TCC et addiction à la voyance à Oyonnax et en visio 

Pourquoi peut-il être difficile de réduire ?

La consultation peut produire plusieurs effets immédiats :

  • un soulagement ;
  • un sentiment d’espoir ;
  • une impression de contrôle ;
  • une réponse claire à une question complexe ;
  • une diminution temporaire de la solitude ;
  • une validation émotionnelle ;
  • la sensation d’être guidé ;
  • une réduction momentanée de l’incertitude.

Cependant, ce soulagement est souvent de courte durée.

De nouveaux doutes peuvent apparaître :

  • « Le voyant était-il fiable ? »
  • « A-t-il bien interprété le tirage ? »
  • « La prédiction a-t-elle changé ? »
  • « Ai-je mal compris ? »
  • « Pourquoi un autre voyant m’a-t-il dit l’inverse ? »
  • « Dois-je vérifier une dernière fois ? »

La personne consulte alors à nouveau, ce qui renforce le cycle.

Le cercle de la consultation compulsive

Le cycle peut être résumé ainsi :

Incertitude, peur ou difficulté relationnelle → besoin urgent de savoir → consultation → soulagement temporaire → nouvelle interprétation ou nouveau doute → anxiété accrue → nouvelle consultation.

À court terme, la consultation diminue l’inconfort.

À long terme, elle peut :

  • diminuer la confiance en soi ;
  • renforcer l’intolérance à l’incertitude ;
  • augmenter les vérifications ;
  • multiplier les contradictions ;
  • favoriser les dépenses ;
  • empêcher la personne d’expérimenter sa capacité à décider seule.

La recherche excessive de réassurance est observée dans plusieurs troubles anxieux et dans le TOC. Elle apporte un soulagement provisoire, mais peut entretenir les doutes et les symptômes. Sa diminution au cours d’une TCC est associée à de meilleurs résultats cliniques.

Le craving de consultation

Le craving désigne une envie intense de consulter, de tirer les cartes ou de vérifier une prédiction.

Il peut être déclenché par :

  • un silence d’un partenaire ;
  • un message ambigu ;
  • une dispute ;
  • une décision importante ;
  • une mauvaise nouvelle ;
  • une attente professionnelle ;
  • un paiement ou une difficulté financière ;
  • une date annoncée par un voyant ;
  • une vidéo de tirage sur les réseaux sociaux ;
  • une publicité pour une consultation ;
  • une période de solitude ;
  • une émotion forte.

La personne peut penser :

« Je dois savoir maintenant. »

« Une dernière consultation va me rassurer. »

« Cette fois, je vais poser la question correctement. »

« Je ne peux pas prendre cette décision seul. »

« Si je ne consulte pas, je risque de faire le mauvais choix. »

« Je dois vérifier que la prédiction n’a pas changé. »

Comme d’autres envies compulsives, l’urgence peut augmenter puis diminuer sans qu’il soit nécessaire de consulter immédiatement.

Voyance compulsive, anxiété et intolérance à l’incertitude

Le besoin de savoir peut être particulièrement fort chez les personnes qui tolèrent difficilement :

  • le doute ;
  • l’attente ;
  • les réponses ambiguës ;
  • la possibilité de se tromper ;
  • l’absence de garantie ;
  • l’imprévisibilité des relations.

La consultation donne l’impression de transformer l’incertitude en certitude.

Cependant, aucune réponse ne peut supprimer durablement tous les doutes. La personne risque donc d’avoir besoin d’une nouvelle consultation dès qu’un élément inattendu apparaît.

Le travail thérapeutique vise à développer la capacité à penser :

« Je ne sais pas exactement ce qui va se passer, et je peux quand même prendre une décision raisonnable aujourd’hui. »

Voyance compulsive et TOC

Chez certaines personnes, les consultations peuvent fonctionner comme une compulsion de vérification ou de réassurance.

Le cycle ressemble alors à celui du TOC :

doute obsessionnel → anxiété → consultation ou tirage → soulagement → retour du doute.

Les questions peuvent notamment porter sur :

  • la fidélité ;
  • la sécurité ;
  • la santé ;
  • la moralité ;
  • la responsabilité ;
  • la peur de commettre une erreur ;
  • la crainte qu’un événement grave survienne.

Lorsque ce fonctionnement est présent, une TCC avec exposition et prévention de la réponse peut être indiquée. La réduction progressive de la réassurance fait partie des interventions utilisées dans le TOC.

Voyance et idées délirantes

La plupart des personnes consultant des services divinatoires savent qu’il existe une part d’interprétation, de croyance ou d’incertitude.

Une évaluation médicale ou psychiatrique est toutefois recommandée lorsque la personne :

  • est convaincue d’être personnellement poursuivie par des forces occultes ;
  • entend des voix donnant des ordres ;
  • se sent contrôlée à distance ;
  • présente une forte désorganisation ;
  • ne parvient plus à distinguer une interprétation symbolique d’un fait certain ;
  • agit de manière dangereuse en raison de ces convictions.

Il est important de ne pas confondre une pratique culturelle ou spirituelle avec un trouble psychotique. L’évaluation porte sur la rigidité de la conviction, son retentissement et la perte de contact avec la réalité.

Quand une consultation occasionnelle devient difficile à contrôler

La voyance et les arts divinatoires regroupent différentes pratiques destinées à obtenir des indications sur l’avenir, une relation, une décision ou une situation incertaine. Ils peuvent notamment comprendre :

  • la consultation de voyants ou de médiums ;
  • le tarot et les oracles ;
  • l’astrologie prédictive ;
  • la numérologie ;
  • la cartomancie ;
  • la radiesthésie ;
  • les consultations téléphoniques ou en ligne ;
  • les tirages automatisés sur des applications ou des sites ;
  • les vidéos et directs proposant des prédictions ;
  • les consultations répétées de plusieurs praticiens pour une même question.

S’intéresser à ces pratiques, consulter ponctuellement ou y attribuer une dimension culturelle, symbolique ou spirituelle ne constitue pas en soi une addiction.

La difficulté apparaît lorsque les consultations deviennent répétitives, difficiles à maîtriser et principalement utilisées pour diminuer l’angoisse, obtenir une certitude ou déléguer une décision. La personne peut continuer malgré les dépenses, les conflits, la perte de temps ou l’aggravation de son anxiété.

L’addiction à la voyance n’est pas un diagnostic autonome officiellement reconnu. Dans la CIM-11, l’Organisation mondiale de la Santé reconnaît principalement le jeu d’argent et le jeu vidéo parmi les troubles dus à des comportements addictifs. Quelques publications scientifiques ont toutefois décrit des cas cliniques de recours incontrôlable aux services de voyance et discuté leur proximité avec les addictions comportementales.

Il est donc souvent plus prudent de parler de :

  • consultations compulsives de voyance ;
  • usage problématique des arts divinatoires ;
  • recherche compulsive de prédictions ou de réassurance.

Une croyance ou une pratique spirituelle n’est pas une pathologie

La prise en charge ne vise pas à juger les croyances spirituelles, religieuses ou culturelles de la personne.

L’évaluation porte sur des éléments concrets :

  • la liberté de consulter ou de ne pas consulter ;
  • la capacité à interrompre la démarche ;
  • la place prise dans la vie quotidienne ;
  • les sommes dépensées ;
  • la détresse ressentie ;
  • les conséquences sur les décisions et les relations ;
  • le besoin de recommencer pour diminuer l’anxiété.

La question centrale n’est pas :

« Est-ce que la personne croit à la voyance ? »

Mais plutôt :

« La consultation est-elle encore un choix ou est-elle devenue une réponse compulsive à l’incertitude ? »

Quelques repères sur la prévalence

Il n’existe pas, à ce jour, de données fiables permettant d’estimer la prévalence de l’addiction à la voyance dans la population française ou internationale.

La littérature scientifique repose principalement sur :

  • quelques études de cas ;
  • des travaux sur la croyance en l’astrologie ;
  • des recherches sur la recherche excessive de réassurance ;
  • des modèles issus des troubles anxieux, du TOC et des addictions comportementales.

Une revue exploratoire publiée en 2022 souligne que l’augmentation du recours à l’astrologie et aux services divinatoires, notamment en période d’incertitude, peut devenir problématique chez une minorité de personnes, mais que les connaissances scientifiques restent limitées.

Il serait donc trompeur d’afficher un pourcentage précis de personnes « dépendantes à la voyance ».

Quand les consultations deviennent-elles problématiques ?

Plusieurs signes peuvent alerter :

  • consulter plusieurs fois pour la même question ;
  • changer de voyant lorsqu’une réponse ne rassure pas ;
  • comparer de nombreux tirages ou prédictions ;
  • ressentir une forte urgence à consulter ;
  • ne plus prendre une décision sans demander une prédiction ;
  • appeler ou consulter après chaque doute, conflit ou silence ;
  • dépenser plus que prévu ;
  • cacher les consultations ou les sommes dépensées ;
  • interrompre momentanément puis recommencer rapidement ;
  • ressentir un soulagement très bref après la consultation ;
  • devenir plus anxieux lorsqu’une prédiction est ambiguë ou négative ;
  • modifier fortement ses comportements pour éviter qu’une prédiction se réalise ;
  • attendre passivement un événement annoncé ;
  • renoncer à un projet pourtant important ;
  • avoir le sentiment de ne plus pouvoir faire confiance à son propre jugement.

Un signe isolé ne suffit pas à caractériser un trouble. Il faut évaluer la répétition, la perte de contrôle et les conséquences.

Quelles questions sont souvent concernées ?

Les consultations compulsives portent fréquemment sur des domaines associés à une forte incertitude :

  • « Est-ce qu’il ou elle va revenir ? »
  • « Est-ce qu’il ou elle m’aime encore ? »
  • « Est-ce que mon couple va durer ? »
  • « Quand vais-je rencontrer quelqu’un ? »
  • « Vais-je obtenir ce travail ? »
  • « Est-ce que je dois déménager ? »
  • « Vais-je recevoir de l’argent ? »
  • « Est-ce que cette personne me ment ? »
  • « Est-ce qu’un événement grave va arriver ? »
  • « Ai-je pris la bonne décision ? »

La voyance peut alors fonctionner comme une tentative de résoudre immédiatement une incertitude qui semble insupportable.

 

Quelles peuvent être les conséquences ?

Conséquences financières

Les consultations peuvent entraîner :

  • des dépenses répétées ;
  • des abonnements ;
  • des appels surtaxés ;
  • des achats de tirages ou de contenus ;
  • des difficultés à respecter son budget ;
  • des dettes ;
  • la dissimulation des dépenses ;
  • l’utilisation d’argent destiné aux besoins essentiels.

La répétition de petites sommes peut aboutir à un montant important sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Conséquences émotionnelles

La personne peut ressentir :

  • anxiété ;
  • peur ;
  • espoir intense puis déception ;
  • culpabilité ;
  • honte ;
  • sentiment de dépendance ;
  • confusion ;
  • perte de confiance en son jugement ;
  • humeur dépressive ;
  • impression de ne plus maîtriser sa vie.

Une prédiction inquiétante peut devenir une source durable de rumination.

Conséquences relationnelles

Les consultations peuvent influencer la relation de couple ou les liens familiaux :

  • surveillance du comportement d’un partenaire ;
  • interprétation de chaque silence comme un signe ;
  • accusations fondées sur une prédiction ;
  • attente excessive d’un retour annoncé ;
  • refus d’accepter une séparation ;
  • décisions prises selon les tirages ;
  • conflits avec les proches ;
  • isolement.

La personne peut aussi multiplier les consultations plutôt que de communiquer directement avec la personne concernée.

Conséquences décisionnelles

Le recours compulsif peut réduire l’autonomie :

  • ne plus choisir sans consulter ;
  • repousser une décision ;
  • abandonner une opportunité ;
  • rester dans une situation nocive parce qu’un changement a été annoncé ;
  • attendre passivement qu’une prédiction se réalise ;
  • agir contre ses propres valeurs ;
  • renoncer à vérifier les faits.

Travail, sommeil et quotidien

La personne peut :

  • consulter pendant le travail ;
  • passer des heures à regarder des tirages ;
  • se coucher tard ;
  • ruminer les réponses ;
  • négliger ses tâches ;
  • perdre sa concentration ;
  • organiser sa journée autour des consultations.

 

Quels sont les apports des TCC ?

Les thérapies cognitives et comportementales étudient les interactions entre :

  • la situation déclenchante ;
  • les pensées ;
  • les émotions ;
  • les sensations corporelles ;
  • l’envie de consulter ;
  • la consultation ;
  • le soulagement immédiat ;
  • les conséquences différées.

Les recherches portant spécifiquement sur l’addiction à la voyance sont très limitées. Les outils utilisés proviennent principalement des TCC des addictions comportementales, des troubles anxieux, de l’intolérance à l’incertitude et de la recherche excessive de réassurance.

Comprendre la fonction de la consultation

La première étape consiste à identifier ce que la voyance apporte :

  • soulagement ;
  • espoir ;
  • sentiment de contrôle ;
  • validation ;
  • réduction de la solitude ;
  • réponse à une décision difficile ;
  • évitement d’une responsabilité ;
  • diminution de l’anxiété ;
  • sentiment d’être compris.

Le but n’est pas de se moquer de la croyance ou de la supprimer de force. Il s’agit de comprendre pourquoi la consultation est devenue indispensable.

Réaliser une analyse fonctionnelle

La personne peut relever :

  • la situation ;
  • la question posée ;
  • l’émotion ;
  • la pensée automatique ;
  • l’intensité de l’envie ;
  • le type de consultation ;
  • la somme dépensée ;
  • le soulagement obtenu ;
  • la durée du soulagement ;
  • les nouveaux doutes ;
  • les conséquences.

Exemple

Situation : le partenaire ne répond pas depuis plusieurs heures.

Pensée automatique : « Il s’éloigne de moi. Je dois savoir s’il va revenir. »

Émotion : anxiété, peur de l’abandon.

Comportement : consultation de trois voyants.

Conséquence immédiate : soulagement après une réponse rassurante.

Conséquence différée : confusion liée aux réponses contradictoires, dépenses et besoin de consulter encore.

Cette analyse montre comment la consultation soulage à court terme tout en renforçant le problème.

Travailler les pensées automatiques

Certaines pensées entretiennent le cycle :

« Je dois connaître l’avenir avant de décider. »

« Si je ne consulte pas, je vais faire une erreur. »

« Le voyant sait mieux que moi ce que je dois faire. »

« Une nouvelle consultation donnera la bonne réponse. »

« Si plusieurs voyants disent la même chose, ce sera certain. »

« Une prédiction négative signifie qu’un malheur va arriver. »

Les pensées alternatives peuvent être :

« Une consultation ne peut pas supprimer toute incertitude. »

« Je peux prendre une décision à partir des faits disponibles. »

« Une prédiction n’est pas une preuve. »

« Je peux ressentir le doute sans vérifier immédiatement. »

« Ma décision peut être imparfaite et néanmoins raisonnable. »

« Je peux demander du soutien sans demander une certitude. »

Apprendre à tolérer l’incertitude

Le travail peut comprendre des exercices progressifs :

  • attendre avant de consulter ;
  • prendre une petite décision seul ;
  • accepter de ne pas connaître l’issue ;
  • éviter de comparer plusieurs tirages ;
  • ne pas vérifier une date annoncée ;
  • distinguer ce qui dépend de soi de ce qui ne dépend pas de soi ;
  • choisir une action fondée sur ses valeurs.

L’objectif n’est pas de devenir certain, mais de pouvoir agir malgré une part d’incertitude.

Gérer l’envie de consulter

Les stratégies peuvent comprendre :

  • différer de trente minutes, puis davantage ;
  • noter la question sans la poser immédiatement ;
  • appeler une personne de soutien ;
  • revenir aux faits observables ;
  • retirer les applications de voyance ;
  • bloquer les numéros surtaxés ;
  • supprimer les coordonnées de certains praticiens ;
  • observer l’envie comme une vague ;
  • relire un plan d’urgence ;
  • réaliser une action concrète liée au problème.

Modifier l’environnement

Selon la situation, il peut être utile de :

  • désinstaller les applications ;
  • se désabonner des chaînes de tirage ;
  • bloquer les publicités ciblées ;
  • désactiver les paiements rapides ;
  • limiter temporairement sa carte bancaire ;
  • supprimer les numéros enregistrés ;
  • éviter certains directs sur les réseaux sociaux ;
  • demander l’aide d’un proche pour le budget ;
  • créer des périodes sans contenu divinatoire.

Ces mesures créent une distance entre l’envie et la consultation.

Travailler la prise de décision

La personne peut apprendre à utiliser une grille fondée sur :

  • les faits ;
  • les avantages ;
  • les inconvénients ;
  • les risques ;
  • les valeurs personnelles ;
  • les conséquences à court et à long terme ;
  • les informations vérifiables ;
  • la possibilité de réévaluer plus tard.

La question devient :

« Quelle décision est raisonnable avec les informations dont je dispose aujourd’hui ? »

plutôt que :

« Quelle décision garantit que rien de négatif n’arrivera ? »

 

Remplacer la réassurance par du soutien

Le soutien et la réassurance ne sont pas identiques.

La réassurance cherche à garantir :

« Tout ira bien. »

Le soutien aide à faire face :

« Je ne sais pas exactement ce qui se passera, mais je peux rester avec vous pendant que vous prenez votre décision. »

Cette distinction peut être travaillée avec l’entourage. Les recherches sur la recherche excessive de réassurance suggèrent qu’un soutien non compulsif peut être plus utile que la répétition de garanties.

Travailler les difficultés associées

Une prise en charge complémentaire peut être nécessaire en présence :

  • d’un trouble anxieux généralisé ;
  • d’un TOC ;
  • d’une dépendance affective ;
  • d’une dépression ;
  • d’un traumatisme ;
  • d’un deuil ;
  • d’une rupture ;
  • d’une solitude ;
  • de difficultés financières ;
  • d’un trouble psychotique ;
  • d’une autre addiction comportementale.

La consultation compulsive peut diminuer lorsque le problème qu’elle tente de soulager est directement pris en charge.

Prévenir les reprises

Une nouvelle consultation ne signifie pas que tout le travail est perdu.

L’épisode peut être analysé :

  • quel doute est apparu ?
  • quelle émotion était présente ?
  • quelle pensée a déclenché la consultation ?
  • quel accès était disponible ?
  • combien le soulagement a-t-il duré ?
  • quelle stratégie a manqué ?
  • que faudra-t-il modifier ?

L’écart devient une information utile plutôt qu’une preuve d’échec.

Réduction ou arrêt complet ?

L’objectif dépend de la situation.

Il peut s’agir :

  • de réduire progressivement la fréquence ;
  • de supprimer les consultations multiples ;
  • de ne plus consulter pour les décisions importantes ;
  • d’arrêter les services payants ;
  • de limiter les contenus gratuits ;
  • de prévoir une période complète sans voyance ;
  • de sortir entièrement du cycle compulsif ;
  • de conserver éventuellement une pratique symbolique non décisionnelle et choisie.

Lorsque chaque consultation entraîne immédiatement une nouvelle vérification ou des dépenses incontrôlées, un arrêt complet peut être plus simple qu’une réduction.

Comment se déroule un accompagnement ?

Les premières consultations permettent généralement d’évaluer :

  • les pratiques utilisées ;
  • la fréquence ;
  • les sommes dépensées ;
  • les questions posées ;
  • les situations déclenchantes ;
  • le niveau d’anxiété ;
  • la durée du soulagement ;
  • les tentatives précédentes de réduction ;
  • le retentissement relationnel ;
  • le sommeil ;
  • les décisions influencées ;
  • les troubles éventuellement associés ;
  • les objectifs de la personne.

Le suivi peut ensuite associer :

  • une analyse fonctionnelle ;
  • un relevé des consultations ;
  • une restructuration cognitive ;
  • une exposition à l’incertitude ;
  • une prévention de la réponse ;
  • une gestion du craving ;
  • une modification de l’environnement ;
  • un travail budgétaire ;
  • une activation comportementale ;
  • une prévention des reprises.

4. « Une prédiction négative m’empêche de vivre normalement »

Un voyant annonce une rupture, une maladie, un accident ou une période difficile.

La personne surveille chaque événement et évite certaines activités.

Le travail peut comprendre :

  • la distinction entre prédiction et fait ;
  • le repérage du biais de confirmation ;
  • la réduction des vérifications ;
  • une exposition progressive aux situations évitées ;
  • un travail sur les interprétations catastrophiques ;
  • la reprise des activités ;
  • une évaluation médicale ou psychologique si la peur devient envahissante.

5. « J’arrête quelques jours, puis je recommence »

La personne réussit à réduire pendant une période calme. Un nouveau doute ou un événement relationnel relance l’envie.

Elle pense :

« Une seule consultation ne fera pas de mal. »

Le travail peut comprendre :

  • l’identification des périodes à risque ;
  • un plan d’urgence écrit ;
  • la suppression des accès immédiats ;
  • la distinction entre écart et rechute ;
  • la reprise rapide de l’objectif ;
  • la réduction de la culpabilité ;
  • le renforcement de l’autonomie décisionnelle.

Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC

1. « Je consulte dès que mon partenaire ne répond pas »

Le silence déclenche une peur de l’abandon.

La personne pense :

« Je dois savoir s’il va revenir ou s’il voit quelqu’un d’autre. »

Elle consulte plusieurs voyants jusqu’à obtenir une réponse rassurante.

Le travail peut comprendre :

  • l’identification de la peur d’abandon ;
  • un délai avant la consultation ;
  • l’exposition au silence sans vérification ;
  • un retour aux faits ;
  • une communication directe avec le partenaire ;
  • un travail sur la dépendance affective ;
  • le développement d’autres moyens d’apaisement.

2. « Je consulte plusieurs voyants pour la même question »

Une première réponse apaise, puis un détail réactive le doute.

La personne recherche une confirmation supplémentaire. Les réponses contradictoires augmentent ensuite l’anxiété.

Le travail peut comprendre :

  • le repérage de la recherche de certitude ;
  • l’interdiction temporaire des consultations multiples ;
  • l’observation de l’envie ;
  • une exposition au doute ;
  • la réduction de la comparaison ;
  • un travail sur la pensée « je dois être certain » ;
  • une décision fondée sur les faits.

3. « Je dépense plus que je ne peux me permettre »

La personne commence par une petite consultation, puis achète des minutes supplémentaires, un tirage ou une nouvelle prestation.

Elle peut se dire :

« J’ai déjà dépensé, autant obtenir une réponse complète. »

Le travail peut comprendre :

  • un relevé précis des dépenses ;
  • la suppression des paiements rapides ;
  • un budget protégé ;
  • le blocage des numéros surtaxés ;
  • un délai avant tout achat ;
  • l’analyse du coût réel du soulagement ;
  • l’aide d’un proche ou d’un professionnel en cas de dettes.

Quand consulter ?

Une consultation peut être utile lorsque :

  • vous n’arrivez pas à réduire ;
  • vous consultez plusieurs fois pour la même question ;
  • vous dépensez plus que prévu ;
  • vous cachez vos consultations ;
  • vous ne prenez plus de décision seul ;
  • une prédiction provoque une forte anxiété ;
  • vos relations sont affectées ;
  • vous passez beaucoup de temps à regarder des tirages ;
  • vous ressentez une urgence à savoir ;
  • vous avez besoin d’être constamment rassuré ;
  • vous souhaitez simplement faire le point.

Il n’est pas nécessaire de se définir comme dépendant pour demander de l’aide.

Quand demander une aide rapide ?

Une évaluation médicale ou psychiatrique rapide est recommandée en présence :

  • d’idées suicidaires ;
  • d’une détresse psychologique majeure ;
  • d’un endettement grave ;
  • d’une exploitation financière ou d’une emprise ;
  • de convictions persécutoires rigides ;
  • de voix ou perceptions inhabituelles ;
  • d’une forte désorganisation ;
  • d’un comportement dangereux motivé par une prédiction.

Une démarche respectueuse et sans jugement

L’accompagnement ne vise pas à ridiculiser les croyances ni à imposer une vision particulière de la spiritualité.

Il cherche à comprendre :

  • ce que les consultations apportent ;
  • les émotions qu’elles soulagent ;
  • les doutes qui les déclenchent ;
  • les conséquences ;
  • les valeurs de la personne ;
  • les changements qu’elle souhaite entreprendre.

Le but est de retrouver une liberté de choix, une plus grande confiance dans ses décisions et une capacité à vivre avec une part raisonnable d’incertitude.

Prendre rendez-vous

Une première consultation permet de faire le point sur :

  • les pratiques divinatoires utilisées ;
  • la fréquence des consultations ;
  • les dépenses ;
  • les situations déclenchantes ;
  • le besoin de réassurance ;
  • les conséquences ;
  • les décisions concernées ;
  • les objectifs de réduction ou d’arrêt.

Les consultations peuvent être proposées en présentiel ou en visioconférence, dans un cadre confidentiel, bienveillant et sans jugement.

Les informations proposées sur cette page sont générales et ne remplacent pas une évaluation individuelle. En présence d’idées suicidaires, d’une détresse psychologique majeure, d’une emprise financière ou d’un danger immédiat, contactez rapidement un professionnel de santé ou les services d’urgence.