendance au regard de l’autre ;
- l’affirmation de soi ;
- les limites relationnelles ;
- la peur du rejet ;
- la construction d’autres sources de valeur personnelle.
Développer une sexualité plus choisie
L’objectif des TCC n’est pas de supprimer la sexualité.
Le travail peut aider à :
- distinguer le désir d’une urgence compulsive ;
- reconnaître les préférences réelles ;
- ralentir ;
- rester attentif aux sensations ;
- diminuer la focalisation sur la performance ;
- mieux poser ses limites ;
- respecter celles du partenaire ;
- développer une intimité non exclusivement sexuelle ;
- accepter qu’une relation sexuelle ne soit pas toujours très intense ;
- communiquer davantage.
Le but est de retrouver une sexualité consentie, satisfaisante et compatible avec les valeurs de la personne.
Traiter les difficultés associées
Une prise en charge complémentaire peut être nécessaire en présence :
- d’un trouble anxieux ;
- d’une dépression ;
- d’un traumatisme ;
- d’un trouble bipolaire ;
- d’un TDAH ;
- d’une consommation de substances ;
- d’un trouble obsessionnel-compulsif ;
- de difficultés conjugales ;
- de troubles sexuels.
Une augmentation inhabituelle de la sexualité accompagnée d’une réduction du besoin de sommeil, d’une grande agitation, d’une accélération des pensées ou de dépenses importantes peut notamment évoquer un épisode maniaque ou hypomaniaque. Une évaluation médicale ou psychiatrique est alors nécessaire.
Prévenir les rechutes
Une nouvelle conduite sexuelle ne signifie pas que tout le travail est perdu.
L’épisode peut être analysé :
- quel était le déclencheur ?
- quelle émotion était présente ?
- quelle pensée a précédé l’action ?
- quel accès était disponible ?
- quelle stratégie a manqué ?
- quelles conséquences ont suivi ?
- que faudra-t-il modifier ?
L’objectif est de transformer l’écart en information utile plutôt qu’en preuve d’échec.
Réduction ou arrêt ?
L’objectif dépend du comportement, des risques et des priorités de la personne.
Il peut s’agir :
- de réduire la fréquence ;
- de limiter certaines conduites ;
- d’arrêter les comportements à risque ;
- de supprimer temporairement certaines applications ;
- d’interrompre les comportements sexuels payants ;
- de ne plus associer sexualité et substances ;
- de retrouver une sexualité de couple ;
- d’arrêter un comportement précis ;
- de sortir entièrement d’un cycle compulsif.
Lorsque la première action entraîne presque systématiquement une perte de contrôle, un objectif d’arrêt complet de ce comportement particulier peut être plus simple à maintenir qu’une réduction.
Comment se déroule un accompagnement ?
Les premières consultations permettent généralement d’évaluer :
- les comportements concernés ;
- leur fréquence et leur durée ;
- les situations déclenchantes ;
- le craving ;
- les tentatives précédentes de réduction ;
- les conséquences relationnelles ;
- les risques sexuels ;
- les consommations de substances ;
- le sommeil ;
- l’anxiété ;
- l’humeur ;
- les traumatismes éventuels ;
- les difficultés sexuelles ;
- la motivation au changement ;
- les ressources disponibles.
Le suivi peut ensuite associer :
- une analyse fonctionnelle ;
- un relevé des comportements ;
- des stratégies de gestion du craving ;
- une restructuration cognitive ;
- une modification de l’environnement ;
- un travail sur les émotions ;
- l’affirmation de soi ;
- une prévention des rechutes ;
- une thérapie de couple ;
- une prise en charge sexologique ;
- une coordination médicale ou psychiatrique.
4. « Mon couple est affecté par les mensonges »
Le partenaire a découvert des rencontres, des dépenses, des échanges ou des comportements cachés.
La personne promet un arrêt immédiat, mais ne prépare aucune stratégie. Lorsqu’un nouvel épisode survient, elle le cache par honte.
Le travail peut comprendre :
- la responsabilisation sans humiliation ;
- l’analyse du cycle ;
- des engagements réalistes ;
- un plan de prévention ;
- une communication plus transparente ;
- un travail sur la honte ;
- une thérapie de couple lorsque les deux partenaires le souhaitent.
Le partenaire ne doit pas devenir le thérapeute ou le surveillant permanent.
5. « J’arrête quelques semaines, puis je recommence »
La personne réduit pendant une période calme. Un rejet, un conflit, une mauvaise nuit, une consommation d’alcool ou une période de stress réactive ensuite l’envie.
Elle pense :
« J’ai échoué. »
« Je ne changerai jamais. »
« Puisque j’ai recommencé, autant continuer. »
Le travail peut comprendre :
- l’identification des situations à haut risque ;
- la préparation d’un plan d’urgence ;
- la diminution des comportements facilitateurs ;
- la distinction entre un écart et une rechute durable ;
- une reprise rapide des stratégies ;
- la réduction de l’auto-jugement ;
- le renforcement de la motivation.
Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC
1. « Je recherche une rencontre dès que je me sens seul »
La solitude ou le sentiment de ne pas être désirable déclenche l’ouverture d’une application.
La personne pense :
« Si quelqu’un me désire, je me sentirai mieux. »
La rencontre procure une validation immédiate. Après coup, le sentiment de vide peut cependant revenir.
Le travail peut comprendre :
- l’identification des périodes de solitude à risque ;
- un délai avant l’ouverture des applications ;
- la gestion du craving ;
- un travail sur la valeur personnelle ;
- la reprise d’activités sociales ;
- la construction de liens non sexuels ;
- le traitement d’une éventuelle dépression.
L’objectif est de pouvoir rechercher de la proximité sans dépendre systématiquement d’une validation sexuelle immédiate.
2. « Je multiplie les partenaires malgré les risques »
La personne avait décidé de limiter les rencontres, mais la recherche de nouveauté et d’intensité prend le dessus.
Elle peut penser :
« Cette fois ne changera rien. »
« Je ferai attention. »
« Je m’arrêterai ensuite. »
Le travail peut comprendre :
- l’identification des situations à haut risque ;
- la préparation des soirées et des week-ends ;
- un plan de protection sexuelle ;
- la limitation de certaines applications ;
- un travail sur l’impulsivité ;
- l’analyse des pensées de minimisation ;
- une coordination avec un professionnel de santé sexuelle.
3. « Je me masturbe de façon répétitive pour calmer mon anxiété »
La masturbation apparaît dès qu’une tension, une inquiétude ou un vide se manifeste.
Le soulagement rapide renforce le comportement, mais l’anxiété revient ensuite.
Le travail peut comprendre :
- l’identification des sensations anxieuses ;
- l’observation de l’envie ;
- un délai progressif avant le comportement ;
- des stratégies de régulation émotionnelle ;
- une exposition aux émotions sans réponse sexuelle immédiate ;
- un traitement de l’anxiété ;
- le développement d’autres moyens d’apaisement.
L’objectif n’est pas d’interdire la masturbation, mais de retrouver un choix et de réduire son utilisation automatique face aux émotions.
Quand consulter ?
Une consultation peut être utile lorsque :
- vous ne parvenez plus à contrôler certains comportements sexuels ;
- vous y consacrez beaucoup de temps ;
- vous avez essayé de réduire sans y parvenir ;
- votre couple ou votre travail est affecté ;
- vous prenez des risques sexuels ;
- vous dépensez des sommes importantes ;
- vous utilisez la sexualité pour gérer vos émotions ;
- vous ressentez de la honte ou une humeur dépressive ;
- vous avez besoin d’une intensité croissante ;
- vous associez sexualité et substances ;
- vous souhaitez simplement faire le point.
Il n’est pas nécessaire de se considérer comme dépendant pour demander de l’aide.
Quand demander une aide rapide ?
Une évaluation médicale ou psychiatrique rapide est indiquée en présence :
- d’idées suicidaires ;
- d’une détresse psychologique majeure ;
- d’un épisode maniaque ou d’une agitation inhabituelle ;
- d’une perte de contrôle mettant une personne en danger ;
- d’une consommation dangereuse de substances ;
- d’une exposition récente au VIH ;
- d’une violence sexuelle subie ou commise ;
- d’un risque de comportement sans consentement.
Une démarche confidentielle et sans jugement
Parler de sexualité peut susciter de la honte, de la peur ou la crainte d’être jugé.
L’accompagnement vise à comprendre :
- la fonction du comportement ;
- les émotions qui le déclenchent ;
- les pensées qui l’entretiennent ;
- ses conséquences ;
- les valeurs de la personne ;
- les changements souhaités.
Le but n’est pas d’imposer une abstinence sexuelle ou une norme morale. Il est de retrouver une sexualité consentie, choisie, satisfaisante et compatible avec les autres domaines de la vie.
Prendre rendez-vous
Une première consultation permet de faire le point sur :
- les comportements concernés ;
- les situations déclenchantes ;
- la perte de contrôle ;
- les conséquences ;
- les risques ;
- les difficultés émotionnelles ou relationnelles ;
- les objectifs de réduction ou d’arrêt ;
- la nécessité éventuelle d’un accompagnement complémentaire.
Les consultations peuvent être proposées en présentiel ou en visioconférence, dans un cadre confidentiel, bienveillant et sans jugement.
Les informations proposées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation individuelle. En présence d’idées suicidaires, d’une détresse majeure, d’un épisode maniaque ou d’un danger immédiat, contactez rapidement un professionnel de santé ou les services d’urgence.