Adoption internationale, première rencontre difficile, réactions de rejet, audience judiciaire éprouvante, peur de perdre l'enfant, souvenirs intrusifs et difficultés d'attachement : comprendre les répercussions psychologiques possibles d'un parcours d'adoption et les apports des thérapies cognitives et comportementales (TCC) et de l'EMDR à la lumière des recherches françaises et internationales.
Introduction – Quand le jour tant attendu ne se déroule pas comme on l'avait imaginé
« Nous avions attendu cette rencontre pendant des années, mais rien ne s'est passé comme prévu. »
« Lorsque mon enfant m'a été présenté, il pleurait, se débattait et refusait que je l'approche. »
« Je me suis sentie complètement étrangère à cet enfant que j'attendais depuis si longtemps. »
« Le juge nous a posé des questions que j'ai vécues comme humiliantes. »
« Pendant l'audience, j'ai eu peur que notre enfant ne puisse jamais rentrer avec nous. »
« Aujourd'hui, notre enfant va bien, mais je repense encore à ce qui s'est passé dans ce pays. »
L'adoption est souvent imaginée comme l'aboutissement heureux d'un long projet parental.
Pourtant, certaines étapes peuvent s'avérer beaucoup plus éprouvantes que prévu.
Dans l'adoption internationale, les futurs parents peuvent être confrontés à un pays qu'ils connaissent peu, à une langue étrangère, à des procédures administratives complexes et à des conditions de rencontre inattendues.
La première rencontre avec l'enfant peut provoquer des émotions contradictoires.
Le parent peut ressentir de la joie, de la tendresse et du soulagement, mais aussi une peur intense, un sentiment d'étrangeté ou une difficulté à établir un premier contact.
Lorsque la procédure comporte une audience ou un jugement dans le pays d'origine, les enjeux émotionnels peuvent être particulièrement importants.
Une incompréhension, une décision inattendue, un report ou une situation vécue comme menaçante peuvent laisser un souvenir douloureux.
Ces expériences ne provoquent pas systématiquement un psychotraumatisme.
Cependant, certaines peuvent s'accompagner de symptômes anxieux persistants, de ruminations, de culpabilité, de difficultés relationnelles ou, dans certaines circonstances, d'un trouble de stress post-traumatique.
Des recherches françaises ont précisément étudié les premières rencontres entre parents et enfants dans les adoptions internationales.
Elles montrent que ces événements peuvent être difficiles pour les parents eux-mêmes, alors qu'une grande partie des recherches et de l'accompagnement est traditionnellement centrée sur l'enfant.
Les TCC peuvent aider à travailler les interprétations douloureuses, l'anxiété, les comportements d'évitement et les conséquences relationnelles.
L'EMDR peut avoir une place lorsqu'un événement potentiellement traumatique est associé à des symptômes post-traumatiques répondant aux indications reconnues.
L'objectif n'est pas de faire disparaître l'histoire de l'adoption, mais de permettre aux parents et à l'enfant de construire une relation qui ne reste pas entièrement dominée par les difficultés des premiers jours.
1. L'adoption : un processus familial, psychologique et juridique
L'adoption crée un lien de filiation entre un enfant et un ou plusieurs parents adoptifs.
Elle peut être nationale ou internationale.
Dans le cadre international, le parcours implique les législations du pays d'origine et du pays d'accueil, ainsi que des conventions destinées à protéger les droits de l'enfant.
La Convention de La Haye du 29 mai 1993 organise la coopération entre États dans le domaine de l'adoption internationale.
Elle vise notamment à garantir l'intérêt supérieur de l'enfant, à prévenir les pratiques illicites et à assurer la régularité des procédures.
En France, la Mission de l'adoption internationale (MAI) exerce le rôle d'autorité centrale.
L'Agence française de l'adoption (AFA) et les organismes autorisés pour l'adoption (OAA) peuvent intervenir dans l'accompagnement des candidats.
Pourquoi le parcours peut-il être psychologiquement exigeant ?
Il implique souvent une longue période d'attente et plusieurs évaluations.
Les futurs parents doivent parfois composer avec :
-
Une incertitude concernant les délais.
-
Des démarches administratives complexes.
-
Des informations parfois limitées sur l'histoire de l'enfant.
-
Des déplacements internationaux.
-
Des conditions de séjour inhabituelles.
-
Des différences linguistiques et culturelles.
-
Des décisions administratives ou judiciaires importantes.
-
Une responsabilité parentale qui devient concrète très rapidement.
Ces contraintes ne constituent pas nécessairement des événements traumatiques.
Cependant, leur accumulation peut augmenter le stress et réduire les capacités habituelles d'adaptation.
2. La première rencontre : un événement émotionnel majeur
La première rencontre avec un enfant adopté occupe souvent une place particulière dans l'histoire familiale.
Elle représente parfois l'aboutissement de plusieurs années de démarches.
Les parents ont pu imaginer ce moment à de nombreuses reprises.
Ils ont parfois visualisé l'enfant courant vers eux, acceptant une étreinte ou manifestant immédiatement une forme de reconnaissance affective.
Mais un enfant n'a pas nécessairement les mêmes attentes.
Il peut découvrir des adultes inconnus, entendre une langue différente et se retrouver dans un environnement qu'il ne comprend pas.
Il peut également être confronté à une séparation avec une personne familière.
Une rencontre qui peut être déroutante pour l'enfant
Un enfant peut pleurer, se retirer, éviter le regard ou refuser le contact.
Un autre peut au contraire se montrer très familier avec des adultes qu'il vient de rencontrer.
Ces comportements ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer la qualité future de l'attachement.
Ils doivent être compris en tenant compte de l'âge de l'enfant, de ses expériences antérieures et du contexte.
Une rencontre qui peut déstabiliser les parents
Certains parents peuvent ressentir :
Une peur importante.
Une impression d'irréalité.
Un sentiment d'étrangeté.
Une difficulté à reconnaître l'enfant imaginé.
Une inquiétude concernant son état de santé.
Une déception qu'ils n'osent pas exprimer.
Ces réactions peuvent susciter une culpabilité intense.
La personne peut penser qu'un parent devrait éprouver immédiatement un amour évident et sans ambiguïté.
Pourtant, l'établissement d'une relation affective se construit dans le temps.
3. Une étude française majeure sur les premières rencontres dans l'adoption internationale
En 2013, Aurélie Harf, Sara Skandrani, Rahmeth Radjack, Jordan Sibeoni, Marie Rose Moro et Anne Revah-Levy ont publié dans PLOS ONE une étude intitulée :
First Parent-Child Meetings in International Adoptions: A Qualitative Study.
Cette recherche a été menée par des équipes françaises, notamment associées à l'AP-HP, à l'Inserm et à l'Université Paris Descartes.
La méthodologie
Les chercheurs ont rencontré 46 parents ayant adopté un ou plusieurs enfants à l'international.
L'étude comprenait 57 entretiens, certains parents ayant relaté plusieurs parcours d'adoption.
Les chercheurs ont utilisé une méthode d'analyse qualitative phénoménologique.
L'objectif était de comprendre comment les parents avaient vécu les premières rencontres avec leur enfant.
Les thèmes identifiés
Trois grands domaines ressortaient des entretiens :
La scène au cours de laquelle l'enfant était confié aux parents.
La découverte de son apparence et de son état physique.
Les premières interactions entre l'enfant et ses parents.
Les expériences difficiles
Dans 32 entretiens, les chercheurs ont identifié au moins une expérience vécue comme particulièrement difficile.
Il pouvait notamment s'agir :
D'un moment de solitude ou d'anxiété.
D'une découverte bouleversante des conditions de vie de l'enfant.
D'informations insuffisantes concernant sa santé.
D'une réaction inattendue de l'enfant.
D'une peur concernant son état physique.
D'un sentiment de rejet.
D'un décalage important entre la rencontre imaginée et la situation réelle.
Les réactions psychologiques
Certains récits présentaient des caractéristiques discursives qui, dans d'autres recherches, sont plus fréquemment observées chez des personnes ayant vécu des expériences traumatisantes.
Ce résultat ne signifie cependant pas que 33 parents présentaient un trouble de stress post-traumatique.
Aucun diagnostic de TSPT ne peut être déduit directement de cette analyse qualitative.
L'intérêt de cette étude
Elle montre que la première rencontre peut constituer un événement psychologiquement complexe.
Elle souligne également l'importance de préparer les futurs parents aux réactions possibles de l'enfant et aux différences entre leurs attentes et la réalité.
4. Pourquoi une rencontre difficile peut-elle laisser un souvenir douloureux ?
Lorsqu'une personne attend un événement particulièrement important, elle peut développer des représentations détaillées de la manière dont il devrait se dérouler.
La réalité peut être très différente.
Le contraste entre l'attente et l'expérience
Une mère peut avoir imaginé prendre immédiatement son enfant dans ses bras.
Mais l'enfant peut la repousser et chercher une personne familière.
Le parent peut alors ressentir une profonde tristesse.
Les interprétations automatiques
Certaines pensées peuvent apparaître :
« Cet enfant ne veut pas de moi. »
« Je ne suis pas capable d'être sa mère. »
« Nous avons déjà mal commencé notre relation. »
« Je n'aurais jamais dû imaginer cette rencontre ainsi. »
Ces interprétations peuvent renforcer la détresse.
Les émotions contradictoires
Il est possible d'éprouver simultanément :
De l'amour et de la peur.
De la joie et de la déception.
De l'espoir et de l'incertitude.
De la tendresse et un sentiment d'étrangeté.
Ces émotions ne déterminent pas automatiquement la qualité future du lien familial.
5. Quand l'enfant refuse le contact avec ses nouveaux parents
Le refus du contact est parfois vécu comme une expérience particulièrement douloureuse.
Un parent peut avoir attendu plusieurs années pour rencontrer l'enfant et découvrir que celui-ci ne souhaite ni être approché ni être porté.
Le point de vue de l'enfant
L'enfant peut être confronté à une transition majeure.
Il peut avoir perdu ses repères habituels.
Il peut ne pas comprendre pourquoi les personnes qui s'occupaient de lui ne sont plus présentes.
Selon son âge et son développement, il peut manifester sa détresse par des pleurs, une agitation, un retrait ou une opposition.
Ces réactions peuvent être compréhensibles.
Le point de vue des parents
Le parent peut se sentir rejeté.
Il peut interpréter le comportement comme une preuve qu'il ne parviendra pas à créer un lien.
L'analyse TCC
La thérapie peut aider à distinguer :
Le comportement observable de l'enfant.
Les émotions qu'il provoque chez le parent.
Les interprétations automatiques.
Les autres explications possibles.
Une interprétation plus nuancée
« Mon enfant ne me connaît pas encore. Son refus de contact peut exprimer de la peur ou un besoin de repères. Cela ne signifie pas que notre relation future est condamnée. »
Cette reformulation ne garantit pas que toutes les difficultés disparaîtront.
Elle permet de réduire une conclusion négative prématurée.
6. La découverte d'informations médicales inquiétantes
Lors d'une adoption internationale, les parents peuvent découvrir des informations médicales nouvelles ou être confrontés à des symptômes qui n'avaient pas été décrits dans le dossier initial.
Cette situation peut entraîner une inquiétude intense.
Les questions possibles
« Pourquoi n'avons-nous pas été informés ? »
« L'état de notre enfant est-il plus grave que prévu ? »
« Aurons-nous les ressources nécessaires pour l'accompagner ? »
« Les informations reçues sont-elles fiables ? »
Une recherche française de 2019
Manon Le Bozec, Aurélie Harf, Sara Skandrani, Mayssa El Husseini et Marie-Rose Moro ont publié dans Soins Pédiatrie/Puériculture un article consacré au vécu parental des troubles somatiques de l'enfant dans l'adoption internationale.
Les auteurs soulignent que les difficultés médicales peuvent influencer la construction de la relation parent-enfant.
Les conséquences psychologiques
Les parents peuvent ressentir un mélange de peur, de responsabilité et d'impuissance.
Il est important de ne pas réduire cette souffrance à de simples pensées négatives.
Les problèmes médicaux doivent faire l'objet d'une évaluation appropriée.
Le travail TCC peut intervenir en complément pour accompagner les préoccupations et les conséquences émotionnelles.
7. Le jugement d'adoption dans un pays étranger : une situation particulièrement sensible
Dans certains pays, l'adoption peut être prononcée par une décision judiciaire.
Dans d'autres, une décision administrative intervient selon les règles locales.
Il est donc important de ne pas considérer qu'un jugement au tribunal est systématiquement obligatoire dans toutes les adoptions internationales.
Les procédures peuvent également comporter plusieurs étapes, notamment l'apparentement, les autorisations nécessaires, la décision d'adoption et les formalités permettant le déplacement de l'enfant.
Pourquoi une audience peut-elle devenir éprouvante ?
Les parents peuvent se trouver dans un environnement judiciaire inconnu.
Ils peuvent ne pas maîtriser la langue utilisée.
Ils peuvent dépendre d'un interprète.
Ils peuvent se sentir exposés au regard de magistrats ou de représentants institutionnels.
Ils peuvent craindre une décision défavorable.
L'enjeu émotionnel
L'audience ne représente pas uniquement une procédure administrative.
Pour les parents, elle peut être associée à la crainte de perdre l'enfant qu'ils viennent de rencontrer.
L'incertitude juridique peut alors être vécue comme une menace majeure.
Une limite scientifique importante
Les études directement consacrées aux conséquences psychotraumatiques d'un jugement d'adoption à l'étranger sont rares.
Il serait donc incorrect d'affirmer que ces audiences provoquent fréquemment un TSPT.
En revanche, les modèles scientifiques du stress, de l'anxiété et du psychotraumatisme permettent d'examiner les conséquences possibles d'une expérience particulière.
8. Quand une audience est vécue comme une humiliation
Une personne peut avoir vécu des questions ou des remarques judiciaires comme particulièrement dévalorisantes.
Elle peut avoir eu l'impression de devoir justifier son désir d'enfant devant des inconnus.
Elle peut également avoir ressenti de l'impuissance face à une décision qu'elle ne maîtrisait pas.
Les pensées qui peuvent persister
« On nous a traités comme si nous n'étions pas capables d'être parents. »
« Je n'ai pas su me défendre. »
« Je me suis laissée humilier. »
« J'aurais dû répondre autrement. »
« Ce moment a gâché toute notre adoption. »
Les émotions possibles
Honte.
Colère.
Tristesse.
Peur.
Sentiment d'injustice.
Impuissance.
Une distinction nécessaire
Une audience vécue comme humiliante peut laisser une souffrance psychologique réelle.
Cependant, l'humiliation ne correspond pas automatiquement à un événement traumatique répondant aux critères d'un TSPT.
La prise en charge peut alors privilégier les TCC pour travailler la honte, les ruminations, les interprétations de soi et les conséquences comportementales.
9. Quand le jugement provoque une peur intense de perdre l'enfant
Une audience peut être associée à des incertitudes importantes.
Le jugement peut être reporté.
Une information supplémentaire peut être demandée.
Des documents peuvent être considérés comme incomplets.
Les parents peuvent ne pas comprendre immédiatement la décision.
Les réactions anxieuses
Certaines personnes peuvent éprouver une peur intense.
Elles peuvent anticiper les conséquences les plus graves.
« Nous allons devoir repartir sans notre enfant. »
« Tout notre parcours va s'effondrer. »
« Nous ne pourrons jamais revenir. »
Une expérience qui peut laisser des traces
Après le retour en France, certains parents peuvent continuer à repenser à l'audience.
Ils peuvent présenter des ruminations, une inquiétude concernant les documents ou une peur persistante que la filiation soit remise en cause.
Le travail thérapeutique
Il peut être utile de distinguer les incertitudes juridiques réellement présentes des anticipations devenues excessives.
Une difficulté juridique non résolue nécessite un conseil juridique qualifié.
La psychothérapie ne doit pas remplacer les démarches auprès de l'AFA, de l'OAA, de la MAI ou des professionnels du droit.
10. La barrière linguistique et le sentiment de perte de contrôle
Lorsqu'une procédure se déroule dans une langue étrangère, les parents peuvent avoir le sentiment de ne pas comprendre ce qui se passe.
Ils peuvent dépendre entièrement des traductions.
Les effets psychologiques possibles
Inquiétude.
Impuissance.
Frustration.
Méfiance.
Sentiment de dépendance.
Peur de mal interpréter une décision.
L'importance du contexte
Une personne peut vivre une situation comme menaçante parce qu'elle ne dispose pas d'informations suffisantes.
Une autre peut éprouver une colère importante face à l'impossibilité de s'exprimer.
Ces réactions ne constituent pas nécessairement un trouble psychologique.
Cependant, si elles se prolongent et deviennent envahissantes, un accompagnement peut être utile.
11. La peur, la colère et la culpabilité après le retour en France
Le retour au domicile ne signifie pas toujours que les difficultés émotionnelles disparaissent.
Les parents doivent parfois organiser rapidement de nombreux aspects de la vie familiale.
Les démarches administratives se poursuivent.
L'enfant découvre un nouvel environnement.
Les rythmes de sommeil peuvent être perturbés.
La fatigue du voyage peut être importante.
Le décalage entre les attentes sociales et le vécu personnel
L'entourage peut considérer que tout devrait désormais aller bien.
« Vous avez enfin votre enfant, vous devez être heureux. »
« Pourquoi reparler de ce qui s'est passé ? »
Ces réactions peuvent conduire les parents à ne pas exprimer leurs difficultés.
La culpabilité
Une mère peut se reprocher de ne pas avoir ressenti immédiatement un attachement intense.
Un père peut se reprocher de ne pas avoir protégé sa famille pendant l'audience.
Ces pensées peuvent entretenir une souffrance importante.
L'intérêt des TCC
Le travail peut aider à différencier les responsabilités réelles des reproches excessifs.
Il peut également soutenir l'adaptation au quotidien familial.
12. Peut-on présenter une dépression après une adoption ?
Oui.
Certaines personnes présentent des symptômes dépressifs après l'arrivée d'un enfant adopté.
On parle parfois, dans la littérature internationale, de post-adoption depression.
Les manifestations possibles
Tristesse persistante.
Perte d'intérêt.
Fatigue importante.
Sentiment d'échec parental.
Culpabilité.
Irritabilité.
Troubles du sommeil.
Difficultés à éprouver du plaisir dans les interactions.
Une revue publiée en 2025
Marta Kuty-Pachecka a publié une revue de littérature consacrée à la dépression post-adoption.
Elle souligne que l'arrivée d'un enfant adopté peut s'accompagner de difficultés particulières, notamment lorsque les attentes initiales contrastent fortement avec la réalité du quotidien.
Une précaution
La dépression post-adoption n'est pas nécessairement une catégorie diagnostique indépendante dans les classifications psychiatriques.
Il convient d'évaluer les symptômes et leur sévérité selon les critères cliniques appropriés.
La présence d'une souffrance dépressive ne signifie pas que le parent regrette nécessairement l'adoption ou n'aime pas son enfant.
13. Le traumatisme de l'enfant et ses conséquences sur les parents
Certains enfants adoptés ont vécu avant leur adoption des expériences difficiles.
Il peut s'agir de séparations, de négligences, de violences, de maladies ou de privations.
Il serait toutefois incorrect de considérer que tous les enfants adoptés ont subi des traumatismes identiques.
Chaque histoire est particulière.
Une étude française publiée en 2019
Sara Skandrani, Aurélie Harf et Mayssa El Husseini ont publié dans Frontiers in Psychiatry une recherche intitulée :
The Impact of Children's Pre-Adoptive Traumatic Experiences on Parents.
L'étude concernait 41 parents français ayant adopté à l'international.
Les chercheurs ont examiné les représentations parentales de l'histoire préadoptive de l'enfant.
Les résultats
Les entretiens ont fait apparaître plusieurs thèmes :
La difficulté à exprimer des émotions concernant certaines expériences de l'enfant.
La minimisation possible de certains événements antérieurs.
Le sentiment d'étrangeté.
La peur que l'enfant revive des événements traumatiques.
Des difficultés dans l'élaboration du récit parental.
Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?
Elle montre que l'histoire de l'enfant peut affecter les représentations des parents.
La difficulté ne réside donc pas uniquement dans les symptômes éventuels de l'enfant.
Elle peut également concerner la manière dont les adultes comprennent son passé et construisent leur relation avec lui.
Les limites
Il s'agit d'une recherche qualitative.
Elle ne démontre pas qu'un type précis de réaction parentale entraîne nécessairement des difficultés d'attachement.
Elle soutient cependant l'intérêt d'un accompagnement précoce et individualisé.
14. Le lien d'attachement ne se construit pas nécessairement immédiatement
L'attachement se construit progressivement à travers les expériences relationnelles.
Les interactions répétées, la disponibilité des adultes et les réponses apportées aux besoins de l'enfant jouent un rôle important.
Une attente parfois irréaliste
Certains parents pensent qu'un lien affectif intense devrait apparaître dès la première rencontre.
Lorsque cela ne se produit pas, ils peuvent se considérer comme de mauvais parents.
Le point de vue de l'enfant
L'enfant peut avoir besoin de temps pour comprendre qui sont les nouveaux adultes qui s'occupent de lui.
Il peut manifester de la méfiance ou rechercher des personnes qui lui étaient familières.
Le point de vue parental
Le parent peut également avoir besoin de temps pour apprendre à connaître l'enfant.
Ce processus ne doit pas être interprété automatiquement comme un échec de l'adoption.
Quand demander de l'aide ?
Un accompagnement spécialisé peut être utile lorsque les interactions sont durablement très difficiles, lorsque les parents se sentent dépassés ou lorsque l'enfant présente des symptômes importants.
La relation parent-enfant doit être évaluée dans son ensemble.
15. Les recommandations internationales concernant l'attachement
Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE), au Royaume-Uni, a publié la recommandation NG26 consacrée aux difficultés d'attachement chez les enfants adoptés ou accueillis dans le système de protection de l'enfance.
Elle souligne l'intérêt d'interventions adaptées à l'âge de l'enfant et à ses besoins.
Les interventions parentales
Certaines approches visent à améliorer la sensibilité parentale et la compréhension des comportements de l'enfant.
Les interventions fondées sur l'observation des interactions
La vidéo-feedback peut permettre d'observer les échanges entre l'adulte et l'enfant, puis d'identifier des réponses adaptées.
Les interventions centrées sur le traumatisme
Lorsqu'un enfant présente un TSPT ou des symptômes traumatiques significatifs, des interventions spécifiques peuvent être indiquées.
Une distinction essentielle
Les difficultés d'attachement ne doivent pas être automatiquement assimilées à un TSPT.
Les recommandations distinguent les interventions portant sur les relations et celles destinées au traitement d'un psychotraumatisme.
16. Une revue systématique britannique sur les psychothérapies familiales
En 2024, Jack Purrington, Shona Goodall et Jacqueline Lynch ont publié dans European Child & Adolescent Psychiatry une revue systématique consacrée aux interventions psychologiques pour les familles adoptives.
La recherche regroupait 18 études présentées dans 20 publications.
Elle concernait au moins 729 enfants adoptés et 829 parents adoptifs.
Les approches examinées
Les chercheurs ont étudié différentes interventions familiales, notamment des approches centrées sur l'attachement, les activités sensorielles, les interactions ludiques et certaines interventions intégratives.
Des programmes associant différents supports thérapeutiques, parfois avec une composante EMDR, étaient également décrits.
Les résultats
Certaines interventions présentaient des résultats encourageants sur les relations familiales et les difficultés comportementales.
Cependant, le risque de biais était élevé dans plusieurs études.
Ce que l'on peut conclure
Les approches familiales spécialisées peuvent être pertinentes, mais les preuves ne permettent pas de considérer qu'un protocole unique convient à toutes les familles.
Cette revue ne valide pas non plus l'EMDR comme traitement universel des difficultés d'attachement.
17. Les recherches de 2026 sur les interventions auprès des familles adoptives
En octobre 2026, Irazú Hidalgo-Cubillo, Jesús Gómez-Bujedo et Diego Gómez-Baya ont publié une nouvelle revue systématique dans Clinical Child Psychology and Psychiatry.
Elle portait sur onze études, représentant 748 familles ou participants adoptifs.
Les interventions étaient principalement fondées sur la théorie de l'attachement.
Les résultats
Les auteurs ont identifié des bénéfices potentiels des interventions utilisant le retour vidéo et certaines approches ludiques.
Des améliorations étaient rapportées pour plusieurs dimensions de la relation parent-enfant et du fonctionnement psychologique.
Les limites
Les interventions étaient différentes.
Certaines études présentaient un risque de biais important.
La qualité des preuves restait donc insuffisante pour établir une hiérarchie définitive des méthodes.
L'intérêt clinique
Ces recherches soutiennent l'importance de ne pas limiter l'accompagnement au traitement individuel des symptômes.
Lorsque cela est nécessaire, un travail sur les interactions familiales peut constituer une dimension complémentaire.
18. Une étude randomisée de 2026 sur une thérapie spécialisée de l'adoption
Une étude publiée en février 2026 dans Acta Psychologica a évalué une intervention spécialisée auprès de familles adoptives iraniennes.
Les chercheurs ont étudié un programme comprenant des séances avec l'enfant, avec les parents et des séances conjointes.
Vingt-cinq familles ont participé à l'analyse randomisée.
Les résultats
Des améliorations ont été observées concernant certains problèmes comportementaux de l'enfant et certains indicateurs de la relation d'attachement.
Les résultats concernant le stress parental étaient moins robustes selon les analyses statistiques utilisées.
Les limites
L'effectif était très réduit.
Le contexte culturel et le protocole étaient spécifiques.
Il ne serait donc pas justifié de généraliser ces résultats à toutes les familles adoptives françaises.
L'étude montre néanmoins l'intérêt croissant des interventions intégrées, associant enfants et parents.
19. Quelle place pour les TCC lorsque la première rencontre s'est mal passée ?
Les TCC peuvent aider à comprendre les conséquences psychologiques de la rencontre et à identifier les pensées automatiques qui entretiennent la souffrance.
Les cibles possibles
La culpabilité.
La honte.
Les ruminations.
La peur du rejet.
Les anticipations catastrophiques.
Les comportements d'évitement.
Les difficultés de communication entre parents.
Une situation possible
Une mère repense régulièrement au moment où son enfant l'a repoussée.
Elle pense :
« Je suis certaine qu'il ne m'a jamais vraiment acceptée. »
Cette pensée peut influencer ses comportements actuels.
Elle peut devenir particulièrement inquiète lorsque l'enfant refuse un câlin ou préfère rester seul.
Le travail TCC
La thérapie peut aider à distinguer la première rencontre des interactions actuelles.
Elle peut également examiner les autres explications possibles du comportement de l'enfant.
L'objectif n'est pas de forcer l'enfant à manifester de l'affection.
Il est de soutenir une relation respectueuse, adaptée à son rythme et à ses besoins.
20. Les tableaux de Beck dans les difficultés post-adoption
Un tableau de Beck à sept colonnes peut permettre d'explorer une situation précise.
Exemple : le souvenir d'une audience difficile
Situation
Une mère repense au jugement d'adoption prononcé à l'étranger.
Elle se souvient d'une remarque du magistrat qu'elle avait vécue comme humiliante.
Émotion
Honte : 85/100.
Colère : 75/100.
Anxiété : 60/100.
Pensée automatique
« Je n'ai pas été capable de protéger ma famille. »
Éléments qui soutiennent la pensée
Elle n'a pas répondu à la remarque.
Elle ne comprenait pas parfaitement la langue.
Elle s'est sentie impuissante.
Éléments qui nuancent la pensée
Elle était confrontée à une procédure qu'elle ne maîtrisait pas.
Elle dépendait des informations et traductions disponibles.
Ne pas répondre dans une audience étrangère n'est pas nécessairement un échec.
Elle a poursuivi les démarches nécessaires dans les limites de ses possibilités.
Pensée alternative réaliste
« Cette audience a été très difficile et je me suis sentie impuissante. Cela ne signifie pas que je n'ai pas protégé ma famille. J'ai dû agir dans un contexte juridique et linguistique que je ne contrôlais pas entièrement. »
Réévaluation
Honte : 50/100.
Colère : 60/100.
Anxiété : 35/100.
L'objectif thérapeutique
Il ne s'agit pas de prétendre que la situation était acceptable ou que les propos du magistrat étaient justifiés.
Le travail consiste à examiner les conclusions négatives que la personne a tirées sur elle-même.
21. Les ruminations autour de la rencontre ou du jugement
Certaines personnes continuent à analyser mentalement les événements des premiers jours.
« Pourquoi ai-je réagi ainsi ? »
« Pourquoi n'ai-je pas dit quelque chose ? »
« Pourquoi notre rencontre n'a-t-elle pas été heureuse ? »
« Pourquoi cet événement continue-t-il à me faire souffrir ? »
Le cercle vicieux
Un souvenir apparaît.
La personne éprouve de la honte ou de la colère.
Elle cherche une explication.
Elle imagine ce qu'elle aurait dû faire.
Elle ressent davantage de détresse.
Le souvenir revient.
Les interventions TCC possibles
Identifier les déclencheurs des ruminations.
Distinguer les faits des interprétations.
Examiner les croyances sur la responsabilité.
Travailler la tolérance à l'incertitude.
Développer des réponses comportementales alternatives.
Une précaution
Le travail ne consiste pas à demander à la personne d'oublier son expérience.
Il vise à réduire l'emprise de répétitions mentales devenues improductives.
22. Quand une expérience d'adoption devient-elle un psychotraumatisme ?
Le terme « traumatisme » est parfois utilisé dans le langage courant pour désigner une expérience très douloureuse.
En clinique, le trouble de stress post-traumatique répond à des critères plus précis.
Les événements potentiellement traumatiques
Un TSPT peut apparaître après une exposition à la mort, à une menace de mort, à des blessures graves ou à certaines violences sexuelles, selon les conditions prévues par les classifications diagnostiques.
Les symptômes possibles
Souvenirs intrusifs.
Cauchemars.
Réactions de peur importantes lors de rappels.
Évitement.
Hypervigilance.
Altérations persistantes de certaines croyances ou émotions.
Retentissement important sur le fonctionnement.
Une audience difficile n'est pas automatiquement un TSPT
Une humiliation, une décision injuste ou une procédure particulièrement stressante peuvent provoquer une souffrance réelle sans répondre nécessairement aux critères du trouble.
Il est important de ne pas poser un diagnostic uniquement en raison de l'intensité émotionnelle du souvenir.
L'intérêt de l'évaluation
La personne peut bénéficier d'une TCC pour des ruminations ou des symptômes anxieux sans présenter de TSPT.
Lorsqu'un psychotraumatisme est identifié, une intervention spécifique peut être envisagée.
23. Quelle place pour l'EMDR après une adoption difficile ?
L'EMDR est une psychothérapie recommandée pour certaines situations de trouble de stress post-traumatique.
Les recommandations britanniques NICE NG116 reconnaissent son efficacité dans le traitement du TSPT chez l'adulte, selon le contexte et le délai depuis l'événement.
Lorsque la première rencontre comporte un événement traumatique
Certains parents peuvent avoir été confrontés à des circonstances comportant une menace grave pour la sécurité de l'enfant ou leur propre sécurité.
Lorsque ces événements ont entraîné un TSPT, l'EMDR peut être envisagée.
Lorsque le jugement comporte une menace grave
Une procédure peut s'être déroulée dans un contexte de violence, de menace sérieuse ou d'autres événements répondant aux critères traumatiques.
Dans ces circonstances, une évaluation spécifique est nécessaire.
Lorsque la personne présente surtout de la honte ou des ruminations
L'EMDR n'est pas automatiquement indiquée.
Une TCC peut être plus directement pertinente pour travailler les interprétations négatives, la culpabilité et les comportements associés.
Ce que les recherches ne permettent pas d'affirmer
Il n'existe pas actuellement de preuve solide montrant que l'EMDR est systématiquement efficace pour effacer la souffrance liée à une première rencontre adoptive difficile ou à un jugement étranger vécu comme humiliant.
Les données spécifiques à ces situations sont limitées.
L'EMDR ne doit donc pas être présentée comme une intervention obligatoire après une adoption.
24. Les souvenirs peuvent-ils rester douloureux alors que l'adoption se passe bien aujourd'hui ?
Oui.
Un parent peut entretenir une relation affectueuse et stable avec son enfant tout en conservant un souvenir pénible de la première rencontre.
Il peut également avoir vécu une audience très difficile et ressentir encore de la colère plusieurs années plus tard.
Deux réalités peuvent coexister
« Je suis heureux d'avoir adopté mon enfant. »
Et :
« Je souffre encore lorsque je repense aux circonstances de notre rencontre. »
Ces deux affirmations ne sont pas contradictoires.
Pourquoi cette distinction est-elle importante ?
Certaines personnes culpabilisent de ressentir encore de la détresse.
Elles pensent que leur bonheur familial actuel devrait suffire à faire disparaître les souvenirs pénibles.
La psychothérapie peut aider à reconnaître cette complexité.
L'objectif n'est pas de modifier l'histoire familiale.
Il est de permettre à la personne de ne plus vivre certains souvenirs comme une menace actuelle.
25. Pourquoi les deux parents peuvent-ils garder des souvenirs différents ?
Les partenaires n'éprouvent pas nécessairement les mêmes émotions pendant la rencontre ou l'audience.
L'un peut s'être concentré sur les démarches administratives.
L'autre peut avoir été particulièrement marqué par les réactions de l'enfant.
Des interprétations différentes
Une mère peut penser :
« Nous avons vécu quelque chose de terrible. »
Le père peut répondre :
« L'essentiel est que tout se soit bien terminé. »
La première peut se sentir incomprise.
Le second peut avoir l'impression qu'il est impossible de tourner la page.
L'analyse TCC du couple
Les difficultés peuvent être entretenues par des interprétations mutuelles.
« Il minimise ma souffrance. »
« Elle refuse de reconnaître que notre adoption est une réussite. »
L'objectif thérapeutique
Permettre à chacun d'exprimer son vécu.
Distinguer les faits des interprétations.
Réduire les jugements mutuels.
Reconnaître que les émotions peuvent différer.
Préserver la qualité de la relation conjugale.
26. La peur de raconter à l'enfant les circonstances de son adoption
Lorsque la première rencontre a été difficile, certains parents craignent d'en parler à leur enfant.
Ils peuvent avoir peur de lui faire du mal ou de lui donner l'impression qu'il n'était pas désiré.
Les pensées possibles
« Il va croire que nous ne l'aimions pas. »
« Il va se sentir responsable de mes émotions. »
« Il vaut mieux ne jamais évoquer cette période. »
Le travail thérapeutique
Il peut aider les parents à distinguer leurs propres émotions de l'histoire que l'enfant a besoin de connaître.
Le récit doit respecter son âge, son développement et ses besoins.
Il ne faut pas lui attribuer la responsabilité de la souffrance parentale.
Une question éthique importante
L'enfant possède une histoire qui ne commence pas au moment de son adoption.
Ses origines et les informations disponibles sur son parcours doivent être abordées avec respect et prudence.
L'accompagnement doit éviter de construire un récit uniquement centré sur le vécu des parents.
27. L'adoption internationale et les dimensions culturelles
Une adoption internationale implique souvent une rencontre entre plusieurs histoires et plusieurs cultures.
L'enfant peut être confronté à un changement de langue, de nourriture, de climat et de repères sociaux.
Il peut également grandir avec des questions concernant ses origines.
Le risque d'interprétation excessive
Certains comportements peuvent être attribués à tort à des difficultés psychologiques, alors qu'ils sont liés à la transition culturelle, à l'âge ou à la communication.
L'importance de l'identité de l'enfant
Le travail familial doit respecter les origines et l'histoire de l'enfant.
Il ne s'agit pas de considérer que l'intégration familiale nécessite l'effacement de sa culture d'origine.
La place des parents
Les parents peuvent eux-mêmes avoir vécu des expériences déroutantes ou difficiles dans le pays d'origine.
Il est possible de reconnaître ces expériences sans dévaloriser le pays, sa population ou la culture de l'enfant.
28. Comment préparer psychologiquement une adoption internationale ?
La préparation peut aider les futurs parents à développer des attentes plus réalistes.
Comprendre les réactions possibles de l'enfant
Il est utile de savoir qu'une rencontre ne se déroule pas nécessairement dans la joie immédiate.
Préparer les aspects pratiques
Les informations concernant les procédures, les traductions, les contacts et le calendrier doivent provenir des organismes compétents.
Identifier les ressources
Il peut être utile de prévoir les personnes ou les professionnels à contacter en cas de difficulté.
Reconnaître les émotions contradictoires
Les parents peuvent être préparés à éprouver des émotions inattendues.
Préserver une marge d'adaptation
Un parcours peut comporter des changements imprévus.
Les futurs parents peuvent réfléchir à la manière de réagir face à une situation qui ne correspond pas à leurs attentes.
L'objectif
La préparation ne permet pas de supprimer toute incertitude.
Elle peut cependant contribuer à limiter certaines interprétations catastrophiques et à favoriser une adaptation plus souple.
29. Cinq exemples cliniques : adoption, TCC et EMDR
Les situations suivantes sont fictives et destinées à la psychoéducation.
Exemple 1 – Sophie, 38 ans : « Mon enfant m'a repoussée le jour de notre rencontre »
Sophie a adopté un garçon de trois ans à l'international.
Lorsqu'elle a essayé de le prendre dans ses bras, il a pleuré et s'est éloigné.
Plusieurs mois plus tard, leur relation se développe favorablement.
Pourtant, Sophie repense régulièrement à cette première journée.
Elle se dit :
« Je n'étais pas la mère qu'il attendait. »
Analyse TCC
La pensée automatique associe le comportement initial de l'enfant à une conclusion globale sur ses capacités parentales.
Objectifs thérapeutiques
Explorer le contexte de la rencontre.
Distinguer les réactions de peur de l'enfant d'un jugement sur la mère.
Examiner les interactions actuelles.
Diminuer la culpabilité.
Soutenir une représentation plus réaliste de la relation.
Exemple 2 – Marc, 45 ans : « J'ai eu peur que le tribunal nous retire notre enfant »
Marc a vécu une audience particulièrement stressante à l'étranger.
Une difficulté administrative a entraîné un report de la décision.
Il a craint de devoir repartir sans l'enfant.
Depuis le retour en France, il vérifie régulièrement les documents officiels, malgré la régularisation de la situation.
Analyse TCC
Les préoccupations actuelles peuvent être entretenues par une peur de nouvelle perte et des vérifications répétées.
Objectifs thérapeutiques
Clarifier les faits juridiques avec les professionnels compétents.
Identifier les anticipations anxieuses.
Travailler la recherche excessive de réassurance.
Réduire les comportements de vérification non nécessaires.
Si l'événement a impliqué une menace traumatique et que des symptômes de TSPT sont présents, une évaluation spécifique est indiquée.
Exemple 3 – Claire, 41 ans : « Je me souviens encore de l'humiliation pendant le jugement »
Claire a vécu certaines remarques prononcées lors d'une audience comme profondément humiliantes.
Elle repense régulièrement aux phrases qu'elle aurait aimé prononcer.
Elle ressent une colère intense envers les personnes présentes.
Analyse TCC
Les ruminations peuvent entretenir la honte, la colère et le sentiment d'impuissance.
Objectifs thérapeutiques
Examiner les croyances concernant sa responsabilité.
Distinguer les circonstances réelles de l'audience des conclusions négatives sur elle-même.
Travailler les ruminations.
Développer une relation plus apaisée avec le souvenir.
Une humiliation isolée ne constitue pas automatiquement une indication d'EMDR pour TSPT.
Exemple 4 – Julie et Thomas : « Nous n'arrivons pas à parler des premiers jours »
Julie et Thomas ont adopté une petite fille à l'étranger.
La première rencontre a été très difficile.
Julie souhaite évoquer régulièrement cette période.
Thomas préfère éviter le sujet.
Ils commencent à se disputer.
Analyse TCC du couple
Les partenaires interprètent différemment leurs réactions.
Julie pense que Thomas minimise son expérience.
Thomas pense que Julie refuse de reconnaître les aspects heureux de l'adoption.
Objectifs thérapeutiques
Identifier les besoins émotionnels de chacun.
Améliorer la communication.
Limiter les interprétations négatives.
Construire un récit familial qui reconnaît les difficultés sans réduire l'adoption à ces événements.
Exemple 5 – Émilie, 36 ans : « Je revis une scène de violence survenue pendant notre séjour »
Émilie a été témoin d'un événement violent au cours du séjour dans le pays d'origine de son enfant.
Depuis, elle présente des cauchemars, des souvenirs intrusifs et une hypervigilance importante.
Elle évite certaines situations qui lui rappellent cet événement.
Analyse clinique
La situation justifie une évaluation du psychotraumatisme.
Objectifs thérapeutiques
Lorsque les critères d'un TSPT sont réunis, une intervention centrée sur le traumatisme peut être proposée.
L'EMDR peut notamment être envisagée selon les recommandations et les indications cliniques.
Le travail vise les symptômes post-traumatiques, et non le fait même d'avoir adopté un enfant.
30. Quand consulter après une adoption difficile ?
Une consultation peut être utile lorsque :
-
Les souvenirs de la première rencontre restent envahissants.
-
Les parents éprouvent une culpabilité importante.
-
Une audience ou une procédure étrangère continue à provoquer de l'anxiété.
-
Des ruminations occupent une grande partie du quotidien.
-
Les troubles du sommeil deviennent persistants.
-
La relation conjugale est fragilisée.
-
Le parent se sent incapable de créer un lien avec l'enfant.
-
Les interactions familiales deviennent particulièrement difficiles.
-
Des symptômes dépressifs apparaissent.
-
Des souvenirs intrusifs, des cauchemars ou des comportements d'évitement surviennent après un événement potentiellement traumatique.
Une évaluation médicale ou psychiatrique peut être nécessaire en cas de symptômes sévères.
Pour les difficultés importantes de l'enfant ou de la relation parent-enfant, une orientation vers des professionnels spécialisés de l'adoption, de la pédopsychiatrie ou des consultations familiales peut être pertinente.
Les questions juridiques doivent rester prises en charge par les organismes et professionnels compétents.
31. Accompagnement TCC et EMDR/IMO après une adoption à Oyonnax et en visioconférence
Au Cabinet Flora Mentis, à Oyonnax dans l'Ain, je propose un accompagnement fondé sur les thérapies cognitives et comportementales pour les personnes confrontées à des difficultés émotionnelles et relationnelles.
Dans le contexte d'une adoption, le travail peut notamment concerner :
La culpabilité.
Les ruminations.
Les souvenirs douloureux de la première rencontre.
L'anxiété liée aux procédures administratives ou judiciaires.
Les difficultés d'adaptation à la parentalité adoptive.
Les tensions conjugales.
La perte de confiance en soi.
Les difficultés de sommeil.
Les conséquences émotionnelles d'un événement vécu comme particulièrement éprouvant.
Les TCC peuvent aider à identifier les pensées automatiques, à analyser les comportements qui entretiennent la détresse et à développer des réponses plus adaptées.
Lorsque les indications reconnues sont réunies, une prise en charge EMDR peut être envisagée pour des symptômes post-traumatiques.
L'accompagnement doit tenir compte de l'histoire de l'enfant, de ses besoins et des éventuelles difficultés familiales.
Lorsque cela est nécessaire, une orientation vers des professionnels spécialisés de l'adoption ou de l'enfance peut être proposée.
Les consultations sont proposées en présentiel à Oyonnax, notamment pour les habitants du Haut-Bugey, de Bellignat, d'Arbent, de Nantua, de Saint-Claude et du Jura.
Elles peuvent également être réalisées en téléconsultation ou en visioconférence, selon la situation clinique et le cadre légal applicable.
Cabinet Flora Mentis – Florence Chatenet
Psychopraticienne TCC et praticienne EMDR/IMO
Oyonnax (Ain) – Consultations au cabinet et en visioconférence
Conclusion – Une rencontre difficile ne détermine pas à elle seule l'avenir d'une famille
L'adoption représente une expérience familiale complexe, dans laquelle les émotions peuvent être très différentes de celles qui avaient été imaginées.
Dans l'adoption internationale, la première rencontre avec l'enfant et les procédures réalisées dans son pays d'origine peuvent être particulièrement éprouvantes.
Les recherches françaises montrent que certains parents vivent des expériences de peur, de solitude, d'étrangeté ou de rejet au moment où ils rencontrent leur enfant.
Ces événements peuvent laisser des souvenirs douloureux.
Ils peuvent également influencer temporairement les représentations parentales et les premières interactions.
Cependant, une rencontre difficile ne signifie pas qu'une relation d'attachement satisfaisante ne pourra pas se construire.
Les TCC peuvent aider à travailler les pensées de culpabilité, les ruminations, les anticipations anxieuses et les comportements qui entretiennent la souffrance.
L'EMDR peut avoir une place lorsqu'un trouble de stress post-traumatique est identifié.
Les interventions familiales spécialisées peuvent également contribuer à soutenir les interactions entre parents et enfants.
Le souvenir d'une rencontre difficile ou d'un jugement éprouvant peut faire partie de l'histoire de l'adoption, sans devoir déterminer toute l'histoire familiale qui suivra.
L'accompagnement thérapeutique vise à reconnaître les difficultés vécues, à réduire leur retentissement et à favoriser la construction progressive d'une relation respectueuse des besoins de chacun.
FAQ scientifique – Adoption internationale, TCC et EMDR
1. Une première rencontre difficile avec son enfant adopté est-elle anormale ?
Non.
Les recherches françaises montrent que certaines premières rencontres comportent des émotions et des réactions difficiles.
Cela ne signifie pas que l'adoption ou la relation future sont vouées à l'échec.
2. Pourquoi un enfant adopté peut-il repousser ses nouveaux parents ?
Plusieurs facteurs peuvent intervenir : peur, perte de repères, difficultés de compréhension, séparation avec des personnes familières ou autres expériences antérieures.
Ce comportement ne permet pas, à lui seul, de prédire la qualité future de l'attachement.
3. Peut-on se sentir rejeté par son enfant adopté ?
Oui.
Un parent peut éprouver une souffrance importante lorsque l'enfant refuse le contact.
Un accompagnement peut aider à comprendre ce comportement sans conclure automatiquement à un rejet personnel.
4. Est-il normal de ne pas ressentir immédiatement un amour intense ?
Les sentiments peuvent se développer progressivement.
La relation ne se construit pas nécessairement au moment précis de la première rencontre.
5. Pourquoi le jugement d'adoption à l'étranger peut-il être très stressant ?
Les enjeux familiaux sont importants et la procédure peut être difficile à comprendre.
La barrière linguistique, les incertitudes et la peur d'une décision défavorable peuvent augmenter l'anxiété.
6. Une audience humiliante peut-elle laisser des souvenirs persistants ?
Oui.
Une expérience vécue comme humiliante peut entraîner des ruminations, de la honte ou de la colère.
Elle ne constitue toutefois pas automatiquement un TSPT.
7. Les TCC peuvent-elles aider à dépasser une première rencontre difficile ?
Elles peuvent aider à travailler les interprétations négatives, la culpabilité et les conséquences émotionnelles et comportementales.
Leur intérêt doit être évalué selon la situation de chaque personne.
8. Peut-on utiliser les tableaux de Beck après une adoption ?
Oui.
Ils peuvent aider à distinguer les faits des interprétations et à construire des pensées alternatives réalistes.
9. L'EMDR peut-elle être utile après une adoption internationale ?
Elle peut être envisagée lorsqu'un événement potentiellement traumatique est associé à un TSPT ou à des symptômes post-traumatiques répondant aux indications reconnues.
Elle n'est pas systématiquement indiquée pour toutes les difficultés d'adoption.
10. Une humiliation pendant un jugement justifie-t-elle automatiquement l'EMDR ?
Non.
L'indication dépend de la nature de l'événement, des symptômes actuels et de l'évaluation clinique.
Les TCC peuvent être pertinentes pour une souffrance liée à la honte et aux ruminations.
11. Les difficultés de l'enfant peuvent-elles affecter la santé mentale des parents ?
Oui.
Les recherches françaises montrent que l'histoire préadoptive et les difficultés de l'enfant peuvent influencer les représentations et les émotions des parents.
12. Une dépression peut-elle apparaître après une adoption ?
Oui.
Certaines personnes peuvent présenter des symptômes dépressifs après l'arrivée d'un enfant adopté.
Une évaluation permet de déterminer leur nature et leur sévérité.
13. Les deux parents peuvent-ils vivre différemment une même adoption ?
Oui.
Les réactions émotionnelles et les stratégies d'adaptation peuvent différer.
Une thérapie de couple orientée TCC peut aider lorsque ces différences provoquent des tensions.
14. Comment aider l'enfant à construire un lien de confiance ?
La sécurité, la régularité des soins, la sensibilité parentale et le respect de son rythme jouent un rôle important.
Certaines interventions familiales spécialisées peuvent être proposées lorsque des difficultés importantes apparaissent.
15. Faut-il raconter à l'enfant les difficultés de la première rencontre ?
Le récit doit être adapté à son âge, à ses besoins et à son développement.
Il est important de ne pas lui attribuer la responsabilité des émotions difficiles vécues par les adultes.
16. Une TCC peut-elle se dérouler en visioconférence après une adoption ?
Oui, lorsque la situation clinique s'y prête.
Les difficultés individuelles peuvent être abordées à distance.
Certaines situations relationnelles ou développementales nécessitent toutefois une évaluation spécialisée en présentiel.
Références scientifiques françaises, européennes et internationales
A. Recherches françaises sur la première rencontre et les traumatismes dans l'adoption internationale
1. Harf, A., Skandrani, S., Radjack, R., Sibeoni, J., Moro, M. R., & Revah-Levy, A. (2013).
First Parent-Child Meetings in International Adoptions: A Qualitative Study.
PLOS ONE, 8(9), e75300.
Étude qualitative française portant sur 46 parents et 57 récits de premières rencontres.
https://doi.org/10.1371/journal.pone.0075300
2. Harf, A., Skandrani, S., Krouch, T., Mestre, C., Moro, M. R., & Baubet, T. (2011).
Trauma des enfants et des parents dans un contexte d'adoption internationale.
Soins Pédiatrie/Puériculture, 258, 24–28.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21328834/
3. Skandrani, S., Harf, A., & El Husseini, M. (2019).
The Impact of Children's Pre-Adoptive Traumatic Experiences on Parents.
Frontiers in Psychiatry, 10, 866.
Étude qualitative menée auprès de 41 parents français ayant adopté à l'international.
https://doi.org/10.3389/fpsyt.2019.00866
4. Le Bozec, M., Harf, A., Skandrani, S., El Husseini, M., & Moro, M.-R. (2019).
Adoption internationale, le vécu parental des troubles somatiques de l'enfant.
Soins Pédiatrie/Puériculture, 310, 34–38.
https://doi.org/10.1016/j.spp.2019.07.008
B. Recherches sur la santé mentale des parents adoptifs
5. Kuty-Pachecka, M. (2025).
Post-Adoption Depression: A Literature Review.
Revue de littérature consacrée à la dépression post-adoption et à ses particularités.
https://doi.org/10.18290/rped25174.6
C. Interventions psychologiques et familiales
6. Purrington, J., Goodall, S., & Lynch, J. (2024).
Family-based psychological interventions for domestically adoptive families: A systematic review.
European Child & Adolescent Psychiatry, 33, 1239–1256.
Revue systématique de 18 études portant sur les interventions psychologiques familiales.
https://doi.org/10.1007/s00787-023-02210-y
7. Hidalgo-Cubillo, I., Gómez-Bujedo, J., & Gómez-Baya, D. (2026).
Updated Systematic Review of Psychological Interventions With Adoptive Parents to Improve the Well-being of Their Adopted Children.
Clinical Child Psychology and Psychiatry, 31(4), 1389–1412.
https://doi.org/10.1177/13591045261464426
8. Namvar Arefi, A., Pirmoradi, M., Zahedi Tajrishi, K., & Ashouri, A. (2026).
Effectiveness of adoption-specific therapy on behavioral problems and attachment in adopted children and parental stress in adoptive families: A randomized controlled trial.
Acta Psychologica, 262, 106015.
https://doi.org/10.1016/j.actpsy.2025.106015
D. Recommandations sur l'attachement et le psychotraumatisme
9. National Institute for Health and Care Excellence – NICE (2015).
Children's attachment: Attachment in children and young people who are adopted from care, in care or at high risk of going into care.
Guideline NG26.
https://www.nice.org.uk/guidance/ng26/chapter/recommendations
10. National Institute for Health and Care Excellence – NICE (2018).
Post-traumatic stress disorder.
Guideline NG116.
Recommandations concernant les TCC centrées sur le traumatisme et l'EMDR.
https://www.nice.org.uk/guidance/ng116/chapter/Recommendations
E. Références institutionnelles françaises sur l'adoption internationale
11. Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères – France Diplomatie (2026).
L'enregistrement du dossier à la MAI et la procédure à l'étranger.
https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-francaises-et-aux-francais/adoption-a-l-etranger/processus-de-l-adoption-internationale/etape-3-l-enregistrement-du-dossier-a-la-mai-et-la-procedure-a-l-etranger
12. France Diplomatie (2026).
Textes de référence de l'adoption internationale.
Convention internationale des droits de l'enfant et Convention de La Haye du 29 mai 1993.
https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-francaises-et-aux-francais/adoption-a-l-etranger/textes-de-reference
13. Agence française de l'adoption.
La procédure à l'étranger.
Informations sur l'apparentement, la rencontre, les décisions d'adoption et les formalités.
https://www.agence-adoption.fr/page-test-guide-de-ladoption/comment-adopter-a-letranger/la-procedure-a-letranger/
14. Agence française de l'adoption.
De retour en France.
Informations concernant les démarches consécutives à l'adoption internationale.
https://www.agence-adoption.fr/page-test-guide-de-ladoption/comment-adopter-a-letranger/de-retour-en-france/
15. Enfance & Familles d'Adoption.
Le jugement d'adoption.
Informations sur les procédures judiciaires et les décisions d'adoption étrangères.
https://www.adoptionefa.org/ladoption/les-demarches/le-jugement-dadoption/
F. Référence internationale en droit de l'adoption
16. Conférence de La Haye de droit international privé (1993).
Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale.
https://www.hcch.net/en/instruments/conventions/full-text/?cid=69
Note méthodologique
Les données scientifiques présentées comprennent des études qualitatives françaises, des revues systématiques internationales, des essais randomisés et des recommandations professionnelles.
Les travaux français de Harf, Skandrani et leurs collaborateurs apportent des informations particulièrement importantes sur les premières rencontres et les représentations des parents adoptifs.
Cependant, les recherches qualitatives ne permettent pas d'estimer la fréquence réelle d'un trouble de stress post-traumatique après une adoption.
Les études portant spécifiquement sur les conséquences psychologiques des audiences judiciaires d'adoption à l'étranger restent très limitées.
L'intérêt des TCC pour les symptômes anxieux, dépressifs, les ruminations et certaines difficultés d'adaptation repose principalement sur des données issues de troubles psychologiques étudiés plus largement, et non sur de nombreux essais ciblant spécifiquement les jugements d'adoption.
Les recherches sur les interventions familiales spécialisées sont encourageantes, mais présentent encore des limites méthodologiques.
L'EMDR possède des indications reconnues pour le TSPT. Les études disponibles ne permettent pas de recommander systématiquement l'EMDR à toute personne ayant vécu une première rencontre difficile ou une audience éprouvante.
Les difficultés administratives et juridiques de l'adoption doivent être examinées auprès des institutions et professionnels habilités.
Cet article est proposé à titre informatif et psychoéducatif. Il ne remplace pas une évaluation médicale, psychothérapeutique ou juridique individualisée.
Ajouter un commentaire
Commentaires