Deuil d'un enfant : comment l'EMDR et les TCC peuvent accompagner les parents
Perdre un enfant, quel que soit son âge, est une épreuve qui peut bouleverser profondément l'existence, l'identité parentale et les repères familiaux.
La mort d'un bébé, d'un enfant, d'un adolescent ou d'un fils ou d'une fille devenu adulte confronte les parents à une absence particulièrement douloureuse.
Cette disparition peut provoquer une tristesse intense, une impression d'injustice, de la colère, un sentiment d'impuissance ou une culpabilité difficile à apaiser.
Certains parents sont également confrontés à des souvenirs traumatiques, à des images intrusives, à des cauchemars ou à une peur permanente qu'un nouveau drame touche leur famille.
Il n'existe pas de manière unique de traverser le deuil d'un enfant, ni de calendrier imposé pour retrouver des repères.
L'EMDR peut être envisagée lorsque certains souvenirs du décès restent particulièrement perturbants. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) peuvent compléter cet accompagnement en travaillant notamment sur la culpabilité, les ruminations, les comportements d'évitement, les difficultés quotidiennes et le deuil prolongé.
Au Cabinet Flora Mentis, à Oyonnax, Florence Chatenet, psychopraticienne TCC et praticienne EMDR/IMO, propose un accompagnement individualisé en présentiel ou en visioconsultation, lorsque cette modalité est adaptée.
1. Comprendre le deuil après la mort d'un enfant
Pourquoi la perte d'un enfant peut-elle bouleverser si profondément ?
La relation entre un parent et son enfant s'inscrit souvent dans une histoire d'attachement, de protection, de transmission et de projets.
Les parents peuvent avoir consacré une partie importante de leur existence à accompagner leur enfant, à le protéger, à soutenir son développement et à imaginer son avenir.
Lorsqu'un enfant meurt, cette continuité peut être brutalement interrompue.
Le deuil peut alors toucher plusieurs dimensions de l'existence.
La dimension affective
L'absence de l'enfant, de sa voix, de ses gestes, de ses habitudes, de ses appels et des moments partagés peut provoquer un manque profond.
La dimension identitaire
Certains parents ont le sentiment d'avoir perdu une partie de leur identité, alors même qu'ils restent le père ou la mère de l'enfant disparu.
La dimension familiale
La place de chacun peut changer au sein du couple et de la famille. Les relations avec les frères et sœurs, les grands-parents et les autres proches peuvent être profondément affectées.
La dimension existentielle
La mort d'un enfant peut bouleverser les croyances concernant la vie, la justice, la sécurité, l'avenir ou le sens de l'existence.
La dimension traumatique
Lorsque le décès a été brutal, médicalement éprouvant ou particulièrement choquant, des symptômes post-traumatiques peuvent s'ajouter à la souffrance du deuil.
La dimension sociale
Les parents peuvent avoir le sentiment que leur entourage ne comprend pas l'intensité de leur souffrance ou qu'il attend d'eux une reprise trop rapide de leur vie habituelle.
Les réactions possibles après la disparition d'un enfant
Les manifestations du deuil peuvent être émotionnelles, cognitives, physiques et comportementales.
Elles peuvent notamment comprendre :
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Une tristesse profonde et un sentiment de vide.
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Une colère intense ou un sentiment d'injustice.
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Une culpabilité persistante.
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Des pensées répétitives sur les circonstances du décès.
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Des difficultés de concentration et de mémoire.
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Des troubles du sommeil ou des cauchemars.
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Une fatigue physique et émotionnelle importante.
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Une impression d'irréalité.
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Une perte d'intérêt pour certaines activités.
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Un besoin d'isolement ou, au contraire, de présence permanente.
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Une peur accrue pour les autres enfants et les proches.
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Une difficulté à envisager l'avenir.
Ces réactions peuvent être présentes dans un deuil non pathologique.
Leur intensité, leur fréquence, leur évolution et leur retentissement sur le quotidien doivent être considérés individuellement.
2. Le deuil d'un bébé, d'un enfant, d'un adolescent ou d'un enfant adulte
Le décès d'un bébé ou d'un très jeune enfant
La perte d'un bébé ou d'un jeune enfant peut interrompre brutalement les premières expériences de parentalité, les habitudes familiales et les projets d'avenir.
Les parents peuvent éprouver une souffrance intense concernant ce qu'ils ont vécu avec leur enfant, mais aussi tout ce qu'ils n'auront pas la possibilité de partager avec lui.
Des souvenirs médicaux, des hospitalisations, des gestes de réanimation ou des séparations peuvent rester particulièrement douloureux.
Lorsque le décès intervient pendant la grossesse, à la naissance ou dans la période néonatale, des particularités justifient également un accompagnement spécifique du deuil périnatal.
Le décès d'un enfant scolarisé
Lorsqu'un enfant meurt pendant l'enfance, les parents peuvent être confrontés à l'absence dans de nombreuses situations quotidiennes : école, activités sportives, repas, vacances ou anniversaires.
Les objets, les photographies et les espaces associés à l'enfant peuvent susciter des émotions particulièrement intenses.
Les parents peuvent également éprouver de grandes difficultés à rencontrer d'autres familles ou à participer à des événements rappelant l'âge qu'aurait aujourd'hui leur enfant.
Le décès d'un adolescent
La mort d'un adolescent peut bouleverser les projets d'autonomie et l'avenir que la famille avait commencé à envisager.
Selon les circonstances du décès, les parents peuvent également être confrontés à des questions persistantes concernant la prise de risques, les relations amicales, les déplacements ou les derniers échanges.
Certaines pensées peuvent apparaître :
« J'aurais dû être plus attentif. »
« J'aurais dû comprendre ce qui se passait. »
« J'aurais dû empêcher cette sortie. »
Ces pensées peuvent entretenir une culpabilité importante, même lorsque les parents ne disposaient pas des moyens d'empêcher le décès.
Le décès d'un fils ou d'une fille adulte
Perdre un enfant adulte reste un deuil parental.
Le fait que l'enfant ait eu 30, 45 ou 60 ans ne diminue pas nécessairement l'intensité de la souffrance.
Le parent peut être confronté à la disparition d'une relation construite sur plusieurs décennies, à la perte de conversations habituelles, à l'absence lors des réunions familiales et parfois à la modification des relations avec les petits-enfants.
La disparition peut également confronter les parents vieillissants à une profonde solitude et à une remise en question de l'ordre habituel des générations.
3. Le deuil après une longue maladie de l'enfant
Lorsque les parents ont accompagné leur enfant pendant plusieurs mois ou plusieurs années
Un cancer, une maladie génétique, une maladie neurologique ou une affection chronique grave peuvent confronter les parents à une période prolongée de soins, d'inquiétudes, de décisions médicales et d'épuisement.
Certains ont assisté à des hospitalisations répétées, à une dégradation physique, à des traitements lourds ou à des épisodes de souffrance particulièrement difficiles.
Avant le décès, ils peuvent avoir éprouvé un deuil anticipé : une souffrance liée à la possibilité de perdre leur enfant, alors même qu'il était encore vivant.
Après la mort, plusieurs émotions peuvent coexister.
La tristesse peut être accompagnée d'un sentiment d'impuissance, de colère ou de culpabilité.
Certains parents ressentent également un soulagement à l'idée que la souffrance de leur enfant soit terminée.
Cette émotion peut être immédiatement suivie d'une pensée douloureuse :
« Comment ai-je pu ressentir du soulagement alors que mon enfant venait de mourir ? »
Ressentir du soulagement face à la fin d'une souffrance n'annule ni l'amour ni le chagrin.
Les souvenirs qui peuvent rester envahissants
Les images des derniers traitements, des interventions médicales, de la dégradation physique ou des derniers instants peuvent rester particulièrement présentes.
Certains parents éprouvent alors des difficultés à retrouver des souvenirs de leur enfant en dehors de la maladie.
Lorsque ces souvenirs présentent une dimension traumatique, l'EMDR peut être envisagée pour travailler sur la détresse qu'ils provoquent.
4. Le deuil après le décès brutal ou traumatique d'un enfant
Quand la mort survient de manière inattendue
Un accident de la circulation, une noyade, un accident domestique, une mort subite, un suicide ou un autre événement inattendu peuvent provoquer un choc particulièrement intense.
Le parent peut avoir le sentiment que la vie a basculé en quelques instants.
L'annonce du décès, les interventions des secours, la découverte du corps ou les derniers échanges peuvent rester très présents dans la mémoire.
Certaines manifestations peuvent apparaître :
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Des images intrusives.
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Des cauchemars.
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Une hypervigilance.
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Une sensation permanente de danger.
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Des réactions de sursaut.
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Des comportements d'évitement.
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Une anxiété importante concernant les autres enfants.
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Des pensées répétitives de responsabilité.
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Des difficultés à retrouver un sentiment de sécurité.
La souffrance du deuil peut alors coexister avec un trouble de stress post-traumatique ou des symptômes traumatiques importants.
Ces difficultés nécessitent une évaluation adaptée.
Le sentiment de responsabilité après un décès brutal
Certaines pensées peuvent devenir envahissantes :
« J'aurais dû l'empêcher de partir. »
« J'aurais dû remarquer les signes. »
« Si j'avais été présent, il serait encore vivant. »
« Je n'ai pas réussi à protéger mon enfant. »
Le parent peut repasser mentalement les événements, rechercher des explications ou tenter de reconstruire chaque détail de la journée du décès.
Un accompagnement peut aider à distinguer les responsabilités réelles du sentiment de responsabilité, tout en respectant les questions qui demeurent sans réponse.
5. Comment l'EMDR peut-elle accompagner le deuil d'un enfant ?
L'EMDR, ou Eye Movement Desensitization and Reprocessing, est une approche thérapeutique notamment utilisée pour la prise en charge des souvenirs traumatiques.
Après la perte d'un enfant, certains événements peuvent rester associés à une détresse émotionnelle particulièrement intense.
L'EMDR peut être envisagée lorsque cette dimension traumatique contribue à la souffrance.
Travailler sur l'annonce du décès
Le moment où un parent apprend la mort de son enfant peut rester gravé dans sa mémoire.
Les paroles prononcées, l'appel téléphonique, le lieu où il se trouvait ou les premières images peuvent devenir des déclencheurs émotionnels importants.
Un travail EMDR peut permettre de diminuer la détresse associée à ce souvenir lorsqu'il conserve une dimension traumatique.
Travailler sur les derniers instants
Les scènes médicales, les gestes de réanimation, les hospitalisations ou la découverte du corps peuvent provoquer des images intrusives.
L'EMDR peut être envisagée pour réduire l'intensité émotionnelle associée à ces souvenirs.
L'objectif n'est pas de les effacer, mais de permettre à la personne de les évoquer avec moins de détresse lorsque cela est possible.
Travailler sur les sentiments d'impuissance
La mort d'un enfant peut entraîner un sentiment profond d'échec dans le rôle parental.
Certaines croyances négatives peuvent apparaître :
« Je n'ai pas su le protéger. »
« J'ai échoué comme parent. »
« Je suis responsable. »
« Je ne mérite plus d'être heureux. »
Lorsque ces croyances sont associées à des souvenirs traumatiques, elles peuvent être explorées dans le travail EMDR.
Travailler sur les peurs apparues après le décès
La disparition d'un enfant peut modifier profondément le sentiment de sécurité.
Les parents peuvent devenir particulièrement inquiets pour les autres enfants, leur conjoint ou leurs proches.
Lorsque cette peur s'inscrit dans des réactions post-traumatiques, un travail EMDR peut être envisagé sur les souvenirs qui contribuent à maintenir le sentiment de danger.
Permettre aux souvenirs heureux de retrouver davantage de place
Chez certaines personnes, les souvenirs des derniers jours ou du décès occupent une place si importante qu'ils semblent masquer les souvenirs heureux.
Un objectif possible du travail thérapeutique est de diminuer l'emprise de ces images perturbantes afin que l'histoire de l'enfant ne reste pas uniquement associée aux circonstances de sa mort.
L'EMDR ne cherche pas à faire oublier un enfant, à diminuer l'amour qui lui est porté ou à supprimer le chagrin.
Elle peut contribuer à alléger la charge émotionnelle de certains souvenirs, lorsque cette approche est adaptée.
6. Comment se déroule un accompagnement EMDR après la perte d'un enfant ?
Une première évaluation
Les premières séances permettent d'explorer les circonstances du décès, les difficultés actuelles, les ressources personnelles et les attentes concernant l'accompagnement.
Le parent n'est pas obligé de raconter immédiatement les scènes les plus éprouvantes.
Une préparation adaptée
La préparation peut comprendre des exercices de stabilisation, des stratégies de régulation émotionnelle et l'identification de ressources mobilisables lorsque la souffrance augmente.
L'identification de souvenirs cibles
Lorsque cela est pertinent, certains souvenirs particulièrement perturbants peuvent être identifiés.
Il peut s'agir de l'annonce du décès, des derniers instants, d'une scène médicale ou d'un autre événement traumatique.
Le travail thérapeutique
Le retraitement EMDR, lorsqu'il est indiqué, est proposé selon un protocole adapté à la situation et aux capacités de régulation émotionnelle de la personne.
La réévaluation
L'évolution de la détresse, des souvenirs perturbants et du fonctionnement quotidien est régulièrement réévaluée.
Le rythme de l'accompagnement reste individualisé.
7. Les bienfaits complémentaires des TCC après le décès d'un enfant
Les thérapies cognitivo-comportementales permettent de travailler sur les pensées, les émotions et les comportements qui contribuent parfois à maintenir une souffrance importante.
Travailler sur les pensées automatiques
Après la perte d'un enfant, certaines pensées peuvent devenir particulièrement douloureuses :
« Je suis un mauvais parent. »
« Je n'ai pas fait tout ce qu'il fallait. »
« Si je retrouve un peu de bonheur, je vais trahir mon enfant. »
« Je n'ai plus le droit de faire des projets. »
« Je ne pourrai jamais être heureux à nouveau. »
« Je dois penser à lui à chaque instant pour ne pas l'oublier. »
Les TCC permettent d'examiner ces pensées, leur signification, leurs conséquences émotionnelles et les éléments qui peuvent aider à les nuancer.
Il ne s'agit pas de nier la souffrance, mais de réduire les interprétations excessives qui peuvent s'y ajouter.
Travailler sur la culpabilité parentale
La culpabilité peut être particulièrement intense lorsque les parents pensent qu'ils auraient dû empêcher le décès.
Les TCC peuvent aider à distinguer ce qui relevait réellement de leurs possibilités d'action et ce qui ne dépendait pas d'eux.
Elles peuvent également aider à examiner les exigences excessives liées au rôle parental.
Diminuer les ruminations
Les parents peuvent repenser quotidiennement aux circonstances du décès, aux décisions prises ou aux événements qui l'ont précédé.
Ces pensées répétitives peuvent devenir épuisantes lorsqu'elles n'apportent aucune réponse nouvelle.
Les TCC peuvent aider à reconnaître les ruminations, à comprendre leur fonctionnement et à développer d'autres manières de répondre aux pensées envahissantes.
Travailler sur les comportements d'évitement
Certains parents évitent les photographies, les lieux fréquentés par l'enfant ou les conversations qui rappellent son existence.
D'autres ont au contraire besoin de rester continuellement en contact avec les objets et les souvenirs, au point que toute autre activité devient difficile.
L'accompagnement cherche à comprendre la fonction de ces comportements, sans imposer de décision concernant les affaires personnelles de l'enfant.
Réduire l'anxiété concernant les autres enfants
Après un décès brutal, certains parents peuvent développer une vigilance permanente.
Ils vérifient fréquemment les déplacements de leurs autres enfants, multiplient les appels téléphoniques ou imaginent régulièrement de nouveaux accidents.
Les TCC peuvent aider à diminuer les vérifications excessives et à retrouver progressivement un sentiment de sécurité plus réaliste.
Retrouver progressivement des activités significatives
Certains parents ressentent une culpabilité lorsqu'ils recommencent à rire, à sortir ou à profiter de moments agréables.
Les TCC peuvent aider à distinguer le maintien du lien affectif avec l'enfant de la nécessité de rester constamment dans la souffrance.
Continuer à vivre ne signifie pas oublier son enfant ni l'aimer moins.
8. Le deuil d'un enfant et ses conséquences sur le couple
Pourquoi les deux parents ne vivent-ils pas toujours le deuil de la même manière ?
Chaque parent possède son histoire, ses émotions, son mode d'expression et ses stratégies pour faire face à la souffrance.
L'un peut ressentir le besoin de parler régulièrement de l'enfant disparu, tandis que l'autre préfère rester silencieux.
L'un peut souhaiter conserver les objets et la chambre de l'enfant, tandis que l'autre éprouve des difficultés à les regarder.
Ces différences ne signifient pas nécessairement qu'un parent souffre davantage ou aime plus profondément son enfant.
Les difficultés possibles dans le couple
Le deuil peut entraîner :
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Des incompréhensions émotionnelles.
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Une diminution de la communication.
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Des reproches concernant les décisions passées.
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Des tensions liées aux autres enfants.
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Des différences concernant les rituels de souvenir.
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Une diminution de l'intimité.
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Des sentiments de solitude au sein du couple.
L'apport possible des TCC dans le couple
Un travail orienté TCC peut aider les partenaires à identifier leurs attentes, à exprimer leurs besoins et à reconnaître leurs différences.
Il peut notamment porter sur les pensées telles que :
« S'il ne pleure pas, c'est qu'il ne souffre pas. »
« Elle ne parle que de notre enfant et ne pense plus à nous. »
« Nous ne nous comprendrons plus jamais. »
L'objectif est d'améliorer la compréhension mutuelle et de préserver, lorsque cela est possible, un espace de soutien au sein du couple.
9. Le deuil d'un enfant et la place des frères et sœurs
Les enfants qui ont perdu un frère ou une sœur peuvent eux aussi vivre un deuil intense.
Leur manière d'exprimer la souffrance varie notamment selon leur âge, leur développement, leur compréhension de la mort et la relation qu'ils entretenaient avec l'enfant disparu.
Certains enfants posent de nombreuses questions, d'autres deviennent silencieux, irritables ou particulièrement inquiets pour leurs parents.
Dans certaines familles, les frères et sœurs peuvent avoir le sentiment que toute l'attention est désormais dirigée vers l'enfant décédé.
Les parents peuvent éprouver des difficultés à concilier leur propre souffrance et les besoins des autres enfants.
Un accompagnement peut aider à identifier les difficultés familiales, à favoriser une communication adaptée à l'âge et à reconnaître les besoins spécifiques de chacun.
10. Le deuil prolongé après la perte d'un enfant
Il n'existe pas de durée universelle pour traverser le deuil d'un fils ou d'une fille.
La douleur peut réapparaître lors des anniversaires, des fêtes, des changements de saison ou de certaines étapes de la vie familiale.
Le fait de penser encore intensément à son enfant plusieurs années après sa disparition ne constitue pas automatiquement un trouble psychologique.
Cependant, lorsque le manque ou la préoccupation concernant le défunt reste durablement très intense, s'accompagne d'autres symptômes et entraîne un retentissement majeur sur la vie quotidienne, une évaluation du trouble du deuil prolongé peut être pertinente.
Ce trouble est reconnu dans les classifications diagnostiques internationales.
Les délais diagnostiques varient : au moins six mois après le décès dans la CIM-11, et douze mois chez l'adulte dans le DSM-5-TR.
Ces délais ne constituent pas une date à partir de laquelle le chagrin devrait disparaître.
Les TCC spécialisées dans le deuil prolongé
Les TCC centrées sur le deuil prolongé disposent de résultats scientifiques favorables.
Elles peuvent notamment permettre de travailler sur :
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Les pensées de culpabilité persistantes.
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Les comportements d'évitement.
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Les ruminations.
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Les difficultés à intégrer la réalité du décès.
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Les obstacles à la reprise d'activités significatives.
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Les croyances associant toute amélioration à une trahison.
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La reconstruction progressive d'un quotidien qui conserve une place à l'enfant disparu.
L'EMDR peut être envisagée en complément lorsque des souvenirs traumatiques particuliers contribuent à la souffrance.
11. Peut-on bénéficier d'un accompagnement du deuil d'un enfant en ligne ?
Oui. Un accompagnement thérapeutique après la perte d'un enfant peut être envisagé en ligne, sous réserve que cette modalité soit adaptée à la situation.
La téléconsultation, la visioconsultation, les séances en visio, les consultations par visioconférence ou les rendez-vous thérapeutiques à distance permettent de consulter depuis son domicile.
Cette possibilité peut être particulièrement utile pour les personnes qui :
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Résident loin d'un cabinet.
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Éprouvent des difficultés à se déplacer.
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Traversent une période de fatigue émotionnelle importante.
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Ont des contraintes familiales ou professionnelles.
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Préfèrent bénéficier d'un accompagnement dans un environnement familier.
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Souhaitent poursuivre un accompagnement lors d'un déménagement.
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Résident dans une autre région française.
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Vivent à l'étranger, lorsque les règles applicables le permettent.
EMDR en ligne après le décès d'un enfant
L'EMDR peut, dans certaines situations, être adaptée à la visioconsultation.
Une évaluation préalable reste nécessaire pour déterminer si la personne dispose des ressources et des conditions de sécurité adaptées.
La confidentialité, la stabilité de la connexion, l'environnement de consultation et les modalités de régulation émotionnelle doivent être pris en compte.
TCC en ligne après la perte d'un enfant
Les TCC peuvent notamment être proposées à distance au moyen d'échanges thérapeutiques, d'exercices cognitifs et comportementaux et de supports de travail entre les séances.
La visioconsultation n'est pas nécessairement adaptée à toutes les situations, notamment lorsqu'une évaluation médicale ou psychiatrique urgente, une sécurité renforcée ou un accompagnement en présentiel sont nécessaires.
12. Comment se déroule l'accompagnement au Cabinet Flora Mentis ?
Première étape : comprendre votre histoire
Les premières rencontres permettent de parler de votre enfant, de votre histoire familiale, des circonstances de la disparition et de la souffrance que vous traversez.
Il n'est pas nécessaire de raconter immédiatement tous les événements douloureux.
Deuxième étape : identifier vos principales difficultés
L'accompagnement peut notamment porter sur les souvenirs traumatiques, les sentiments de culpabilité, les ruminations, les difficultés de sommeil, les peurs ou les tensions familiales.
Troisième étape : envisager l'EMDR lorsque cela est pertinent
Lorsque certains souvenirs restent particulièrement perturbants, un travail EMDR peut être envisagé après une préparation adaptée.
Quatrième étape : intégrer les outils TCC
Les TCC peuvent aider à travailler sur les pensées automatiques, les comportements d'évitement, la culpabilité et les difficultés à reprendre certaines activités.
Cinquième étape : ajuster l'accompagnement
L'évolution est régulièrement réévaluée selon votre rythme, vos objectifs et les difficultés que vous rencontrez.
Il n'existe pas de programme identique pour tous les parents endeuillés.
13. Accompagnement du deuil d'un enfant à Oyonnax et en visioconsultation
Le Cabinet Flora Mentis propose des séances en TCC et EMDR/IMO à Oyonnax, dans l'Ain, ainsi qu'en visioconsultation.
Les personnes résidant à Oyonnax, Bellignat, Arbent, Nantua, Montréal-la-Cluse, Izernore, Saint-Claude et dans le Haut-Bugey peuvent envisager un accompagnement au cabinet.
La consultation en ligne permet également d'envisager un suivi depuis d'autres régions françaises, notamment Bourg-en-Bresse, Lyon, Annecy, Grenoble ou Paris, ainsi que depuis l'étranger lorsque les conditions applicables le permettent.
Vous avez perdu un fils ou une fille et vous ressentez le besoin d'être accompagné ?
Vous n'avez pas à trouver immédiatement les mots pour expliquer votre souffrance.
Une première consultation peut permettre de faire le point sur vos difficultés et d'envisager un accompagnement adapté à votre histoire.
Cabinet Flora Mentis – Florence Chatenet
Psychopraticienne TCC et praticienne EMDR/IMO
Oyonnax – Ain – Haut-Bugey
Consultations au cabinet et en visioconsultation
Téléphone : 07 71 75 09 04
L'objectif de l'accompagnement n'est pas d'effacer l'amour porté à votre enfant, mais de vous aider à vivre avec son absence, sans que les souvenirs les plus douloureux occupent nécessairement toute la place.
EMDR, TCC et deuil d'un enfant : que disent les études scientifiques ?
La recherche scientifique s'intéresse aux difficultés rencontrées par les parents endeuillés et aux interventions susceptibles de réduire leur souffrance.
Il est important de distinguer trois situations : le deuil après la mort d'un enfant, les symptômes traumatiques associés aux circonstances du décès et le trouble du deuil prolongé.
Ces situations peuvent se recouper, mais elles ne correspondent pas nécessairement aux mêmes besoins thérapeutiques.
Étude 1 — Une revue scientifique spécifiquement consacrée aux parents endeuillés
Une revue systématique publiée en 2015 a étudié les interventions proposées aux parents et aux frères et sœurs après le décès d'un enfant.
Les chercheurs ont identifié huit essais admissibles, décrits dans neuf publications.
Les interventions étudiées comprenaient notamment des groupes de soutien, des entretiens d'accompagnement, des psychothérapies et des interventions de crise.
Plusieurs études rapportaient des améliorations sur certains critères, mais les auteurs ont relevé d'importantes limites méthodologiques.
Ce que cette recherche apporte : elle confirme la nécessité de développer et d'évaluer des accompagnements spécifiquement adaptés aux familles ayant perdu un enfant.
Ses limites : elle ne permet pas de conclure à la supériorité d'une approche particulière ni de démontrer l'efficacité de l'EMDR pour le deuil parental.
Publication : Interventions for bereaved parents following a child's death: A systematic review (2015).
Consulter la publication sur PubMed
Étude 2 — EMDR et deuil : des résultats encourageants en 2016
Meysner, Cotter et Lee ont publié dans le Journal of EMDR Practice and Research un essai randomisé comparant l'EMDR et une intervention TCC intégrative chez des personnes présentant des difficultés importantes après un deuil.
L'étude a inclus 19 participants, répartis entre les deux traitements.
Après une période d'attente de sept semaines, les participants ont reçu sept semaines de traitement.
Les deux interventions ont été associées à une amélioration des symptômes de deuil, de la détresse psychologique et des symptômes traumatiques.
Les chercheurs n'ont pas démontré de supériorité statistiquement significative de l'EMDR sur l'intervention TCC.
Ce que cette étude apporte : elle suggère que l'EMDR peut être utile pour certaines personnes dont le deuil s'accompagne de souvenirs perturbants ou de symptômes traumatiques.
Ses limites : l'effectif est petit. Les participants n'étaient pas exclusivement des parents ayant perdu un enfant. Les résultats doivent donc être considérés comme préliminaires.
Référence : Meysner, L., Cotter, P., & Lee, C. W. (2016). Evaluating the Efficacy of EMDR With Grieving Individuals: A Randomized Control Trial. Journal of EMDR Practice and Research, 10(1), 2–12.
Étude 3 — Les recommandations concernant l'EMDR dans le stress post-traumatique
L'organisme britannique NICE (National Institute for Health and Care Excellence) recommande l'EMDR parmi les traitements du trouble de stress post-traumatique chez l'adulte, selon les caractéristiques du traumatisme et le délai écoulé.
Ces recommandations sont pertinentes lorsqu'un décès s'accompagne d'un trouble de stress post-traumatique, par exemple après un accident mortel, une découverte traumatique ou des scènes médicales particulièrement éprouvantes.
Ce que ces recommandations apportent : elles soutiennent l'utilisation de l'EMDR pour les symptômes post-traumatiques dans les situations où cette approche est indiquée.
Leur limite : elles ne démontrent pas à elles seules l'efficacité de l'EMDR sur l'ensemble du processus de deuil après le décès d'un enfant.
Référence : NICE, Post-traumatic stress disorder, recommandation NG116, publiée en 2018.
Lire les recommandations professionnelles
Étude 4 — Méta-analyse de 2024 : l'intérêt des TCC spécialisées dans le deuil prolongé
Komischke-Konnerup et ses collaborateurs ont publié une revue systématique et méta-analyse des essais randomisés consacrés aux TCC centrées sur les symptômes de deuil prolongé.
Cette étude a regroupé 22 essais et 2 602 adultes endeuillés.
Les auteurs ont observé des résultats favorables des TCC spécialisées sur les symptômes de deuil prolongé.
Ce que cette recherche apporte : elle renforce les preuves scientifiques concernant les TCC adaptées aux personnes dont le deuil reste durablement invalidant.
Ses limites : elle porte sur des adultes endeuillés après différentes pertes et non uniquement sur des parents ayant perdu un enfant.
Référence : Komischke-Konnerup, K. B. et collaborateurs (2024). Grief-focused cognitive behavioral therapies for prolonged grief symptoms: A systematic review and meta-analysis. Journal of Consulting and Clinical Psychology.
Étude 5 — Un essai randomisé de 2024 confirme l'intérêt des TCC centrées sur le deuil prolongé
Bryant et ses collaborateurs ont publié dans JAMA Psychiatry un essai randomisé portant sur 100 adultes présentant un trouble du deuil prolongé.
Les participants ont bénéficié soit d'une TCC spécialisée, soit d'une thérapie cognitive fondée sur la pleine conscience.
Chaque intervention comprenait onze séances individuelles de 90 minutes.
Les deux approches ont été associées à une amélioration des symptômes.
Au suivi de six mois, la TCC spécialisée a montré une réduction plus importante de la sévérité du deuil prolongé.
Ce que cette étude apporte : elle soutient l'intérêt des interventions TCC structurées, comprenant notamment le travail sur les souvenirs, les pensées douloureuses et la reprise d'activités significatives.
Ses limites : elle concerne des adultes présentant un trouble du deuil prolongé. Elle ne permet pas d'affirmer que tous les parents endeuillés ont besoin d'une TCC spécialisée.
Référence : Bryant, R. A. et collaborateurs (2024). Cognitive Behavior Therapy vs Mindfulness in Treatment of Prolonged Grief Disorder: A Randomized Clinical Trial. JAMA Psychiatry, 81(7), 646–654.
Ce qu'il faut retenir des publications scientifiques
L'EMDR dispose de preuves solides dans certaines formes de stress post-traumatique. Son intérêt pour les difficultés liées au deuil est encourageant, mais les études spécifiquement consacrées aux parents ayant perdu un enfant restent limitées.
Les TCC spécialisées dans le deuil prolongé disposent d'une base scientifique plus importante pour réduire les symptômes persistants et invalidants.
La complémentarité EMDR–TCC peut être envisagée selon les besoins individuels, notamment lorsqu'un deuil difficile s'accompagne de souvenirs traumatiques, de culpabilité, de ruminations ou de comportements d'évitement.
Aucune approche ne permet de garantir la disparition de la souffrance, et toutes les personnes endeuillées n'ont pas besoin d'une psychothérapie.
L'objectif reste d'adapter l'accompagnement à la situation, au rythme et aux ressources de chaque parent.
Cinq exemples d'accompagnement du deuil d'un enfant par l'EMDR et les TCC
Exemple 1 — Isabelle, 52 ans : « Mon fils est mort dans un accident et je me sens responsable »
La situation
Isabelle a perdu son fils de 19 ans dans un accident de la circulation.
Le soir de l'accident, elle lui avait demandé de rentrer plus tôt. Une dispute avait éclaté avant son départ.
Depuis le décès, elle repense constamment à leurs dernières paroles.
Elle revoit le moment où les gendarmes sont venus lui annoncer la mort de son fils et imagine régulièrement les circonstances de l'accident.
Elle éprouve des difficultés à dormir et devient particulièrement inquiète lorsque ses autres enfants prennent la route.
Ce qu'elle se dit
« Si nous ne nous étions pas disputés, il serait peut-être encore vivant. »
« J'aurais dû l'empêcher de partir. »
« Je n'ai pas été capable de protéger mon fils. »
« Je ne mérite plus de connaître des moments heureux. »
L'apport possible de l'EMDR
L'EMDR peut être envisagée pour travailler sur le choc de l'annonce, les images intrusives et les souvenirs associés à une culpabilité intense.
Le travail peut également explorer certaines croyances négatives liées au sentiment de responsabilité.
L'apport possible des TCC
Les TCC peuvent aider Isabelle à différencier ses regrets de sa responsabilité réelle.
Un travail peut également porter sur les ruminations, les comportements de vérification concernant ses autres enfants et les pensées qui associent le fait de retrouver du plaisir à une trahison.
L'objectif thérapeutique
Réduire les symptômes traumatiques et la culpabilité excessive, tout en permettant à Isabelle de retrouver un sentiment de sécurité plus réaliste et de conserver un lien affectif avec son fils.
Exemple 2 — Nathalie, 46 ans : « Ma fille est morte après plusieurs années de cancer et je n'arrive pas à oublier les images de l'hôpital »
La situation
Nathalie a perdu sa fille de 14 ans après trois années de traitements contre un cancer.
Pendant la maladie, elle a consacré une grande partie de son temps aux hospitalisations, aux soins et à l'organisation familiale.
Depuis le décès, elle se souvient principalement des traitements, des douleurs et de la dégradation physique de sa fille.
Lorsqu'elle regarde une photographie prise avant la maladie, elle éprouve de la tristesse, mais aussi un sentiment d'irréalité.
Elle culpabilise d'avoir parfois été épuisée et d'avoir souhaité que cette période de souffrance prenne fin.
Ce qu'elle se dit
« Je n'en ai pas fait assez. »
« J'aurais dû être plus forte. »
« Une bonne mère ne ressent pas de soulagement. »
« Je ne parviens plus à me souvenir de ma fille autrement que malade. »
L'apport possible de l'EMDR
L'EMDR peut être envisagée lorsque les scènes d'hospitalisation, les derniers instants et certaines images de la maladie restent particulièrement traumatiques.
L'objectif est de diminuer la détresse associée à ces souvenirs, sans effacer l'histoire de la maladie ni celle de l'enfant.
L'apport possible des TCC
Les TCC peuvent aider Nathalie à comprendre que la tristesse, l'épuisement, l'amour et le soulagement peuvent coexister.
Elles peuvent également aider à assouplir certaines exigences parentales excessives et à diminuer les ruminations.
Le travail peut accompagner la reprise progressive d'activités après plusieurs années consacrées au rôle d'aidante.
L'objectif thérapeutique
Aider Nathalie à retrouver une place pour elle-même et à pouvoir évoquer sa fille au-delà des souvenirs les plus douloureux de la maladie.
Exemple 3 — Marc, 61 ans : « Mon fils est mort à 35 ans et je ne comprends pas pourquoi je souffre encore autant »
La situation
Marc a perdu son fils adulte trois ans auparavant, à la suite d'une maladie soudaine.
Depuis, il a l'impression d'avoir perdu une partie de lui-même.
Il continue à travailler, mais éprouve de grandes difficultés à s'intéresser à ses activités personnelles.
Il évite les réunions familiales et se sent particulièrement mal à l'aise lorsque d'autres parents parlent de leurs enfants.
Il explique qu'il ne se reconnaît plus et qu'il n'arrive pas à envisager l'avenir.
Ce qu'il se dit
« Un père ne devrait jamais survivre à son fils. »
« Ma vie n'a plus de sens. »
« Je devrais avoir réussi à avancer depuis le temps. »
« Si je retrouve du plaisir, cela signifie que je commence à l'oublier. »
L'apport possible de l'EMDR
Si certains souvenirs du décès ou de la maladie restent particulièrement perturbants, l'EMDR peut être envisagée pour diminuer leur charge émotionnelle.
Elle n'est toutefois pas automatiquement indiquée du seul fait de la persistance du chagrin.
L'apport possible des TCC
Une évaluation du deuil prolongé peut être pertinente compte tenu de la durée et du retentissement des difficultés.
Les TCC spécialisées peuvent aider Marc à travailler sur les croyances associant toute amélioration à l'oubli de son fils, sur les évitements et sur la reprise progressive d'activités significatives.
L'objectif thérapeutique
Permettre à Marc de retrouver progressivement un fonctionnement quotidien plus satisfaisant, sans lui demander de renoncer à l'amour ou aux souvenirs de son fils.
Exemple 4 — Claire et Philippe, 48 et 51 ans : « Depuis la mort de notre fille, nous n'arrivons plus à nous comprendre »
La situation
Claire et Philippe ont perdu leur fille de 16 ans dix-huit mois auparavant.
Depuis le décès, Claire éprouve le besoin de parler régulièrement de leur fille, de regarder ses photographies et de maintenir certaines habitudes familiales.
Philippe, de son côté, reprend rapidement son travail et parle peu de ses émotions.
Claire interprète son silence comme un manque de tristesse.
Philippe se sent impuissant et pense que ses tentatives pour aider sa compagne sont systématiquement insuffisantes.
Des conflits apparaissent progressivement.
Ce qu'ils se disent
Claire : « S'il ne parle jamais d'elle, c'est qu'il ne souffre pas autant que moi. »
Philippe : « Quoi que je fasse, ce ne sera jamais assez. »
Claire : « Nous ne sommes plus un couple. »
Philippe : « Je n'ai plus le droit de montrer que je vais un peu mieux. »
L'apport possible de l'EMDR
Si l'un des parents présente des souvenirs particulièrement traumatiques liés au décès, un accompagnement individuel EMDR peut être envisagé selon l'évaluation.
L'EMDR n'a pas pour objectif de résoudre directement les difficultés de communication du couple.
L'apport possible des TCC
Un accompagnement de couple orienté TCC peut aider les partenaires à identifier leurs pensées automatiques, à exprimer leurs besoins et à reconnaître leurs manières différentes de vivre le deuil.
Le travail peut notamment porter sur la communication, les interprétations réciproques, les comportements de retrait et les possibilités de soutien mutuel.
L'objectif thérapeutique
Aider Claire et Philippe à mieux comprendre leurs réactions respectives, à diminuer les conflits et à préserver un lien conjugal tout en respectant le deuil de chacun.
Exemple 5 — Sophie, 39 ans : « Depuis le décès de mon fils, j'ai peur qu'il arrive quelque chose à mon autre enfant »
La situation
Sophie a perdu son fils de huit ans à la suite d'un accident domestique.
Elle a également une fille de onze ans.
Depuis le décès, elle éprouve une peur importante dès que sa fille quitte la maison.
Elle vérifie régulièrement où elle se trouve, lui demande de téléphoner plusieurs fois par jour et imagine fréquemment de nouveaux accidents.
Elle devient particulièrement anxieuse lorsqu'un appel reste sans réponse.
Sa fille commence à exprimer le sentiment de ne plus pouvoir faire certaines activités avec ses amies.
Ce qu'elle se dit
« J'ai déjà perdu un enfant, je peux en perdre un autre à tout moment. »
« Si je ne vérifie pas, il peut arriver quelque chose. »
« Je dois anticiper tous les dangers. »
« Je ne supporterai jamais un nouveau drame. »
L'apport possible de l'EMDR
L'EMDR peut être envisagée lorsque les circonstances de l'accident, les images du décès ou certains souvenirs restent particulièrement traumatiques.
Le travail peut contribuer à réduire la détresse associée à ces souvenirs et le sentiment de danger permanent.
L'apport possible des TCC
Les TCC peuvent aider Sophie à identifier le cercle vicieux de l'anxiété et des vérifications.
Une pensée catastrophique provoque une peur intense, entraînant une vérification qui procure un soulagement temporaire.
Ce soulagement peut renforcer progressivement le besoin de vérifier.
Le travail peut permettre de diminuer les vérifications excessives, de mieux tolérer l'incertitude et de retrouver progressivement une organisation familiale moins dominée par la peur.
L'objectif thérapeutique
Aider Sophie à retrouver un sentiment de sécurité plus réaliste, à accompagner sa fille dans son développement et à préserver le souvenir de son fils sans rester constamment envahie par la peur d'un nouveau décès.
Ces cinq exemples sont fictifs et proposés à titre pédagogique. Ils ne constituent ni des diagnostics ni des garanties de résultats thérapeutiques.
Questions fréquentes sur le deuil d'un enfant
Comment survivre à la mort de son fils ou de sa fille ?
Il n'existe pas de méthode universelle. Un accompagnement peut aider à comprendre ses émotions, à travailler les souvenirs particulièrement douloureux et à retrouver progressivement des repères, sans chercher à effacer la place de l'enfant disparu.
L'EMDR peut-elle aider après le décès d'un enfant ?
L'EMDR peut être envisagée lorsque certains souvenirs du décès sont particulièrement perturbants, notamment après un accident, une maladie éprouvante ou une annonce traumatique. Les preuves spécifiques au deuil parental restent toutefois limitées.
Pourquoi culpabilise-t-on après la mort de son enfant ?
La culpabilité peut être liée au sentiment de ne pas avoir suffisamment protégé son enfant, aux décisions prises ou aux paroles prononcées. Les TCC peuvent aider à distinguer les responsabilités réelles des interprétations excessives.
Est-il normal de pleurer son enfant plusieurs années après sa disparition ?
Oui. Le manque et la tristesse peuvent persister ou réapparaître longtemps après le décès. La durée du chagrin ne suffit pas à caractériser un trouble du deuil prolongé.
Pourquoi les parents ne vivent-ils pas le deuil de la même manière ?
Chaque parent possède son histoire et ses manières d'exprimer ses émotions. Certains ont besoin de parler, d'autres de silence ou d'activités. Ces différences ne traduisent pas nécessairement une différence d'amour pour l'enfant.
Peut-on souffrir du deuil d'un enfant devenu adulte ?
Oui. Le deuil parental concerne également les parents ayant perdu un fils ou une fille adulte, quelle que soit la durée de la relation et l'âge de chacun.
Peut-on être aidé après le suicide de son enfant ?
Oui. Un accompagnement peut être proposé pour travailler sur les souvenirs traumatiques, les interrogations persistantes, la culpabilité et les difficultés quotidiennes. Une évaluation adaptée est importante.
Les TCC peuvent-elles aider dans le deuil prolongé ?
Oui. Les TCC spécifiquement centrées sur le deuil prolongé disposent de résultats scientifiques favorables, notamment pour réduire les ruminations, les évitements et les difficultés à retrouver des activités significatives.
Peut-on bénéficier de séances EMDR en visio après la perte d'un enfant ?
L'EMDR à distance peut être envisagée dans certaines situations, après une évaluation individuelle. Une préparation adaptée, un environnement confidentiel et des conditions de sécurité appropriées sont nécessaires.
Peut-on consulter en ligne depuis une autre région de France ?
Oui. Les séances en visioconférence peuvent permettre un accompagnement à distance depuis différentes régions françaises, lorsque cette modalité correspond aux besoins et à la situation de la personne.
Combien de séances faut-il après le décès d'un enfant ?
Le nombre de séances ne peut pas être fixé de manière universelle. Il dépend notamment de la souffrance, des éventuels symptômes traumatiques, des ressources personnelles et des objectifs définis ensemble.
Peut-on continuer à aimer son enfant tout en retrouvant des moments de bonheur ?
Oui. Le lien affectif avec un enfant décédé peut continuer à occuper une place importante dans la vie familiale, tandis que les parents retrouvent progressivement des activités, des relations et des projets.
Ces informations sont proposées à titre pédagogique et ne remplacent pas une évaluation médicale ou psychologique adaptée. En cas de détresse aiguë ou de risque suicidaire, une évaluation urgente est nécessaire. La possibilité d'une consultation à distance dépend de la situation clinique et, à l'étranger, des règles applicables.