TCC, addiction à l’héroïne et dépendance aux opioïdes à Oyonnax et en visio

Les autres risques possibles

Risques psychologiques

L’usage peut être associé à :

  • une anxiété ;
  • une dépression ;
  • une perte de motivation ;
  • une diminution de l’intérêt pour les activités ;
  • un isolement ;
  • une honte ou une culpabilité ;
  • des idées suicidaires ;
  • une difficulté à ressentir du plaisir sans produit.

Risques physiques

Les complications peuvent comprendre :

  • une dépression respiratoire ;
  • des infections ;
  • une constipation sévère ;
  • des troubles hormonaux ;
  • une altération de la vigilance ;
  • des chutes ou des accidents ;
  • des lésions liées au mode de consommation ;
  • une détérioration de l’état général.

Risques liés à l’injection

L’injection expose notamment :

  • aux abcès ;
  • aux infections cutanées ;
  • aux infections cardiaques ;
  • au VIH ;
  • aux hépatites virales ;
  • aux lésions veineuses ;
  • aux surdoses.

Ne jamais partager une seringue ou du matériel de préparation réduit certains risques, sans les supprimer.

Les médicaments opioïdes antalgiques

Une addiction peut également apparaître au cours ou à la suite d’un traitement contre la douleur.

Les signes possibles comprennent :

  • une augmentation des doses sans accord médical ;
  • une prise plus fréquente que prévu ;
  • une utilisation pour dormir ou calmer une émotion plutôt que pour la douleur ;
  • une consultation de plusieurs prescripteurs ;
  • une peur intense de manquer de comprimés ;
  • une difficulté à respecter le calendrier de réduction ;
  • la poursuite malgré une somnolence, des chutes ou d’autres effets indésirables.

Il ne faut pas interrompre brutalement un traitement opioïde pris régulièrement. La diminution doit être progressive, individualisée et organisée avec le médecin.

L’objectif est de traiter simultanément la douleur, la dépendance physique éventuelle et les comportements problématiques, sans culpabiliser la personne ni négliger sa souffrance.

Les traitements par agonistes opioïdes

La buprénorphine et la méthadone sont des traitements médicaux de référence du trouble de l’usage des opioïdes.

Ils peuvent permettre :

  • de réduire ou supprimer les symptômes de manque ;
  • de diminuer le craving ;
  • de réduire les consommations d’héroïne ou d’autres opioïdes non prescrits ;
  • de diminuer le risque de surdose ;
  • de réduire les injections ;
  • d’améliorer la stabilité médicale, psychologique et sociale ;
  • de faciliter la reprise d’activités et de soins.

Ces traitements ne consistent pas simplement à « remplacer une drogue par une autre ». Ils utilisent des médicaments connus, dosés et prescrits dans un cadre thérapeutique afin de stabiliser le fonctionnement de la personne.

La durée du traitement dépend des besoins. Un arrêt trop rapide ou imposé peut augmenter le risque de rechute et de surdose.

Quels facteurs augmentent le risque de surdose ?

Le risque augmente notamment :

  • après une période d’arrêt, de sevrage, d’hospitalisation ou d’incarcération ;
  • lorsque la tolérance a diminué ;
  • en cas d’association avec de l’alcool ;
  • en cas d’association avec des benzodiazépines, des somnifères ou d’autres sédatifs ;
  • lorsque la composition ou la puissance du produit est inconnue ;
  • en cas de consommation seul ;
  • en cas d’injection ;
  • en cas de maladie respiratoire, hépatique ou rénale ;
  • après une sortie de traitement ou une interruption du suivi ;
  • en présence de fentanyl ou d’un autre opioïde très puissant.

L’Organisation mondiale de la Santé estime que les opioïdes sont responsables de la majorité des décès liés aux drogues dans le monde. La disponibilité de la naloxone et des traitements par agonistes opioïdes fait partie des moyens essentiels de prévention.

Quand l’usage d’un opioïde devient difficile à contrôler

Les opioïdes regroupent plusieurs substances qui agissent sur les mêmes récepteurs du système nerveux. Ils comprennent notamment l’héroïne, la morphine, la codéine, l’oxycodone, le fentanyl et certains médicaments antalgiques prescrits contre la douleur.

Ces substances peuvent soulager la douleur et provoquer une sensation de détente, d’apaisement ou d’euphorie. Elles peuvent aussi entraîner une somnolence et ralentir la respiration.

Toutes les utilisations d’un médicament opioïde ne correspondent pas à une addiction. Une personne peut recevoir un traitement antalgique adapté sans perdre le contrôle de son usage. La difficulté apparaît lorsque la consommation devient prioritaire, qu’elle est difficile à réduire ou qu’elle se poursuit malgré des conséquences importantes.

Le trouble de l’usage des opioïdes est une affection médicale. Il ne traduit ni un manque de volonté ni une faiblesse morale. Il résulte de l’interaction entre les effets du produit, les apprentissages, la dépendance physique, les émotions, l’environnement et les vulnérabilités personnelles.

En France, l’expérimentation de l’héroïne concernait environ 2 % des adultes âgés de 18 à 64 ans en 2023, tandis que l’usage dans l’année concernait environ 0,3 % d’entre eux. Ces chiffres décrivent des niveaux de consommation et ne signifient pas que toutes les personnes concernées présentent une addiction.

L’héroïne reste l’opioïde illicite le plus fréquemment utilisé en Europe. Cependant, les risques liés aux médicaments opioïdes détournés de leur usage, au fentanyl et à d’autres opioïdes de synthèse nécessitent également une vigilance particulière.

Que sont les opioïdes ?

Les opioïdes peuvent être prescrits médicalement ou obtenus en dehors d’un cadre de soins.

Ils comprennent notamment :

  • l’héroïne ;
  • la morphine ;
  • l’oxycodone ;
  • l’hydromorphone ;
  • la codéine ;
  • le tramadol ;
  • le fentanyl ;
  • la méthadone ;
  • la buprénorphine.

La méthadone et la buprénorphine peuvent être utilisées comme traitements par agonistes opioïdes. Elles sont prescrites dans un cadre médical pour stabiliser la dépendance, réduire le manque et le craving, diminuer les consommations illicites et prévenir les surdoses.

Il est important de ne pas confondre un traitement médical encadré avec une consommation problématique. Un traitement par agoniste opioïde peut être poursuivi pendant une longue période lorsqu’il apporte une stabilité et protège la santé de la personne.

Qu’est-ce qu’une addiction aux opioïdes ?

L’addiction ne se définit pas seulement par la dose consommée ou par l’existence d’une dépendance physique.

Une personne prenant un opioïde prescrit peut présenter une tolérance ou des symptômes de sevrage sans nécessairement avoir perdu le contrôle de son traitement. À l’inverse, une consommation irrégulière peut être très problématique si elle entraîne des surdoses, des prises de risques ou une incapacité à respecter les objectifs fixés.

Plusieurs signes peuvent alerter :

  • une envie intense de consommer ;
  • des prises plus importantes ou plus fréquentes que prévu ;
  • une difficulté à s’arrêter une fois l’usage commencé ;
  • des tentatives répétées de réduction sans résultat durable ;
  • beaucoup de temps consacré à rechercher, consommer ou récupérer des effets ;
  • une augmentation progressive de la tolérance ;
  • des symptômes de manque lors de la diminution ;
  • la poursuite malgré les conséquences médicales, psychologiques ou sociales ;
  • un désinvestissement du travail, des études, des relations ou des activités ;
  • une consommation dans des situations dangereuses ;
  • un usage destiné à éviter le manque plutôt qu’à rechercher un effet agréable ;
  • le sentiment de ne plus pouvoir fonctionner normalement sans opioïde.

Le trouble peut être léger, modéré ou sévère. Son évaluation nécessite de tenir compte du produit, du mode de consommation, des risques, de la santé générale et de la situation sociale.

Dépendance physique et addiction : quelle différence ?

La dépendance physique correspond à l’adaptation de l’organisme à la présence régulière d’un opioïde.

Elle peut se manifester par :

  • une tolérance, avec un besoin d’augmenter les doses pour obtenir le même effet ;
  • des symptômes de sevrage lorsque la dose diminue brutalement ou que le produit est interrompu.

L’addiction implique en plus une perte de contrôle, une place excessive accordée au produit et la poursuite de l’usage malgré les conséquences.

Cette distinction est importante. Une personne traitée pour une douleur peut être physiquement dépendante sans présenter de comportement addictif. Toute modification d’un traitement antalgique opioïde doit être préparée avec le prescripteur et ne doit pas être réalisée brutalement sans avis médical.

Pourquoi est-il difficile de réduire ou d’arrêter ?

Les opioïdes peuvent produire rapidement :

  • une diminution de la douleur ;
  • une sensation de chaleur ou de détente ;
  • un apaisement émotionnel ;
  • une réduction temporaire de l’anxiété ;
  • une impression de sécurité ;
  • une euphorie ;
  • un ralentissement des pensées difficiles.

Ces effets renforcent le comportement de consommation.

Le cerveau peut progressivement associer le produit à de nombreuses situations :

  • une douleur ;
  • un réveil ;
  • une émotion pénible ;
  • une dispute ;
  • la solitude ;
  • certains lieux ;
  • certaines personnes ;
  • de l’argent disponible ;
  • du matériel de consommation ;
  • la peur du manque ;
  • le souvenir d’une consommation antérieure.

Lorsque ces déclencheurs apparaissent, l’envie peut devenir très forte.

Le cercle qui entretient la consommation

Le cycle peut être résumé ainsi :

Douleur, stress, émotion ou signe de manque → envie de consommer → prise d’opioïde → soulagement rapide → diminution de l’effet ou apparition du manque → nouvelle envie.

Au début, la personne peut consommer pour rechercher un effet agréable ou pour se soulager.

Avec le temps, elle peut surtout consommer pour ne pas être malade, éviter le manque ou retrouver un état perçu comme normal.

Ce passage d’une recherche de plaisir à une recherche de soulagement contribue à enfermer la personne dans un cycle de plus en plus contraignant.

Qu’est-ce que le craving ?

Le craving est une envie intense de consommer. Il peut être déclenché par une situation, une émotion, une sensation physique ou un souvenir.

La personne peut avoir l’impression que cette envie va continuer à augmenter jusqu’à devenir insupportable. Pourtant, son intensité varie généralement au cours du temps.

Le craving fonctionne souvent comme une vague :

  • il apparaît ;
  • il augmente ;
  • il atteint un maximum ;
  • il diminue progressivement.

Les TCC apprennent à reconnaître cette évolution, à différer la consommation et à utiliser des stratégies permettant de traverser l’envie sans agir immédiatement.

Les symptômes possibles du sevrage

Le sevrage des opioïdes peut provoquer :

  • une anxiété importante ;
  • une agitation ;
  • des douleurs musculaires ;
  • des crampes ;
  • des bâillements ;
  • des larmoiements ;
  • un écoulement nasal ;
  • des sueurs ;
  • des frissons ;
  • une chair de poule ;
  • des nausées ;
  • des vomissements ;
  • des diarrhées ;
  • des troubles du sommeil ;
  • une accélération du rythme cardiaque ;
  • des envies fortes de consommer.

Ces manifestations sont très inconfortables et favorisent la reprise. Elles nécessitent une évaluation médicale afin de choisir une stratégie adaptée.

Un arrêt non préparé peut également entraîner une perte rapide de tolérance. En cas de reprise, une dose auparavant tolérée peut alors provoquer une surdose.

La surdose d’opioïdes

La surdose constitue le risque le plus urgent. Les opioïdes peuvent ralentir la respiration jusqu’à l’arrêt respiratoire.

Les principaux signes d’une surdose sont :

  • une personne impossible à réveiller ;
  • une respiration très lente, irrégulière ou absente ;
  • des ronflements inhabituels ou des bruits de suffocation ;
  • des pupilles très serrées ;
  • une peau pâle, froide ou bleutée ;
  • des lèvres ou des doigts bleus ;
  • un corps très mou ;
  • une perte de connaissance.

Une surdose est une urgence médicale.

Il faut immédiatement :

  • appeler les services d’urgence ;
  • administrer de la naloxone lorsqu’elle est disponible ;
  • suivre les instructions des secours ;
  • vérifier la respiration ;
  • placer la personne en position latérale de sécurité si elle respire ;
  • commencer les gestes de réanimation si elle ne respire pas et si l’on sait les pratiquer ;
  • rester auprès d’elle.

La naloxone bloque temporairement les effets des opioïdes. Son action peut être plus courte que celle du produit consommé. Une surveillance médicale reste donc indispensable, même lorsque la personne se réveille.

 

 

Quel est l’apport des TCC ?

Les thérapies cognitives et comportementales complètent la prise en charge médicale. Elles ne remplacent pas le traitement pharmacologique lorsqu’il est indiqué.

Elles étudient les relations entre :

  • les situations ;
  • les pensées ;
  • les émotions ;
  • les sensations corporelles ;
  • les comportements ;
  • leurs conséquences immédiates et différées.

Clarifier la motivation

La personne peut souhaiter arrêter tout en craignant :

  • le manque ;
  • la douleur ;
  • la perte du soulagement ;
  • une vie sans plaisir ;
  • l’échec ;
  • le regard des autres ;
  • les changements de fréquentations ;
  • les contraintes d’un traitement.

Le psychologue aide à examiner ces hésitations sans jugement et à définir un objectif compatible avec les priorités de la personne.

Repérer les déclencheurs

Un relevé peut permettre d’identifier :

  • le contexte ;
  • l’émotion ;
  • la douleur ;
  • la pensée automatique ;
  • l’intensité du craving ;
  • le produit utilisé ;
  • le mode de consommation ;
  • les conséquences ;
  • les stratégies qui ont aidé ou non.

Cette analyse permet de préparer des réponses précises aux situations à risque.

Travailler les pensées automatiques

Certaines pensées favorisent la consommation :

« Je ne supporterai jamais le manque. »

« Une seule fois ne changera rien. »

« Je peux reprendre la même dose qu’avant. »

« Sans opioïde, je ne pourrai pas faire face. »

« Puisque j’ai consommé, tout est perdu. »

La thérapie aide à examiner ces pensées et à développer des réponses plus réalistes et plus protectrices.

Apprendre à gérer le craving

Les stratégies peuvent comprendre :

  • différer la décision ;
  • quitter le lieu à risque ;
  • contacter une personne de confiance ;
  • observer l’envie comme une vague ;
  • utiliser une activité incompatible avec la consommation ;
  • se rappeler la diminution de tolérance ;
  • suivre le traitement prescrit ;
  • supprimer certains contacts ;
  • limiter l’accès à l’argent ;
  • préparer un plan d’urgence.

Développer d’autres stratégies émotionnelles

Lorsque l’opioïde sert à apaiser une douleur psychologique, un traumatisme, une solitude ou une anxiété, il est nécessaire de développer d’autres réponses.

Le travail peut porter sur :

  • la régulation émotionnelle ;
  • la résolution de problèmes ;
  • l’affirmation de soi ;
  • le traitement d’un traumatisme ;
  • la gestion de la douleur ;
  • le sommeil ;
  • la reprise d’activités ;
  • le soutien social ;
  • l’estime de soi.

Prévenir les rechutes et les surdoses

La prévention de la rechute comprend notamment :

  • l’identification des situations à haut risque ;
  • un plan précis en cas d’envie ;
  • la continuité du traitement médical ;
  • la disponibilité de naloxone ;
  • l’information de l’entourage ;
  • la prise en compte de la baisse de tolérance ;
  • la distinction entre un écart ponctuel et un retour durable à l’usage ;
  • une reprise rapide du suivi après une consommation.

 

Arrêt, réduction ou stabilisation ?

L’objectif dépend de la situation.

Il peut s’agir :

  • d’arrêter l’héroïne ou les opioïdes non prescrits ;
  • de commencer ou stabiliser un traitement par agoniste opioïde ;
  • de supprimer l’injection ;
  • de réduire les consommations ;
  • de prévenir les surdoses ;
  • de sécuriser l’usage avant qu’un changement plus important soit possible ;
  • de diminuer progressivement un médicament antalgique avec le prescripteur ;
  • de reprendre un suivi interrompu.

La réduction des risques n’est pas opposée au soin. Elle protège la vie et la santé, y compris lorsque l’arrêt complet n’est pas encore possible.

Comment se déroule l’accompagnement ?

Les premières consultations permettent d’évaluer :

  • les opioïdes utilisés ;
  • les quantités et la fréquence ;
  • les modes de consommation ;
  • la dépendance physique ;
  • les symptômes de manque ;
  • le craving ;
  • les antécédents de surdose ;
  • la disponibilité de naloxone ;
  • les traitements actuels ;
  • la douleur ;
  • les autres substances consommées ;
  • l’état psychologique ;
  • les idées suicidaires éventuelles ;
  • la santé physique ;
  • les conditions de vie ;
  • le soutien disponible.

Le suivi peut associer :

  • un traitement par agoniste opioïde ;
  • un suivi médical ;
  • des TCC ;
  • un accompagnement infirmier ;
  • une prise en charge sociale ;
  • une réduction des risques ;
  • un suivi psychiatrique ;
  • un traitement de la douleur ;
  • un dépistage et un traitement des infections.

La coordination entre professionnels est particulièrement importante.

4. « Je consomme lorsque je suis seul ou bouleversé »

L’opioïde est utilisé comme un moyen rapide d’apaiser la solitude, un traumatisme, la honte ou un conflit.

Le soulagement est immédiat mais temporaire. La consommation augmente ensuite l’isolement et les difficultés.

Le travail peut comprendre :

  • l’identification des émotions déclenchantes ;
  • un plan pour les périodes de solitude ;
  • des stratégies de régulation émotionnelle ;
  • le traitement progressif d’un traumatisme lorsque la personne est stabilisée ;
  • la reprise de liens sociaux ;
  • la résolution de problèmes ;
  • un accès à un traitement médical adapté.

L’objectif est de développer plusieurs moyens de faire face, plutôt que de retirer brutalement le seul moyen d’apaisement disponible.

5. « J’arrête le traitement dès que je vais mieux »

Après une période de stabilité sous buprénorphine ou méthadone, la personne pense qu’elle ne devrait plus avoir besoin du traitement.

Elle l’interrompt rapidement, puis ressent un manque, un craving ou une reprise de consommation.

Elle peut interpréter la poursuite du traitement comme un échec.

Le travail peut comprendre :

  • une information sur le rôle protecteur du traitement ;
  • un examen des avantages et des contraintes ;
  • un travail sur la honte et les croyances associées ;
  • une décision partagée avec le médecin ;
  • une préparation très progressive lorsqu’une diminution est envisagée ;
  • un plan de prévention de la rechute ;
  • le maintien de la naloxone et du suivi.

L’objectif est de prendre une décision médicale sécurisée, et non de répondre à une pression extérieure ou à une exigence de sevrage rapide.

Cinq exemples détaillés d’accompagnement en TCC

1. « Je consomme surtout pour éviter le manque »

La personne ne recherche plus nécessairement l’euphorie. Elle consomme au réveil ou à intervalles réguliers pour éviter les douleurs, les sueurs, les troubles digestifs et l’angoisse.

La peur du manque devient le principal moteur de la consommation.

Le travail peut comprendre :

  • une évaluation médicale rapide ;
  • l’accès à un traitement par agoniste opioïde ;
  • une information sur le sevrage ;
  • l’identification des pensées catastrophiques ;
  • la préparation des rendez-vous et de la prise du traitement ;
  • la gestion des envies résiduelles ;
  • la reconstruction progressive du quotidien.

L’objectif n’est pas d’exiger que la personne endure le manque, mais de la stabiliser et de réduire les risques.

2. « J’ai recommencé après une période d’arrêt »

Après plusieurs semaines ou plusieurs mois sans opioïde, la personne reprend une dose proche de celle qu’elle utilisait auparavant.

Elle sous-estime la perte de tolérance et s’expose à une surdose.

Le travail peut comprendre :

  • une information précise sur la baisse de tolérance ;
  • un accès à la naloxone ;
  • un plan de prévention de la reprise ;
  • le repérage des situations ayant précédé l’écart ;
  • une reprise immédiate du suivi médical ;
  • un travail sur la pensée « Tout est perdu » ;
  • la mobilisation d’un soutien.

L’objectif prioritaire est d’éviter qu’une reprise ponctuelle devienne mortelle.

3. « Je prends des opioïdes pour ma douleur, mais j’ai perdu le contrôle »

La personne a commencé un médicament dans un contexte médical. Progressivement, elle augmente les doses, anticipe les prises ou utilise le traitement pour diminuer le stress et mieux dormir.

Elle peut craindre que parler de ses difficultés conduise à l’abandon du traitement ou à la négation de sa douleur.

Le travail peut associer :

  • une évaluation médicale de la douleur ;
  • une analyse de l’usage réel du médicament ;
  • une diminution progressive lorsque cela est indiqué ;
  • des stratégies non médicamenteuses de gestion de la douleur ;
  • un travail sur l’anxiété anticipatoire ;
  • une amélioration du sommeil ;
  • une coordination étroite avec le prescripteur.

L’objectif est de sécuriser le traitement sans nier la douleur.

 

 

Les opioïdes restent responsables d’une part majeure des décès liés aux drogues dans le monde. L’OMS estime à environ 125 000 le nombre de décès par surdose d’opioïdes en 2019 et souligne que la naloxone peut prévenir le décès lorsqu’elle est administrée rapidement.

Quand consulter ?

Une consultation est indiquée lorsque :

  • vous consommez plus que prévu ;
  • vous craignez le manque ;
  • vous avez déjà fait une surdose ;
  • vous avez repris après une période d’arrêt ;
  • vous utilisez un médicament opioïde autrement que prévu ;
  • vous injectez ;
  • vous associez les opioïdes à l’alcool ou à des sédatifs ;
  • vous avez essayé d’arrêter sans y parvenir ;
  • votre santé, vos relations ou votre travail sont affectés ;
  • vous souhaitez accéder à un traitement par agoniste opioïde ;
  • vous avez besoin de naloxone ;
  • vous souhaitez simplement évaluer votre situation.

Il n’est pas nécessaire d’attendre une urgence ou de se considérer comme dépendant pour demander de l’aide.

Une démarche médicale, psychologique et sans jugement

L’accompagnement du trouble de l’usage des opioïdes repose généralement sur plusieurs dimensions :

  • la prévention des surdoses ;
  • le traitement médical ;
  • le soutien psychologique ;
  • les TCC ;
  • la réduction des risques ;
  • l’accompagnement social ;
  • la prise en charge de la douleur et des autres troubles associés.

La personne reste actrice des décisions. Les objectifs peuvent évoluer en fonction de sa situation et de ses priorités.

Le but n’est pas seulement de supprimer un produit. Il est de protéger la vie, de retrouver une stabilité, de réduire la souffrance et de reconstruire une liberté de choix.

Prendre rendez-vous

Une première consultation permet de faire le point sur :

  • les produits utilisés ;
  • les risques immédiats ;
  • les symptômes de manque ;
  • les antécédents de surdose ;
  • la douleur ;
  • les déclencheurs ;
  • les traitements possibles ;
  • les objectifs de la personne.

En raison du risque de surdose et du sevrage, une évaluation médicale ou addictologique est fréquemment nécessaire en complément du suivi psychologique.

Cette page fournit des informations générales et ne remplace pas une évaluation médicale individuelle. Une personne impossible à réveiller, qui respire lentement ou ne respire plus, présente une urgence vitale : appelez immédiatement les secours et administrez de la naloxone si elle est disponible.