Deuil d'un parent : comment l'EMDR et les TCC peuvent aider après le décès

Les réactions fréquentes après le décès d'un parent

Le deuil peut s'accompagner de manifestations différentes :

  • Tristesse profonde, pleurs, nostalgie ou manque.

  • Colère face à la maladie, à l'injustice ou aux circonstances de la mort.

  • Sentiment d'abandon ou perte de sécurité.

  • Culpabilité concernant certaines paroles ou décisions.

  • Regrets liés aux moments qui n'ont pas été partagés.

  • Difficultés de concentration et ruminations.

  • Troubles du sommeil, fatigue et tensions physiques.

  • Anxiété concernant la santé des autres proches.

  • Peur de mourir ou de développer la même maladie.

  • Impression d'être devenu orphelin, même à l'âge adulte.

Ces réactions ne constituent pas automatiquement un trouble psychologique. Leur intensité et leur évolution varient selon les personnes et les circonstances.

Perdre sa mère ou son père peut bouleverser profondément notre équilibre émotionnel, quel que soit notre âge.

La mort d'un parent représente parfois bien davantage que la disparition d'une personne aimée. Elle peut modifier notre sentiment de sécurité, notre place dans la famille, notre rapport à l'enfance et notre manière d'envisager l'avenir.

Que l'on ait 20, 40, 60 ou 80 ans, le décès d'une mère ou d'un père peut réveiller des souvenirs anciens, des regrets, une culpabilité persistante ou des émotions contradictoires.

Certaines personnes éprouvent une tristesse profonde. D'autres ressentent un sentiment d'abandon, de colère, d'injustice ou même de soulagement après une longue maladie ou une relation parentale difficile.

L'EMDR peut être envisagée lorsque des souvenirs particulièrement perturbants restent associés au décès. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) peuvent compléter ce travail, notamment sur les ruminations, la culpabilité, l'anxiété et les difficultés à reprendre son quotidien.

Au Cabinet Flora Mentis à Oyonnax, un accompagnement individualisé peut être proposé au cabinet ou en visioconsultation, selon votre situation.

1. Comprendre le deuil après le décès d'une mère ou d'un père

Pourquoi la mort d'un parent peut-elle être aussi bouleversante ?

Même à l'âge adulte, nos parents occupent souvent une place particulière dans notre histoire personnelle.

Ils représentent parfois nos origines, nos souvenirs d'enfance, notre sentiment d'appartenance familiale et une forme de continuité entre le passé et le présent.

Lorsqu'un parent disparaît, plusieurs dimensions peuvent être touchées.

La dimension affective

La disparition des échanges, de la tendresse, des conversations, des appels téléphoniques et des habitudes partagées peut provoquer un manque intense.

La dimension identitaire

Perdre son père ou sa mère peut modifier la manière dont on se définit au sein de sa famille. Certaines personnes ont l'impression de perdre une partie de leur identité d'enfant, même lorsqu'elles sont elles-mêmes parents ou grands-parents.

La dimension familiale

Le décès peut entraîner une réorganisation des relations entre frères et sœurs, modifier les responsabilités familiales ou faire apparaître d'anciens conflits.

La dimension existentielle

La perte d'un parent peut confronter à sa propre mortalité, au vieillissement et à l'idée que les générations précédentes disparaissent.

La dimension historique et émotionnelle

Certains souvenirs d'enfance, événements familiaux ou expériences relationnelles peuvent être réactivés après le décès.

Le deuil parental n'est donc pas seulement lié à l'absence actuelle. Il peut également toucher l'ensemble de l'histoire affective de la personne.

 

 

2. Le deuil après le décès de sa mère

Perdre sa mère : une relation affective parfois très particulière

Pour certaines personnes, la mère représente une figure d'attachement importante, une présence rassurante ou une personne vers laquelle se tourner dans les moments difficiles.

Sa disparition peut provoquer l'impression de perdre un soutien fondamental.

Les pensées suivantes peuvent apparaître :

« Je ne pourrai plus jamais lui raconter ce qui m'arrive. »

« Elle était la seule personne qui me comprenait vraiment. »

« Je n'ai pas suffisamment profité du temps passé avec elle. »

« Maintenant, je dois affronter la vie sans son soutien. »

La souffrance peut être particulièrement importante lorsque la personne a accompagné sa mère pendant une longue maladie.

Lorsque la relation avec sa mère était difficile

Le décès peut également provoquer des émotions contradictoires lorsque la relation était marquée par des conflits, des critiques, une distance affective ou des blessures anciennes.

Il peut exister simultanément de la tristesse, de la colère, de la culpabilité et du soulagement.

Certaines personnes regrettent non seulement le parent disparu, mais aussi la relation qu'elles auraient souhaité avoir avec lui.

Le deuil d'une mère peut donc concerner à la fois la personne réelle et les attentes affectives restées insatisfaites.

 

3. Le deuil après le décès de son père

La disparition d'un père peut modifier profondément les repères

Pour certaines personnes, le père représente une figure de protection, de transmission ou de stabilité familiale.

Son décès peut provoquer des sentiments d'insécurité, de solitude ou de perte de repères.

Certaines pensées peuvent devenir envahissantes :

« Il ne sera plus là pour me conseiller. »

« Je n'ai jamais eu l'occasion de lui dire que je l'aimais. »

« Je regrette de ne pas avoir passé davantage de temps avec lui. »

« Maintenant, c'est à moi de prendre toutes les responsabilités. »

Ces réactions peuvent également apparaître lorsque la relation était distante ou peu démonstrative.

Les regrets et les paroles non dites

Certaines personnes découvrent après le décès qu'elles espéraient encore obtenir une reconnaissance, des excuses, une conversation ou une marque d'affection.

La disparition peut alors réactiver d'anciennes blessures.

L'accompagnement thérapeutique peut aider à différencier la douleur du décès de celle liée à l'histoire relationnelle passée.

 

4. Le deuil d'un parent après une longue maladie

Lorsqu'une mère ou un père a été atteint d'un cancer, de la maladie d'Alzheimer, d'une maladie neurologique ou d'une affection chronique grave, les proches ont parfois vécu une période particulièrement éprouvante avant le décès.

Ils peuvent avoir assisté à :

  • Une dégradation physique progressive.

  • Une perte d'autonomie.

  • Des hospitalisations répétées.

  • Une transformation de la personnalité ou de la communication.

  • Des épisodes de souffrance.

  • Une dépendance croissante aux aidants.

  • Des décisions médicales difficiles.

  • Une fin de vie émotionnellement éprouvante.

Le deuil anticipé et le deuil blanc

Le deuil anticipé désigne certaines réactions émotionnelles liées à la perspective d'une perte avant qu'elle ne survienne.

Le deuil blanc désigne couramment la souffrance liée à la transformation profonde de la relation avec une personne toujours vivante, notamment dans certaines maladies neurodégénératives.

Après le décès, le proche peut ressentir un mélange de tristesse, d'épuisement, de soulagement et de culpabilité.

Il est possible de se dire :

« Je suis soulagé que ses souffrances soient terminées, mais je m'en veux de penser cela. »

Ces émotions ne sont pas incompatibles avec l'amour porté au parent.

5. Le deuil après le décès brutal d'un parent

Un infarctus, un AVC, un accident, un suicide ou une autre mort inattendue peuvent provoquer un véritable choc.

La personne peut avoir l'impression que la réalité s'est brutalement interrompue.

Les souvenirs de l'annonce, les derniers échanges ou les circonstances du décès peuvent devenir particulièrement envahissants.

Certaines réactions post-traumatiques peuvent apparaître :

  • Images intrusives.

  • Cauchemars.

  • Hypervigilance.

  • Évitement de certains lieux ou situations.

  • Peur permanente qu'un nouveau drame survienne.

  • Sentiment de culpabilité ou de responsabilité.

  • Impression persistante d'irréalité.

Lorsqu'une dimension traumatique se superpose au deuil, une évaluation spécifique peut être utile.

6. Comment l'EMDR peut-elle aider après la mort d'un parent ?

L'EMDR, ou Eye Movement Desensitization and Reprocessing, est une approche thérapeutique notamment utilisée dans la prise en charge des souvenirs traumatiques.

Dans certaines situations de deuil parental, elle peut être envisagée pour travailler sur la charge émotionnelle de souvenirs particulièrement perturbants.

Travailler sur l'annonce du décès

Certaines personnes se souviennent avec une précision douloureuse du moment où elles ont appris la mort de leur mère ou de leur père.

L'appel téléphonique, les paroles prononcées, le lieu où elles se trouvaient ou les premières réactions peuvent rester fortement associés à l'angoisse.

L'EMDR peut être envisagée lorsque ce souvenir continue de provoquer une détresse importante.

Travailler sur les images de maladie et de fin de vie

Les images d'hospitalisation, de dégradation physique, de réanimation ou des derniers instants peuvent parfois devenir plus présentes que les souvenirs heureux de la relation.

L'EMDR peut aider à diminuer la détresse associée à ces images lorsqu'elles ont une dimension traumatique.

Travailler sur la culpabilité et l'impuissance

Après le décès d'un parent, certaines personnes pensent :

« J'aurais dû être plus présent. »

« Je n'ai pas fait suffisamment. »

« J'aurais dû voir les signes de la maladie. »

« Je suis responsable de ce qui s'est passé. »

Lorsque ces croyances sont liées à des souvenirs perturbants, elles peuvent être explorées dans un travail EMDR.

Travailler sur des blessures relationnelles plus anciennes

Le décès peut réactiver des expériences d'abandon, de rejet, de négligence, d'humiliation ou d'insécurité vécues dans la relation parentale.

Selon la situation, une exploration de ces expériences anciennes peut être envisagée.

Il ne s'agit pas de rechercher systématiquement un traumatisme caché, mais de comprendre ce qui contribue à la souffrance actuelle.

Les objectifs possibles de l'EMDR

Le travail peut viser à :

  • Diminuer les images intrusives et certains cauchemars.

  • Réduire la détresse associée à des souvenirs spécifiques.

  • Travailler les sentiments d'impuissance et certaines croyances négatives.

  • Favoriser une relation moins douloureuse aux souvenirs.

  • Permettre aux souvenirs positifs de retrouver davantage de place.

L'EMDR ne cherche ni à effacer l'amour ni à faire oublier un parent disparu.

Elle n'est pas nécessaire dans tous les deuils et sa pertinence dépend de l'évaluation individuelle.

7. Les bienfaits complémentaires des TCC après la perte d'un parent

Travailler l'anxiété de santé et la peur de mourir

Lorsqu'un parent est décédé d'un cancer, d'une maladie cardiaque ou d'une autre affection grave, le décès peut renforcer les inquiétudes concernant sa propre santé.

Les TCC peuvent notamment travailler sur les interprétations catastrophiques des sensations corporelles, les vérifications répétées et la difficulté à supporter l'incertitude.

Réduire les évitements

Certaines personnes évitent la maison familiale, les photographies, les conversations ou les lieux rappelant le parent disparu.

Un travail progressif peut permettre de retrouver un rapport plus souple à ces souvenirs et aux situations évitées.

Retrouver progressivement des repères

Les TCC peuvent accompagner la reprise d'activités, le maintien du lien social, la reconstruction des habitudes quotidiennes et l'élaboration de nouveaux projets.

Continuer à vivre ne signifie pas oublier sa mère ou son père.

8. Le deuil prolongé après la disparition d'un parent

Il n'existe pas de durée universelle pour traverser un deuil.

Le manque peut persister pendant de nombreuses années et réapparaître lors d'anniversaires, de fêtes, de naissances ou d'événements familiaux.

Cependant, lorsque la souffrance reste durablement très intense et entraîne des difficultés importantes à fonctionner, une évaluation du trouble du deuil prolongé peut être pertinente.

Ce trouble repose sur des critères cliniques précis, notamment un manque ou une préoccupation persistante, une souffrance intense et un retentissement significatif sur le quotidien.

Les classifications internationales ne retiennent pas exactement les mêmes délais diagnostiques : au moins six mois dans la CIM-11 et douze mois chez l'adulte dans le DSM-5-TR.

Une tristesse importante, même après plusieurs années, ne suffit pas à elle seule pour conclure à un trouble du deuil prolongé.

Un accompagnement peut néanmoins être proposé dès lors que la souffrance le justifie, sans attendre qu'un diagnostic soit établi.

9. Peut-on bénéficier d'un accompagnement du deuil parental en ligne ?

Oui. Un accompagnement après le décès de sa mère ou de son père peut être envisagé à distance, lorsque la situation clinique et les conditions matérielles le permettent.

Les consultations en ligne, téléconsultations, séances en visioconférence, consultations en visio, rendez-vous vidéo et accompagnements thérapeutiques à distance permettent de consulter depuis son domicile.

Cette possibilité peut être particulièrement utile lorsque la personne :

  • Habite loin du cabinet.

  • Réside dans une autre région française.

  • Rencontre des difficultés de déplacement.

  • Éprouve une grande fatigue après une période d'accompagnement d'un parent malade.

  • Dispose de contraintes professionnelles ou familiales.

  • Souhaite maintenir la continuité de son accompagnement après un déménagement.

  • Réside à l'étranger, sous réserve du cadre juridique applicable.

EMDR en visioconsultation après un deuil parental

Lorsque l'EMDR est indiquée, sa pratique en ligne peut être envisagée avec des adaptations appropriées.

Il est nécessaire d'évaluer notamment la stabilité émotionnelle, l'environnement de consultation, la confidentialité et les conditions de sécurité.

TCC en ligne après le décès d'un parent

Les TCC peuvent être proposées en téléconsultation à travers des échanges thérapeutiques, des exercices cognitifs et comportementaux, des grilles de pensées automatiques et des supports de travail entre les séances.

L'accompagnement reste individualisé.

10. Comment se déroule l'accompagnement au Cabinet Flora Mentis ?

Une première rencontre pour comprendre votre histoire

Les premières séances permettent de parler de votre mère ou de votre père, de la relation que vous entreteniez et des circonstances du décès.

Il n'est pas nécessaire de raconter immédiatement les événements les plus douloureux.

Identifier les principales difficultés

Le travail peut concerner les souvenirs traumatiques, la culpabilité, les ruminations, l'anxiété, les difficultés relationnelles ou le sentiment de perte de repères.

Envisager l'EMDR lorsque cela est pertinent

Si certains souvenirs sont particulièrement perturbants, une préparation et un travail EMDR peuvent être proposés selon les besoins.

Intégrer les outils TCC

Les TCC peuvent compléter l'accompagnement en aidant à travailler les pensées automatiques, les comportements d'évitement et les difficultés à retrouver un fonctionnement quotidien.

Évaluer régulièrement l'évolution

L'accompagnement est ajusté selon votre rythme, vos difficultés et les objectifs définis ensemble.

11. Deuil d'un parent : consulter à Oyonnax ou en visioconférence

Le Cabinet Flora Mentis propose un accompagnement en TCC et en EMDR/IMO à Oyonnax, dans l'Ain, ainsi que des consultations à distance.

Les consultations au cabinet peuvent être accessibles depuis Oyonnax, Bellignat, Arbent, Groissiat, Montréal-la-Cluse, Nantua, Izernore et les communes du Haut-Bugey.

La visioconsultation permet également d'envisager un accompagnement depuis Bourg-en-Bresse, Lyon, Annecy, Grenoble, Paris et d'autres villes de France, ainsi que depuis l'étranger lorsque le cadre applicable le permet.

Vous avez perdu votre mère ou votre père et la souffrance reste difficile à vivre ?

Une première consultation peut permettre de faire le point sur ce que vous traversez et d'identifier les possibilités d'accompagnement adaptées à votre situation.

Cabinet Flora Mentis – Florence Chatenet
Psychopraticienne TCC et praticienne EMDR/IMO
Oyonnax – Ain – Haut-Bugey
Consultations au cabinet et en visioconsultation

Faire son deuil ne signifie pas oublier son parent. Il s'agit de trouver progressivement une manière de vivre avec son absence, tout en conservant une place à son histoire et aux souvenirs partagés.

Étude 3 — Un essai randomisé de 2024 soutient les TCC spécialisées

Une étude de Bryant et ses collaborateurs, publiée dans JAMA Psychiatry, a comparé une TCC centrée sur le deuil à une thérapie cognitive fondée sur la pleine conscience.

100 adultes présentant un trouble du deuil prolongé ont participé à cet essai randomisé.

Les participants ont bénéficié de onze séances individuelles, puis ont été réévalués.

Les deux interventions ont été associées à une amélioration, mais la TCC spécialisée a montré une réduction plus importante des symptômes de deuil prolongé au suivi de six mois.

Le protocole TCC comprenait notamment un travail sur les souvenirs du défunt, les pensées liées à la perte et la reprise d'activités sociales ou positives.

Ce que cette étude apporte : elle renforce l'intérêt des TCC spécialisées pour les personnes dont le deuil devient durablement invalidant.

Ses limites : cette étude porte sur le trouble du deuil prolongé et ne démontre pas que toutes les personnes endeuillées ont besoin d'un traitement spécialisé.

Référence scientifique : Bryant, R. A. et collaborateurs (2024). Cognitive Behavior Therapy vs Mindfulness in Treatment of Prolonged Grief Disorder: A Randomized Clinical Trial. JAMA Psychiatry, 81(7), 646–654.

Consulter l'étude scientifique

Que retenir de ces publications ?

Les études suggèrent que l'EMDR peut avoir un intérêt dans certaines situations de deuil, particulièrement lorsque des souvenirs traumatiques restent perturbants.

Les TCC spécialisées disposent actuellement d'une base scientifique plus importante pour le traitement du deuil prolongé.

Selon les difficultés rencontrées, l'EMDR et les TCC peuvent être envisagées de manière complémentaire, sans qu'il soit nécessaire de proposer systématiquement les deux approches.

L'objectif reste de proposer un accompagnement adapté à l'histoire de la personne, à la nature de sa souffrance et à ses besoins.

EMDR, TCC et deuil parental : que disent les études scientifiques ?

Les recherches scientifiques ont étudié l'intérêt de différentes approches thérapeutiques pour les personnes rencontrant des difficultés importantes après un décès.

Certaines études concernent l'EMDR, tandis qu'un ensemble plus important de travaux porte sur les thérapies cognitivo-comportementales spécialisées dans le deuil prolongé.

Il est important de préciser que ces publications portent sur des personnes endeuillées après différentes formes de décès. Elles ne démontrent donc pas spécifiquement l'efficacité de chaque approche pour toutes les personnes ayant perdu leur mère ou leur père.

Étude 1 — EMDR et deuil : un essai clinique randomisé publié en 2016

Meysner, Cotter et Lee ont publié dans le Journal of EMDR Practice and Research une étude comparant l'EMDR à une intervention TCC intégrative chez des personnes rencontrant des difficultés importantes après un deuil.

19 participants ont été répartis entre les interventions.

Après une période d'attente de sept semaines, pendant laquelle aucune amélioration significative n'avait été observée, les participants ont bénéficié de sept semaines de traitement.

Les résultats ont montré des améliorations des symptômes de deuil, des symptômes traumatiques et de la détresse dans les deux groupes.

Aucune supériorité statistiquement significative de l'EMDR sur l'intervention TCC n'a été démontrée.

Ce que cette étude apporte : elle suggère que l'EMDR peut être utile pour certaines difficultés liées au deuil, notamment lorsque des souvenirs traumatiques contribuent à la souffrance.

Ses limites : l'effectif est faible, les résultats restent préliminaires et ils ne permettent pas d'affirmer que l'EMDR est indiquée pour toutes les situations de deuil parental.

Référence scientifique : Meysner, L., Cotter, P., & Lee, C. W. (2016). Evaluating the Efficacy of EMDR With Grieving Individuals: A Randomized Control Trial. Journal of EMDR Practice and Research, 10(1), 2–12.

Consulter l'étude scientifique

Étude 2 — Une méta-analyse de 2024 confirme l'intérêt des TCC centrées sur le deuil prolongé

Komischke-Konnerup et ses collaborateurs ont publié une revue systématique et méta-analyse des essais randomisés portant sur les TCC centrées sur les symptômes de deuil prolongé.

Cette recherche a regroupé 22 études et 2 602 adultes endeuillés.

Les auteurs ont observé des effets favorables des TCC spécialisées sur les symptômes de deuil prolongé.

Cette publication apporte des preuves plus étendues que celles actuellement disponibles pour l'EMDR dans ce domaine.

Ce que cette étude apporte : elle soutient l'intérêt des interventions TCC spécifiquement adaptées au deuil prolongé, notamment lorsque les ruminations, les évitements et les difficultés de réinvestissement du quotidien contribuent à la persistance de la souffrance.

Ses limites : les études regroupées présentent des différences de méthodes, de populations et de protocoles thérapeutiques.

Référence scientifique : Komischke-Konnerup, K. B. et collaborateurs (2024). Grief-focused cognitive behavioral therapies for prolonged grief symptoms: A systematic review and meta-analysis. Journal of Consulting and Clinical Psychology.

Consulter la méta-analyse scientifique

 

Cinq exemples concrets d'accompagnement du deuil d'un parent par l'EMDR et les TCC

Exemple 1 — Sophie, 42 ans : « Depuis le décès de ma mère, je culpabilise de ne pas avoir été suffisamment présente »

La situation

Sophie a perdu sa mère, âgée de 68 ans, après plusieurs mois de cancer.

Elle est mariée, travaille à temps plein et a deux enfants adolescents. Pendant la maladie, elle a essayé de concilier son travail, sa vie familiale et les visites à l'hôpital.

Depuis le décès, survenu neuf mois auparavant, elle repense régulièrement aux jours où elle n'a pas pu rendre visite à sa mère.

Elle se souvient surtout de la dernière hospitalisation et du moment où sa mère lui a demandé de rester un peu plus longtemps.

Sophie avait dû rentrer chez elle pour s'occuper de ses enfants.

Depuis, elle éprouve une culpabilité importante.

Ce qu'elle se dit

« J'aurais dû être davantage présente. »

« Je n'ai pas été une bonne fille. »

« Elle a dû penser que je l'abandonnais. »

« Si j'avais mieux organisé ma vie, j'aurais pu passer plus de temps avec elle. »

Ces pensées déclenchent de la tristesse et de la culpabilité. Sophie repasse mentalement les dernières semaines de sa mère en cherchant ce qu'elle aurait pu faire autrement.

L'apport possible de l'EMDR

L'EMDR peut être envisagée pour travailler sur certains souvenirs particulièrement perturbants, notamment les derniers jours à l'hôpital, la dernière séparation et le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur.

Le travail peut également explorer les croyances négatives associées à ces souvenirs, comme « Je suis une mauvaise fille » ou « J'ai abandonné ma mère ».

L'objectif est de diminuer la charge émotionnelle des souvenirs lorsqu'ils restent envahissants, sans effacer la réalité de la perte.

L'apport possible des TCC

Les TCC peuvent aider Sophie à examiner ses pensées de culpabilité.

Le travail peut consister à distinguer les responsabilités réelles des exigences excessives qu'elle s'impose rétrospectivement.

Elle peut apprendre à considérer l'ensemble de son accompagnement, plutôt que de réduire la relation à un seul épisode douloureux.

Les TCC peuvent également l'aider à reconnaître les ruminations qui entretiennent sa culpabilité et à retrouver progressivement des activités personnelles sans sentiment de trahison.

L'objectif thérapeutique

Aider Sophie à développer une vision plus nuancée de son accompagnement, à réduire sa culpabilité excessive et à retrouver progressivement une relation moins douloureuse avec le souvenir de sa mère.

Exemple 2 — Thomas, 35 ans : « Mon père est mort brutalement et j'ai désormais peur de mourir moi aussi »

La situation

Thomas a perdu son père, âgé de 62 ans, à la suite d'un infarctus survenu de manière inattendue.

Il n'avait pas connaissance d'une maladie cardiaque grave chez son père.

Depuis le décès, Thomas surveille régulièrement ses sensations corporelles.

Lorsqu'il ressent une palpitation, une douleur thoracique ou une fatigue inhabituelle, il pense immédiatement à une maladie grave.

Il recherche fréquemment des informations médicales sur Internet, vérifie son rythme cardiaque et demande régulièrement à ses proches de le rassurer.

Il a également développé une peur importante de perdre sa mère.

Ce qu'il se dit

« Mon père est mort brutalement, donc cela peut m'arriver à tout moment. »

« Si je ressens quelque chose dans la poitrine, c'est peut-être un infarctus. »

« Je dois surveiller mon corps pour éviter un drame. »

« Je ne suis plus en sécurité. »

L'apport possible de l'EMDR

L'EMDR peut être envisagée lorsque l'annonce du décès ou certains événements liés à la disparition du père restent particulièrement traumatiques.

Le travail peut porter sur le choc de l'annonce, les images mentales associées à la mort et le sentiment d'insécurité développé après l'événement.

L'objectif est de réduire la détresse associée à ces souvenirs et d'explorer les croyances négatives qui leur sont liées.

L'apport possible des TCC

Les TCC peuvent aider Thomas à comprendre le fonctionnement de son anxiété de santé.

Une sensation corporelle provoque une interprétation catastrophique, qui entraîne de la peur, des vérifications et des demandes de réassurance.

Le soulagement obtenu grâce aux vérifications est temporaire, ce qui peut renforcer progressivement le besoin de recommencer.

Le travail thérapeutique peut comprendre une réduction progressive des vérifications excessives, une meilleure tolérance à l'incertitude et une réflexion sur les pensées catastrophiques.

La dimension familiale du risque cardiovasculaire doit parallèlement être abordée avec un médecin, afin de distinguer une prévention médicale adaptée des comportements de surveillance anxieuse.

L'objectif thérapeutique

Permettre à Thomas de diminuer son anxiété de santé, de retrouver un sentiment de sécurité plus réaliste et de vivre sans interpréter systématiquement ses sensations corporelles comme les signes d'une maladie grave.

Exemple 3 — Émilie, 51 ans : « Ma mère souffrait d'Alzheimer et je me sens coupable d'avoir ressenti du soulagement à sa mort »

La situation

Émilie a accompagné sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer pendant six années.

Au fil de la maladie, elle a assisté à une dégradation progressive de ses capacités de communication et de son autonomie.

Les dernières années ont été particulièrement éprouvantes.

Sa mère ne la reconnaissait plus toujours et pouvait devenir agitée ou agressive lors de certaines visites.

Émilie a progressivement abandonné plusieurs activités personnelles pour participer à son accompagnement.

Après le décès, elle a ressenti une profonde tristesse, mais également un sentiment de soulagement.

Depuis, elle se reproche cette émotion.

Ce qu'elle se dit

« Je suis une mauvaise fille parce que j'ai été soulagée. »

« Je n'aurais jamais dû souhaiter que cette période se termine. »

« Je n'ai pas été suffisamment patiente avec elle. »

« J'aurais dû être capable de tout supporter. »

L'apport possible de l'EMDR

Certains souvenirs de la maladie peuvent être particulièrement perturbants : épisodes d'agitation, hospitalisations, perte de reconnaissance ou derniers instants.

L'EMDR peut être envisagée si ces expériences restent associées à une détresse intense.

Le travail peut également explorer certains souvenirs liés à la culpabilité et au sentiment d'impuissance.

L'apport possible des TCC

Les TCC peuvent aider Émilie à comprendre le caractère parfois contradictoire des émotions ressenties après une longue maladie.

Aimer profondément sa mère, éprouver de la tristesse après son décès et ressentir du soulagement à la fin d'une période éprouvante ne sont pas des sentiments incompatibles.

Le travail peut porter sur les exigences excessives envers elle-même, la culpabilité, l'épuisement et la difficulté à retrouver une identité en dehors du rôle d'aidante.

Des activités personnelles peuvent être réintroduites progressivement, sans imposer un rythme de reconstruction.

L'objectif thérapeutique

Aider Émilie à réduire sa culpabilité, à reconnaître la réalité de son épuisement et à retrouver progressivement une place pour elle-même, tout en conservant les souvenirs de sa mère au-delà de la maladie.

Exemple 4 — Julien, 46 ans : « Mon père est décédé, mais je souffre aussi de tout ce que nous n'avons jamais réussi à nous dire »

La situation

Julien a grandi avec un père exigeant et peu démonstratif.

Les relations entre eux ont longtemps été marquées par des critiques, des désaccords et un sentiment de ne jamais être à la hauteur.

À l'âge adulte, Julien a progressivement pris ses distances.

Lorsque son père est tombé malade, il a repris contact, mais leurs échanges sont restés difficiles.

Après le décès, Julien a ressenti une tristesse importante, mêlée de colère et de regrets.

Il pense régulièrement aux conversations qu'ils n'ont jamais eues et à la reconnaissance qu'il aurait souhaité recevoir.

Ce qu'il se dit

« Il ne m'a jamais vraiment aimé. »

« Je n'ai jamais été suffisamment bien pour lui. »

« Maintenant, je n'aurai plus jamais l'occasion de régler nos différends. »

« J'aurais dû faire davantage d'efforts. »

L'apport possible de l'EMDR

Le décès peut réactiver des souvenirs anciens de rejet, d'humiliation ou d'insécurité.

Lorsqu'ils restent particulièrement perturbants, l'EMDR peut être envisagée pour travailler sur certaines expériences relationnelles marquantes.

Le travail peut notamment explorer des croyances négatives telles que « Je ne suis pas à la hauteur » ou « Je ne mérite pas d'être aimé ».

La disparition du parent ne signifie pas qu'il faut systématiquement retraiter toute l'histoire familiale. Les cibles dépendent de la demande et de l'évaluation.

L'apport possible des TCC

Les TCC peuvent aider Julien à différencier les critiques reçues pendant son enfance de sa valeur personnelle actuelle.

Elles peuvent également l'aider à reconnaître les attentes affectives non satisfaites et à examiner les pensées qui entretiennent sa culpabilité.

Le travail peut comprendre une réflexion sur ses besoins relationnels, l'affirmation de soi et les croyances qu'il a développées sur sa propre valeur.

L'objectif thérapeutique

Permettre à Julien de reconnaître la complexité de son histoire familiale, de diminuer l'emprise de certaines croyances négatives et d'intégrer le décès de son père sans réduire toute la relation à ses blessures anciennes.

Exemple 5 — Claire, 61 ans : « Depuis la mort de mes parents, je me sens seule et j'ai l'impression de ne plus avoir de racines »

La situation

Claire a perdu son père il y a huit ans et sa mère il y a quatorze mois.

Depuis la disparition de sa mère, elle éprouve un sentiment intense de solitude et de perte de repères.

Elle explique qu'elle avait l'habitude de téléphoner à sa mère plusieurs fois par semaine, même après le décès de son père.

Aujourd'hui, elle a l'impression de ne plus avoir personne pour lui raconter les souvenirs de son enfance.

Elle se rend rarement dans la maison familiale, devenue difficile à visiter.

Les fêtes de famille provoquent également une profonde tristesse.

Ce qu'elle se dit

« Je n'ai plus de parents, donc je suis seule au monde. »

« Plus personne ne connaît vraiment mon histoire. »

« Une partie de ma vie a disparu avec eux. »

« Je n'ai plus de racines. »

L'apport possible de l'EMDR

L'EMDR peut être envisagée si certains souvenirs du décès de sa mère ou de son père restent particulièrement perturbants.

Le travail peut également porter sur un événement ancien réactivé par cette nouvelle perte, lorsque son lien avec la souffrance actuelle a été identifié.

L'objectif n'est pas de supprimer la tristesse liée à la disparition des parents, mais de diminuer la détresse de souvenirs spécifiques si cela est pertinent.

L'apport possible des TCC

Les TCC peuvent aider Claire à examiner les pensées qui associent la disparition de ses parents à une solitude absolue.

Un travail peut porter sur la différence entre la perte réelle de ses figures parentales et la conclusion selon laquelle elle n'aurait désormais plus aucune relation ou appartenance.

Les TCC peuvent également accompagner la reprise progressive de contacts familiaux et amicaux, ainsi que la transmission de souvenirs à ses enfants ou à d'autres proches si elle le souhaite.

Le travail peut aussi l'aider à envisager de nouveaux projets tout en conservant une continuité avec son histoire familiale.

L'objectif thérapeutique

Aider Claire à retrouver progressivement un sentiment d'appartenance, des repères et des relations significatives, sans lui demander de renoncer à l'importance de ses parents dans son histoire personnelle.

Comment surmonter la mort de sa mère ?
Il n'existe pas de méthode unique pour traverser cette perte. Un accompagnement peut aider à comprendre ses émotions, à travailler les souvenirs particulièrement douloureux et à retrouver progressivement des repères.

Comment faire le deuil de son père à l'âge adulte ?
Le deuil d'un père peut toucher l'attachement, les souvenirs familiaux, la transmission et le sentiment de sécurité. Les TCC peuvent aider à travailler les pensées douloureuses, et l'EMDR peut être envisagée pour certains souvenirs traumatiques.

Est-il normal de pleurer sa mère plusieurs années après ?
Oui. La tristesse et le manque peuvent perdurer ou réapparaître longtemps après un décès. C'est surtout l'intensité de la souffrance et son retentissement sur le quotidien qui nécessitent une attention particulière.

Pourquoi culpabilise-t-on après la mort d'un parent ?
Les regrets, les décisions difficiles et les paroles non dites peuvent alimenter un sentiment de culpabilité. Les TCC aident notamment à distinguer les responsabilités réelles des interprétations excessives.

L'EMDR peut-elle aider après le décès d'une mère ou d'un père ?
L'EMDR peut être envisagée lorsque l'annonce du décès, les derniers instants ou certains souvenirs restent particulièrement traumatiques. Les preuves spécifiques au deuil parental sont encore limitées.

Peut-on faire un deuil difficile même lorsque la relation avec son parent était mauvaise ?
Oui. Le décès peut réactiver de la colère, des regrets, une culpabilité ou la souffrance liée à une relation qui n'a jamais correspondu aux attentes affectives.

Pourquoi ai-je peur de mourir depuis le décès de mon père ?
La disparition d'un parent, particulièrement après une maladie, peut renforcer la conscience de sa propre mortalité. Les TCC peuvent aider lorsque cette inquiétude devient excessive et s'accompagne de vérifications répétées.

Quelle différence entre deuil parental et deuil prolongé ?
Le deuil parental désigne la perte d'un père ou d'une mère. Le trouble du deuil prolongé est un état clinique particulier associant notamment une souffrance durable, intense et invalidante, selon des critères précis.

Peut-on consulter pour le deuil d'un parent en visio ?
Oui, les consultations en visioconférence peuvent permettre un accompagnement TCC et, selon les conditions, un travail EMDR adapté à distance.

Combien de séances faut-il après la mort d'un parent ?
Il n'existe pas de nombre universel. La durée dépend des difficultés, de l'histoire relationnelle, des souvenirs perturbants, des ressources et des objectifs thérapeutiques.