TCC et addiction au cannabis à Oyonnax et en visio
L’addiction au cannabis peut se manifester par une consommation régulière, une difficulté à réduire ou arrêter, une envie forte de fumer, une consommation pour dormir, se calmer, éviter certaines émotions, supporter l’ennui, diminuer l’anxiété ou couper les pensées.
Au départ, le cannabis peut être perçu comme une aide : détente, apaisement, sommeil, plaisir, convivialité ou moyen de “déconnecter”. Mais avec le temps, la consommation peut prendre davantage de place, devenir automatique et entraîner des conséquences sur la motivation, le sommeil, l’humeur, la mémoire, la concentration, les relations, les études, le travail ou l’estime de soi.
Les thérapies cognitives et comportementales, ou TCC, permettent de mieux comprendre les mécanismes qui entretiennent l’addiction au cannabis : craving, habitudes, pensées de permission, déclencheurs émotionnels, consommation du soir, anxiété, évitement, ennui, perte de motivation et prévention des rechutes.
Au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax, Florence CHATENET propose un accompagnement orienté TCC pour les personnes confrontées à une consommation problématique de cannabis, à une difficulté à arrêter, à une perte de contrôle, à des rechutes répétées ou à une dépendance psychologique.
Les séances peuvent avoir lieu en présentiel à Oyonnax, dans l’Ain, ou en visioconférence partout en France. La visio permet également d’accompagner les expatriés et les personnes francophones vivant à l’étranger, lorsqu’elles souhaitent consulter en français.
Les symptômes possibles lors de la diminution ou de l’arrêt
Après une consommation régulière ou quotidienne, une réduction importante peut entraîner un syndrome de sevrage. Son intensité varie selon les personnes, la fréquence de consommation, les produits utilisés et le contexte psychologique.
Les manifestations les plus fréquentes peuvent comprendre :
- irritabilité ou nervosité ;
- agitation ;
- anxiété ;
- difficultés d’endormissement ;
- rêves particulièrement intenses ;
- baisse de l’appétit ;
- humeur dépressive ;
- fatigue ;
- maux de tête ou inconfort physique ;
- envies fortes de consommer.
Ces réactions sont généralement temporaires. Leur présence ne signifie pas que l’arrêt est impossible. Les anticiper permet de préparer des stratégies adaptées et de ne pas interpréter un inconfort passager comme un échec.
Un avis médical peut être utile lorsqu’il existe une consommation importante, des troubles psychiatriques associés, une prise simultanée d’autres substances ou des symptômes préoccupants.
Quand la consommation prend progressivement trop de place
Le cannabis peut être consommé occasionnellement, régulièrement ou quotidiennement. Toutes les consommations ne correspondent pas à une addiction. Cependant, l’usage devient problématique lorsqu’il est difficile à contrôler, qu’il répond systématiquement à un besoin de soulagement ou qu’il entraîne des conséquences négatives sur la santé, les relations, les études, le travail ou les projets personnels.
La personne peut avoir conscience de ces conséquences tout en continuant à consommer. Cette difficulté ne traduit pas simplement un manque de volonté. L’addiction repose sur des mécanismes d’apprentissage, de renforcement et de régulation émotionnelle qui peuvent rendre le changement particulièrement difficile.
En France, le cannabis est la substance illicite la plus consommée. En 2023, 50,4 % des adultes âgés de 18 à 64 ans déclaraient en avoir déjà consommé au cours de leur vie et 10,8 % en avaient consommé dans l’année. L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives estime également à environ 900 000 le nombre d’usagers quotidiens en France. Ces chiffres décrivent des niveaux de consommation et ne signifient pas que toutes ces personnes présentent une addiction.
À l’échelle de l’Union européenne, environ 1,5 % des adultes, soit 4,3 millions de personnes, consommeraient du cannabis quotidiennement ou presque quotidiennement. Les usages fréquents sont ceux qui exposent le plus au risque de dépendance et de difficultés physiques, psychologiques ou sociales.
Qu’est-ce qu’une addiction au cannabis ?
Une addiction au cannabis, également appelée trouble de l’usage du cannabis, ne se définit pas uniquement par la quantité consommée. Elle correspond surtout à une perte progressive de liberté par rapport au produit.
Plusieurs signes peuvent être présents :
- une envie forte ou difficilement contrôlable de consommer ;
- des consommations plus importantes ou plus longues que prévu ;
- des tentatives répétées de diminution ou d’arrêt qui n’aboutissent pas ;
- beaucoup de temps consacré à obtenir, consommer ou récupérer des effets du cannabis ;
- une augmentation progressive de la tolérance ;
- des symptômes désagréables lors de la réduction ou de l’arrêt ;
- la poursuite de la consommation malgré ses conséquences ;
- un désinvestissement des activités, des relations ou des responsabilités ;
- une consommation dans des situations à risque ;
- le sentiment de ne plus pouvoir se détendre, dormir ou fonctionner normalement sans cannabis.
L’intensité du trouble peut varier. Certaines personnes conservent un fonctionnement extérieur apparemment satisfaisant tout en ayant le sentiment que leur vie quotidienne s’organise de plus en plus autour de la consommation.
Pourquoi peut-il être difficile de réduire ou d’arrêter ?
La consommation de cannabis procure généralement des effets immédiats : détente, ralentissement des pensées, diminution temporaire de l’anxiété, facilité d’endormissement, sentiment d’évasion ou augmentation momentanée du plaisir.
Ces effets peuvent renforcer rapidement le comportement. Le cerveau apprend progressivement à associer certaines situations à la consommation :
- rentrer chez soi après le travail ;
- retrouver certains amis ;
- terminer une tâche ;
- ressentir de l’ennui ;
- vivre une contrariété ;
- se préparer à dormir ;
- être seul ;
- écouter de la musique ou jouer à un jeu vidéo.
Avec le temps, ces contextes peuvent déclencher automatiquement une envie de consommer. Le cannabis devient alors une réponse habituelle à de nombreux états internes.
Le cercle peut être résumé ainsi :
Une situation ou une émotion difficile apparaît → la personne consomme → elle ressent un soulagement immédiat → elle dispose de moins d’occasions d’apprendre à gérer autrement la difficulté → le recours au cannabis devient plus automatique.
À long terme, la consommation peut elle-même contribuer à renforcer certaines difficultés : baisse de motivation, sommeil moins réparateur, isolement, conflits, anxiété, difficultés de concentration ou diminution de la confiance en soi.
Quels sont les risques possibles d’une consommation problématique ?
Les effets varient selon la fréquence, l’âge de début, la quantité consommée, le taux de THC, le mode de consommation et les vulnérabilités individuelles.
Une consommation importante peut être associée à :
- des difficultés de mémoire, d’attention ou de concentration ;
- une diminution des performances scolaires ou professionnelles ;
- des troubles du sommeil ;
- une perte de motivation ou d’intérêt ;
- une augmentation de l’anxiété chez certaines personnes ;
- des attaques de panique ;
- une aggravation de symptômes dépressifs ;
- des conflits familiaux ou conjugaux ;
- des difficultés financières ;
- une exposition accrue aux accidents, notamment lors de la conduite ;
- des symptômes respiratoires lorsqu’il est fumé ;
- une dépendance ;
- l’apparition ou l’aggravation de symptômes psychotiques chez certaines personnes vulnérables.
Le cannabis ne produit pas les mêmes effets chez tout le monde. Une expérience vécue comme relaxante par une personne peut provoquer une anxiété intense, un sentiment de persécution ou une désorganisation chez une autre.
Une confusion importante, des hallucinations, des idées délirantes, une agitation inhabituelle ou des idées suicidaires nécessitent une évaluation médicale urgente.
Quel est l’apport des TCC dans l’addiction au cannabis ?
Les thérapies cognitives et comportementales, ou TCC, sont des psychothérapies structurées qui étudient les liens entre les situations, les pensées, les émotions, les sensations corporelles et les comportements.
Dans l’addiction au cannabis, elles permettent notamment de comprendre :
- ce qui déclenche l’envie de consommer ;
- ce que la personne recherche ou évite grâce au produit ;
- les conséquences immédiates et différées de la consommation ;
- les pensées qui favorisent la reprise ;
- les habitudes et les contextes associés au cannabis ;
- les compétences qu’il est nécessaire de développer autrement.
L’Organisation mondiale de la Santé indique que les interventions psychosociales fondées sur les TCC, l’entretien motivationnel ou les approches familiales peuvent être proposées dans la prise en charge de la dépendance au cannabis.
Clarifier la motivation sans jugement
Une personne peut simultanément vouloir arrêter et craindre de perdre les bénéfices qu’elle associe au cannabis. Elle peut souhaiter retrouver sa motivation tout en redoutant l’ennui, vouloir mieux dormir tout en pensant qu’elle ne pourra jamais s’endormir sans consommer.
Le thérapeute ne cherche pas à imposer une décision. Il aide la personne à examiner ses hésitations, à identifier ce qui compte pour elle et à choisir des objectifs cohérents avec ses priorités.
Repérer les déclencheurs
Un travail d’observation permet d’identifier les moments, les émotions et les pensées associés à la consommation.
La personne peut, par exemple, noter :
- le contexte ;
- l’intensité de l’envie ;
- l’émotion ressentie ;
- la pensée présente ;
- la quantité consommée ;
- les effets immédiats ;
- les conséquences le lendemain.
Cette analyse évite de réduire le problème à une simple question de volonté. Elle permet de construire des réponses précises à chaque situation à risque.
Modifier les habitudes
Une consommation régulière est souvent intégrée dans de nombreux rituels. Le travail consiste à modifier progressivement l’environnement, les horaires, les fréquentations ou les activités qui rendent la consommation automatique.
Apprendre à traverser les envies
Une envie de consommer peut être intense sans être permanente. Les TCC apprennent à l’observer, à la différer et à la laisser diminuer sans y répondre immédiatement.
Développer d’autres stratégies émotionnelles
Lorsque le cannabis sert à gérer le stress, la solitude, la colère, l’anxiété ou l’ennui, réduire la consommation sans développer d’alternative laisse un vide important.
La thérapie aide alors à construire d’autres moyens de régulation : résolution de problèmes, activité physique, relaxation, affirmation de soi, exposition aux situations anxiogènes, reprise d’activités gratifiantes ou amélioration du sommeil.
Prévenir la rechute
Une reprise ponctuelle ne signifie pas nécessairement que tout le travail est perdu. Elle peut être analysée afin de comprendre ce qui s’est passé et d’ajuster le plan thérapeutique.
L’objectif est d’éviter la pensée en tout ou rien : « J’ai fumé une fois, donc j’ai tout raté ». Cette interprétation peut transformer un écart ponctuel en reprise durable.
Arrêt complet ou réduction de la consommation ?
Les objectifs sont définis selon la situation, les risques, les préférences de la personne et les résultats obtenus.
Pour certaines personnes, l’objectif sera un arrêt complet. Pour d’autres, une première étape pourra être :
- supprimer la consommation matinale ;
- instaurer plusieurs jours sans cannabis ;
- ne plus consommer seul ;
- réduire les quantités disponibles ;
- retarder la première consommation ;
- interrompre la conduite après consommation ;
- diminuer progressivement la fréquence ;
- préparer une date d’arrêt.
Une démarche de réduction peut constituer un objectif en elle-même ou une étape vers l’abstinence. Cependant, lorsqu’une personne perd systématiquement le contrôle après la première consommation, un objectif d’arrêt complet peut être plus simple à maintenir qu’une tentative de consommation contrôlée.
Comment se déroule un accompagnement ?
Les premières séances permettent d’évaluer :
- la fréquence et la quantité consommées ;
- les produits et les modes de consommation ;
- l’ancienneté de l’usage ;
- les contextes et les déclencheurs ;
- les tentatives précédentes de réduction ;
- les symptômes de sevrage ;
- les conséquences personnelles, médicales et sociales ;
- les autres consommations éventuelles ;
- l’état émotionnel et psychologique ;
- les ressources et le soutien disponibles.
Des objectifs concrets sont ensuite définis. Le suivi peut associer :
- un relevé des consommations ;
- une analyse fonctionnelle ;
- des stratégies de contrôle des déclencheurs ;
- des techniques de gestion de l’envie ;
- un travail sur les pensées automatiques ;
- la planification d’activités alternatives ;
- un accompagnement du sommeil ;
- une préparation aux situations sociales ;
- un plan de prévention de la rechute.
Lorsque cela est nécessaire, le psychologue peut proposer une coordination avec un médecin, un psychiatre, un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie ou un autre professionnel.
Quand consulter ?
Une consultation peut être utile lorsque :
- vous consommez davantage ou plus souvent que vous ne le souhaitez ;
- vous avez déjà essayé de réduire sans y parvenir durablement ;
- vous pensez régulièrement au cannabis ;
- vous ne parvenez plus à vous détendre ou à dormir sans consommer ;
- votre mémoire, votre concentration ou votre motivation diminuent ;
- votre entourage s’inquiète ;
- votre consommation provoque des conflits ;
- vous négligez certaines activités ou responsabilités ;
- vous conduisez après avoir consommé ;
- vous éprouvez de l’anxiété, de la méfiance ou des attaques de panique ;
- vous avez besoin d’augmenter les quantités pour obtenir les mêmes effets ;
- vous ressentez un manque lors de l’arrêt ;
- vous souhaitez simplement faire le point sur votre consommation.
Il n’est pas nécessaire de se considérer comme « dépendant » pour demander de l’aide. Une consultation peut également servir à évaluer les risques, clarifier ses objectifs ou prévenir l’aggravation d’une consommation.
Une démarche confidentielle et sans jugement
Parler de sa consommation peut susciter de la honte, de la culpabilité ou la crainte d’être jugé. Le travail thérapeutique vise au contraire à comprendre la fonction du comportement et les difficultés qui l’entretiennent.
Le patient reste acteur des décisions. Les objectifs sont discutés ensemble et peuvent évoluer au cours de l’accompagnement.
La thérapie ne consiste pas seulement à supprimer un produit. Elle cherche à aider la personne à retrouver une capacité de choix, à développer d’autres réponses aux difficultés et à reconstruire un quotidien compatible avec ses valeurs.
Prendre rendez-vous
Une première consultation permet de faire le point sur votre consommation de cannabis, ses fonctions, ses conséquences et les changements que vous envisagez.
Cette rencontre permet notamment :
- d’évaluer votre situation ;
- de définir un premier objectif ;
- de répondre à vos questions ;
- d’identifier les facteurs qui entretiennent la consommation ;
- d’envisager un accompagnement adapté.
La première séance ne vous engage pas dans une durée déterminée. Elle constitue un espace confidentiel permettant de comprendre votre situation et d’examiner les différentes possibilités de changement.
Les informations proposées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation individuelle. En présence d’hallucinations, d’une confusion importante, d’idées délirantes, d’idées suicidaires, d’un comportement dangereux ou d’un risque immédiat pour vous-même ou pour une autre personne, contactez sans attendre les services d’urgence.
Cannabis, tabac et autres consommations
Le cannabis est fréquemment fumé avec du tabac. Une personne souhaitant arrêter le cannabis peut alors ressentir simultanément un manque de nicotine, ce qui complique parfois la démarche.
Il est utile d’évaluer séparément :
- la dépendance au cannabis ;
- la dépendance au tabac ;
- la fonction de chaque substance ;
- les habitudes liées au geste de fumer.
La consommation d’alcool ou d’autres substances doit également être prise en compte. L’alcool peut diminuer le contrôle, augmenter l’envie de cannabis et favoriser une reprise non anticipée.
Selon la situation, une coordination médicale ou addictologique peut permettre d’élaborer une stratégie plus complète.
Cannabis et troubles psychologiques associés
Certaines personnes consomment pour apaiser une anxiété, des symptômes dépressifs, un traumatisme, des difficultés attentionnelles ou un sentiment de vide.
Dans ces situations, il est important de ne pas travailler uniquement sur le produit. Lorsque la fonction psychologique de la consommation n’est pas prise en compte, l’arrêt peut laisser réapparaître brutalement les difficultés que le cannabis masquait temporairement.
L’accompagnement peut donc porter simultanément sur :
- la consommation ;
- l’anxiété ;
- l’humeur ;
- le sommeil ;
- les traumatismes ;
- l’estime de soi ;
- les relations ;
- l’organisation du quotidien.
Lorsque des symptômes psychiatriques importants sont présents, une évaluation par un médecin ou un psychiatre peut être indiquée.
Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC
1. « Je fume tous les soirs pour dormir »
La personne consomme depuis plusieurs années avant de se coucher. Elle affirme que le cannabis est le seul moyen de ralentir ses pensées et de trouver le sommeil.
Lorsqu’elle essaie d’arrêter, elle met plus de temps à s’endormir, se réveille davantage et fait des rêves intenses. Elle conclut : « Sans cannabis, je suis insomniaque ».
Cette conviction entretient la consommation. Pourtant, les premières nuits suivant une diminution peuvent être perturbées par le sevrage et ne reflètent pas nécessairement le fonctionnement du sommeil à long terme.
Le travail en TCC peut comprendre :
- l’observation précise des horaires de consommation et de sommeil ;
- une information sur les perturbations temporaires liées au sevrage ;
- l’identification des pensées anxieuses au coucher ;
- la mise en place d’horaires plus réguliers ;
- la réduction des activités stimulantes dans le lit ;
- l’apprentissage de stratégies pour répondre aux ruminations ;
- une diminution progressive ou une préparation à l’arrêt ;
- un plan spécifique pour les premières nuits sans cannabis.
La personne apprend à distinguer la fatigue, l’anxiété du coucher et les effets du sevrage. Elle construit progressivement une capacité à dormir sans dépendre systématiquement du produit.
2. « Je consomme dès que je suis stressé »
Dans cette situation, le cannabis est principalement utilisé comme moyen de régulation émotionnelle. Une contrariété professionnelle, un conflit, une sensation de tension ou une anticipation anxieuse déclenche l’envie.
La consommation apporte un soulagement rapide. Toutefois, le problème à l’origine du stress reste souvent non résolu. La personne peut reporter une conversation difficile, éviter une démarche administrative ou se désengager d’une responsabilité.
Le lendemain, elle retrouve la même difficulté, à laquelle s’ajoutent parfois culpabilité, fatigue et baisse de confiance.
Le travail thérapeutique peut consister à :
- repérer les premiers signes de tension ;
- différencier les problèmes sur lesquels il est possible d’agir des inquiétudes hypothétiques ;
- identifier la pensée « Je ne peux pas supporter ce stress sans fumer » ;
- apprendre à différer la consommation ;
- utiliser des stratégies brèves de régulation émotionnelle ;
- développer la résolution de problèmes ;
- travailler l’affirmation de soi ;
- s’exposer progressivement aux émotions sans les neutraliser immédiatement.
L’objectif est que le cannabis cesse d’être la réponse automatique à toute émotion désagréable.
3. « Tous mes amis consomment »
La personne souhaite réduire, mais ses relations sociales sont étroitement liées au cannabis. Les soirées s’organisent autour de la consommation et refuser un joint lui donne l’impression de rompre avec le groupe.
Elle peut craindre d’être jugée, de ne plus savoir quoi dire ou de ne plus éprouver de plaisir sans consommer.
Le problème n’est donc pas seulement pharmacologique. Il concerne également l’appartenance au groupe, l’identité et les compétences sociales.
Le travail en TCC peut comprendre :
- l’identification des situations sociales les plus difficiles ;
- la préparation de réponses simples pour refuser ;
- des exercices d’affirmation de soi ;
- la planification de rencontres dans des contextes différents ;
- la recherche d’activités sociales non centrées sur le cannabis ;
- l’analyse des réactions réelles de l’entourage ;
- une réflexion sur les relations qui respectent ou non la décision de la personne ;
- la préparation d’une stratégie de sortie en cas de pression.
L’objectif n’est pas nécessairement de rompre avec tous ses proches, mais de retrouver la possibilité de choisir sans dépendre de la dynamique du groupe.
4. « Je ne fais plus rien, mais je fume parce que je m’ennuie »
La consommation peut progressivement remplacer d’autres sources de satisfaction. Les activités demandant un effort paraissent moins attirantes et les journées deviennent peu structurées.
La personne fume parce qu’elle s’ennuie, mais la consommation diminue ensuite son énergie ou sa capacité à commencer une activité. Elle reste chez elle, reporte ses projets et s’ennuie davantage.
Un cercle d’inactivité s’installe :
Ennui → consommation → ralentissement ou passivité → diminution des activités → davantage d’ennui.
Le travail peut associer :
- un relevé des activités et de la consommation ;
- la planification de tâches simples avant les moments habituels de consommation ;
- la reprise progressive d’activités gratifiantes ;
- la distinction entre « ne pas avoir envie » et « ne pas être capable » ;
- des objectifs très concrets et mesurables ;
- la réduction de l’accessibilité du cannabis ;
- un travail sur les pensées défaitistes ;
- la valorisation des progrès, même modestes.
Il ne s’agit pas d’attendre que la motivation revienne spontanément. L’action progressive peut elle-même contribuer au retour de l’intérêt et du sentiment d’efficacité.
5. « J’arrête quelques jours, puis je reprends et j’abandonne tout »
La personne a déjà réalisé plusieurs tentatives d’arrêt. Elle tient quelques jours ou quelques semaines, puis consomme lors d’une soirée, après un conflit ou pendant une période de fatigue.
Elle interprète cette reprise comme la preuve qu’elle est incapable de changer : « Tout est fichu, autant recommencer comme avant ».
Cette pensée en tout ou rien transforme un écart limité en rechute durable.
Le travail de prévention de la rechute peut comprendre :
- l’analyse des tentatives précédentes sans jugement ;
- l’identification des situations à haut risque ;
- la préparation de réponses adaptées à chaque déclencheur ;
- la distinction entre un écart ponctuel et un retour durable aux habitudes antérieures ;
- un plan précis à appliquer après une consommation ;
- la réduction de la culpabilité ;
- le renforcement des raisons personnelles de changer ;
- la mobilisation rapide d’un soutien.
Un plan peut prévoir de jeter le produit restant, contacter une personne de confiance, reprendre immédiatement les stratégies utiles et analyser l’épisode lors de la séance suivante.
L’objectif est de remplacer « J’ai échoué » par « Une difficulté est survenue ; je peux comprendre ce qui s’est passé et reprendre mon objectif ».