Trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT complexe) : traumatismes répétés, EMDR et TCC

Florence CHATENET propose un accompagnement progressif du TSPT complexe (stress post-traumatique complexe) et des conséquences de traumatismes répétés au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax. Des consultations en visioconférence peuvent également être proposées partout en France et depuis l’étranger, notamment aux expatriés souhaitant effectuer leur accompagnement en français.

Comment le TSPT complexe s’installe-t-il ?

Un système de survie durablement mobilisé

Lorsqu’un danger est ponctuel, le système nerveux peut se mobiliser puis revenir progressivement à l’équilibre.

Lorsque le danger est répété ou prolongé, le cerveau apprend que :

  • la menace peut survenir à tout moment ;
  • les autres ne sont pas nécessairement fiables ;
  • il faut surveiller en permanence ;
  • exprimer ses besoins peut être dangereux ;
  • se défendre peut aggraver la situation ;
  • se couper de ses émotions peut aider à survivre.

Ces adaptations peuvent avoir été utiles pendant la période traumatique.

Elles peuvent ensuite devenir coûteuses lorsque la personne vit dans un environnement plus sûr.

Le cercle vicieux du TSPT complexe

Le fonctionnement peut être résumé ainsi :

Déclencheur relationnel ou sensoriel → activation d’un souvenir traumatique → peur, honte, colère ou dissociation → retrait, soumission, contrôle ou évitement → soulagement immédiat → maintien de la croyance que le danger est toujours présent.

Par exemple, une remarque neutre peut être interprétée comme le début d’une humiliation.

La personne se tait, se soumet ou quitte la situation.

Elle ressent un soulagement immédiat, mais ne peut pas découvrir qu’elle aurait peut-être pu poser une limite ou recevoir une réponse différente.

Trouble de stress post-traumatique complexe — TSPT complexe

Le trouble de stress post-traumatique complexe, également appelé TSPT complexe ou C-PTSD, peut apparaître après une exposition répétée, prolongée ou difficilement évitable à des événements traumatiques.

Il peut notamment être associé à :

  • des violences physiques, psychologiques ou sexuelles répétées ;
  • des maltraitances ou négligences pendant l’enfance ;
  • des violences conjugales prolongées ;
  • une relation d’emprise ;
  • du harcèlement durable ;
  • des situations de captivité ;
  • la torture ;
  • la guerre ;
  • des migrations traumatiques ;
  • des placements ou séparations précoces répétés ;
  • une exploitation ;
  • une exposition professionnelle répétée à des événements traumatiques.

Le TSPT complexe est reconnu dans la Classification internationale des maladies, la CIM-11, publiée par l’Organisation mondiale de la santé. Il comprend les symptômes fondamentaux du TSPT, auxquels s’ajoutent des difficultés persistantes dans la régulation émotionnelle, l’image de soi et les relations.

Le TSPT complexe ne correspond ni à une faiblesse personnelle ni à un manque de volonté. Il traduit l’adaptation prolongée du système de survie à un environnement dans lequel la personne n’a pas pu se sentir durablement en sécurité.

Quelle différence entre TSPT et TSPT complexe ?

Le TSPT

Le TSPT comporte principalement :

  • des reviviscences ;
  • des cauchemars ou flashbacks ;
  • l’évitement des souvenirs et des situations ;
  • une impression persistante de menace ;
  • de l’hypervigilance ;
  • des réactions de sursaut ;
  • des modifications négatives des pensées et des émotions.

Le TSPT complexe

Le TSPT complexe comporte ces manifestations, auxquelles s’ajoutent trois grandes catégories de difficultés appelées perturbations de l’organisation de soi :

  1. des difficultés de régulation émotionnelle ;
  2. une image de soi durablement négative ;
  3. des difficultés relationnelles persistantes.

Le NICE souligne que les personnes présentant un TSPT complexe peuvent notamment manifester dissociation, dérégulation émotionnelle, difficultés relationnelles, engourdissement émotionnel et altérations négatives de l’humeur et des pensées.

Les symptômes du TSPT complexe

1. Reviviscences et mémoire traumatique

La personne peut présenter :

  • des souvenirs intrusifs ;
  • des flashbacks ;
  • des cauchemars ;
  • des images soudaines ;
  • des sensations corporelles intenses ;
  • des impressions de présence ;
  • des émotions qui surgissent sans explication immédiate.

Le souvenir peut être vécu comme s’il appartenait encore au présent.

Un ton de voix, un regard, une odeur, un lieu, une posture corporelle ou une situation relationnelle peuvent réactiver une expérience ancienne.

2. Évitement

La personne peut éviter :

  • les souvenirs ;
  • certaines émotions ;
  • les conflits ;
  • les relations intimes ;
  • les lieux associés au traumatisme ;
  • les discussions sur le passé ;
  • les situations où elle pourrait perdre le contrôle ;
  • les personnes perçues comme dominantes ;
  • les soins médicaux ;
  • les démarches administratives.

L’évitement apporte un soulagement immédiat, mais peut renforcer à long terme le sentiment de danger et réduire progressivement la vie quotidienne.

3. Hypervigilance et sentiment de menace

Le corps peut rester en état d’alerte.

La personne peut :

  • surveiller les réactions des autres ;
  • analyser les regards et les intonations ;
  • sursauter facilement ;
  • anticiper les conflits ;
  • se sentir rapidement menacée ;
  • avoir des difficultés à dormir ;
  • vérifier les portes ou les messages ;
  • ressentir une forte tension musculaire ;
  • se préparer constamment à fuir, se défendre ou se figer.

4. Difficultés de régulation émotionnelle

Les émotions peuvent devenir très intenses ou, au contraire, difficiles à ressentir.

La personne peut présenter :

  • des crises de larmes ;
  • des accès de colère ;
  • une peur difficile à calmer ;
  • une honte envahissante ;
  • des changements émotionnels rapides ;
  • une sensation de vide ;
  • un engourdissement émotionnel ;
  • des difficultés à identifier ses émotions ;
  • une tendance à se couper de ses sensations ;
  • des réactions disproportionnées à certains déclencheurs.

Ces réactions ne sont pas volontaires. Elles correspondent souvent à un système nerveux devenu extrêmement sensible aux signes de menace.

5. Image de soi durablement négative

La personne peut penser :

  • « Je suis abîmé. »
  • « Je n’ai aucune valeur. »
  • « Je suis mauvais. »
  • « Je suis responsable de ce qui m’est arrivé. »
  • « Je ne mérite pas d’être respecté. »
  • « Je suis faible. »
  • « Je suis différent des autres. »
  • « Je ne pourrai jamais avoir une vie normale. »

Dans les traumatismes précoces, l’enfant dépend des adultes qui peuvent être à l’origine du danger.

Il peut alors conclure que le problème vient de lui-même, plutôt que des personnes censées le protéger.

Ces conclusions peuvent rester actives à l’âge adulte.

6. Difficultés relationnelles

La personne peut éprouver :

  • une peur de l’abandon ;
  • une peur de l’intimité ;
  • une méfiance importante ;
  • une difficulté à demander de l’aide ;
  • une tendance à se soumettre ;
  • une difficulté à dire non ;
  • une peur du conflit ;
  • un besoin constant de rassurance ;
  • une alternance entre rapprochement et éloignement ;
  • une difficulté à reconnaître les relations dangereuses ;
  • un isolement durable.

Elle peut rechercher la proximité tout en se sentant menacée lorsqu’une relation devient trop proche.

7. Dissociation

La dissociation peut se manifester par :

  • une impression d’irréalité ;
  • une sensation d’être séparé de son corps ;
  • une impression de regarder la scène de l’extérieur ;
  • des absences ;
  • des pertes partielles de souvenirs ;
  • un sentiment de fonctionner automatiquement ;
  • une difficulté à ressentir certaines parties du corps ;
  • une impression de ne plus savoir qui l’on est.

La dissociation peut avoir constitué une stratégie de survie lorsque la fuite réelle était impossible.

 

L’apport de l’EMDR dans le TSPT complexe

L’EMDR est une psychothérapie reconnue dans le traitement du TSPT. Pour les présentations complexes, son utilisation doit être individualisée et adaptée au niveau de stabilité, aux ressources, à la dissociation et au contexte de sécurité de la personne. Le NICE recommande notamment d’accorder davantage de temps au développement de la confiance et de prendre en compte la dissociation, la dérégulation émotionnelle, les difficultés relationnelles et les obstacles à l’engagement thérapeutique.

L’EMDR ne vise pas à effacer le passé.

Il cherche à permettre à la personne de se souvenir sans être continuellement ramenée dans l’état émotionnel et corporel du traumatisme.

1. Construire la sécurité avant le retraitement

Dans le TSPT complexe, le travail EMDR ne commence pas nécessairement par les souvenirs les plus graves.

Une phase de préparation peut inclure :

  • la construction de l’alliance thérapeutique ;
  • un plan de sécurité ;
  • le repérage des signes de dissociation ;
  • l’ancrage dans le présent ;
  • le développement de ressources ;
  • un lieu sûr ou un lieu apaisant ;
  • un contenant mental ;
  • la capacité à interrompre la séance ;
  • l’apprentissage du retour au calme ;
  • l’identification des personnes ressources.

Cette phase n’est pas une attente inutile.

Elle permet de développer les capacités nécessaires au retraitement.

2. Retraiter progressivement les souvenirs

Le travail peut commencer par des cibles limitées :

  • une humiliation précise ;
  • un regard menaçant ;
  • une phrase ;
  • un moment où la personne n’a pas été protégée ;
  • une situation actuelle qui réactive l’impuissance ;
  • une sensation corporelle ;
  • un cauchemar ;
  • une scène moins intense.

Le thérapeute peut fractionner le travail et ajuster la durée des séquences afin de maintenir la personne dans une zone émotionnelle tolérable.

3. Diminuer la sensation que le danger est toujours présent

La personne peut rationnellement savoir qu’elle n’est plus dans la situation ancienne, tout en continuant à la ressentir dans son corps.

L’EMDR peut aider à distinguer :

  • le danger passé ;
  • le déclencheur actuel ;
  • la sécurité disponible aujourd’hui.

Le souvenir reste présent, mais il devient progressivement mieux situé dans le temps.

 

4. Travailler la honte et la culpabilité

Les personnes ayant subi des violences répétées peuvent se reprocher :

  • de ne pas avoir parlé ;
  • de ne pas avoir fui ;
  • de s’être soumises ;
  • d’être restées dans une relation ;
  • d’avoir continué à aimer une personne violente ;
  • d’avoir ressenti de l’attachement ;
  • de ne pas avoir protégé un proche ;
  • d’avoir oublié certaines scènes.

L’EMDR peut aider à replacer les responsabilités au bon endroit.

La cognition :

« C’est ma faute »

peut évoluer vers :

« J’ai fait ce que j’ai pu pour survivre dans une situation que je ne contrôlais pas. »

5. Transformer les croyances négatives

Le travail EMDR peut cibler des croyances telles que :

  • « Je suis sans défense. »
  • « Je n’ai aucune valeur. »
  • « Je suis mauvais. »
  • « Je ne mérite pas d’être respecté. »
  • « Je suis toujours en danger. »
  • « Je ne peux faire confiance à personne. »

Des représentations plus adaptées peuvent progressivement émerger :

  • « Aujourd’hui, je peux apprendre à me protéger. »
  • « Ce qui m’est arrivé n’était pas mérité. »
  • « J’ai de la valeur. »
  • « J’ai le droit d’avoir des besoins. »
  • « Je peux choisir à qui faire confiance. »
  • « Je peux poser des limites. »

6. Préparer les situations futures

Le travail peut ensuite porter sur des situations actuelles ou futures :

  • dire non ;
  • poser une limite ;
  • demander de l’aide ;
  • faire face à une critique ;
  • entrer dans une relation ;
  • quitter une situation dangereuse ;
  • exprimer un désaccord ;
  • retourner dans un lieu ;
  • prendre une décision autonome.

L’objectif n’est pas de supprimer toute peur, mais de renforcer la capacité à agir malgré une émotion inconfortable.

Pourquoi associer EMDR et TCC dans le TSPT complexe ?

Dans le TSPT complexe, le travail ne concerne pas uniquement les souvenirs.

Il porte aussi sur les comportements actuels, les relations, l’image de soi, les émotions et la capacité à se protéger.

L’EMDR et les TCC peuvent donc être complémentaires.

1. EMDR sur les souvenirs, TCC sur le quotidien

L’EMDR peut diminuer la charge émotionnelle de scènes anciennes.

La TCC aide à modifier les mécanismes actuels :

  • retrait ;
  • évitement ;
  • procrastination ;
  • isolement ;
  • soumission ;
  • vérifications ;
  • comportements de sécurité ;
  • difficultés d’organisation.

2. EMDR sur l’impuissance ancienne, TCC sur l’affirmation de soi

L’EMDR peut travailler les souvenirs où la personne n’avait aucun contrôle.

La TCC peut développer des compétences actuelles :

  • dire non ;
  • demander ;
  • exprimer un désaccord ;
  • identifier ses droits ;
  • reconnaître une manipulation ;
  • poser une limite ;
  • quitter une situation.

3. EMDR sur la honte, TCC sur la voix critique

L’EMDR peut retraiter les humiliations et les expériences ayant construit une image négative de soi.

La TCC aide à identifier les pensées automatiques :

  • « Je suis nul. »
  • « Je dérange. »
  • « Je suis trop sensible. »
  • « Je n’ai pas le droit de me plaindre. »

Elle permet ensuite de rechercher des interprétations plus équilibrées.

4. EMDR sur les déclencheurs, TCC sur la régulation émotionnelle

L’EMDR peut réduire l’intensité des déclencheurs traumatiques.

La TCC peut proposer :

  • un travail d’ancrage ;
  • une meilleure identification des émotions ;
  • une respiration adaptée ;
  • des routines de sommeil ;
  • une planification des activités ;
  • des stratégies contre la rumination ;
  • un travail sur la colère ;
  • un plan de retour au présent.

5. EMDR sur le passé, TCC sur les relations actuelles

L’EMDR peut traiter les blessures d’abandon, de rejet, de trahison ou d’emprise.

La TCC aide à :

  • reconnaître les relations équilibrées ;
  • distinguer proximité et danger ;
  • diminuer la dépendance affective ;
  • repérer les signaux d’alerte ;
  • développer des limites relationnelles ;
  • choisir progressivement des relations plus sécurisantes.

Cinq exemples détaillés

Exemple 1 : TSPT complexe après des violences pendant l’enfance

 

Situation

Une personne ayant vécu des violences répétées pendant l’enfance présente :

  • des flashbacks ;
  • une forte honte ;
  • une peur du conflit ;
  • une impression de ne jamais être en sécurité ;
  • des réactions de sidération ;
  • une difficulté à poser des limites.

Elle pense :

  • « Je suis sans défense. »
  • « Je n’ai aucune valeur. »
  • « C’est ma faute. »
  • « Les autres peuvent faire ce qu’ils veulent de moi. »

Cibles possibles en EMDR

  • une scène précise ;
  • un regard menaçant ;
  • une punition ;
  • une humiliation ;
  • le moment où personne n’est intervenu ;
  • une sensation corporelle ;
  • une situation actuelle réactivant l’impuissance.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à retraiter progressivement certaines scènes et à diminuer l’impression que le danger ancien est toujours présent.

Le travail peut commencer par des cibles moins intenses, après une phase de stabilisation.

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent renforcer :

  • l’affirmation de soi ;
  • la capacité à dire non ;
  • la reconnaissance de ses droits ;
  • la régulation émotionnelle ;
  • les comportements de protection ;
  • la distinction entre conflit et danger.

Objectif

Transformer progressivement l’impuissance ancienne en capacité actuelle de choix et de protection

 

 

Exemple 2 : TSPT complexe après des violences conjugales

 

Situation

Une personne a vécu plusieurs années sous emprise.

Après la séparation, elle continue à :

  • surveiller son téléphone ;
  • craindre la colère de son ancien partenaire ;
  • culpabiliser lorsqu’elle pose une limite ;
  • éviter les démarches ;
  • se sentir incapable de prendre seule une décision.

Cibles possibles en EMDR

  • une menace précise ;
  • un message ;
  • un épisode de violence ;
  • une scène de contrôle ;
  • une humiliation ;
  • le moment du départ ;
  • la peur des représailles.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à réduire l’activation provoquée par les souvenirs, les messages et la peur persistante du partenaire.

La cognition :

« Je suis prisonnière »

peut évoluer vers :

« Aujourd’hui, j’ai des possibilités de protection. »

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • établir un plan de sécurité ;
  • réduire les vérifications ;
  • reprendre les démarches ;
  • identifier les stratégies d’emprise ;
  • renforcer la prise de décision ;
  • poser des limites de communication ;
  • retrouver de l’autonomie.

Objectif

Retrouver un sentiment de sécurité et reprendre progressivement le contrôle de sa vie.

Exemple 3 : TSPT complexe après harcèlement durable

 

Situation

Une personne ayant subi du harcèlement scolaire ou professionnel pendant plusieurs années présente :

  • une peur du regard des autres ;
  • une honte importante ;
  • une anxiété sociale ;
  • un évitement des groupes ;
  • une sensibilité extrême aux critiques ;
  • une conviction d’être inférieure.

Cibles possibles en EMDR

  • une humiliation publique ;
  • des moqueries ;
  • une mise à l’écart ;
  • une critique répétée ;
  • un surnom ;
  • le regard d’un groupe ;
  • une scène actuelle réactivant la honte.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut diminuer la charge émotionnelle des humiliations et la sensation que tout regard annonce un rejet.

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent travailler :

  • les pensées de lecture de pensée ;
  • la généralisation ;
  • la comparaison ;
  • l’évitement social ;
  • l’affirmation de soi ;
  • la reprise progressive des interactions.

Objectif

Pouvoir être en relation avec les autres sans se sentir continuellement jugé ou humilié.

Exemple 4 : TSPT complexe et peur de l’abandon

 

Situation

Une personne ayant vécu des séparations précoces ou une négligence affective présente :

  • une peur intense de l’abandon ;
  • un besoin fréquent de rassurance ;
  • une difficulté à rester seule ;
  • une tendance à accepter des relations déséquilibrées ;
  • des crises émotionnelles lors des conflits.

Cibles possibles en EMDR

  • un départ parental ;
  • une scène d’attente ;
  • une absence inexpliquée ;
  • un moment où l’enfant n’a pas été consolé ;
  • une rupture actuelle ;
  • un message sans réponse ;
  • une dispute.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut aider à différencier l’abandon ancien des séparations ou indisponibilités actuelles.

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent aider à :

  • réduire les demandes de rassurance ;
  • tolérer progressivement la solitude ;
  • identifier les pensées catastrophiques ;
  • développer des activités personnelles ;
  • poser des limites relationnelles ;
  • reconnaître les relations équilibrées.

Objectif

Construire un sentiment de sécurité intérieure sans dépendre entièrement de la présence ou de la réponse immédiate d’une autre personne.

Exemple 5 : TSPT complexe avec dissociation

 

Situation

Une personne ayant vécu des traumatismes répétés présente :

  • des moments d’irréalité ;
  • une impression de quitter son corps ;
  • des absences ;
  • une perte de ses moyens lors des conflits ;
  • une difficulté à se souvenir de certaines périodes ;
  • une sensation de fonctionner automatiquement.

Préparation avant l’EMDR

Une préparation approfondie peut être nécessaire :

  • repérage des signes de dissociation ;
  • apprentissage du retour au présent ;
  • ancrage sensoriel ;
  • ressources ;
  • travail fractionné ;
  • consentement renouvelé ;
  • capacité à interrompre la stimulation ;
  • coordination psychiatrique si nécessaire.

Cibles possibles en EMDR

  • un déclencheur actuel limité ;
  • une sensation corporelle ;
  • une scène peu intense ;
  • le moment précédant la dissociation ;
  • une peur actuelle ;
  • une image fragmentaire.

Apport de l’EMDR

L’EMDR peut être utilisé progressivement, avec des séquences courtes et un contrôle régulier de l’état de présence.

L’objectif n’est pas de forcer la récupération de souvenirs manquants.

Apport de l’EMDR associé aux TCC

Les TCC peuvent renforcer :

  • l’orientation dans le présent ;
  • la reconnaissance des signes précoces ;
  • les routines ;
  • les stratégies de stabilisation ;
  • la prévention des situations à risque ;
  • la communication des besoins ;
  • la gestion des émotions.

Objectif

Augmenter la continuité du sentiment de soi, la présence au quotidien et la capacité à revenir au présent lorsqu’un déclencheur apparaît.

Comment se déroule la prise en charge ?

La prise en charge commence par une évaluation globale :

  • événements vécus ;
  • symptômes post-traumatiques ;
  • régulation émotionnelle ;
  • image de soi ;
  • relations ;
  • dissociation ;
  • sommeil ;
  • consommations ;
  • risque suicidaire ;
  • sécurité actuelle ;
  • ressources ;
  • traitements en cours ;
  • soutien familial et social.

La durée du traitement dépend notamment :

  • du nombre de traumatismes ;
  • de leur ancienneté ;
  • de la présence de dissociation ;
  • de la sécurité actuelle ;
  • des troubles associés ;
  • du niveau d’isolement ;
  • des ressources disponibles.

Les présentations complexes peuvent nécessiter davantage de temps, une adaptation du rythme et un travail approfondi sur l’engagement, la sécurité et la relation thérapeutique.

 

Une prise en charge progressive et personnalisée

Il n’existe pas un protocole identique pour toutes les personnes présentant un TSPT complexe.

Certaines peuvent accéder rapidement au retraitement.

D’autres ont besoin d’une préparation plus importante.

Le traitement peut alterner :

  • stabilisation ;
  • psychoéducation ;
  • travail sur les ressources ;
  • retraitement EMDR ;
  • outils TCC ;
  • travail relationnel ;
  • prévention de la rechute.

En présence de violences actuelles, d’idées suicidaires, de psychose, d’addiction sévère, de dissociation importante ou d’une grande instabilité, la sécurité et la coordination médicale ou psychiatrique deviennent prioritaires.

Le TSPT complexe peut être pris en charge.

L’objectif n’est pas d’oublier le passé, mais de réduire son emprise sur le présent, retrouver une image de soi plus juste, développer des relations plus sécurisantes et renforcer la capacité à choisir, agir et se protéger.