Deuil du conjoint : comment l’EMDR et les TCC peuvent aider après le décès
Deuil du conjoint : comment l'EMDR et les TCC peuvent aider après le décès
Perdre son mari, sa femme, son compagnon ou sa compagne est l'une des épreuves les plus bouleversantes de la vie.
Le décès d'un conjoint ne représente pas seulement la disparition d'une personne aimée. Il peut aussi signifier la perte d'un quotidien partagé, d'une présence rassurante, de projets communs, d'habitudes et d'une partie de son identité.
Qu'il s'agisse d'un décès brutal, d'une longue maladie ou d'une disparition survenue plusieurs années auparavant, le chagrin peut prendre des formes très différentes.
Certaines personnes ressentent une tristesse intense, d'autres un vide, une colère, de la culpabilité, une anxiété permanente ou l'impression de ne plus savoir comment vivre seules.
L'EMDR et les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) peuvent contribuer à accompagner certaines difficultés liées au deuil, avec des objectifs complémentaires.
Au Cabinet Flora Mentis, à Oyonnax, un accompagnement peut être envisagé en présentiel ou en visioconsultation selon votre situation.
1. Comprendre le deuil après la mort de son conjoint
Pourquoi la perte d'un conjoint peut-elle être si douloureuse ?
Lorsque deux personnes ont construit une vie commune, elles ont souvent développé des habitudes affectives, relationnelles et pratiques profondément ancrées.
La disparition de l'autre peut bouleverser simultanément plusieurs dimensions de la vie :
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La dimension affective : l'absence du partenaire, du soutien et de l'intimité.
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La dimension quotidienne : les repas seuls, les soirées, les réveils et les habitudes partagées.
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La dimension identitaire : ne plus se définir comme membre d'un couple vivant ensemble.
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La dimension sociale : les relations amicales, les invitations et la place au sein de la famille.
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La dimension matérielle : les responsabilités administratives, financières et domestiques.
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La dimension existentielle : la confrontation à la solitude, au vieillissement et à sa propre mortalité.
Le deuil du conjoint ne se résume donc pas à une émotion. Il peut toucher l'ensemble de l'existence.
Les manifestations possibles du deuil
Après le décès d'un époux, d'une épouse ou d'un partenaire, différentes réactions peuvent apparaître.
Sur le plan émotionnel : tristesse, manque, colère, peur, sentiment d'abandon, culpabilité, solitude ou impression de vide.
Sur le plan cognitif : difficultés de concentration, pensées répétitives, questionnements sur les circonstances du décès, images intrusives et impression que la disparition n'est pas réelle.
Sur le plan physique : fatigue, troubles du sommeil, tensions musculaires, modification de l'appétit ou sensations corporelles associées au stress.
Sur le plan comportemental : évitement de certains lieux, retrait social, difficultés à reprendre des activités ou, au contraire, besoin de rester constamment occupé.
Ces réactions peuvent être normales dans un processus de deuil. Leur intensité et leur évolution varient considérablement d'une personne à l'autre.
2. Le deuil du conjoint après une longue maladie
Quand la souffrance a commencé avant le décès
Lorsqu'un mari, une épouse ou un partenaire a été atteint d'un cancer, d'une maladie neurodégénérative ou d'une maladie chronique grave, le deuil peut avoir commencé à prendre forme bien avant la mort.
Le conjoint a parfois vécu plusieurs mois ou plusieurs années de soins, d'inquiétude, d'épuisement et d'incertitude.
Il peut avoir assisté à une dégradation physique, à une perte d'autonomie ou à des épisodes de souffrance particulièrement difficiles.
Après le décès, une émotion inattendue apparaît parfois : le soulagement que la souffrance du proche soit terminée.
Ce soulagement peut ensuite entraîner une culpabilité importante.
« Comment ai-je pu ressentir du soulagement alors que je l'aimais ? »
Il est pourtant possible d'éprouver simultanément de l'amour, de la tristesse, de l'épuisement et du soulagement.
Ces émotions ne sont pas incompatibles.
L'EMDR face aux souvenirs douloureux de la maladie
Certains souvenirs peuvent rester particulièrement perturbants :
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L'annonce du diagnostic.
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Les hospitalisations répétées.
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Les images de dégradation physique.
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Les épisodes de souffrance du conjoint.
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Le dernier regard ou les dernières paroles.
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Les derniers instants à l'hôpital ou à domicile.
L'EMDR peut être envisagée lorsque ces souvenirs entraînent une détresse importante ou des réactions traumatiques persistantes.
Le travail n'a pas pour objectif d'oublier les événements, mais de réduire la souffrance qui leur reste associée.
3. Le deuil après une mort soudaine ou brutale
Un infarctus, un accident, un AVC, un suicide ou une mort inattendue peuvent provoquer un choc particulièrement intense.
La personne endeuillée peut avoir le sentiment que le monde s'est arrêté brutalement.
Certaines questions deviennent envahissantes :
« Pourquoi lui ? »
« Pourquoi maintenant ? »
« Aurais-je pu empêcher cela ? »
« Pourquoi n'ai-je pas compris ce qui allait arriver ? »
Lorsque le décès s'accompagne d'images intrusives, de cauchemars, d'hypervigilance ou d'évitements importants, une dimension traumatique peut s'ajouter à la souffrance du deuil.
L'intérêt de l'EMDR lorsque le deuil est traumatique
L'EMDR est notamment utilisée pour traiter les souvenirs associés à des expériences traumatiques.
Dans un deuil brutal, le travail peut cibler l'annonce du décès, la découverte du corps, les interventions médicales ou les images perturbantes liées aux circonstances de la mort.
Une diminution de la détresse associée à ces souvenirs peut faciliter leur intégration dans l'histoire personnelle.
Cela ne signifie ni oublier la personne décédée ni faire disparaître le chagrin.
4. Comment l'EMDR peut-elle aider après le décès d'un conjoint ?
L'EMDR, ou Eye Movement Desensitization and Reprocessing, est une approche thérapeutique qui peut être proposée notamment lorsque certains souvenirs conservent une charge émotionnelle intense.
Le travail s'appuie sur un protocole structuré comprenant une évaluation, une préparation, l'identification de souvenirs cibles et, lorsque cela est indiqué, un retraitement adapté.
Travailler sur les images qui reviennent sans cesse
Une personne endeuillée peut revoir involontairement son conjoint à l'hôpital, sur son lit de mort ou dans une scène associée à l'annonce du décès.
Ces images peuvent parfois prendre le dessus sur les souvenirs heureux de la relation.
L'EMDR peut aider à diminuer la détresse associée à ces souvenirs lorsque leur caractère traumatique est établi.
Travailler sur la culpabilité
Après un décès, certaines pensées deviennent particulièrement douloureuses :
« Je n'ai pas fait assez. »
« J'aurais dû l'emmener plus tôt à l'hôpital. »
« J'aurais dû être présent au moment de sa mort. »
« Je n'aurais jamais dû lui dire cela. »
Dans un accompagnement EMDR, ces croyances négatives peuvent être explorées en lien avec les événements perturbants qui les entretiennent.
Travailler sur le sentiment d'impuissance
Assister à la souffrance ou à la disparition d'une personne aimée peut provoquer un sentiment profond d'impuissance.
Certaines personnes conservent durablement l'impression d'avoir échoué à protéger leur conjoint.
L'EMDR peut être envisagée pour travailler sur les expériences traumatiques associées à ce sentiment.
Retrouver une relation moins douloureuse avec les souvenirs
Un objectif possible du travail thérapeutique est de permettre aux souvenirs difficiles de devenir moins envahissants.
Les souvenirs heureux, les moments de tendresse et les expériences partagées peuvent alors retrouver davantage de place dans la mémoire de la relation.
L'EMDR ne vise pas à effacer l'amour, l'attachement ou les souvenirs du conjoint disparu.
Elle cherche à diminuer la détresse liée à certains événements particulièrement perturbants.
5. Que disent les études scientifiques sur l'EMDR et le deuil ?
Une étude randomisée publiée en 2016
Meysner, Cotter et Lee ont publié dans le Journal of EMDR Practice and Research une étude comparant l'EMDR et une intervention TCC intégrative chez 19 personnes rencontrant des difficultés liées au deuil.
Après une période d'attente sans amélioration significative, les participants ont bénéficié de sept semaines de traitement.
Les deux interventions ont été associées à des améliorations des symptômes de deuil, de la détresse et des symptômes traumatiques.
Les chercheurs n'ont pas mis en évidence de supériorité statistiquement significative de l'EMDR sur l'intervention TCC.
Ce que cette étude apporte : elle soutient l'intérêt potentiel de l'EMDR auprès de personnes souffrant d'un deuil difficile.
Ses limites : l'effectif était petit, et les résultats ne suffisent pas à démontrer l'efficacité de l'EMDR pour toutes les formes de deuil, notamment le veuvage en particulier.
Référence : Meysner, L., Cotter, P. et Lee, C. W. (2016). Evaluating the Efficacy of EMDR With Grieving Individuals: A Randomized Control Trial.
Lire la publication scientifique
Des recherches plus larges soutiennent les TCC centrées sur le deuil
Une méta-analyse publiée en 2024 par Komischke-Konnerup et ses collaborateurs a regroupé 22 essais randomisés consacrés aux interventions TCC centrées sur les symptômes de deuil prolongé.
Les auteurs ont observé des améliorations significatives, soutenant l'intérêt de ces approches dans les situations où le deuil devient durablement invalidant.
Ces résultats concernent les interventions spécialisées centrées sur le deuil ; ils ne signifient pas que toute intervention TCC produit automatiquement les mêmes effets.
Référence : Komischke-Konnerup, K. B. et al. (2024). Grief-focused cognitive behavioral therapies for prolonged grief symptoms: A systematic review and meta-analysis.
Consulter la publication scientifique
Ce que l'on peut retenir
Les résultats scientifiques sont encourageants concernant l'EMDR pour certaines difficultés liées au deuil, mais les études spécifiques restent limitées.
Les TCC spécialisées dans le deuil prolongé bénéficient actuellement d'un ensemble de recherches plus important.
Les deux approches peuvent ainsi être envisagées selon les besoins, sans considérer que leur association est systématiquement nécessaire ou qu'elle garantit de meilleurs résultats.
6. Les bienfaits complémentaires des TCC après la perte d'un conjoint
Les thérapies cognitivo-comportementales permettent de travailler sur les pensées, les émotions et les comportements qui entretiennent parfois la souffrance.
Les pensées automatiques qui accentuent le chagrin
Après la disparition d'un conjoint, certaines pensées peuvent apparaître :
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« Je ne pourrai plus jamais être heureux. »
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« Je ne sais rien faire sans lui. »
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« Si je souris, c'est que je l'oublie. »
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« Je suis responsable de ce qui s'est passé. »
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« Je n'ai plus de raison de faire des projets. »
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« Tout le monde va finir par m'abandonner. »
Les TCC ne consistent pas à remplacer artificiellement ces pensées par des affirmations positives.
Elles invitent à examiner leur signification, les émotions qu'elles provoquent, leur degré de certitude et la possibilité de développer une perspective plus nuancée.
Les ruminations et la culpabilité
Certaines personnes repensent quotidiennement aux derniers mois, aux décisions médicales, aux conversations ou aux événements qui ont précédé le décès.
Elles cherchent parfois une réponse définitive à des questions qui n'en ont pas.
Les TCC peuvent aider à reconnaître les ruminations, à comprendre leur fonctionnement et à diminuer progressivement leur emprise.
La peur d'oublier son conjoint
Reprendre une activité agréable, rire avec des amis ou envisager de nouvelles relations peut provoquer un sentiment de trahison.
Le travail thérapeutique peut aider à distinguer la fidélité au souvenir de la personne aimée de l'obligation de rester dans la souffrance.
Continuer à vivre ne signifie pas cesser d'aimer.
La solitude et la reprise du quotidien
Les TCC peuvent également aider à reprendre progressivement certaines activités évitées depuis le décès.
Cela peut concerner les courses, les repas, les déplacements, les invitations ou les démarches administratives.
L'objectif n'est pas de forcer une personne à aller mieux, mais de l'aider à retrouver progressivement des possibilités d'action et des sources de soutien.
7. Le deuil prolongé : quand la souffrance reste envahissante
Il n'existe pas de durée universelle au bout de laquelle une personne devrait avoir terminé son deuil.
La tristesse peut réapparaître à l'occasion d'un anniversaire, d'une fête, d'une date importante ou d'un événement familial, même plusieurs années après le décès.
Toutefois, certaines personnes connaissent une souffrance particulièrement intense et durable, avec un retentissement important sur leur vie quotidienne.
Le trouble du deuil prolongé est reconnu dans les classifications diagnostiques internationales.
Son évaluation repose sur plusieurs critères, dont l'intensité, la persistance des symptômes, leur retentissement et les normes culturelles liées au deuil.
Les délais diagnostiques diffèrent selon les classifications : au moins six mois dans la CIM-11, et douze mois chez l'adulte dans le DSM-5-TR.
Une tristesse intense ne suffit donc pas, à elle seule, à caractériser un trouble du deuil prolongé.
Un accompagnement peut néanmoins être utile bien avant ces délais, notamment en présence d'une souffrance importante.
8. Peut-on bénéficier d'un accompagnement du deuil en ligne ?
Oui. Un accompagnement du deuil du conjoint peut être envisagé à distance, selon les besoins et la situation clinique.
Les consultations en ligne, téléconsultations, séances par visioconférence, consultations en visio ou rendez-vous vidéo permettent de bénéficier d'un accompagnement sans déplacement.
Elles peuvent notamment convenir aux personnes veuves qui :
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Éprouvent des difficultés à se déplacer.
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Résident loin d'un cabinet.
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Préfèrent consulter depuis leur domicile.
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Ont des contraintes professionnelles ou familiales.
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Souhaitent poursuivre leur accompagnement lors d'un déménagement.
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Vivent dans une autre région de France ou à l'étranger, sous réserve des règles applicables.
EMDR en visio et TCC à distance
Les TCC peuvent notamment utiliser des échanges thérapeutiques, des exercices cognitifs et comportementaux ou des supports de travail adaptés à la visioconférence.
L'EMDR peut également être pratiquée à distance lorsque les conditions cliniques et techniques le permettent.
Les stimulations bilatérales sont alors adaptées au format de la consultation.
Un cadre confidentiel, une connexion stable et une préparation appropriée sont nécessaires.
Le fait qu'une séance se déroule en ligne ne signifie pas qu'elle convient à toutes les situations. L'indication doit être évaluée individuellement, notamment en présence de symptômes traumatiques importants ou de difficultés de stabilisation.
9. Comment se déroule l'accompagnement au Cabinet Flora Mentis ?
Une première rencontre consacrée à votre histoire
Les premières séances permettent d'aborder votre histoire de couple, les circonstances du décès, les difficultés actuelles et ce que vous souhaitez voir évoluer.
Le travail tient compte de votre rythme, de vos besoins et de votre situation.
Identifier les difficultés les plus douloureuses
Certaines personnes souhaitent surtout travailler sur les images des derniers instants.
D'autres sont davantage préoccupées par la culpabilité, les ruminations, la peur de la solitude ou les difficultés à reprendre leur quotidien.
Les objectifs sont définis ensemble.
Envisager l'EMDR lorsque cela est pertinent
Lorsque des souvenirs traumatiques ou particulièrement perturbants sont identifiés, un travail EMDR peut être envisagé après une préparation adaptée.
Intégrer les outils TCC selon les besoins
Les TCC peuvent aider à travailler sur les pensées automatiques, l'évitement, la culpabilité, les difficultés de sommeil et la reprise progressive d'activités.
Il n'existe pas de programme identique pour toutes les personnes endeuillées.
10. Deuil du conjoint à Oyonnax ou accompagnement en visioconsultation
Le Cabinet Flora Mentis propose un accompagnement en TCC et EMDR/IMO à Oyonnax, dans l'Ain, ainsi que des consultations à distance.
Les séances au cabinet peuvent être accessibles aux personnes résidant à Oyonnax, Bellignat, Arbent, Groissiat, Montréal-la-Cluse, Nantua, Izernore et dans le Haut-Bugey.
La visioconsultation permet également d'envisager un suivi depuis d'autres villes françaises, notamment Lyon, Bourg-en-Bresse, Annecy, Grenoble, Paris ou d'autres régions, ainsi que depuis l'étranger lorsque les conditions applicables le permettent.
Vous traversez le deuil de votre mari, de votre épouse ou de votre partenaire ?
Vous n'avez pas à trouver immédiatement les mots justes pour décrire votre souffrance.
Une première consultation peut permettre de faire le point sur ce que vous vivez et de déterminer quel accompagnement pourrait être adapté.
Cabinet Flora Mentis – Florence Chatenet
Psychopraticienne TCC et praticienne EMDR/IMO
Oyonnax – Ain – Haut-Bugey
Consultations au cabinet et en visioconsultation
L'accompagnement n'a pas pour objectif de vous faire oublier la personne aimée, mais de vous aider à vivre avec son absence, sans que la souffrance occupe nécessairement toute la place.
Une étude de 2024 confirme l'intérêt des TCC spécialisées dans le deuil prolongé
Un essai clinique randomisé publié en 2024 dans la revue scientifique JAMA Psychiatry a comparé deux interventions auprès de 100 adultes présentant un trouble du deuil prolongé : une TCC centrée sur le deuil et une thérapie cognitive basée sur la pleine conscience.
Les deux approches ont été associées à une amélioration de la souffrance.
Cependant, six mois après le traitement, les participants ayant bénéficié de la TCC spécialisée présentaient une diminution plus importante des symptômes de deuil prolongé.
Cette recherche renforce l'intérêt des TCC spécialisées pour les personnes dont le deuil demeure intense et invalidant.
Référence : Bryant, R. A. et al. (2024). Cognitive Behavior Therapy vs Mindfulness in Treatment of Prolonged Grief Disorder: A Randomized Clinical Trial. JAMA Psychiatry.
5 exemples concrets d'accompagnement du deuil du conjoint par l'EMDR et les TCC
Chaque deuil est unique. La disparition d'un mari, d'une épouse, d'un compagnon ou d'une compagne peut être vécue très différemment selon les circonstances du décès, l'histoire du couple, la durée de la relation et les ressources personnelles.
Les cinq situations fictives suivantes illustrent des difficultés fréquemment rencontrées après la perte d'un conjoint et la manière dont l'EMDR et les TCC peuvent être envisagées, selon les besoins.
Exemple 1 — Marie, 67 ans : « Depuis le décès de mon mari, je n'arrive plus à vivre normalement »
La situation
Marie a perdu son mari après 42 années de vie commune. Il est décédé huit mois auparavant, à la suite d'une maladie cardiaque.
Depuis, elle éprouve de grandes difficultés à rester seule dans leur maison. Les soirées sont particulièrement douloureuses, car elle avait l'habitude de regarder la télévision, de discuter et de préparer les repas avec son époux.
Elle évite désormais certains restaurants, les promenades qu'ils faisaient ensemble et les réunions entre amis.
Elle se dit régulièrement :
« À quoi bon continuer à faire des choses s'il n'est plus là ? »
« Je ne connaîtrai plus jamais de moments heureux. »
« Si je recommence à sortir, j'aurai l'impression de l'abandonner. »
L'apport possible de l'EMDR
Si certains souvenirs du décès restent particulièrement perturbants, l'EMDR peut être envisagée pour diminuer la détresse qui leur est associée.
Le travail peut notamment porter sur l'annonce du décès, les derniers instants ou des scènes douloureuses liées à la disparition de son mari.
L'objectif n'est pas de faire disparaître son attachement, mais de rendre certains souvenirs moins envahissants.
L'apport possible des TCC
Les TCC peuvent aider Marie à identifier les pensées qui entretiennent sa solitude et son évitement.
Un travail progressif peut porter sur la reprise des promenades, les contacts avec ses amis et certaines activités qu'elle appréciait auparavant.
Les pensées associant systématiquement plaisir et trahison peuvent également être examinées et nuancées.
L'objectif thérapeutique
Permettre à Marie de retrouver progressivement des repères, des relations et des activités personnelles, tout en conservant une place importante au souvenir de son mari.
Exemple 2 — Isabelle, 59 ans : « J'ai accompagné mon mari jusqu'à la fin et je culpabilise d'avoir ressenti du soulagement »
La situation
Isabelle a accompagné son mari pendant trois années de cancer.
Durant cette période, elle a progressivement abandonné ses loisirs, réduit ses relations sociales et organisé presque toute sa vie autour des soins.
Elle a assisté à une dégradation physique importante et à plusieurs hospitalisations particulièrement éprouvantes.
Après le décès, elle a éprouvé une profonde tristesse, mais aussi un soulagement de ne plus voir son mari souffrir.
Depuis, elle culpabilise.
« Comment ai-je pu être soulagée alors qu'il venait de mourir ? »
« Une bonne épouse n'aurait jamais ressenti cela. »
« Je n'en ai pas fait suffisamment. »
Elle revoit fréquemment les images de son mari très affaibli et peine à se rappeler les moments heureux de leur vie commune.
L'apport possible de l'EMDR
L'EMDR peut être envisagée pour travailler sur les souvenirs particulièrement douloureux liés à la maladie : hospitalisations, dégradation physique, derniers instants et sentiment d'impuissance.
Elle peut également permettre d'explorer les croyances négatives associées à certains événements, comme « Je n'ai pas été à la hauteur ».
L'apport possible des TCC
Les TCC peuvent aider Isabelle à comprendre que plusieurs émotions contradictoires peuvent coexister.
Le soulagement de voir une souffrance prendre fin ne signifie pas que l'amour était absent.
Le travail peut également porter sur les exigences excessives envers elle-même, la culpabilité, les ruminations et la reconstruction d'un quotidien après plusieurs années consacrées au rôle d'aidante.
L'objectif thérapeutique
Aider Isabelle à diminuer sa culpabilité excessive, à retrouver progressivement une place pour elle-même et à pouvoir se souvenir de son mari au-delà des images douloureuses de la maladie.
Exemple 3 — Laurent, 48 ans : « Ma femme est morte brutalement et je revis sans cesse l'annonce de son décès »
La situation
Laurent a perdu son épouse dans un accident de la circulation survenu alors qu'elle rentrait de son travail.
Il a appris son décès par un appel téléphonique.
Depuis, il revoit constamment le moment où il a décroché son téléphone et entendu la nouvelle.
Il présente des cauchemars, une anxiété importante lorsqu'un membre de sa famille prend la route et des difficultés à se concentrer.
Il pense régulièrement :
« J'aurais dû lui demander de partir plus tard. »
« Si je l'avais appelée, elle aurait peut-être évité l'accident. »
« Quelque chose de terrible peut arriver à tout moment. »
Il évite certains trajets et devient particulièrement inquiet lorsque ses enfants ne répondent pas immédiatement à ses messages.
L'apport possible de l'EMDR
L'EMDR peut être particulièrement pertinente lorsque des souvenirs traumatiques restent envahissants.
Le travail peut notamment cibler l'annonce du décès, les images mentales de l'accident, le sentiment d'impuissance et certaines croyances de responsabilité.
L'objectif est de réduire les réactions traumatiques associées aux souvenirs, sans effacer la tristesse liée à la perte de son épouse.
L'apport possible des TCC
Les TCC peuvent aider Laurent à travailler sur les pensées catastrophiques, la culpabilité et le sentiment que le danger est désormais permanent.
Un travail progressif peut également porter sur les comportements de vérification, l'anxiété concernant ses enfants et l'évitement des déplacements.
L'objectif thérapeutique
Diminuer les symptômes traumatiques, retrouver un sentiment de sécurité plus réaliste et permettre à Laurent de reprendre certaines activités sans être constamment envahi par la peur d'un nouveau drame.
Exemple 4 — Catherine, 72 ans : « Mon mari est décédé il y a quatre ans, mais j'ai l'impression que c'était hier »
La situation
Catherine a perdu son époux quatre ans auparavant, après 46 années de mariage.
Depuis son décès, elle continue à éprouver un manque extrêmement intense.
Elle conserve leur chambre presque exactement dans l'état où elle se trouvait avant sa disparition et évite de modifier les habitudes qu'ils partageaient.
Elle refuse régulièrement les invitations de ses proches et éprouve de grandes difficultés à envisager de nouveaux projets.
Elle explique :
« Si je change quelque chose dans la maison, j'aurai l'impression de l'effacer. »
« Je ne peux pas être heureuse sans lui. »
« Ma vie s'est arrêtée le jour de sa mort. »
Sa souffrance reste très envahissante et perturbe durablement son fonctionnement quotidien.
Cette situation peut conduire à rechercher, lors d'une évaluation clinique, un éventuel trouble du deuil prolongé.
L'apport possible de l'EMDR
Lorsque certains souvenirs du décès restent particulièrement perturbants, l'EMDR peut être envisagée pour travailler leur charge émotionnelle.
Elle peut avoir un intérêt complémentaire lorsque des souvenirs traumatiques ou des croyances négatives spécifiques contribuent à la détresse.
Cependant, les preuves scientifiques concernant l'EMDR dans le trouble du deuil prolongé restent plus limitées que celles des TCC spécialisées.
L'apport possible des TCC
Les TCC centrées sur le deuil prolongé peuvent aider Catherine à comprendre ce qui entretient sa souffrance.
Le travail peut porter sur les comportements d'évitement, les ruminations, la peur de trahir le souvenir de son époux et la difficulté à réinvestir progressivement le quotidien.
Des activités significatives peuvent être reprises par petites étapes, tout en maintenant une place au souvenir du défunt.
L'objectif thérapeutique
Aider Catherine à retrouver progressivement des possibilités d'action et une qualité de vie plus satisfaisante, sans lui demander de renoncer à l'amour ou aux souvenirs de son mari.
Exemple 5 — Sophie, 43 ans : « Depuis le décès de mon compagnon, j'ai peur de perdre tous ceux que j'aime »
La situation
Sophie a perdu son compagnon de manière inattendue, à la suite d'un infarctus.
Ils vivaient ensemble depuis quinze ans et avaient deux enfants.
Depuis son décès, elle éprouve une peur intense à l'idée qu'un nouveau drame puisse survenir.
Elle vérifie régulièrement que ses enfants vont bien, s'inquiète lorsqu'ils sont à l'école et appelle fréquemment ses parents pour s'assurer qu'ils n'ont aucun problème de santé.
Elle devient très anxieuse lorsqu'un proche ne répond pas immédiatement au téléphone.
Elle pense :
« Si mon compagnon est mort aussi brutalement, cela peut arriver à n'importe qui. »
« Je dois rester vigilante en permanence. »
« Si je ne vérifie pas, je risque de ne pas voir venir un danger. »
Ces comportements lui apportent un soulagement momentané, mais entretiennent progressivement son anxiété.
L'apport possible de l'EMDR
L'EMDR peut être envisagée pour travailler sur le choc de la disparition, l'annonce du décès et les souvenirs associés au sentiment d'insécurité.
Le travail peut également explorer les croyances négatives développées après cette perte, notamment l'impression que le monde est constamment dangereux.
L'apport possible des TCC
Les TCC peuvent aider Sophie à identifier le cercle vicieux de son anxiété :
Une inquiétude apparaît, elle imagine une catastrophe, ressent une peur intense, vérifie que ses proches sont en sécurité, puis éprouve un soulagement temporaire.
Ce soulagement peut renforcer son besoin de vérifier à nouveau.
Le travail peut comprendre une diminution progressive des vérifications excessives, une meilleure tolérance à l'incertitude et un apprentissage de réponses plus adaptées aux pensées catastrophiques.
L'objectif thérapeutique
Permettre à Sophie de retrouver progressivement un sentiment de sécurité, de réduire ses comportements de vérification et d'accompagner ses enfants sans leur transmettre une vigilance permanente liée au traumatisme du décès.
Comment surmonter le décès de son mari ou de sa femme ?
Il n'existe pas de méthode unique ni de calendrier imposé. Un accompagnement peut aider à comprendre les réactions de deuil, à travailler les souvenirs perturbants et à retrouver progressivement des repères sans oublier son conjoint.
L'EMDR peut-elle aider à faire le deuil de son conjoint ?
L'EMDR peut être envisagée lorsque certains souvenirs du décès, de la maladie ou des derniers instants restent particulièrement perturbants. Des recherches préliminaires ont rapporté des améliorations, même si les preuves spécifiques au veuvage demeurent limitées.
Est-il normal de pleurer encore son mari plusieurs années après ?
Oui. Le manque et les émotions peuvent persister ou réapparaître longtemps après un décès. C'est surtout leur intensité, leur retentissement sur la vie quotidienne et leur évolution qui doivent être pris en compte.
Pourquoi est-ce que je culpabilise après la mort de mon conjoint ?
La culpabilité peut apparaître lorsque l'on repense aux décisions prises, aux dernières paroles ou aux événements précédant le décès. Les TCC peuvent aider à distinguer ce qui relevait réellement de votre responsabilité de ce qui échappait à votre contrôle.
Pourquoi suis-je soulagée après le décès de mon mari malade ?
Après une longue maladie, le soulagement que les souffrances prennent fin peut coexister avec une tristesse profonde. Ces émotions contradictoires ne signifient pas que l'amour était moins important.
Peut-on faire de l'EMDR pour le deuil en visioconférence ?
Une séance EMDR à distance peut être envisagée lorsque la situation clinique, l'environnement et le matériel le permettent. Une évaluation et une préparation adaptées sont nécessaires.
Les TCC peuvent-elles aider à supporter la solitude du veuvage ?
Oui. Elles peuvent aider à travailler certaines croyances douloureuses, les comportements d'évitement et la reprise progressive des activités et des relations sociales.
Quelle différence entre un deuil normal et un deuil prolongé ?
Un deuil douloureux n'est pas nécessairement pathologique. Le trouble du deuil prolongé associe notamment une souffrance persistante, un manque ou une préoccupation intense et un retentissement important, selon des critères cliniques précis.
Peut-on consulter pour un deuil à distance depuis toute la France ?
La visioconsultation permet d'envisager un accompagnement sans déplacement depuis différentes régions de France, lorsque cette modalité est adaptée à la personne.
Combien de séances EMDR faut-il après la perte d'un conjoint ?
Il n'existe pas de durée universelle. Le nombre de séances dépend notamment des souvenirs à travailler, de l'importance de la souffrance, des ressources personnelles et des objectifs définis ensemble.
Doit-on obligatoirement parler des derniers instants de son conjoint ?
Non. Les premières rencontres servent à comprendre votre demande, votre état émotionnel et vos ressources. L'exploration des souvenirs difficiles doit se faire progressivement, avec votre accord.
Peut-on être accompagné après une perte récente ?
Oui, lorsqu'une souffrance importante ou un besoin de soutien le justifie. Un accompagnement précoce ne signifie pas qu'un trouble du deuil prolongé est présent, ni qu'un retraitement EMDR doit commencer immédiatement.