TCC et addiction aux jeux vidéo à Oyonnax et en visio
L’addiction aux jeux vidéo, ou usage problématique du gaming, se manifeste par une difficulté à limiter le temps de jeu, malgré des conséquences sur le sommeil, les études, le travail, la vie familiale, les relations, l’humeur, l’activité physique ou l’estime de soi.
Les jeux vidéo peuvent être une source de plaisir, de détente, de lien social, de stratégie, de créativité ou de compétition. Ils deviennent problématiques lorsque le jeu prend une place excessive, devient difficile à interrompre, sert principalement à éviter des émotions ou entraîne une perte de contrôle dans le quotidien.
Les thérapies cognitives et comportementales, ou TCC, permettent de mieux comprendre les mécanismes qui entretiennent l’usage problématique des jeux vidéo : recherche de récompense, progression, compétition, appartenance au groupe, évitement émotionnel, anxiété, ennui, solitude, procrastination, pensées de permission, sommeil perturbé et prévention des rechutes.
Au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax, Florence CHATENET propose un accompagnement orienté TCC pour les personnes confrontées à l’addiction aux jeux vidéo, au temps de jeu excessif, à la difficulté à s’arrêter, aux conflits familiaux autour du gaming ou à la perte de contrôle liée aux jeux.
Les séances peuvent avoir lieu en présentiel à Oyonnax, dans l’Ain, ou en visioconférence partout en France. La visio permet également d’accompagner les expatriés et les personnes francophones vivant à l’étranger, lorsqu’elles souhaitent consulter en français.
Les conséquences possibles
Sur le sommeil et la santé physique
Les parties tardives, les événements organisés dans d’autres fuseaux horaires et la difficulté à interrompre une session peuvent entraîner un important décalage du sommeil.
La fatigue peut ensuite affecter la concentration, l’humeur, les résultats scolaires ou les performances professionnelles. Une pratique problématique peut également s’accompagner de sédentarité, de douleurs physiques et d’une négligence des repas ou de l’hygiène.
Sur les études ou le travail
La personne peut avoir de plus en plus de difficultés à commencer une tâche, à respecter ses horaires ou à maintenir son attention.
Les devoirs, les révisions ou les obligations professionnelles sont reportés afin de terminer une partie, d’atteindre un objectif ou de rejoindre une équipe en ligne.
Sur les relations
Les conflits avec les parents, le conjoint ou les proches peuvent se multiplier autour du temps de jeu.
La personne peut se sentir incomprise et se replier davantage dans l’univers du jeu. Les proches, de leur côté, peuvent se sentir impuissants, rejetés ou réduits à un rôle de surveillance.
Sur la santé psychologique
Le jeu excessif peut être associé à de l’irritabilité, de l’anxiété, une humeur dépressive, une baisse de l’estime de soi ou un sentiment d’échec.
Il est important de déterminer si ces difficultés sont principalement une conséquence de la pratique ou si le jeu est utilisé pour faire face à un mal-être déjà présent.
Le cercle de l’usage problématique
Le jeu peut progressivement devenir une réponse automatique à certaines situations.
Le déclencheur
Une émotion ou une situation difficile apparaît :
- stress ;
- ennui ;
- solitude ;
- conflit ;
- sentiment d’échec ;
- pression scolaire ou professionnelle ;
- peur d’être exclu d’un groupe de joueurs.
L’envie de jouer
Des pensées automatiques renforcent l’envie :
« Une seule partie me fera du bien. »
« Je dois me connecter pour ne pas pénaliser mon équipe. »
« Je m’arrêterai après cette mission. »
« Il faut que je récupère mon classement. »
Le jeu
La partie apporte de l’excitation, du plaisir, un sentiment de compétence, de reconnaissance ou d’appartenance à un groupe.
La personne oublie temporairement ses difficultés.
Les conséquences
La session dure plus longtemps que prévu. La personne se couche tard, reporte ses obligations ou entre en conflit avec son entourage.
Elle peut ensuite éprouver de la culpabilité, de la frustration ou un sentiment d’échec.
La reprise du jeu
Ces émotions désagréables deviennent de nouveaux déclencheurs. La personne rejoue pour ne plus y penser, ce qui entretient progressivement le cercle.
L’usage problématique des jeux vidéo, notamment en ligne
Quand le jeu prend une place excessive
Les jeux vidéo peuvent être une source de plaisir, de détente, de stimulation intellectuelle et de lien social. Jouer régulièrement ou participer à des jeux en ligne ne signifie donc pas nécessairement présenter une addiction.
La difficulté apparaît lorsque la personne ne parvient plus à contrôler sa pratique et que le jeu prend progressivement le dessus sur les autres domaines de sa vie.
Le trouble lié à l’usage des jeux vidéo peut concerner les jeux en ligne comme les jeux hors ligne. Il se caractérise principalement par :
- une diminution du contrôle sur le jeu ;
- une priorité croissante accordée au jeu au détriment des autres activités ;
- la poursuite ou l’intensification de la pratique malgré ses conséquences négatives.
Pour parler d’un véritable trouble, ces comportements doivent provoquer une souffrance importante ou une altération notable de la vie personnelle, familiale, sociale, scolaire ou professionnelle. Le trouble lié aux jeux vidéo est reconnu par l’Organisation mondiale de la santé et intégré à la Classification internationale des maladies, la CIM-11.
Une pratique intensive n’est pas toujours une addiction
Le nombre d’heures passées à jouer constitue un élément important, mais il ne suffit pas, à lui seul, à définir un trouble.
Une personne peut consacrer beaucoup de temps aux jeux vidéo pendant une période limitée, par exemple durant les vacances ou à la sortie d’un nouveau jeu, sans perdre durablement le contrôle de sa pratique.
À l’inverse, une durée de jeu moins spectaculaire peut être préoccupante lorsque la personne :
- ne parvient pas à respecter les limites qu’elle s’était fixées ;
- néglige son sommeil, sa santé ou son alimentation ;
- abandonne progressivement ses autres loisirs ;
- se désengage de ses études ou de son travail ;
- s’isole de son entourage ;
- continue à jouer malgré des conséquences déjà importantes.
Le problème ne réside donc pas dans le jeu lui-même, mais dans la place qu’il occupe et dans ses répercussions sur le quotidien.
Quelle est la prévalence du trouble lié aux jeux vidéo ?
Les estimations varient fortement selon les pays, les populations étudiées et les outils d’évaluation.
Une méta-analyse internationale a estimé la prévalence mondiale du trouble lié aux jeux vidéo à environ 3 %. Lorsque seuls les travaux utilisant les méthodes d’échantillonnage les plus rigoureuses étaient pris en compte, l’estimation était plus proche de 2 %. Ces résultats présentent toutefois une variabilité importante.
Les chiffres peuvent être plus élevés chez les enfants et les adolescents. Une méta-analyse publiée en 2025 a ainsi estimé une prévalence moyenne de 8,6 % chez les adolescents, tout en constatant des écarts considérables entre les études et les pays.
Ces pourcentages ne signifient pas que tous les jeunes qui jouent fréquemment présentent une addiction. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que le trouble ne concerne qu’une minorité des personnes qui jouent aux jeux vidéo.
En France, les données restent encore limitées et ne permettent pas de retenir un chiffre national unique et définitif.
Les signes pouvant alerter
Une consultation peut être envisagée lorsque plusieurs des situations suivantes se répètent :
- penser constamment au jeu ou à la prochaine connexion ;
- jouer plus longtemps que prévu ;
- ne pas parvenir à diminuer son temps de jeu ;
- repousser régulièrement l’heure du coucher ;
- être irritable ou très agité lorsqu’il est impossible de jouer ;
- mentir sur la durée réelle des parties ;
- négliger les études, le travail, les tâches quotidiennes ou l’hygiène ;
- abandonner progressivement les autres loisirs ;
- limiter les contacts sociaux aux relations entretenues dans le jeu ;
- jouer pour échapper au stress, à la tristesse ou à la solitude ;
- poursuivre malgré des conflits ou une baisse des résultats ;
- reprendre rapidement une pratique excessive après avoir essayé de l’arrêter.
Un signe isolé ne permet pas de conclure à l’existence d’un trouble. L’évaluation tient compte de la fréquence des difficultés, de leur durée et de leurs conséquences.
L’apport des thérapies cognitivo-comportementales
Les thérapies cognitivo-comportementales, ou TCC, offrent un cadre structuré pour comprendre ce qui entretient la pratique et retrouver progressivement un meilleur équilibre.
L’accompagnement ne consiste pas à juger le joueur, à dévaloriser son univers ou à lui interdire systématiquement tout accès aux jeux vidéo.
Le travail vise à l’aider à reprendre le pouvoir sur ses choix, son temps et son quotidien.
Les études disponibles suggèrent que les TCC peuvent réduire les symptômes du trouble et certaines difficultés dépressives associées. Les résultats concernant la diminution du nombre d’heures de jeu et le maintien des bénéfices à long terme restent cependant plus variables.
Comprendre la fonction du jeu
Toutes les personnes ne jouent pas excessivement pour les mêmes raisons.
Le jeu peut permettre :
- de diminuer le stress ;
- de fuir un sentiment d’échec ;
- de lutter contre l’ennui ;
- d’entretenir des relations sociales ;
- de ressentir de la compétence ;
- d’obtenir une reconnaissance difficile à trouver ailleurs ;
- de se construire une identité valorisante ;
- d’éviter certaines responsabilités devenues anxiogènes.
Le premier travail consiste à comprendre la fonction personnelle du jeu. Cette compréhension permet de proposer un accompagnement réellement adapté.
Retrouver une maîtrise du temps
Dans de nombreux jeux en ligne, il n’existe pas de fin clairement définie. Une partie peut être suivie d’une nouvelle mission, d’une récompense, d’un événement collectif ou d’un objectif supplémentaire.
La personne peut ainsi perdre la notion du temps et repousser continuellement le moment de s’arrêter.
L’accompagnement aide à retrouver des repères plus concrets et à construire un rythme compatible avec le sommeil, les obligations et les autres activités.
Les objectifs sont progressifs et personnalisés. Selon la situation, ils peuvent viser une réduction de la pratique, une réorganisation des horaires ou une période d’arrêt.
Prendre du recul face aux pensées automatiques
Certaines pensées peuvent rendre l’arrêt particulièrement difficile :
« Je ne peux pas abandonner mon équipe. »
« Si je m’arrête maintenant, tout ce que j’ai fait ne sert à rien. »
« Je dois terminer cette mission. »
« Je ne suis vraiment bon que dans ce jeu. »
« Je n’ai rien de mieux à faire. »
En consultation, ces pensées peuvent être examinées sans jugement. La personne apprend à distinguer les contraintes réelles du jeu des règles qu’elle s’impose progressivement à elle-même.
Mieux gérer les émotions
Le jeu devient parfois le principal moyen de faire face à l’ennui, à l’anxiété, à la tristesse ou à la frustration.
Le travail thérapeutique aide à reconnaître ces émotions et à développer d’autres façons d’y répondre.
L’objectif n’est pas de supprimer le plaisir associé au jeu. Il est d’éviter que celui-ci ne devienne l’unique moyen de se calmer, de se valoriser ou de se sentir en relation avec les autres.
Reconstruire un quotidien équilibré
La diminution du temps de jeu peut créer un vide important.
Les anciennes activités ont parfois été abandonnées depuis longtemps. La personne peut également avoir perdu confiance dans ses capacités scolaires, professionnelles, sportives ou sociales.
L’accompagnement vise à reconstruire progressivement plusieurs sources de satisfaction :
- activités physiques ;
- loisirs ;
- projets personnels ;
- relations sociales ;
- formation ;
- études ou travail ;
- moments de repos ;
- activités partagées avec les proches.
Le but n’est pas seulement de jouer moins, mais de retrouver une vie suffisamment riche pour que le jeu n’en occupe plus toute la place.
Restaurer le dialogue avec les proches
Les conflits répétés peuvent enfermer chacun dans une position rigide.
Le joueur se sent surveillé, critiqué ou incompris. Les proches ont parfois le sentiment que seule une interdiction totale pourrait fonctionner.
Lorsque cela est pertinent, l’accompagnement peut intégrer la famille ou le conjoint. Il devient alors possible de clarifier les difficultés, de définir des limites cohérentes et de restaurer progressivement la confiance.
Prévenir les reprises
Une amélioration n’exclut pas la possibilité d’un nouvel épisode de jeu excessif.
Une période de stress, une mise à jour importante, la sortie d’un nouveau jeu ou la reprise de contact avec d’anciens partenaires peuvent fragiliser l’équilibre retrouvé.
Une reprise ponctuelle n’annule pas les progrès accomplis. Elle peut être analysée pour comprendre ce qui s’est passé et renforcer les protections pour la suite.
4. Continuer à jouer malgré la culpabilité
La personne connaît les conséquences de sa pratique et se promet régulièrement de changer.
Pourtant, elle se reconnecte et pense :
« Puisque j’ai déjà perdu ma journée, autant continuer. »
La culpabilité, au lieu de favoriser l’arrêt, augmente parfois le besoin de se réfugier dans le jeu.
En consultation, il devient possible de sortir de ce fonctionnement tout ou rien et de reprendre le contrôle à partir de choix réalistes.
L’objectif est de remplacer l’autocritique par une compréhension plus utile du comportement.
5. Rejouer excessivement après une période de progrès
Après plusieurs semaines d’équilibre, la personne recommence à jouer de façon intensive lors de la sortie d’un nouveau contenu ou pendant une période de stress.
Elle pense alors :
« J’ai tout gâché, je n’y arriverai jamais. »
L’épisode peut être analysé sans jugement afin d’identifier les facteurs qui l’ont favorisé.
L’objectif est de transformer cette reprise en apprentissage et d’empêcher qu’un écart ponctuel ne devienne un retour durable aux anciennes habitudes.
Cinq situations fréquemment travaillées en consultation
1. Jouer pour fuir le stress ou l’ennui
Après une journée difficile, la personne se connecte pour « penser à autre chose ».
Le jeu apporte rapidement du soulagement. Mais la partie dure plusieurs heures et les obligations sont de nouveau reportées. Le lendemain, le stress est encore plus important.
En consultation, le travail aide à comprendre ce que le jeu vient apaiser et à développer d’autres réponses possibles.
L’objectif est que jouer redevienne un choix de loisir plutôt qu’une réaction automatique à toute émotion désagréable.
2. Perdre le contrôle du temps de jeu
La personne prévoit de jouer une heure, puis constate qu’une grande partie de la nuit s’est écoulée.
Elle se fixe régulièrement une dernière partie ou une dernière mission, sans parvenir à s’arrêter au moment prévu.
L’accompagnement permet d’identifier ce qui rend l’interruption difficile et de retrouver des repères plus fiables.
L’objectif est de reconstruire un rythme compatible avec le sommeil, les études, le travail et la santé.
3. Sacrifier progressivement ses autres activités
Le jeu prend peu à peu la place du sport, des sorties, des repas en famille ou des projets personnels.
La personne peut affirmer qu’elle préfère simplement jouer, alors qu’elle se sent de moins en moins capable de reprendre les activités abandonnées.
Le travail thérapeutique aide à réinvestir progressivement les différents domaines de la vie, sans opposer brutalement le jeu à toutes les autres sources de plaisir.
L’objectif est de retrouver plusieurs activités satisfaisantes plutôt qu’un unique centre d’intérêt.
Pourquoi consulter ?
Une consultation peut permettre de :
- comprendre pourquoi le jeu prend autant de place ;
- retrouver une meilleure maîtrise du temps ;
- améliorer le sommeil et la concentration ;
- réduire les conflits avec les proches ;
- reprendre les études, le travail ou les activités abandonnées ;
- mieux faire face au stress et aux émotions ;
- sortir de la culpabilité ;
- prévenir les reprises de jeu excessif ;
- retrouver une pratique plus libre et plus équilibrée.
L’accompagnement est adapté à chaque personne. Il tient compte de son âge, de son environnement, du type de jeu pratiqué, de ses relations en ligne et des éventuelles difficultés associées.
Quand demander de l’aide ?
Il peut être utile de consulter lorsque la personne ne parvient plus à réduire seule sa pratique ou lorsque le jeu entraîne une souffrance et des conséquences importantes.
Une évaluation plus globale est également recommandée lorsque la pratique s’accompagne :
- d’une dépression ;
- d’une anxiété importante ;
- d’un trouble de l’attention ;
- d’un isolement marqué ;
- de difficultés scolaires ou professionnelles ;
- d’idées suicidaires ;
- d’un autre comportement addictif.
Ces difficultés peuvent contribuer au jeu excessif ou être aggravées par celui-ci. Leur prise en compte permet de proposer un accompagnement plus adapté.
Retrouver le choix de jouer
L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer définitivement les jeux vidéo.
Il s’agit de retrouver la capacité de décider quand jouer, combien de temps et dans quelles conditions, sans sacrifier sa santé, ses relations ou ses projets.
Une consultation offre un espace confidentiel et sans jugement pour comprendre ce qui se joue derrière les écrans et construire progressivement un nouvel équilibre.