Émétophobie : comprendre et traiter la peur de vomir avec les TCC et l’EMDR
L’émétophobie est une peur intense et persistante de vomir, de voir quelqu’un vomir ou de se trouver dans une situation où des vomissements pourraient survenir.
Cette peur peut devenir très envahissante et entraîner de nombreux évitements : aliments, restaurants, transports, voyages, lieux fréquentés, situations professionnelles ou sociales.
La prise en charge repose principalement sur les thérapies comportementales et cognitives (TCC). Lorsqu’un événement ancien vécu comme traumatisant participe à l’installation ou au maintien de la phobie, un travail en EMDR peut également être envisagé.
Les consultations sont proposées au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax, mais également en visio, en visioconférence, en ligne, à distance, en téléconsultation ou en consultation vidéo, selon la situation.
Qu’est-ce que l’émétophobie ?
L’émétophobie ne correspond pas simplement au fait de ne pas aimer vomir.
La peur devient problématique lorsqu’elle prend beaucoup de place dans la vie quotidienne et entraîne des restrictions, des comportements de surveillance ou des évitements.
La personne peut avoir peur :
-
de vomir elle-même ;
-
de voir quelqu’un vomir ;
-
d’entendre quelqu’un vomir ;
-
d’avoir des nausées ;
-
d’être malade dans un lieu public ;
-
de ne pas pouvoir s’échapper rapidement ;
-
de perdre le contrôle ;
-
de s’étouffer en vomissant ;
-
d’attraper une gastro-entérite ;
-
de manger un aliment susceptible de provoquer des vomissements ;
-
de se trouver près d’une personne malade.
Chez certaines personnes, la peur de vomir devient présente presque quotidiennement.
Quels sont les signes de l’émétophobie ?
L’émétophobie peut se manifester de différentes façons.
Une surveillance importante du corps
La personne peut surveiller constamment :
-
son estomac ;
-
les gargouillements ;
-
les sensations digestives ;
-
la gorge ;
-
la salivation ;
-
l’apparition éventuelle de nausées.
Une sensation digestive banale peut alors être interprétée comme un signe annonciateur :
« Je vais peut-être vomir. »
Cette interprétation augmente l’anxiété, qui peut elle-même provoquer des nausées et renforcer encore la peur.
Des évitements alimentaires
Certaines personnes réduisent progressivement le nombre d’aliments qu’elles acceptent de manger.
Elles peuvent notamment éviter :
-
les aliments nouveaux ;
-
les restaurants ;
-
les buffets ;
-
les aliments dont la date limite approche ;
-
certains produits considérés comme difficiles à digérer ;
-
la viande ou le poisson ;
-
les repas préparés par d’autres personnes.
Il peut également exister une surveillance importante de la cuisson, des dates de péremption, de l’hygiène ou de la conservation des aliments.
Certaines personnes mangent très lentement ou en petites quantités afin de diminuer leur peur d’être malades.
Des évitements sociaux
L’émétophobie peut également conduire à éviter :
-
les repas de famille ;
-
les fêtes ;
-
les restaurants ;
-
les lieux très fréquentés ;
-
les transports en commun ;
-
les voyages ;
-
les concerts ;
-
certaines situations professionnelles ou scolaires.
La personne peut également éviter les enfants, les personnes récemment malades ou les lieux où elle pense ne pas pouvoir sortir rapidement.
Le cercle vicieux de la peur de vomir
L’émétophobie fonctionne souvent selon un cercle vicieux.
Une sensation apparaît :
« J’ai un peu mal au ventre. »
Une pensée anxieuse survient :
« Je vais peut-être vomir. »
L’anxiété augmente.
Le corps réagit alors avec :
-
des nausées ;
-
une gorge serrée ;
-
une tension abdominale ;
-
des palpitations ;
-
une sensation de malaise.
La personne peut alors interpréter ces sensations comme une preuve :
« Je savais que j’allais être malade. »
Elle cherche ensuite à éviter la situation, à vérifier ou à se rassurer.
Le soulagement est rapide.
Mais le cerveau peut apprendre :
« J’ai évité, donc il devait réellement y avoir un danger. »
La peur se maintient alors à long terme.
Les comportements de sécurité
Face à la peur de vomir, de nombreuses stratégies peuvent être mises en place.
Par exemple :
-
vérifier plusieurs fois les aliments ;
-
manger très lentement ;
-
manger très peu ;
-
toujours avoir de l’eau ;
-
transporter des médicaments contre les nausées ;
-
repérer les toilettes ;
-
repérer les sorties ;
-
demander à l’entourage de rassurer ;
-
consulter Internet ;
-
éviter les personnes malades.
Ces comportements peuvent réduire l’anxiété sur le moment, mais ils entretiennent souvent la phobie à long terme.
Le premier objectif n’est donc pas nécessairement de supprimer toute peur, mais de réduire progressivement la dépendance à ces comportements de sécurité.
Émétophobie et crises d’angoisse
La peur de vomir peut également déclencher des crises d’angoisse.
La personne peut ressentir :
-
des palpitations ;
-
des tremblements ;
-
des vertiges ;
-
une sensation de faiblesse ;
-
des nausées ;
-
des bouffées de chaleur ;
-
une impression de perdre le contrôle.
Un piège fréquent apparaît alors :
L’anxiété provoque des sensations physiques → les nausées augmentent → la personne pense que cela prouve qu’elle va vomir → l’angoisse augmente encore.
Dans l’émétophobie, l’anxiété et les sensations digestives peuvent ainsi se renforcer mutuellement.
Émétophobie ou problème digestif ?
Lorsqu’il existe des symptômes digestifs persistants, nouveaux ou inhabituels, un avis médical peut être nécessaire.
Lorsque le bilan médical est rassurant mais que la peur reste très présente, la problématique peut davantage relever d’un trouble anxieux ou d’une phobie spécifique.
La prise en charge psychologique ne remplace pas un avis médical lorsqu’un bilan est indiqué.
Comment la TCC traite-t-elle l’émétophobie ?
La thérapie comportementale et cognitive (TCC) vise à comprendre les mécanismes qui maintiennent actuellement la peur de vomir.
Le travail peut notamment porter sur :
-
les pensées catastrophiques ;
-
l’hypervigilance corporelle ;
-
les comportements de réassurance ;
-
les évitements ;
-
la peur des sensations physiques ;
-
l’intolérance à l’incertitude ;
-
les comportements alimentaires liés à la peur.
L’objectif est progressivement de retrouver davantage de liberté dans la vie quotidienne.
Le travail ne consiste pas à obtenir la certitude :
« Je ne vomirai jamais. »
Il consiste plutôt à pouvoir penser :
« Je ne peux pas tout contrôler, mais je peux apprendre à vivre normalement malgré une part d’incertitude. »
L’exposition progressive en TCC
L’exposition est l’un des outils importants de la TCC dans la prise en charge des phobies.
Elle est préparée progressivement et adaptée à chaque personne.
Il ne s’agit pas de forcer brutalement la personne ni de provoquer volontairement un vomissement.
Le travail peut consister progressivement à :
-
prononcer ou écrire certains mots ;
-
parler des vomissements ;
-
regarder certaines images ;
-
entendre certains sons ;
-
manger un aliment précédemment évité ;
-
rester dans un restaurant ;
-
prendre un transport ;
-
accepter une sensation digestive sans immédiatement chercher à la neutraliser.
Une hiérarchie d’exposition peut être construite ensemble, du plus facile au plus difficile.
Travailler la peur des sensations corporelles
Une partie importante de la TCC consiste à distinguer :
une sensation désagréable
de
la preuve qu’un danger est réellement présent.
Une nausée n’est pas automatiquement le signe qu’un vomissement va survenir.
Un gargouillement peut avoir de nombreuses causes.
Une sensation digestive inconfortable n’annonce pas forcément un vomissement.
Le travail consiste donc progressivement à diminuer la surveillance permanente du corps et à mieux tolérer les sensations physiques.
Réduire les demandes de réassurance
L’entourage peut être très sollicité.
La personne peut demander :
« Tu crois que je vais être malade ? »
« Tu es sûr que cet aliment est encore bon ? »
« Tu crois que j’ai attrapé quelque chose ? »
La réponse rassure généralement quelques minutes.
Mais elle augmente progressivement le besoin d’obtenir une nouvelle certitude.
La TCC vise donc à réduire peu à peu ces demandes et à développer davantage d’autonomie face au doute.
EMDR et émétophobie : lorsqu’un événement traumatique est à l’origine de la peur
Certaines émétophobies apparaissent ou s’aggravent après un événement ancien vécu comme traumatisant.
La personne peut parfois identifier précisément le moment à partir duquel la peur de vomir est devenue importante.
Il peut s’agir par exemple :
-
d’un épisode de vomissement particulièrement violent ;
-
d’une gastro-entérite vécue dans une forte panique ;
-
d’une intoxication alimentaire ;
-
d’un malaise important ;
-
d’un épisode d’étouffement ;
-
d’une hospitalisation difficile ;
-
d’un souvenir médical pénible ;
-
d’un épisode de vomissement survenu devant d’autres personnes ;
-
d’une situation vécue comme humiliante ;
-
du fait d’avoir assisté au malaise ou aux vomissements d’un proche ;
-
d’un événement survenu pendant l’enfance et resté très chargé émotionnellement.
Dans certaines situations, la peur actuelle ne relève donc pas uniquement d’une anticipation anxieuse.
Elle peut aussi être alimentée par un souvenir traumatique ancien qui reste fortement activé.
Peur de vomir après un traumatisme
Après un événement marquant, certains éléments actuels peuvent réactiver la peur :
-
une odeur ;
-
une sensation dans l’estomac ;
-
un aliment ;
-
un lieu ;
-
une image ;
-
un mot ;
-
une situation ressemblant à l’événement passé.
La personne peut alors ressentir :
-
une montée brutale d’angoisse ;
-
des images mentales ;
-
une sensation de danger immédiat ;
-
des nausées ;
-
une forte envie d’éviter ;
-
l’impression de revivre une partie de l’expérience passée.
Dans ce type de situation, l’EMDR peut avoir une place dans la prise en charge.
Peut-on traiter l’émétophobie avec l’EMDR ?
L’EMDR peut être envisagé lorsqu’un événement traumatique identifiable semble participer au maintien de la peur de vomir.
Le travail peut porter sur :
-
les images associées au souvenir ;
-
les émotions ;
-
les sensations corporelles ;
-
les croyances négatives ;
-
les déclencheurs actuels ;
-
certaines situations futures redoutées.
L’objectif n’est pas d’effacer le souvenir.
Il s’agit de permettre qu’il puisse être intégré comme un événement passé, sans déclencher avec la même intensité une réaction émotionnelle dans le présent.
TCC ou EMDR pour l’émétophobie ?
Les deux approches n’ont pas exactement le même objectif.
La TCC travaille principalement sur :
-
les évitements ;
-
les comportements de sécurité ;
-
les pensées catastrophiques ;
-
la surveillance corporelle ;
-
les demandes de réassurance ;
-
la peur des sensations ;
-
l’exposition progressive ;
-
l’intolérance à l’incertitude.
L’EMDR peut être envisagé lorsque :
-
un événement traumatique ancien reste au cœur de la peur ;
-
un souvenir précis reste très activé ;
-
certaines sensations ou situations réactivent fortement l’événement passé ;
-
la réaction émotionnelle reste intense malgré le temps écoulé.
Dans certaines situations, TCC et EMDR peuvent être complémentaires.
La TCC permet de travailler sur les mécanismes actuels de la phobie.
L’EMDR peut permettre de travailler sur un événement historique traumatisant qui continue à alimenter la peur.
Toutes les émétophobies ne sont pas liées à un traumatisme
Certaines émétophobies se développent progressivement à partir :
-
de l’anxiété ;
-
de l’hypervigilance corporelle ;
-
des évitements ;
-
des comportements de sécurité ;
-
de l’intolérance à l’incertitude.
D’autres apparaissent après un événement clairement identifié.
Une première évaluation permet donc de déterminer si le travail doit porter principalement sur :
-
la TCC de la phobie ;
-
l’exposition progressive ;
-
la réduction des comportements de sécurité ;
-
un événement traumatique avec l’EMDR ;
-
ou une combinaison de plusieurs approches.
Peut-on traiter l’émétophobie en visio ?
Oui. Une grande partie du travail TCC peut être réalisée en visio ou en consultation à distance.
Les séances permettent notamment de travailler :
-
la psychoéducation ;
-
le cercle vicieux de la peur ;
-
les pensées anxieuses ;
-
les comportements de sécurité ;
-
les évitements ;
-
les exercices d’exposition ;
-
le travail entre les séances.
Certaines expositions sont même intéressantes à réaliser dans l’environnement habituel de la personne.
TCC de l’émétophobie en ligne
Une TCC en ligne permet de consulter depuis chez soi lorsque l’on habite loin du cabinet ou lorsque les déplacements sont difficiles.
La séance peut être réalisée en :
-
visio ;
-
visioconférence ;
-
consultation vidéo ;
-
consultation en ligne ;
-
téléconsultation ;
-
séance à distance ;
-
thérapie à distance ;
-
thérapie en ligne ;
-
téléthérapie.
Ces différentes formulations désignent ici un accompagnement réalisé à distance par vidéo.
Le travail effectué pendant la séance est ensuite poursuivi entre les consultations grâce aux exercices TCC adaptés à chaque personne.
Téléconsultation pour l’émétophobie
La téléconsultation pour la peur de vomir suit les mêmes principes de travail que les séances réalisées au cabinet.
Elle peut notamment permettre de travailler :
-
les pensées automatiques ;
-
l’anxiété anticipatoire ;
-
les comportements de vérification ;
-
les demandes de réassurance ;
-
les évitements alimentaires ;
-
les évitements sociaux ;
-
l’exposition progressive ;
-
l’autonomie face aux sensations corporelles.
Une thérapie de l’émétophobie à distance peut ainsi être proposée lorsque la personne recherche une prise en charge sans pouvoir se déplacer jusqu’à Oyonnax.
Consultation en visioconférence pour l’émétophobie
La visioconférence permet de réaliser la consultation depuis un ordinateur, une tablette ou un téléphone.
Elle peut convenir notamment :
-
aux personnes vivant loin d’Oyonnax ;
-
aux personnes résidant dans une autre région ;
-
aux personnes ayant des difficultés à se déplacer ;
-
aux étudiants ;
-
aux personnes expatriées ;
-
aux personnes francophones vivant à l’étranger, lorsque le cadre le permet.
Une consultation vidéo pour l’émétophobie permet ainsi de poursuivre le travail TCC même lorsque les séances en présentiel ne sont pas possibles.
Psychopraticienne en ligne pour l’émétophobie
Il est également possible de rechercher une psychopraticienne en ligne, une psychopraticienne à distance ou une psychopraticienne en téléconsultation pour travailler sur une émétophobie.
L’accompagnement peut être proposé sous forme de séance en ligne, de séance en visioconférence, de consultation vidéo ou de téléconsultation, selon les besoins.
L’objectif reste le même : comprendre la peur, diminuer les évitements et retrouver progressivement davantage de liberté.
TCC et EMDR à Oyonnax ou à distance
La prise en charge peut être réalisée :
au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax, dans l’Ain,
ou, selon la situation :
-
en visio ;
-
en visioconférence ;
-
en téléconsultation ;
-
en consultation vidéo ;
-
en consultation en ligne ;
-
en séance à distance ;
-
en thérapie en ligne ;
-
en thérapie à distance.
La TCC peut être réalisée au cabinet ou en ligne.
Lorsque l’EMDR est indiqué, les modalités sont définies en fonction de l’histoire de la personne, de sa stabilité émotionnelle, de la nature du souvenir traumatique et du cadre de consultation.
L’objectif est toujours d’adapter la prise en charge à chaque situation plutôt que d’appliquer une méthode de façon systématique.
Quand consulter pour une peur de vomir ?
Il peut être utile de consulter lorsque l’émétophobie :
-
limite votre alimentation ;
-
vous empêche de voyager ;
-
vous fait éviter les restaurants ;
-
vous empêche de travailler ou d’étudier normalement ;
-
entraîne des crises d’angoisse ;
-
vous conduit à surveiller constamment votre corps ;
-
vous oblige à demander régulièrement à votre entourage de vous rassurer ;
-
prend une place importante dans vos pensées ;
-
limite progressivement votre vie sociale.
Plus les évitements se multiplient, plus la phobie risque de prendre de la place.
Un travail progressif permet au contraire de retrouver davantage d’autonomie.
Les autres phobies
L’émétophobie fait partie des phobies spécifiques.
Vous pouvez également retrouver des informations sur :
-
la phobie de conduire ou amaxophobie ;
-
la peur de prendre l’avion ;
-
la claustrophobie ;
-
la peur du vide et des hauteurs ;
-
la phobie des aiguilles ;
-
la phobie du sang ;
-
la peur de s’étouffer ;
-
les phobies animales ;
-
les autres phobies spécifiques.
Ces différentes problématiques sont regroupées dans la page générale consacrée aux phobies et à leur prise en charge en TCC.
Prendre rendez-vous pour une émétophobie
Les consultations peuvent être réalisées :
au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax
ou
en téléconsultation, en visio, en visioconférence, en consultation vidéo ou en ligne, selon votre situation.
La prise en charge peut s’appuyer sur les TCC et, lorsqu’un événement traumatique ancien participe à la problématique, sur l’EMDR.
Florence Chatenet – Psychopraticienne TCC et praticienne EMDR/IMO
Cabinet Flora Mentis – Oyonnax
Consultations au cabinet et à distance.
5 exemples concrets d’émétophobie
Exemple 1 – La peur de vomir après une gastro-entérite marquante
Une jeune femme a vécu, plusieurs années auparavant, une gastro-entérite particulièrement difficile avec vomissements répétés, sensation de perte de contrôle et forte panique.
Depuis cet épisode, elle surveille très attentivement son ventre.
Au moindre gargouillement, elle pense :
« Ça recommence. Je vais être malade. »
Elle évite certains aliments, vérifie plusieurs fois les dates de péremption et demande souvent à son entourage :
« Tu trouves que j’ai mauvaise mine ? Tu crois que je vais vomir ? »
Elle refuse également certains restaurants par peur de tomber malade loin de chez elle.
Dans ce type de situation, la TCC peut travailler sur :
-
l’interprétation catastrophique des sensations digestives ;
-
la surveillance du corps ;
-
les comportements de vérification ;
-
la recherche de réassurance ;
-
les évitements alimentaires et sociaux ;
-
l’exposition progressive.
Si l’épisode de gastro-entérite reste très chargé émotionnellement et semble constituer un événement fondateur de la phobie, un travail en EMDR peut également être envisagé.
Exemple 2 – La personne qui évite progressivement de nombreux aliments
Un homme commence par éviter quelques aliments qu’il considère comme « risqués ».
Il ne mange plus de poisson lorsqu’il n’est pas certain de sa fraîcheur.
Puis il évite la viande au restaurant.
Ensuite, il refuse les buffets et les repas préparés par d’autres personnes.
Avant de manger, il vérifie systématiquement :
-
la date de péremption ;
-
l’odeur ;
-
la couleur ;
-
la cuisson ;
-
les conditions de conservation.
Il peut jeter un aliment pourtant consommable simplement parce qu’un doute apparaît.
Le soulagement est immédiat :
« Au moins, je ne prendrai pas de risque. »
Mais progressivement, son alimentation devient de plus en plus restreinte.
La TCC vise alors notamment à travailler la surestimation du danger, le besoin de certitude et les comportements de contrôle, puis à réintroduire progressivement les situations évitées.
Exemple 3 – Les nausées provoquées par l’anxiété sont prises pour une preuve
Une étudiante doit prendre le train.
Quelques heures avant le départ, elle commence à penser :
« Et si je suis malade dans le train ? »
Son anxiété augmente.
Elle ressent alors une tension abdominale et de légères nausées.
Elle pense immédiatement :
« Voilà, ça commence. Je vais vraiment vomir. »
Son anxiété monte encore.
Elle annule finalement son déplacement.
Quelques minutes plus tard, les nausées diminuent.
Elle conclut :
« Heureusement que je ne suis pas montée dans le train. »
Le cerveau apprend alors que l’évitement était nécessaire.
La TCC permet ici de travailler sur le cercle :
anticipation → anxiété → sensations digestives → interprétation catastrophique → évitement → soulagement → renforcement de la peur.
L’objectif est notamment d’apprendre que les nausées peuvent être une conséquence de l’anxiété et qu’elles ne constituent pas automatiquement la preuve qu’un vomissement va survenir.
Exemple 4 – La personne qui dépend de la réassurance de ses proches
Une femme ressent une légère gêne digestive après un repas.
Elle appelle immédiatement sa mère :
« Tu crois que c’est une gastro ? »
Sa mère la rassure.
Quelques minutes plus tard, un nouveau doute apparaît :
« Et si elle se trompait ? »
Elle consulte alors Internet, lit plusieurs témoignages, vérifie la durée d’incubation d’une gastro-entérite et envoie un message à une amie pour lui demander si elle aussi se sent malade.
Chaque réponse rassure momentanément.
Mais le doute revient.
La personne devient progressivement dépendante de la réassurance extérieure.
La TCC vise à diminuer peu à peu ces vérifications afin de développer la capacité à tolérer l’incertitude :
« Je ne peux pas obtenir une certitude absolue. Je peux néanmoins laisser passer le doute sans chercher immédiatement une réponse. »
Exemple 5 – Une peur ancienne associée à un événement humiliant
À l’adolescence, une personne a vomi devant plusieurs camarades pendant une sortie scolaire.
Elle s’est sentie observée, humiliée et incapable de contrôler ce qui lui arrivait.
Des années plus tard, elle redoute toujours fortement d’être malade en public.
Avant une réunion, un restaurant ou un déplacement, elle pense :
« Et si cela recommençait devant tout le monde ? »
Elle repère immédiatement :
les toilettes ;
les sorties ;
les endroits où elle pourrait s’isoler.
Elle évite parfois de manger avant une situation sociale importante.
Ici, deux dimensions peuvent être travaillées.
La TCC peut intervenir sur les évitements, les comportements de sécurité, les anticipations catastrophiques et l’exposition progressive aux situations sociales redoutées.
Si le souvenir de l’épisode adolescent reste très vif, avec une forte honte, des images précises ou une réaction corporelle intense lorsqu’il est évoqué, un travail en EMDR peut également être envisagé afin de traiter cet événement historique traumatisant.
Ce que montrent ces exemples
L’émétophobie ne se présente pas toujours de la même manière.
Chez une personne, la peur peut être centrée sur les aliments.
Chez une autre, elle porte surtout sur les sensations digestives.
Chez une troisième, ce sont les transports, les restaurants ou les situations sociales qui deviennent difficiles.
La prise en charge est donc adaptée aux mécanismes qui entretiennent la peur chez chaque personne :
-
TCC ;
-
exposition progressive ;
-
travail sur les sensations corporelles ;
-
réduction des comportements de sécurité ;
-
réduction de la réassurance ;
-
travail sur l’incertitude ;
-
EMDR lorsqu’un événement traumatique ancien participe au maintien de la phobie.