EMDR et TCC après un accident de voiture, de bus, de car ou de la route

Quels accidents peuvent provoquer un traumatisme psychologique ?

Un traumatisme peut survenir après différents événements routiers, indépendamment de la gravité apparente des dommages matériels.

Accident de voiture

Une collision frontale, un choc arrière, un accident à un carrefour, une sortie de route, un tonneau, un véhicule encastré ou une perte de contrôle peuvent laisser une impression durable de menace.

Le conducteur peut développer une peur de conduire, tandis que le passager peut ressentir une perte de confiance importante lorsqu'il dépend d'une autre personne au volant.

Accident de bus, de car ou de transport scolaire

Un accident de bus urbain, de car de tourisme, de bus scolaire ou de transport collectif peut être traumatisant pour les passagers, le chauffeur ou les témoins.

La présence de plusieurs personnes, les cris, la panique collective, les difficultés à sortir du véhicule ou l'inquiétude pour les autres passagers peuvent accentuer les réactions émotionnelles.

Accident de moto, de scooter ou de deux-roues

Une chute, une collision, une glissade, un accident de vélo ou de trottinette peuvent entraîner une peur de reprendre la route, particulièrement lorsque la personne s'est sentie très vulnérable.

 

Lorsqu'un accident continue à bouleverser la vie

Un accident de la circulation peut ne durer que quelques secondes et pourtant laisser des traces psychologiques pendant des semaines, des mois ou parfois des années.

Un freinage brutal, un bruit de collision, un véhicule qui dérape, un choc inattendu, le déclenchement des airbags, les cris des passagers ou la vision d'une personne blessée peuvent constituer une expérience particulièrement éprouvante.

Même lorsque les blessures physiques ont guéri, il arrive que le cerveau continue de réagir comme si le danger était toujours présent.

Certaines personnes éprouvent une peur intense lorsqu'elles doivent reprendre le volant. D'autres ne supportent plus de monter dans un bus ou un car, évitent les autoroutes ou revivent mentalement l'accident au moment de s'endormir.

Ces réactions ne signifient pas nécessairement qu'une personne souffre d'un trouble de stress post-traumatique. Elles peuvent correspondre à des réactions de stress temporaires, à une anxiété persistante, à une phobie de la conduite ou à un véritable traumatisme psychique.

Lorsqu'elles deviennent envahissantes, les approches thérapeutiques EMDR et TCC peuvent aider à retrouver un sentiment de sécurité, à diminuer les réactions anxieuses et à reprendre progressivement ses activités.

Accident de camion ou de véhicule professionnel

Les chauffeurs routiers, livreurs, ambulanciers, conducteurs de bus et autres professionnels peuvent éprouver des difficultés à reprendre leur activité après un accident.

La peur de provoquer un nouveau choc peut s'accompagner d'une culpabilité, d'une vigilance excessive ou d'un sentiment de perte de compétence professionnelle.

Accident impliquant un piéton ou un cycliste

Une personne renversée, frôlée par un véhicule ou témoin d'un accident grave peut développer une peur de traverser la chaussée, de marcher près de la circulation ou de circuler à vélo.

Accident ayant entraîné des blessures graves ou un décès

Lorsqu'une personne a été gravement blessée ou est décédée, l'accident peut s'accompagner de deuil, de culpabilité, de colère, de sentiments d'impuissance ou de questions répétitives sur ce qui aurait pu être évité.

L'accompagnement doit alors tenir compte de la complexité de l'événement, des pertes éventuelles et du rythme psychologique de chacun.

Reconnaître les signes d'un traumatisme après un accident

Les manifestations ne sont pas identiques pour toutes les personnes.

Souvenirs intrusifs et reviviscences

  • Images de l'accident qui apparaissent sans être recherchées.

  • Flashbacks donnant parfois l'impression de revivre la scène.

  • Cauchemars et difficultés à s'endormir.

  • Souvenirs déclenchés par un bruit de freinage, une sirène ou une odeur.

Réactions anxieuses et corporelles

  • Palpitations, tremblements ou sensation d'oppression.

  • Sursauts lors d'un bruit soudain.

  • Hypervigilance face aux véhicules.

  • Impression qu'un nouvel accident est imminent.

  • Tensions musculaires, agitation ou difficultés de concentration.

Évitements

  • Refus de conduire ou de monter dans un véhicule.

  • Évitement des autoroutes, tunnels, ronds-points ou lieux de l'accident.

  • Impossibilité de reprendre le bus ou le car.

  • Détours importants pour éviter certains trajets.

  • Besoin systématique d'être accompagné ou rassuré.

Modifications émotionnelles et cognitives

  • Culpabilité : « J'aurais dû réagir autrement. »

  • Honte : « Je ne suis plus capable de conduire. »

  • Colère contre soi-même ou contre les autres.

  • Sentiment de fragilité et perte de confiance.

  • Impression que le monde est devenu dangereux.

  • Tristesse et diminution des activités habituelles.

Lorsque ces manifestations persistent ou perturbent le quotidien, une évaluation permet de déterminer l'accompagnement le plus adapté.

 

5. Comprendre ce qui se passe dans le cerveau après un accident

Face à un danger important, l'organisme mobilise automatiquement ses systèmes de protection.

L'attention se concentre sur les menaces, les réactions physiologiques s'intensifient et certaines informations sensorielles prennent une place particulièrement importante.

Après l'accident, des éléments associés à la scène peuvent déclencher de nouvelles réactions d'alarme, même en l'absence de danger immédiat.

Par exemple, le simple bruit d'un freinage peut provoquer une accélération cardiaque chez une personne ayant vécu une collision.

Trois mécanismes contribuent à entretenir ces difficultés :

  1. La mémoire traumatique : certains souvenirs restent particulièrement chargés émotionnellement et peuvent se réactiver involontairement.

  2. Le conditionnement de la peur : des situations auparavant neutres, comme monter en voiture ou entendre un klaxon, peuvent devenir des signaux d'alerte.

  3. L'évitement : éviter la circulation procure un soulagement immédiat, mais empêche parfois de réapprendre que de nombreuses situations routières sont suffisamment sûres.

L'objectif de la thérapie n'est pas d'oublier l'accident ni de nier les risques réels de la circulation. Il consiste à aider la personne à faire la différence entre un danger actuel et le souvenir d'un danger passé.

L'EMDR après un accident de voiture, de bus ou de la route

L'EMDR, Eye Movement Desensitization and Reprocessing, est une psychothérapie structurée utilisée notamment dans le traitement du trouble de stress post-traumatique.

Elle vise à diminuer la charge émotionnelle associée à des souvenirs traumatiques et à favoriser leur intégration dans l'histoire personnelle.

Pendant certaines phases du travail, des stimulations bilatérales alternées peuvent être utilisées, notamment des mouvements oculaires, des stimulations tactiles ou auditives.

L'accompagnement suit plusieurs étapes : évaluation, préparation, identification des souvenirs à traiter, retraitement, installation de perceptions plus adaptées et réévaluation.

Quels souvenirs peuvent être travaillés en EMDR ?

Après un accident, le travail peut porter sur :

  • L'instant où la personne comprend que la collision est inévitable.

  • Le bruit du choc ou le déclenchement des airbags.

  • La peur de mourir ou de perdre un proche.

  • Le visage d'un passager blessé.

  • Les cris ou les appels à l'aide.

  • Les moments d'attente avant l'arrivée des secours.

  • Le souvenir d'une hospitalisation ou d'une intervention médicale.

  • La culpabilité éprouvée après l'accident.

Une personne peut, par exemple, passer de la conviction « Je suis toujours en danger » à une perception plus adaptée : « Cet accident appartient à mon passé et je peux apprendre à retrouver de la sécurité. »

L'objectif n'est pas de supprimer le souvenir, mais de faire en sorte qu'il puisse être évoqué sans déclencher systématiquement une détresse intense.

L'EMDR est-elle adaptée immédiatement après un accident ?

Les premiers jours suivant un accident, les réactions de stress peuvent être importantes sans être pathologiques.

L'accompagnement privilégie alors l'évaluation, la sécurité, le soutien, la stabilisation émotionnelle et le repérage des besoins.

Lorsqu'il existe des symptômes de stress aigu cliniquement significatifs au cours du premier mois, les TCC centrées sur le traumatisme disposent de recommandations spécifiques. L'EMDR peut être envisagée ensuite selon l'ancienneté des symptômes, leur nature et l'évaluation clinique.

Il n'est donc pas nécessaire, ni toujours souhaitable, de commencer immédiatement un retraitement traumatique.

L'apport des TCC après un accident de la circulation

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) permettent de comprendre comment les pensées, les émotions, les réactions physiques et les comportements d'évitement interagissent après un accident.

Elles peuvent être utilisées comme traitement centré sur le traumatisme ou pour accompagner des difficultés particulières : peur de conduire, anxiété anticipatoire, évitements, crises de panique ou insomnie.

Identifier les pensées qui entretiennent la peur

Après un accident, certaines pensées deviennent automatiques :

« Je vais forcément avoir un autre accident. »

« Les autres conducteurs sont tous dangereux. »

« Si je monte dans un bus, je vais perdre le contrôle. »

« Je n'aurais jamais dû prendre cette route. »

Le travail cognitif consiste à examiner ces interprétations, à distinguer les risques réels des anticipations catastrophiques et à développer une perception plus nuancée.

Comprendre et diminuer l'évitement

Ne plus conduire peut faire disparaître momentanément l'anxiété.

Mais, au fil du temps, cet évitement peut renforcer la conviction que conduire est devenu impossible.

Les TCC proposent des exercices progressifs, adaptés à la situation de chaque personne, pour retrouver de l'autonomie sans précipitation.

Mettre en place des expositions progressives

Dans une situation médicalement et matériellement sûre, un programme peut comprendre :

  1. S'installer dans une voiture à l'arrêt.

  2. Effectuer un trajet très court comme passager.

  3. Reprendre une conduite simple dans un environnement familier.

  4. Augmenter progressivement la durée des trajets.

  5. Réaborder les situations particulièrement redoutées, comme les autoroutes ou les intersections.

Ces exercices sont individualisés et ne doivent jamais conduire à ignorer une limitation médicale ou un risque routier réel.

Travailler sur la culpabilité après l'accident

Certaines personnes repensent sans cesse à ce qu'elles auraient pu faire autrement.

Les TCC permettent de distinguer les faits connus, les responsabilités réelles, les éléments imprévisibles et les jugements formulés après coup.

Il ne s'agit pas de nier une responsabilité éventuelle, mais de travailler sur les interprétations excessives et les ruminations qui entretiennent la souffrance.

Retrouver un sommeil plus serein

Lorsqu'un accident entraîne des difficultés d'endormissement, des cauchemars ou une hypervigilance nocturne, des interventions adaptées peuvent être proposées.

Selon la situation, elles peuvent concerner les habitudes de sommeil, la gestion des éveils nocturnes, la prise en charge des cauchemars ou des techniques issues de la TCC de l'insomnie.

EMDR et TCC : deux approches complémentaires

L'EMDR et les TCC centrées sur le traumatisme sont toutes deux reconnues dans les recommandations internationales de prise en charge du TSPT. Elles peuvent constituer des alternatives thérapeutiques ; leur association n'est pas systématiquement nécessaire ni démontrée supérieure à chacune prise isolément.

Au Cabinet Flora Mentis, le choix de l'approche dépend des besoins, des difficultés et des objectifs de la personne.

EMDR TCC
Travail sur les souvenirs traumatiques et leur charge émotionnelle. Travail sur les pensées, les comportements et les réactions émotionnelles.
Ciblage de scènes précises de l'accident. Réduction des évitements et des anticipations catastrophiques.
Travail sur les perceptions négatives de soi associées au traumatisme. Expositions graduées et restauration de la confiance.
Intégration des souvenirs perturbants. Acquisition de stratégies utilisables au quotidien.

Cinq exemples concrets d'accompagnement en EMDR et TCC après un accident

Les situations suivantes sont fictives, mais illustrent des difficultés fréquemment rencontrées après un accident de la circulation. Les interventions présentées sont des possibilités thérapeutiques, et non des parcours imposés.

Exemple 1 : une conductrice qui n’ose plus reprendre le volant après un accident de voiture.

La situation

Sophie, 42 ans, se rendait à son travail lorsqu'un autre automobiliste a franchi un stop et percuté son véhicule sur le côté.

Le choc a déclenché les airbags. Elle est restée quelques instants désorientée, persuadée qu'elle allait mourir.

Bien que ses blessures physiques aient été relativement limitées, elle présente depuis plusieurs mois une peur importante de conduire.

Elle évite les intersections, ressent une angoisse dès qu'elle aperçoit un véhicule arrivant sur sa droite et demande régulièrement à son conjoint de la conduire.

Lorsqu'elle tente de reprendre le volant, elle ressent des palpitations et pense : « Je ne verrai pas arriver le prochain accident. »

L'apport possible de l'EMDR

Le travail thérapeutique peut cibler le souvenir de la voiture qui surgit, le bruit du choc, l'instant de sidération ou la sensation d'impuissance.

Les perceptions négatives, telles que « Je suis incapable de me protéger », peuvent être explorées et retraitées.

L'objectif est que le souvenir de la collision perde progressivement son intensité émotionnelle.

L'apport possible des TCC

Un travail cognitif peut être consacré à l'anticipation systématique d'un nouvel accident.

Une hiérarchie d'exposition peut être élaborée avec des étapes adaptées :

  • Reprendre place au volant d'un véhicule stationné.

  • Conduire sur une petite route calme.

  • Traverser des intersections simples.

  • Effectuer progressivement ses trajets habituels.

  • Réaborder les intersections associées à l'accident.

L'objectif thérapeutique est de permettre à Sophie de conduire à nouveau avec une vigilance adaptée, sans rester prisonnière de l'anticipation catastrophique.

Exemple 2 – Accident de bus : un passager qui ne supporte plus les transports collectifs

La situation
Thomas, 27 ans, se trouvait dans un bus urbain lorsqu'un freinage d'urgence a provoqué une collision.
Plusieurs passagers ont été projetés vers l'avant. Thomas a entendu des cris, aperçu une personne blessée et éprouvé une sensation intense de panique.
Depuis cet événement, il ne prend plus les transports en commun.
Même lorsqu'il marche à proximité d'un bus, il ressent des tensions musculaires et une augmentation de son rythme cardiaque.
Lorsqu'il monte exceptionnellement dans un bus, il surveille constamment le conducteur et anticipe chaque freinage.
Il a commencé à refuser certaines sorties et éprouve des difficultés à se rendre à son travail.
L'apport possible de l'EMDR
Plusieurs moments peuvent être identifiés : le freinage, la projection des passagers, les cris et la peur de rester coincé dans le bus.
Le retraitement vise à diminuer l'intensité émotionnelle de ces souvenirs.
L'apport possible des TCC
Le travail porte notamment sur l'impression de perte de contrôle et les comportements de surveillance permanente.
Un programme d'exposition peut comprendre l'observation d'un bus depuis l'extérieur, un premier trajet court avec une personne de confiance, puis des trajets progressivement plus autonomes.
Le travail permet également d'identifier les comportements de sécurité excessifs qui entretiennent l'anxiété.
L'objectif thérapeutique est de retrouver la liberté d'utiliser les transports collectifs sans être continuellement envahi par les souvenirs de l'accident.

Exemple 3 – Accident de car scolaire : une adolescente qui redoute les trajets vers son établissement

La situation
Léa, 15 ans, se trouvait dans un car scolaire lorsque le véhicule a glissé sur une chaussée verglacée et terminé sa course dans un fossé.
Elle n'a pas été gravement blessée, mais elle a eu très peur pour sa vie et celle de ses camarades.
Depuis l'accident, elle refuse de reprendre le car.
La veille des jours de classe, elle présente des douleurs abdominales, dort difficilement et demande à ses parents de l'emmener en voiture.
Elle a parfois des images de l'accident en pleine journée et se sent particulièrement anxieuse lorsqu'il pleut ou neige.
Ses parents tentent de la rassurer, mais ses difficultés persistent.
L'apport possible de l'EMDR
Après une évaluation adaptée à son âge et à son développement, le travail peut cibler certains souvenirs traumatiques, notamment le glissement du véhicule, les cris ou la peur de ne pas retrouver ses parents.
Une préparation suffisante et le respect de son rythme sont essentiels.
L'apport possible des TCC
Le travail consiste à identifier les pensées automatiques, les sensations corporelles et les comportements d'évitement.
Une reprise graduée des trajets peut être envisagée, avec une implication appropriée des parents et une coordination éventuelle avec l'établissement scolaire.
Les parents apprennent à accompagner leur adolescente sans renforcer involontairement les évitements, ni la brusquer.
L'objectif thérapeutique est de permettre à Léa de retrouver une autonomie adaptée à son âge et de reprendre ses déplacements scolaires dans des conditions rassurantes.

Exemple 4 – Accident grave avec décès : un conducteur envahi par la culpabilité

Marc, 36 ans, conduisait lorsqu'un accident de la route a entraîné le décès d'une personne et de graves blessures chez une autre.
Depuis l'événement, il est envahi par les souvenirs de l'accident.
Il repense constamment aux secondes précédant la collision et se demande ce qu'il aurait pu faire pour empêcher le drame.
Il dort difficilement, évite les discussions sur l'accident et éprouve une culpabilité très importante.
Il lui arrive de penser : « Je ne mérite plus d'être heureux » ou « Ma vie ne pourra jamais redevenir normale. »
La souffrance psychologique s'accompagne d'un possible traumatisme, mais aussi d'un questionnement moral profond.
L'apport possible de l'EMDR
Après une évaluation approfondie et une préparation adaptée, le travail peut porter sur les souvenirs les plus perturbants : l'instant précédant la collision, la découverte des conséquences de l'accident ou certains moments vécus auprès des secours.
Le retraitement vise à réduire les reviviscences et la détresse associée aux souvenirs, sans minimiser la gravité de l'événement.
L'apport possible des TCC
L'accompagnement peut aider Marc à distinguer les éléments factuels, les responsabilités éventuellement établies, les facteurs imprévisibles et les jugements rétrospectifs.
Une attention particulière est accordée aux ruminations, à la culpabilité, à la honte et aux convictions négatives sur sa propre valeur.
Si une responsabilité réelle existe, le travail thérapeutique ne consiste pas à la nier, mais à aider la personne à vivre avec les faits, les conséquences et les émotions sans rester enfermée dans une autocondamnation permanente.
Un accompagnement complémentaire peut être nécessaire, notamment en cas de deuil traumatique, de dépression sévère ou de risque suicidaire.
L'objectif thérapeutique est de favoriser un apaisement psychologique et une reprise progressive de la vie personnelle, sans effacer la mémoire de l'événement ni ses conséquences.

Exemple 5 – Accident de camion sur autoroute : un professionnel qui ne parvient plus à travailler sereinement

La situation
Patrick, 51 ans, est chauffeur routier depuis plus de vingt ans.
Il a été impliqué dans un accident sur autoroute, au cours duquel son camion a été violemment percuté.
Depuis, il éprouve une peur importante lorsqu'il doit reprendre la route.
Il anticipe les collisions, surveille continuellement ses rétroviseurs et se crispe dès qu'un véhicule s'approche.
Les longs trajets deviennent particulièrement éprouvants. Il ressent une fatigue importante liée à sa vigilance permanente et commence à douter de ses compétences professionnelles.
Il pense : « Je ne serai plus jamais capable de conduire comme avant. »
L'apport possible de l'EMDR
Le souvenir de la collision, le bruit du choc et la sensation de perdre le contrôle peuvent faire l'objet d'un travail spécifique.
Les perceptions négatives relatives à sa sécurité et à ses capacités peuvent être explorées.
L'apport possible des TCC
Le travail porte sur les anticipations catastrophiques, la perte de confiance et l'hypervigilance.
Avec un avis médical sur l'aptitude à la conduite lorsque nécessaire, une reprise progressive peut être organisée en collaboration avec les professionnels compétents.
La thérapie permet également de distinguer une vigilance professionnelle utile d'une surveillance anxieuse excessive.
L'objectif thérapeutique est de retrouver un fonctionnement professionnel plus serein et une confiance réaliste dans ses compétences de conducteur.

Accident récent ou ancien : quand consulter ?

Il n'est pas nécessaire d'attendre plusieurs mois pour demander de l'aide si les réactions sont intenses ou handicapantes.

Après un accident récent, un soutien psychologique peut permettre de comprendre les réactions, de retrouver des repères et d'évaluer la nécessité d'un accompagnement plus spécifique.

Lorsque les difficultés persistent, des psychothérapies centrées sur le traumatisme peuvent être indiquées.

Les recommandations NICE distinguent notamment les interventions au cours du premier mois, entre un et trois mois et au-delà de trois mois.

Même lorsqu'un accident remonte à plusieurs années, un accompagnement peut être utile si ses conséquences psychologiques continuent à perturber le quotidien.

En présence de blessures, de malaises, de symptômes neurologiques ou de troubles physiques nouveaux, une évaluation médicale reste indispensable.

Comment se déroule un accompagnement au Cabinet Flora Mentis ?

Chaque accident est différent. Le suivi est donc individualisé.

Première étape : comprendre les difficultés

La première séance permet de recueillir les éléments importants concernant l'accident, les réactions émotionnelles, les symptômes actuels, les répercussions sur la vie quotidienne et les attentes de la personne.

Il n'est pas nécessaire de raconter immédiatement chaque détail douloureux de l'événement.

Deuxième étape : définir les objectifs

Selon les difficultés rencontrées, les objectifs peuvent être de diminuer les cauchemars, de retrouver le sommeil, de reprendre le volant, de réduire les évitements ou de mieux vivre avec un souvenir douloureux.

Troisième étape : choisir l'accompagnement adapté

Un travail en EMDR, en TCC ou une prise en charge intégrant différents outils peut être proposé selon les besoins.

La préparation, la stabilisation et l'évaluation clinique précèdent tout éventuel retraitement traumatique.

Quatrième étape : consolider les progrès

Lorsque cela est pertinent, des exercices entre les séances permettent de développer l'autonomie et de transférer les progrès dans la vie quotidienne.

Le suivi est régulièrement réévalué pour ajuster les objectifs.

 

EMDR et TCC à Oyonnax ou en téléconsultation

Le Cabinet Flora Mentis propose un accompagnement en présentiel à Oyonnax, dans l'Ain, et des consultations à distance selon les besoins et l'adéquation clinique.

Consultations au cabinet

Le cabinet accueille notamment des personnes venant d'Oyonnax, Bellignat, Arbent, Nantua, Montréal-la-Cluse, Brion, Saint-Martin-du-Frêne, Izernore, du Haut-Bugey et des territoires voisins du Jura.

Consultations en ligne et à distance

Vous pouvez également bénéficier d'un accompagnement psychologique par téléconsultation, consultation en ligne, séance en visio, visioconférence, consultation vidéo ou rendez-vous à distance.

Ces possibilités peuvent être utiles lorsque les déplacements sont difficiles, lorsque la personne ne souhaite plus prendre sa voiture ou lorsqu'elle réside loin du cabinet.

Les consultations à distance peuvent être envisagées depuis différentes régions de France et, selon le cadre applicable, depuis l'étranger pour les personnes francophones ou expatriées.

La faisabilité d'un travail EMDR à distance est évaluée au cas par cas, notamment au regard de la stabilité émotionnelle, de la confidentialité, de la sécurité et de la possibilité de gérer une détresse importante pendant la séance.

Questions fréquentes sur l'EMDR et les TCC après un accident

Peut-on être traumatisé après un accident sans blessure physique ?

Oui. Une personne peut ressentir une menace intense pour sa vie ou son intégrité physique sans présenter de blessure grave. Les conséquences psychologiques dépendent de nombreux facteurs et ne se déduisent pas uniquement de la gravité des dommages matériels.

Peut-on développer une peur de conduire longtemps après l'accident ?

Oui. Certaines réactions apparaissent immédiatement, tandis que d'autres deviennent plus visibles lors de la reprise des déplacements. Une évaluation permet de distinguer une phobie, un évitement post-traumatique et d'autres formes d'anxiété.

L'EMDR oblige-t-elle à raconter l'accident en détail ?

Non. Une présentation suffisante de l'événement est nécessaire pour construire le travail thérapeutique, mais le protocole EMDR ne nécessite pas systématiquement un récit oral détaillé de chaque souvenir.

Les TCC peuvent-elles aider à reprendre le volant ?

Oui. Les TCC peuvent notamment intervenir sur la peur anticipatoire, les pensées catastrophiques et l'évitement. Des expositions progressives peuvent être proposées lorsque les conditions de conduite sont médicalement et matériellement appropriées.

Peut-on consulter plusieurs années après un accident ?

Oui. L'ancienneté d'un accident n'empêche pas d'évaluer et de prendre en charge les difficultés qui lui sont associées.

Faut-il choisir entre EMDR et TCC ?

Pas nécessairement. Les deux approches disposent d'indications reconnues. Le choix dépend du tableau clinique, des préférences de la personne, de la formation du praticien et du projet thérapeutique.

Combien de séances sont nécessaires ?

Le nombre de séances varie selon la gravité et l'ancienneté des symptômes, les éventuels traumatismes associés et les objectifs du suivi. Les recommandations internationales évoquent souvent des protocoles structurés de 8 à 12 séances pour le TSPT, avec des adaptations possibles. Cela ne constitue pas une durée garantie pour chaque situation.

Peut-on traiter un traumatisme lié à un accident en téléconsultation ?

Certaines psychothérapies centrées sur le traumatisme peuvent être proposées par visioconférence sécurisée, après évaluation de leur pertinence pour la personne et de leur faisabilité à distance.

Prendre rendez-vous – Cabinet Flora Mentis

Un accident de voiture, de bus, de moto ou de la circulation peut profondément modifier le sentiment de sécurité.

Que vos difficultés soient récentes ou anciennes, qu'elles concernent des souvenirs envahissants, une peur de conduire, une culpabilité persistante ou une perte de confiance, un accompagnement individualisé peut vous aider à retrouver progressivement davantage de sérénité.

Florence Chatenet – Cabinet Flora Mentis

Psychopraticienne TCC – Praticienne EMDR/IMO

Oyonnax (Ain) – Haut-Bugey

Téléconsultations en France et à distance selon les situations

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