TCC et addiction à la cocaïne à Oyonnax et en visio

Symptômes possibles lors de la diminution ou de l’arrêt

Après une période de consommation régulière ou importante, la réduction ou l’arrêt peut entraîner plusieurs manifestations :

  • fatigue intense ;
  • ralentissement ;
  • manque d’énergie ;
  • besoin accru de dormir ;
  • sommeil perturbé ;
  • rêves intenses ;
  • irritabilité ;
  • agitation ;
  • anxiété ;
  • humeur dépressive ;
  • perte d’intérêt ou de plaisir ;
  • difficultés de concentration ;
  • augmentation de l’appétit ;
  • envies fortes de consommer.

Ces manifestations peuvent être temporaires, mais elles rendent parfois les premiers jours d’arrêt particulièrement difficiles.

Une baisse importante de l’humeur, des idées suicidaires, une agitation extrême, une confusion ou des symptômes inhabituels nécessitent une évaluation médicale rapide.

Quels sont les effets et les risques possibles ?

Les effets varient selon la quantité consommée, la fréquence, la pureté du produit, le mode de consommation, les associations avec d’autres substances et les vulnérabilités individuelles.

La teneur moyenne en principe actif des saisies de cocaïne en France atteignait 73 % en 2023, contre environ 50 % en 2012. Cette augmentation de la concentration peut rendre les effets et les risques plus difficiles à anticiper.

Risques psychologiques

La consommation peut favoriser ou aggraver :

  • l’anxiété ;
  • les attaques de panique ;
  • l’agitation ;
  • l’irritabilité ;
  • l’insomnie ;
  • les fluctuations importantes de l’humeur ;
  • les idées de persécution ;
  • la méfiance ;
  • les hallucinations ;
  • les comportements impulsifs ;
  • les symptômes dépressifs lors de la descente.

Risques cardiovasculaires et neurologiques

La cocaïne peut entraîner :

  • une accélération du rythme cardiaque ;
  • des palpitations ;
  • une augmentation de la tension artérielle ;
  • une douleur thoracique ;
  • des troubles du rythme cardiaque ;
  • un infarctus ;
  • un accident vasculaire cérébral ;
  • des convulsions.

Ces complications peuvent survenir même chez une personne jeune et sans maladie cardiovasculaire connue.

Risques liés aux comportements

La désinhibition et l’impulsivité peuvent favoriser :

  • des prises de risques ;
  • une conduite dangereuse ;
  • des rapports sexuels non protégés ;
  • des conflits ou des violences ;
  • des dépenses importantes ;
  • des décisions regrettées après la consommation ;
  • une consommation simultanée d’autres substances.

Risques liés au mode de consommation

Le sniff répété peut provoquer des lésions nasales, des saignements et une altération de la cloison nasale.

La consommation fumée peut entraîner des complications respiratoires.

L’injection expose notamment aux infections, aux abcès et à la transmission de virus lorsque le matériel est partagé.

Cocaïne et alcool

La consommation de cocaïne est fréquemment associée à l’alcool, en particulier dans les contextes festifs.

L’alcool peut réduire la vigilance et faciliter une consommation de cocaïne non prévue. La cocaïne peut, inversement, diminuer la sensation subjective d’ivresse sans supprimer les effets réels de l’alcool.

La personne peut alors boire et consommer davantage qu’elle ne l’avait prévu, prolonger la soirée et augmenter les prises de risques.

L’association des deux substances augmente également la charge cardiovasculaire et peut rendre la consommation plus dangereuse.

Lorsqu’un objectif de réduction ou d’arrêt de la cocaïne est défini, il est souvent utile d’évaluer la place de l’alcool dans les épisodes de consommation.

Quand la consommation devient difficile à contrôler

La cocaïne est une substance stimulante qui peut provoquer une sensation rapide d’énergie, d’euphorie, de confiance ou d’efficacité. Elle peut être consommée dans des contextes festifs, professionnels, sexuels ou pour tenter de faire face à la fatigue, au stress et à certaines émotions difficiles.

Toutes les consommations ne correspondent pas à une addiction. Toutefois, l’usage devient problématique lorsqu’il est difficile à contrôler, qu’il occupe une place croissante dans le quotidien ou qu’il se poursuit malgré des conséquences négatives sur la santé, les relations, le travail, les études ou les finances.

La dépendance ne traduit pas simplement un manque de volonté. Elle repose notamment sur des mécanismes d’apprentissage, de renforcement et de recherche de soulagement qui peuvent rendre les envies particulièrement fortes.

En France, la cocaïne est la substance illicite la plus consommée après le cannabis. En 2023, 9,4 % des adultes de 18 à 64 ans déclaraient en avoir déjà consommé au cours de leur vie, contre 5,6 % en 2017. L’usage dans l’année concernait 2,7 % des adultes, contre 1,6 % en 2017. L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives estime également qu’environ 1,1 million de personnes âgées de 11 à 75 ans en avaient consommé au moins une fois dans l’année. Ces chiffres décrivent des niveaux de consommation et ne signifient pas que toutes ces personnes présentent une addiction.

À l’échelle européenne, la cocaïne est également la deuxième substance illicite la plus consommée après le cannabis, même si les niveaux et les formes d’usage varient fortement selon les pays.

Qu’est-ce qu’une addiction à la cocaïne ?

Une addiction à la cocaïne, également appelée trouble de l’usage de cocaïne, ne se définit pas uniquement par la quantité ou la fréquence de consommation.

Elle correspond surtout à une perte progressive de liberté face au produit.

Plusieurs signes peuvent être présents :

  • une envie forte ou difficilement contrôlable de consommer ;
  • des consommations plus importantes ou plus longues que prévu ;
  • une difficulté à s’arrêter une fois la consommation commencée ;
  • des tentatives répétées de réduction ou d’arrêt sans résultat durable ;
  • beaucoup de temps consacré à rechercher, consommer ou récupérer des effets du produit ;
  • une augmentation progressive de la fréquence ou des quantités ;
  • la poursuite de la consommation malgré ses conséquences ;
  • des difficultés au travail, dans les études, les finances ou les relations ;
  • un abandon progressif de certaines activités ;
  • une consommation dans des situations dangereuses ;
  • le sentiment d’avoir besoin de cocaïne pour être performant, confiant, sociable ou capable de faire face ;
  • une fatigue, une irritabilité, une baisse d’humeur ou des envies fortes lors de la diminution.

Une personne peut présenter une addiction même si elle ne consomme pas tous les jours. Certaines consommations sont concentrées pendant les soirées, les week-ends ou des périodes de travail intense, mais deviennent néanmoins difficiles à contrôler.

Cocaïne en poudre, cocaïne basée et crack

La cocaïne peut être consommée sous différentes formes. La cocaïne sous forme de poudre, ou chlorhydrate de cocaïne, est généralement sniffée, mais peut également être injectée.

La cocaïne basée, souvent appelée crack lorsqu’elle est préparée sous forme de petits blocs, est généralement fumée. Son effet apparaît très rapidement et peut être particulièrement bref, ce qui favorise parfois des prises répétées rapprochées.

Les modes de consommation n’entraînent pas exactement les mêmes risques. Fumer ou injecter la cocaïne produit généralement des effets plus rapides et peut renforcer fortement l’envie de reprendre le produit.

Quel que soit le mode de consommation, la cocaïne peut entraîner des complications psychologiques, cardiovasculaires, neurologiques et sociales.

Pourquoi peut-il être difficile de réduire ou d’arrêter ?

La cocaïne produit des effets rapides qui peuvent être vécus comme très gratifiants :

  • augmentation de l’énergie ;
  • sensation d’euphorie ;
  • confiance en soi ;
  • impression de lucidité ou d’efficacité ;
  • diminution momentanée de la fatigue ;
  • sentiment d’être plus sociable ;
  • augmentation temporaire de l’excitation et du plaisir.

Ces effets renforcent le comportement de consommation. Le cerveau apprend progressivement à associer certaines situations au produit :

  • une soirée ;
  • la consommation d’alcool ;
  • une période de fatigue ;
  • un stress professionnel ;
  • une dispute ;
  • un sentiment de solitude ;
  • une recherche de performance ;
  • certaines rencontres ;
  • certains lieux ou certains numéros de téléphone ;
  • le fait de disposer d’argent ;
  • la fin de semaine.

Ces situations peuvent ensuite déclencher automatiquement une envie de consommer, parfois avant même que la personne ait pris une décision consciente.

Le cycle de consommation

Le cycle peut commencer par une situation extérieure ou un état intérieur :

Stress, fatigue, soirée ou contrariété → pensée liée au produit → envie de consommer → prise de cocaïne → effet rapide → descente et conséquences → nouvelle envie de consommer.

Pendant la phase d’effet, la personne peut se sentir plus énergique, confiante ou stimulée.

Lorsque les effets diminuent, elle peut ressentir :

  • de la fatigue ;
  • une sensation de vide ;
  • de l’anxiété ;
  • de l’irritabilité ;
  • une baisse de l’humeur ;
  • une envie de reprendre immédiatement ;
  • des difficultés à dormir.

Une nouvelle prise peut alors être utilisée pour retarder ou atténuer la descente. Ce mécanisme peut entraîner une succession de consommations au cours d’une même période.

À plus long terme, la consommation peut également devenir une manière d’éviter certaines émotions ou situations. La personne dispose alors de moins d’occasions d’apprendre à gérer autrement la fatigue, l’insécurité, les conflits ou la pression.

Qu’est-ce que le craving ?

Le craving désigne une envie intense de consommer. Cette envie peut être déclenchée par :

  • une émotion ;
  • une pensée ;
  • un souvenir ;
  • une personne ;
  • un lieu ;
  • une musique ;
  • une somme d’argent disponible ;
  • la consommation d’alcool ;
  • une sensation corporelle ;
  • la vue d’un objet associé à la consommation.

Le craving peut donner l’impression qu’il va continuer à augmenter jusqu’à devenir insupportable. Pourtant, son intensité évolue généralement comme une vague : elle augmente, atteint un maximum puis diminue progressivement.

Apprendre à observer cette envie sans agir immédiatement constitue un objectif important de l’accompagnement.

 

 

Quels sont les apports des TCC ?

Les thérapies cognitives et comportementales, ou TCC, sont des psychothérapies structurées qui étudient les liens entre :

  • les situations ;
  • les pensées ;
  • les émotions ;
  • les sensations corporelles ;
  • les comportements ;
  • les conséquences immédiates et différées.

Dans le traitement de la dépendance aux psychostimulants, l’Organisation mondiale de la Santé indique que des interventions psychosociales telles que les TCC, les interventions familiales et la gestion des contingences peuvent être proposées.

La Haute Autorité de santé recommande également une prise en charge médico-psycho-sociale des consommateurs de cocaïne afin de faciliter l’arrêt et son maintien.

Clarifier la motivation

Une personne peut vouloir arrêter tout en craignant de perdre certains effets associés au produit.

Elle peut penser :

« Sans cocaïne, je ne tiendrai pas au travail. »

« Je ne saurai plus faire la fête. »

« Je serai moins sociable. »

« Je n’aurai plus confiance en moi. »

« Je ne pourrai pas supporter la fatigue ou la descente. »

Le travail thérapeutique permet d’examiner ces hésitations sans jugement et de clarifier ce que la personne souhaite réellement changer.

Analyser les déclencheurs

La TCC aide à identifier précisément :

  • les moments où apparaît l’envie ;
  • les personnes et les lieux associés au produit ;
  • les émotions qui précèdent la consommation ;
  • les pensées automatiques ;
  • la place de l’alcool ;
  • les conséquences immédiates ;
  • les conséquences le lendemain ou les jours suivants.

Cette analyse permet de construire des stratégies adaptées à chaque situation, plutôt que de s’appuyer uniquement sur la volonté.

Modifier les pensées automatiques

Certaines pensées peuvent favoriser la consommation :

« Une seule prise ne changera rien. »

« J’en ai besoin pour tenir. »

« Je peux contrôler cette fois-ci. »

« La soirée sera ratée sans cocaïne. »

« Puisque j’ai recommencé, autant continuer. »

Le travail consiste à repérer ces pensées, à examiner leurs conséquences et à développer des réponses plus réalistes.

Apprendre à gérer le craving

Plusieurs stratégies peuvent être travaillées :

  • différer la décision de consommer ;
  • quitter une situation à risque ;
  • contacter une personne de confiance ;
  • observer l’envie comme une vague ;
  • détourner temporairement son attention ;
  • reprendre une activité incompatible avec la consommation ;
  • se rappeler les conséquences attendues ;
  • limiter l’accès au produit et à l’argent ;
  • supprimer ou bloquer certains contacts.

L’objectif n’est pas de supprimer instantanément toute envie, mais d’apprendre à la traverser sans y répondre automatiquement.

Développer d’autres réponses au stress et à la fatigue

Lorsque la cocaïne est utilisée pour tenir, travailler, faire face ou se sentir plus sûr de soi, l’arrêt laisse réapparaître les difficultés qu’elle masquait temporairement.

La thérapie peut alors porter sur :

  • l’organisation du travail ;
  • le sommeil ;
  • la récupération ;
  • la gestion du stress ;
  • l’affirmation de soi ;
  • les émotions ;
  • les conflits ;
  • la confiance en soi ;
  • l’anxiété sociale ;
  • la reprise d’activités gratifiantes.

Prévenir les rechutes

Une reprise ponctuelle ne signifie pas nécessairement que l’ensemble de la démarche a échoué.

La TCC distingue :

  • l’écart ponctuel ;
  • la reprise de plusieurs consommations ;
  • le retour durable aux habitudes antérieures.

Cette distinction permet d’éviter la pensée en tout ou rien :

« J’ai consommé, donc tout est perdu. »

Un épisode de consommation peut être analysé pour identifier les déclencheurs, ajuster les stratégies et reprendre rapidement l’objectif.

 

Réduction ou arrêt complet ?

Les objectifs sont définis avec la personne selon :

  • ses attentes ;
  • son niveau de consommation ;
  • les conséquences observées ;
  • ses risques médicaux et psychologiques ;
  • ses expériences précédentes ;
  • les autres substances consommées ;
  • sa capacité à contrôler l’usage après une première prise.

Pour certaines personnes, l’objectif sera un arrêt complet.

Pour d’autres, les premières étapes pourront être :

  • éviter certains contextes ;
  • ne plus acheter à l’avance ;
  • réduire les quantités disponibles ;
  • supprimer l’association avec l’alcool ;
  • espacer les consommations ;
  • interrompre les prises répétées ;
  • instaurer plusieurs semaines sans produit ;
  • préparer une date d’arrêt ;
  • ne plus conduire après consommation ;
  • consulter un médecin ou un service d’addictologie.

Lorsque la première prise entraîne presque systématiquement une perte de contrôle, un objectif d’arrêt complet peut être plus facile à maintenir qu’une consommation supposée contrôlée.

La réduction des risques reste importante, même lorsque la personne ne souhaite pas ou ne peut pas encore arrêter totalement. La Haute Autorité de santé souligne l’intérêt d’un accompagnement respectant les choix de la personne et intégrant la sécurisation des consommations.

Comment se déroule un accompagnement ?

Les premières séances permettent généralement d’évaluer :

  • la fréquence et la quantité consommées ;
  • la forme du produit ;
  • les modes de consommation ;
  • les contextes habituels ;
  • les déclencheurs ;
  • le degré de perte de contrôle ;
  • la place du craving ;
  • les tentatives antérieures de réduction ;
  • les conséquences médicales, psychologiques et sociales ;
  • la consommation d’alcool ou d’autres substances ;
  • le sommeil ;
  • l’humeur ;
  • l’anxiété ;
  • les idées suicidaires éventuelles ;
  • les ressources et le soutien disponibles.

Un accompagnement peut ensuite associer :

  • un relevé des consommations et des envies ;
  • une analyse fonctionnelle ;
  • la clarification des objectifs ;
  • des stratégies de contrôle de l’environnement ;
  • un travail sur les pensées automatiques ;
  • des exercices de gestion du craving ;
  • des stratégies émotionnelles ;
  • une organisation du sommeil et de la récupération ;
  • une préparation aux situations à risque ;
  • un plan de prévention de la rechute.

Selon la situation, une coordination avec un médecin, un psychiatre, un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie ou un autre professionnel peut être nécessaire.

4. « Après la descente, j’ai envie de recommencer »

Après plusieurs prises, la personne ressent une fatigue importante, du vide, de l’anxiété ou une baisse de l’humeur.

Elle peut penser :

« Une nouvelle prise va me remettre bien. »

La cocaïne est alors utilisée pour compenser les effets de la consommation précédente. Le soulagement est bref et repousse la descente sans la supprimer.

Le travail en TCC peut comprendre :

  • une meilleure compréhension du cycle ;
  • la préparation de la phase de récupération ;
  • l’interruption de l’accès au produit ;
  • la présence d’une personne de confiance ;
  • une hydratation et une alimentation adaptées ;
  • la limitation des engagements le lendemain ;
  • un soutien du sommeil ;
  • la gestion des pensées catastrophiques ;
  • un plan indiquant quand demander une aide médicale.

L’objectif est de traverser la descente sans relancer automatiquement un nouveau cycle de consommation.

5. « J’arrête quelques jours, puis je reprends »

La personne parvient à ne pas consommer pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. Une soirée, un conflit, une disponibilité soudaine du produit ou une pensée comme « Cette fois, je saurai m’arrêter » entraîne une reprise.

Après la consommation, elle conclut :

« J’ai encore échoué. »

« Je suis incapable de changer. »

« Puisque j’ai repris, autant continuer. »

Cette culpabilité et cette pensée en tout ou rien favorisent le retour durable aux habitudes antérieures.

Le travail de prévention de la rechute peut comprendre :

  • l’analyse des tentatives précédentes sans jugement ;
  • le repérage des situations à haut risque ;
  • l’identification des pensées qui précèdent la première prise ;
  • un plan précis en cas d’écart ;
  • la suppression du produit restant ;
  • le contact rapide avec un professionnel ou un proche ;
  • la reprise immédiate des stratégies utiles ;
  • la réduction de la culpabilité ;
  • la distinction entre un écart et un abandon de l’objectif.

L’objectif est de remplacer « Tout est perdu » par « Une difficulté est survenue ; je peux comprendre ce qui s’est passé et reprendre ma démarche ».

Cocaïne et troubles psychologiques associés

Certaines personnes consomment pour faire face à :

  • une anxiété sociale ;
  • une dépression ;
  • un traumatisme ;
  • un trouble de l’attention ;
  • une faible estime de soi ;
  • des difficultés sexuelles ;
  • un sentiment de vide ;
  • un épuisement professionnel ;
  • des troubles du sommeil.

Dans ces situations, il est important de ne pas travailler uniquement sur le produit.

Lorsque la fonction psychologique de la consommation n’est pas prise en compte, l’arrêt peut laisser réapparaître les difficultés que la cocaïne masquait temporairement.

L’accompagnement peut donc porter simultanément sur la consommation, l’humeur, l’anxiété, le sommeil, la confiance en soi, les relations et l’organisation du quotidien.

Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC

1. « Je consomme pour tenir ou être performant »

La personne utilise la cocaïne pour faire face à une charge de travail importante, travailler tard, supporter la fatigue ou se sentir plus efficace.

À court terme, elle ressent davantage d’énergie et de confiance. À plus long terme, le sommeil se dégrade, la fatigue augmente et la personne éprouve encore davantage le besoin de consommer pour fonctionner.

Un cercle peut s’installer :

Fatigue ou pression → consommation → stimulation temporaire → manque de sommeil et épuisement → besoin accru de cocaïne.

La personne peut également développer la conviction :

« Sans cocaïne, je ne suis pas capable de travailler correctement. »

Le travail en TCC peut comprendre :

  • l’observation des périodes de fatigue et des consommations ;
  • l’identification des exigences professionnelles excessives ;
  • un travail sur les croyances de performance ;
  • la planification d’horaires et de temps de récupération ;
  • la réduction progressive des situations de travail associées au produit ;
  • l’apprentissage de stratégies pour commencer une tâche sans consommer ;
  • la recherche d’alternatives réalistes à la stimulation ;
  • un travail sur le perfectionnisme ou la peur de l’échec.

L’objectif est de retrouver une capacité à travailler et à récupérer sans dépendre du produit.

2. « Je prends surtout de la cocaïne en soirée »

La personne ne consomme pas nécessairement dans la semaine, mais perd régulièrement le contrôle lors des soirées.

L’alcool, la présence de certains amis, l’ambiance festive ou le fait de rester tard constituent des déclencheurs importants.

Elle peut partir avec l’intention de ne pas consommer, puis accepter une première prise après plusieurs verres. La soirée se prolonge ensuite et les consommations se répètent.

Le travail en TCC peut comprendre :

  • l’identification des moments précis où le contrôle diminue ;
  • l’évaluation du rôle de l’alcool ;
  • la préparation d’une décision avant la soirée ;
  • la limitation ou la suppression de l’alcool ;
  • un horaire de départ défini à l’avance ;
  • une stratégie de transport autonome ;
  • des réponses préparées pour refuser ;
  • le choix de sorties différentes ;
  • le contact avec une personne de soutien ;
  • la réduction de l’argent disponible.

L’objectif est de ne pas attendre le moment de forte désinhibition pour décider.

3. « Je craque dès que je suis stressé ou que je vais mal »

Dans cette situation, la cocaïne est utilisée pour modifier rapidement un état émotionnel : stress, colère, sentiment d’échec, anxiété, solitude ou mal-être.

Le produit peut momentanément procurer de l’énergie, interrompre les pensées négatives ou donner l’impression de reprendre le contrôle.

Cependant, le problème initial reste généralement présent. À la descente peuvent s’ajouter la culpabilité, l’épuisement, les dépenses ou les conflits.

Le travail thérapeutique peut consister à :

  • repérer les premiers signes émotionnels ;
  • identifier la pensée « Je ne peux pas supporter cela sans consommer » ;
  • différer la décision ;
  • utiliser une stratégie d’apaisement ;
  • contacter un soutien ;
  • apprendre à résoudre le problème à l’origine du stress ;
  • travailler l’affirmation de soi ;
  • développer des réponses adaptées à la colère ou à l’anxiété ;
  • traiter un éventuel trouble dépressif ou anxieux associé.

L’objectif est que la cocaïne cesse d’être la réponse automatique aux émotions difficiles.

 

Quand consulter ?

Une consultation peut être utile lorsque :

  • vous consommez davantage que vous ne le souhaitez ;
  • vous avez du mal à vous arrêter une fois la consommation commencée ;
  • vous pensez régulièrement à la cocaïne ;
  • vous avez déjà essayé de réduire sans y parvenir durablement ;
  • vous utilisez le produit pour travailler, tenir ou vous sentir confiant ;
  • les soirées entraînent régulièrement une perte de contrôle ;
  • vous ressentez des envies importantes ;
  • la descente provoque de l’anxiété ou une baisse d’humeur ;
  • vos finances, votre travail ou vos relations sont affectés ;
  • vous consommez simultanément de l’alcool ou d’autres substances ;
  • vous adoptez des comportements dangereux ;
  • votre entourage s’inquiète ;
  • vous souhaitez simplement faire le point sur votre consommation.

Il n’est pas nécessaire de se considérer comme « dépendant » pour demander de l’aide. Une consultation peut également permettre d’évaluer les risques, de clarifier ses objectifs ou de prévenir une aggravation.

Quand demander une aide médicale urgente ?

Demandez immédiatement une aide médicale en cas de :

  • douleur ou oppression thoracique ;
  • difficulté à respirer ;
  • palpitations intenses ou rythme cardiaque irrégulier ;
  • perte de connaissance ;
  • convulsions ;
  • faiblesse ou paralysie d’un côté du corps ;
  • confusion importante ;
  • agitation extrême ;
  • hallucinations ;
  • idées délirantes ;
  • température corporelle très élevée ;
  • idées suicidaires ;
  • comportement dangereux pour soi-même ou pour autrui.

Dans ces situations, ne restez pas seul et contactez les services d’urgence.

Une démarche confidentielle et sans jugement

Parler de sa consommation peut susciter de la honte, de la culpabilité ou la peur d’être jugé.

Le travail thérapeutique vise au contraire à comprendre la fonction du comportement et les mécanismes qui l’entretiennent.

Le patient reste acteur des décisions. Les objectifs sont définis ensemble et peuvent évoluer au cours de l’accompagnement.

La thérapie ne consiste pas seulement à supprimer un produit. Elle vise à aider la personne à retrouver une capacité de choix, à développer d’autres réponses aux difficultés et à reconstruire un quotidien compatible avec ses valeurs.

Prendre rendez-vous

Une première consultation permet de faire le point sur votre consommation de cocaïne, ses fonctions, ses conséquences et les changements que vous envisagez.

Cette rencontre peut notamment permettre :

  • d’évaluer votre situation ;
  • d’identifier les principaux déclencheurs ;
  • de définir un premier objectif ;
  • de répondre à vos questions ;
  • d’envisager un accompagnement en TCC ;
  • de déterminer si une évaluation médicale ou addictologique complémentaire est indiquée.

La première séance ne vous engage pas dans une durée déterminée. Elle constitue un espace confidentiel permettant de comprendre votre situation et d’examiner les différentes possibilités de changement.

Les informations proposées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation individuelle par un professionnel de santé. En présence d’une douleur thoracique, d’une difficulté respiratoire, de convulsions, d’une confusion importante, d’hallucinations, d’idées suicidaires ou d’un danger immédiat, contactez sans attendre les services d’urgence.