Sentiment d'abandon, recherche des origines, identité, différences culturelles, difficultés scolaires, rejet social, racisme, conflits familiaux et psychotraumatisme : comprendre le vécu des enfants et adolescents adoptés à la lumière des recherches françaises et internationales, et découvrir les apports possibles des thérapies cognitives et comportementales (TCC) et de l'EMDR.
Introduction – Être adopté : construire son avenir sans effacer son passé
« Pourquoi mes parents de naissance ne m'ont-ils pas gardé ? »
« Est-ce que je ressemble à quelqu'un de ma famille biologique ? »
« Je sais que mes parents adoptifs m'aiment, mais je ne leur ressemble pas. »
« À l'école, on me demande toujours d'où je viens vraiment. »
« Je me sens différent des autres enfants de ma classe. »
« J'aime mes parents adoptifs, mais j'ai besoin de connaître mon histoire. »
« Quand je pose des questions sur mes origines, j'ai peur de faire de la peine à mes parents. »
Ces interrogations peuvent apparaître à différents moments de la vie d'une personne adoptée.
L'adoption constitue une réalité familiale, juridique et affective, mais elle s'inscrit également dans une histoire personnelle qui a commencé avant l'arrivée dans la famille adoptive.
Certains enfants possèdent des souvenirs précis de leur vie antérieure.
D'autres ont été adoptés très jeunes et ne disposent que de quelques informations.
Certains connaissent leur pays de naissance, leur langue d'origine ou des éléments concernant leur famille biologique.
D'autres doivent composer avec des informations fragmentaires, incertaines ou absentes.
L'enfant adopté peut ainsi être confronté à plusieurs questions.
Comment comprendre son histoire ?
Comment se sentir pleinement membre de sa famille adoptive ?
Comment trouver sa place parmi les autres enfants ?
Comment réagir lorsque son apparence physique ou ses origines attirent des remarques ?
Comment construire son identité à l'adolescence ?
Comment parler de ses parents de naissance sans avoir l'impression de trahir ses parents adoptifs ?
Ces interrogations ne correspondent pas automatiquement à des troubles psychologiques.
Elles peuvent faire partie d'une construction identitaire normale.
Cependant, certaines personnes adoptées rencontrent des difficultés plus importantes : anxiété, honte, sentiment de rejet, difficultés d'attachement, dépression, harcèlement ou symptômes post-traumatiques.
Les recherches françaises et internationales montrent que les parcours sont très hétérogènes.
L'adoption n'entraîne pas systématiquement une souffrance psychologique.
Mais certaines expériences antérieures et certaines difficultés rencontrées après l'adoption peuvent augmenter la vulnérabilité de l'enfant.
Les thérapies cognitives et comportementales peuvent aider à travailler les pensées négatives, l'anxiété, les difficultés relationnelles et certains comportements d'évitement.
L'EMDR peut être envisagée lorsqu'un psychotraumatisme a entraîné des symptômes correspondant aux indications reconnues.
L'accompagnement doit toutefois respecter la singularité de l'enfant, son histoire et ses besoins.
L'objectif thérapeutique n'est pas d'apprendre à l'enfant à oublier ses origines ou à se montrer reconnaissant de son adoption. Il est de l'aider à construire sa propre identité, à développer des relations sécurisantes et à trouver sa place sans devoir renoncer à une partie de son histoire.
1. L'adoption ne commence pas le jour de l'arrivée dans la famille
Pour les parents adoptifs, la rencontre avec l'enfant peut représenter le début d'une nouvelle vie familiale.
Pour l'enfant, elle s'inscrit dans une histoire déjà commencée.
Selon son âge et les circonstances de son adoption, il peut avoir connu différentes expériences.
Il peut avoir vécu auprès de sa famille de naissance.
Il peut avoir été accueilli par des proches, une famille d'accueil ou une institution.
Il peut avoir connu plusieurs changements de lieu de vie.
Il peut également avoir vécu des expériences de protection et de sécurité avant son adoption.
Il serait donc incorrect de considérer que tous les enfants adoptés ont nécessairement connu les mêmes carences ou traumatismes.
Une histoire personnelle qui continue d'exister
L'enfant peut conserver des souvenirs, des sensations, une langue, des habitudes et des représentations de son environnement antérieur.
Lorsque l'adoption est internationale, le changement peut également concerner le pays, la culture et la langue.
L'accompagnement doit reconnaître cette continuité.
L'enfant ne commence pas son existence psychologique au moment où il entre dans sa nouvelle famille.
2. Une recherche française de 2017 : donner la parole aux enfants adoptés tardivement
Laura Sarmiento, Sara Skandrani, Laelia Benoit, Aurélie Harf et Marie-Rose Moro ont publié en 2017 dans La psychiatrie de l'enfant une étude qualitative intitulée :
L'expérience des enfants adoptés tardivement à l'étranger.
Les chercheurs ont rencontré sept adolescents adoptés entre cinq et sept ans.
L'objectif était de mieux comprendre leur expérience et leur construction identitaire.
Les trois grands thèmes identifiés
La participation de l'enfant à son histoire
Les adolescents exprimaient l'importance de comprendre ce qui s'était passé et de pouvoir participer à l'élaboration de leur propre récit.
La place du pays de naissance
Le pays d'origine occupait une place variable selon les personnes.
Il pouvait représenter un ensemble de souvenirs, un lien culturel ou un objet de questionnement.
Les différentes manières de se construire
Les adolescents développaient des stratégies personnelles pour articuler leur passé et leur vie actuelle.
Pourquoi cette recherche est-elle importante ?
Elle rappelle que l'enfant adopté n'est pas seulement le destinataire d'un projet parental.
Il possède une histoire et un point de vue qui méritent d'être entendus.
Cette étude comporte un très petit nombre de participants et ne permet pas de généraliser les résultats à tous les adolescents adoptés.
Elle apporte néanmoins des informations importantes sur leur expérience subjective.
3. Une étude française de 2026 : l'adolescence réactive les questions d'origine et d'appartenance
En juin 2026, Sara Skandrani, S. Maley, Marie-Rose Moro et Aurélie Harf ont publié dans Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence une recherche intitulée :
Construction adolescente et adoption internationale.
Cette publication repose sur des entretiens avec six adolescents rencontrés dans le cadre d'une consultation spécialisée de l'hôpital Cochin.
Les chercheurs ont identifié cinq dimensions principales.
La question des origines
L'adolescent peut chercher à comprendre d'où il vient et ce que son adoption signifie dans son histoire personnelle.
Les représentations des parents de naissance
Il peut imaginer, questionner ou rechercher des informations concernant les personnes dont il est issu.
Le rapport à l'histoire préadoptive
Certains souvenirs peuvent être précis.
D'autres événements peuvent être inconnus ou difficiles à comprendre.
Les liens au pays de naissance et à sa culture
L'adolescent peut éprouver un intérêt important pour son pays de naissance, ou au contraire souhaiter temporairement s'en éloigner.
Les relations avec les autres
L'identité adoptive se construit également dans les interactions familiales, amicales et sociales.
L'intérêt clinique de cette recherche
L'adolescence constitue une période durant laquelle chacun cherche à définir son identité.
Chez certains adolescents adoptés, cette démarche implique des questions supplémentaires concernant la filiation, l'appartenance et les origines.
Il ne faut pas considérer ces interrogations comme la preuve d'un trouble de l'attachement ou d'une difficulté psychiatrique.
Elles peuvent faire partie du développement normal.
En revanche, lorsqu'elles provoquent une souffrance persistante, un accompagnement peut être utile.
4. L'enfant adopté peut-il éprouver un sentiment d'abandon ?
Certaines personnes adoptées interprètent les circonstances de leur naissance ou de leur séparation comme une forme d'abandon.
Elles peuvent penser :
« Mes parents de naissance ne voulaient pas de moi. »
« Je n'étais pas assez important pour qu'ils me gardent. »
« Si quelqu'un m'aime, il finira peut-être par partir. »
Ces pensées peuvent être particulièrement douloureuses.
Une interprétation qui n'est pas toujours conforme aux faits
Les circonstances d'une séparation peuvent être complexes.
Elles peuvent concerner des difficultés sociales, économiques, médicales, familiales ou des situations dans lesquelles les adultes ne pouvaient pas assurer la protection de l'enfant.
Dans certains cas, les informations disponibles sont très limitées.
Il est donc important de distinguer ce qui est connu de ce qui est imaginé.
Le travail TCC
Un enfant peut être accompagné pour identifier les conclusions qu'il tire sur sa propre valeur.
Par exemple :
« Mes parents de naissance ne m'ont pas élevé, donc je ne mérite pas d'être aimé. »
Cette pensée peut être examinée progressivement.
Une réponse plus réaliste pourrait être :
« Je ne connais pas toutes les raisons de mon adoption. Ce qui s'est passé ne démontre pas que je ne mérite pas d'être aimé. »
Une précaution
La thérapie ne doit pas inventer une histoire rassurante pour combler les informations manquantes.
Lorsqu'une donnée est inconnue, il est important de reconnaître cette incertitude.
5. L'adoption et la peur d'être de nouveau rejeté
Certains enfants peuvent présenter une sensibilité importante aux séparations et aux conflits.
Une dispute familiale peut provoquer une peur disproportionnée de perdre leur place.
Un adolescent peut penser :
« Si mes parents sont en colère, ils finiront par ne plus vouloir de moi. »
Plusieurs explications sont possibles
Une telle réaction peut être liée à des expériences antérieures.
Elle peut aussi correspondre à une anxiété de séparation, à une difficulté relationnelle ou à d'autres facteurs.
Elle n'est pas systématiquement causée par l'adoption.
Le cercle vicieux possible
Une remarque parentale déclenche une peur de rejet.
L'enfant réagit par de l'opposition, de l'agitation ou un retrait.
Le conflit familial augmente.
L'enfant interprète ce conflit comme une preuve qu'il risque d'être abandonné.
Sa peur se renforce.
La place des TCC
Le travail peut aider à identifier les pensées automatiques et les comportements qui entretiennent l'anxiété.
Une guidance parentale peut également aider les adultes à répondre de manière prévisible, cohérente et sécurisante.
Il ne s'agit pas d'empêcher toute frustration ou toute limite.
Il s'agit de permettre à l'enfant de comprendre qu'un désaccord ne remet pas automatiquement en cause sa place dans la famille.
6. La place de l'enfant dans sa famille adoptive
L'intégration familiale ne se limite pas à la création juridique d'un lien de filiation.
Elle implique des ajustements réciproques.
L'enfant découvre de nouvelles habitudes.
Les parents apprennent à connaître ses besoins, ses réactions et son fonctionnement.
Les frères et sœurs éventuels doivent également trouver leur place.
Les difficultés possibles
Certains enfants peuvent éprouver des difficultés à accepter de nouvelles règles.
D'autres peuvent rechercher constamment l'attention des adultes.
Certains peuvent se montrer très autonomes et refuser l'aide.
D'autres présentent une anxiété importante lors des séparations.
Ces comportements ne sont pas spécifiques à l'adoption.
Ils doivent être évalués en fonction de l'âge, du développement, de l'histoire de l'enfant et du contexte familial.
Éviter les interprétations systématiquement centrées sur l'adoption
Un adolescent adopté peut se disputer avec ses parents pour les mêmes raisons que beaucoup d'autres adolescents.
Un enfant peut présenter un TDAH, un TSA, un trouble des apprentissages ou une anxiété sociale indépendamment de son adoption.
Il serait donc réducteur d'attribuer toutes ses difficultés à son histoire adoptive.
7. Une revue internationale sur le développement des personnes adoptées
Une revue systématique publiée fin 2025, consacrée au développement depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, a examiné seize études longitudinales.
Elle regroupait 3 073 personnes adoptées.
Le suivi moyen des études était d'environ dix ans.
Les résultats principaux
Les chercheurs ont constaté que de nombreux enfants ayant connu des difficultés précoces présentaient des progrès développementaux importants après leur adoption.
Cependant, un sous-groupe conservait des difficultés émotionnelles, relationnelles ou comportementales.
Les expériences précoces défavorables et certaines difficultés développementales étaient associées à des résultats ultérieurs moins favorables.
Une grande diversité des parcours
Les auteurs soulignaient que les trajectoires individuelles étaient très différentes.
Les résultats dépendaient notamment des expériences antérieures, de caractéristiques personnelles et de facteurs environnementaux.
Les limites
Les études étaient hétérogènes.
Les chercheurs n'ont pas pu effectuer une méta-analyse quantitative.
Les résultats ne permettent donc pas de prédire le fonctionnement futur d'un enfant particulier.
Cette revue soutient l'importance d'une évaluation individualisée, sans généralisation négative à l'ensemble des personnes adoptées.
8. La question de la loyauté envers les parents adoptifs
Certains enfants éprouvent des difficultés à parler de leurs origines parce qu'ils craignent de blesser leurs parents adoptifs.
Ils peuvent penser :
« Si je pose des questions sur ma mère de naissance, ma mère adoptive sera triste. »
« Si je veux retourner dans mon pays, mes parents vont croire que je ne les aime pas. »
« Je dois choisir entre mes deux histoires. »
Un conflit intérieur possible
L'enfant peut avoir envie de connaître son passé tout en souhaitant protéger les sentiments de ses parents.
Il peut alors garder ses interrogations pour lui.
Les recherches françaises sur les appartenances multiples
En 2013, Aurélie Harf, Sara Skandrani, Jordan Sibeoni, Catherine Ledu, Sabine Legros, Claire Mestre et Marie-Rose Moro ont publié dans la revue Adolescence un article consacré à la consultation spécialisée en adoption internationale.
Les auteurs défendent une approche transculturelle qui reconnaît la coexistence possible de plusieurs appartenances.
L'enfant peut être pleinement membre de sa famille adoptive tout en conservant un lien personnel avec son pays de naissance.
L'intérêt thérapeutique
Le travail peut aider l'enfant à comprendre qu'il n'est pas nécessaire de choisir entre ses différentes appartenances.
La guidance parentale peut également contribuer à rendre les questions sur les origines plus faciles à aborder.
9. Pourquoi les origines deviennent-elles parfois particulièrement importantes à l'adolescence ?
L'adolescence correspond à une période de transformation corporelle, psychologique et sociale.
Le jeune cherche progressivement à comprendre qui il est et quelle place il souhaite occuper.
Les questions de filiation peuvent prendre une importance particulière.
Les ressemblances physiques
L'adolescent peut constater qu'il ne ressemble pas à ses parents adoptifs.
Il peut s'interroger sur les traits qu'il aurait hérités de ses parents biologiques.
Les transformations corporelles
La puberté peut susciter des questions concernant l'hérédité, la santé et les ressemblances familiales.
Les premières relations amoureuses
L'adolescent peut réfléchir à la transmission, aux origines et à la manière dont il construira plus tard sa propre famille.
Les questions de santé
L'absence d'antécédents médicaux familiaux peut être source d'inquiétude.
Les questions d'identité
« Suis-je français ou originaire de mon pays de naissance ? »
« Est-ce que je peux me sentir appartenir aux deux ? »
« Est-ce que je suis différent de mes amis ? »
Ces questions peuvent être normales.
Leur intensité et leur signification varient selon les personnes.
10. Les origines culturelles : une dimension qui ne doit pas être effacée
Dans l'adoption internationale, l'enfant peut présenter une apparence physique différente de celle de ses parents.
Il peut également avoir changé de langue et d'environnement culturel.
Une recherche française sur l'identité culturelle
En 2015, Aurélie Harf, Sara Skandrani, Églantine Mazeaud, Anne Revah-Levy et Marie-Rose Moro ont publié dans La psychiatrie de l'enfant une revue consacrée à l'identité culturelle des enfants adoptés.
Les auteurs soulignent que les recherches ne montrent pas toutes les mêmes résultats concernant les bénéfices du maintien des liens culturels.
Ils invitent à examiner les questions d'identité de manière nuancée.
Le risque d'une identité imposée
Certains parents peuvent vouloir valoriser les origines de leur enfant en multipliant les activités culturelles.
Cette démarche peut être appréciée.
Mais elle peut aussi être vécue comme une obligation lorsque l'enfant ne souhaite pas y participer.
À l'inverse, ignorer entièrement ses origines peut rendre certaines questions plus difficiles à aborder.
Une approche individualisée
Il est préférable de permettre à l'enfant de développer son propre rapport à sa culture d'origine.
Son intérêt peut évoluer avec le temps.
Il peut souhaiter explorer certains aspects de cette histoire et en laisser d'autres de côté.
11. La perte ou la transformation de la langue d'origine
L'adoption internationale peut entraîner un changement important de langue.
Certains enfants ont appris à communiquer dans une première langue avant de rejoindre leur famille adoptive.
Ils doivent ensuite apprendre la langue du pays d'accueil.
Une publication française de 2012
Aurélie Harf, Sara Skandrani, Jordan Sibeoni, Anne Revah-Levy et Marie-Rose Moro ont étudié cette question dans La psychiatrie de l'enfant.
Leur article s'intitule :
L'enfant adopté à l'étranger, entre langue maternelle et langue d'adoption.
Les auteurs décrivent les particularités de l'exposition successive à deux langues.
Ils examinent notamment la disparition parfois rapide de la langue d'origine et l'acquisition de la nouvelle langue.
Pourquoi cette transition peut-elle être importante ?
La première langue était parfois associée à des personnes, des lieux et des expériences affectives.
La perte de son usage peut contribuer à un sentiment de rupture.
Une nuance essentielle
Les difficultés linguistiques ne doivent pas être automatiquement considérées comme des troubles des apprentissages.
Une évaluation adaptée peut être nécessaire lorsqu'un retard persiste ou lorsque des difficultés importantes apparaissent.
L'histoire linguistique de l'enfant doit être prise en compte.
12. L'intégration scolaire : des difficultés possibles, mais pas systématiques
L'école constitue un environnement important pour la construction sociale de l'enfant.
Elle permet de développer des connaissances, des compétences et des relations avec les pairs.
Certains enfants adoptés s'intègrent sans difficulté particulière.
D'autres rencontrent des obstacles.
Les difficultés possibles
Adaptation à un nouvel environnement.
Décalage dans les apprentissages.
Difficultés linguistiques.
Manque de confiance.
Anxiété sociale.
Difficultés attentionnelles.
Harcèlement ou exclusion.
Une enquête française d'Enfance & Familles d'Adoption
En 2004, l'association EFA a réalisé une enquête portant sur 1 070 enfants adoptés de plus de six ans.
Les résultats indiquaient notamment que les parcours scolaires étaient très variables.
À la fin du collège, les résultats de l'ensemble des enfants adoptés étudiés étaient proches de la moyenne française.
Cependant, certaines difficultés augmentaient notamment avec l'âge à l'adoption.
Une précaution méthodologique
Cette enquête associative ne constitue pas un échantillon représentatif de l'ensemble des enfants adoptés en France.
Elle rappelle néanmoins une donnée importante :
L'adoption n'est pas synonyme d'échec scolaire.
Lorsqu'un enfant rencontre des difficultés, il est nécessaire de rechercher les causes spécifiques plutôt que de les attribuer automatiquement à l'adoption.
13. Les relations avec les autres enfants : que dit la recherche scientifique ?
La qualité des relations amicales contribue au sentiment d'appartenance et au développement émotionnel.
Certaines personnes adoptées peuvent présenter des difficultés à établir des relations proches.
Cependant, cela ne signifie pas qu'elles sont incapables de développer des amitiés de qualité.
Une méta-analyse internationale
En 2019, Haylee DeLuca, Shannon Claxton et Manfred van Dulmen ont publié dans le Journal of Research on Adolescence une méta-analyse consacrée aux relations entre pairs des personnes adoptées et de celles ayant vécu en famille d'accueil.
Les résultats suggèrent que les personnes adoptées pouvaient rencontrer davantage de difficultés à établir des relations proches que les personnes élevées par leurs parents biologiques.
En revanche, lorsqu'elles possédaient de telles relations, leur qualité n'était pas significativement différente.
L'importance de cette distinction
Une difficulté à créer certaines relations ne signifie pas une incapacité générale à nouer des liens.
De nombreuses personnes adoptées disposent d'amitiés satisfaisantes.
L'intérêt d'un accompagnement
Lorsque des difficultés sont présentes, les TCC peuvent aider à travailler l'anxiété sociale, les interprétations négatives et certaines compétences relationnelles.
Il est toutefois important de rechercher si la difficulté vient d'une anxiété personnelle ou d'un environnement réellement excluant.
14. Le harcèlement scolaire et les remarques liées à l'adoption
Certains enfants adoptés peuvent être confrontés à des remarques blessantes.
« Ce ne sont pas tes vrais parents. »
« Pourquoi tu ne leur ressembles pas ? »
« Pourquoi tes parents ne t'ont pas gardé ? »
Ces questions peuvent susciter de la honte, de la colère ou de la tristesse.
Certaines remarques sont maladroites.
D'autres constituent des comportements discriminatoires ou du harcèlement.
Le risque d'intériorisation
Un enfant peut progressivement penser :
« Je suis différent. »
« Je n'ai pas vraiment ma place. »
« Les autres me trouvent bizarre. »
Ces pensées peuvent influencer son estime de soi.
Le rôle de l'environnement scolaire
La réponse ne doit pas consister uniquement à aider l'enfant à supporter les remarques.
Les adultes doivent également agir sur les comportements discriminatoires et protéger l'enfant.
La prévention et la prise en charge du harcèlement relèvent notamment de l'établissement scolaire.
15. Une étude finlandaise sur le harcèlement des enfants adoptés à l'international
Une étude publiée en 2019 dans Violence and Victims s'est intéressée au harcèlement chez des enfants adoptés à l'international en Finlande.
Les chercheurs ont examiné différents facteurs associés à la victimisation.
Les résultats
Dans l'échantillon étudié, environ 56,9 % des enfants rapportaient une expérience de harcèlement.
Environ 24,2 % rapportaient un harcèlement raciste.
Les difficultés sociales et certaines caractéristiques individuelles étaient associées à un risque plus élevé de victimisation.
Comment interpréter ces chiffres ?
Ils concernent une population étudiée dans un contexte particulier.
Ils ne constituent pas des taux applicables automatiquement aux enfants adoptés en France.
Le message essentiel
Les difficultés sociales d'un enfant adopté ne résultent pas toujours de son fonctionnement psychologique.
Elles peuvent être liées aux comportements des autres, notamment au racisme ou au rejet.
Une prise en charge adaptée doit donc inclure une réponse à l'environnement.
Il serait inapproprié de présenter le harcèlement raciste comme un simple problème de pensée négative de l'enfant.
16. Le racisme et les difficultés d'appartenance
Dans certaines adoptions internationales, l'enfant appartient à une minorité visible au sein de son environnement familial ou social.
Il peut être confronté à des remarques concernant sa couleur de peau, ses cheveux, son apparence ou son origine supposée.
Une question identitaire particulière
L'enfant peut être considéré comme étranger par les autres alors qu'il se sent pleinement français.
Il peut également avoir l'impression que certaines personnes définissent son identité à sa place.
Les conséquences possibles
Honte.
Colère.
Anxiété sociale.
Sentiment d'exclusion.
Diminution de l'estime personnelle.
Difficulté à se sentir appartenir à un groupe.
L'intérêt des TCC
Un accompagnement peut aider l'enfant à identifier les pensées négatives intériorisées.
Il peut également travailler l'affirmation de soi et les stratégies de protection.
Cependant, la thérapie ne doit pas chercher à convaincre l'enfant que les discriminations n'existent pas.
La réalité du racisme doit être reconnue.
Le rôle de la famille
Les parents peuvent soutenir l'enfant en l'écoutant, en reconnaissant les expériences discriminatoires et en intervenant auprès des institutions lorsque cela est nécessaire.
17. Le regard des autres sur la famille adoptive
Certaines personnes adoptées doivent régulièrement expliquer leur histoire familiale.
Elles peuvent être confrontées à des questions intrusives :
« Où sont tes vrais parents ? »
« Tu sais pourquoi tu as été abandonné ? »
« Tu veux retrouver ta vraie famille ? »
Pourquoi ces questions peuvent-elles être difficiles ?
Elles peuvent donner à l'enfant l'impression que sa filiation adoptive est moins légitime.
Elles peuvent également l'obliger à évoquer une histoire intime qu'il ne souhaite pas partager.
Le droit à la confidentialité
L'enfant n'est pas obligé de raconter son histoire à ses camarades, à ses enseignants ou à des adultes curieux.
Le travail d'affirmation de soi
Il peut apprendre à répondre :
« Mes parents sont mes parents, et je préfère garder mon histoire personnelle pour moi. »
« Je n'ai pas envie de répondre à cette question. »
« C'est privé. »
L'objectif n'est pas de cacher l'adoption.
Il est de permettre à l'enfant de choisir ce qu'il souhaite partager.
18. La quête des origines : pourquoi vouloir savoir ?
La recherche des origines peut répondre à différents besoins.
Certaines personnes veulent connaître les circonstances de leur naissance.
D'autres souhaitent obtenir des informations médicales.
Certaines recherchent leurs parents de naissance ou d'autres membres de leur famille.
D'autres encore veulent découvrir leur pays ou leur culture.
Une recherche québécoise
Françoise-Romaine Ouellette et Julie Saint-Pierre ont étudié les démarches de recherche des origines chez des personnes adoptées à l'international.
Leurs travaux montrent que ces recherches peuvent participer à l'élaboration de l'identité et du récit personnel.
Les retrouvailles éventuelles ne constituent toutefois pas nécessairement la réponse définitive à toutes les questions identitaires.
Une démarche qui n'est pas obligatoire
Toutes les personnes adoptées ne souhaitent pas rechercher leurs origines.
Certaines éprouvent un intérêt important.
D'autres n'en ressentent pas le besoin.
Leur position peut évoluer au cours de la vie.
L'accompagnement doit respecter cette diversité.
19. Les démarches françaises d'accès aux origines
En France, les démarches dépendent notamment du type d'adoption et des informations disponibles.
Pour les adoptions internationales, la Mission de l'adoption internationale (MAI), les services départementaux, certains organismes et associations peuvent contribuer à l'orientation des personnes.
France Diplomatie dispose d'une rubrique consacrée à la recherche des origines.
Pour les personnes nées sous le secret en France, le Conseil national pour l'accès aux origines personnelles (CNAOP) exerce une mission spécifique.
L'importance de l'accompagnement
La découverte d'un dossier peut provoquer des émotions importantes.
Certaines informations peuvent être inattendues.
D'autres peuvent être absentes ou contradictoires.
La personne peut également découvrir des éléments concernant des circonstances d'adoption irrégulières.
Une limite indispensable
La psychothérapie ne doit jamais inventer des informations sur les parents de naissance.
Elle peut aider la personne à se préparer à la découverte de documents et à en élaborer les conséquences émotionnelles.
Les démarches administratives et juridiques doivent être réalisées auprès des institutions compétentes.
20. Quand les informations sur les origines sont absentes ou incertaines
Certaines personnes ne disposent pas d'informations fiables concernant leur naissance.
Elles peuvent ne pas connaître les circonstances de la séparation avec leur famille biologique.
Les conséquences possibles
Une incertitude persistante.
Des scénarios imaginés.
Une peur d'avoir été rejeté.
Une impression de vide dans son histoire.
Des questions concernant sa propre valeur.
L'apport des TCC
Le travail peut aider à distinguer les faits connus des interprétations.
Par exemple :
« Je ne connais pas les raisons de mon adoption » est une information.
« Mes parents ne m'aimaient pas » est une interprétation qui ne peut pas être déduite automatiquement de cette absence d'information.
Accepter une incertitude sans nier la perte
L'objectif n'est pas de demander à la personne de renoncer à chercher.
Il est de lui permettre de ne pas construire toute son estime de soi autour d'une conclusion négative non vérifiée.
21. Le rapport français de 2024 sur les pratiques illicites dans l'adoption internationale
En mars 2024, une mission d'inspection interministérielle a publié un rapport consacré aux pratiques illicites dans l'adoption internationale en France.
Ce rapport rappelle que certaines procédures historiques ont comporté des manquements graves.
Ces situations peuvent soulever des questions concernant l'identité, le consentement, la filiation et l'accès aux informations personnelles.
Pourquoi ce sujet est-il important ?
Certaines personnes adoptées peuvent découvrir que les documents relatifs à leur naissance sont incomplets ou inexacts.
D'autres peuvent s'interroger sur la régularité de leur adoption.
Une souffrance qui ne doit pas être psychologisée à tort
Lorsque des irrégularités existent, elles constituent des faits pouvant avoir des conséquences juridiques et humaines importantes.
Le travail psychothérapeutique ne doit pas se substituer aux recherches administratives ou judiciaires.
Il peut néanmoins aider à accompagner l'anxiété, la colère, le sentiment de trahison ou les conséquences identitaires.
22. La construction de l'estime de soi chez l'enfant adopté
L'estime de soi correspond à l'évaluation qu'une personne porte sur sa propre valeur.
Elle peut être influencée par les relations familiales, scolaires et sociales.
Chez certaines personnes adoptées, les questions concernant les origines peuvent participer à cette construction.
Les pensées négatives possibles
« Je suis différent des autres. »
« Je n'ai pas été choisi par mes parents de naissance. »
« Je ne suis pas vraiment membre de ma famille. »
« Personne ne peut comprendre ce que je ressens. »
La restructuration cognitive
La TCC peut aider à examiner ces conclusions.
L'objectif n'est pas de nier les différences réelles.
Il est de distinguer une différence d'histoire ou d'origine d'un jugement négatif sur sa valeur personnelle.
Une pensée alternative
« Mon histoire familiale est différente de celle de certains autres enfants. Cela ne signifie pas que j'ai moins de valeur ou que je mérite moins d'être aimé. »
23. Les TCC : quels bénéfices possibles pour l'enfant adopté ?
Les TCC constituent des interventions reconnues dans plusieurs troubles psychologiques de l'enfance et de l'adolescence.
Elles peuvent notamment être indiquées pour certaines formes d'anxiété, de dépression ou de difficultés comportementales.
Les objectifs possibles
Identifier les pensées automatiques.
Travailler la peur du rejet.
Diminuer l'anxiété sociale.
Développer l'affirmation de soi.
Réduire les comportements d'évitement.
Soutenir la régulation émotionnelle.
Améliorer la communication familiale.
Favoriser la reprise d'activités.
Une distinction essentielle
Les TCC ne constituent pas un traitement de l'adoption elle-même.
Elles visent les difficultés cliniques effectivement présentes.
Un enfant adopté ne doit pas être considéré comme nécessitant systématiquement une psychothérapie.
24. Les tableaux de Beck adaptés aux enfants et adolescents adoptés
Les tableaux de pensées automatiques peuvent aider à identifier certaines interprétations douloureuses.
Le travail doit être adapté à l'âge et aux capacités de l'enfant.
Exemple : une remarque à l'école
Situation
Un camarade dit :
« Tes parents ne sont pas tes vrais parents. »
Émotion
Tristesse : 85/100.
Colère : 75/100.
Pensée automatique
« Je ne fais partie d'aucune vraie famille. »
Éléments qui soutiennent cette pensée
Mes parents adoptifs ne sont pas mes parents de naissance.
Ma famille a une histoire différente.
Éléments qui nuancent cette pensée
Mes parents adoptifs sont mes parents sur le plan familial et juridique.
Ils prennent soin de moi.
Une famille peut se construire de différentes manières.
Pensée alternative réaliste
« Mon histoire familiale est différente, mais cela ne rend pas ma famille moins réelle. Je n'ai pas à me justifier auprès de mon camarade. »
Action possible
Parler à un adulte de confiance si les remarques se répètent.
Préparer une réponse adaptée.
Demander une intervention de l'établissement en cas de harcèlement.
Une précaution importante
Le travail cognitif ne doit pas conduire à minimiser la violence d'une remarque discriminatoire.
La protection de l'enfant reste prioritaire.
25. La TCC de l'anxiété sociale chez l'adolescent adopté
Certains adolescents peuvent craindre le regard des autres.
Ils peuvent redouter les questions sur leur famille ou leur pays de naissance.
Les comportements possibles
Éviter certaines discussions.
Ne pas participer à des activités.
Chercher à ne jamais attirer l'attention.
Se montrer très préoccupé par son apparence.
Anticiper le rejet.
L'accompagnement TCC
Il peut aider à identifier les interprétations négatives concernant le regard des autres.
Des exercices progressifs d'affirmation de soi ou de participation sociale peuvent être proposés.
Ne pas confondre anxiété sociale et discrimination
Si l'adolescent est réellement confronté à des remarques racistes ou à du harcèlement, l'intervention doit également agir sur son environnement.
L'exposition thérapeutique ne consiste jamais à demander à un enfant de supporter des situations dangereuses ou humiliantes sans protection.
26. Les difficultés de régulation émotionnelle
Certains enfants peuvent éprouver des difficultés à identifier ou exprimer leurs émotions.
Ils peuvent réagir rapidement par la colère, l'opposition ou le retrait.
Plusieurs mécanismes possibles
Une anxiété importante.
Des expériences antérieures difficiles.
Des difficultés neurodéveloppementales.
Des problèmes relationnels.
Une fatigue ou des troubles du sommeil.
Des situations familiales ou scolaires stressantes.
Le rôle des TCC
La psychoéducation émotionnelle peut aider à distinguer les émotions, les pensées et les comportements.
L'enfant peut apprendre à reconnaître les signes précurseurs d'une montée émotionnelle.
Il peut également développer des stratégies adaptées de communication et de régulation.
Le rôle des parents
La guidance parentale peut contribuer à rendre les réponses des adultes plus prévisibles et cohérentes.
La compréhension des difficultés ne signifie pas l'absence de limites.
Il s'agit de combiner sécurité, soutien et cadre éducatif adapté.
27. Les troubles de l'attachement : éviter les diagnostics abusifs
L'expression « trouble de l'attachement » est parfois utilisée de manière très large.
Pourtant, elle ne doit pas désigner automatiquement toute difficulté relationnelle rencontrée par un enfant adopté.
L'attachement est un processus relationnel
Les enfants développent des relations d'attachement à travers des expériences répétées avec leurs figures de soin.
Les diagnostics spécifiques
Le trouble réactionnel de l'attachement et le trouble de l'engagement social désinhibé répondent à des critères diagnostiques précis.
Ils ne peuvent pas être diagnostiqués uniquement parce qu'un enfant a été adopté, recherche beaucoup d'attention ou présente des comportements d'opposition.
Les recommandations NICE
La recommandation NG26 souligne la nécessité d'une évaluation globale prenant en compte le développement, les expériences antérieures, les difficultés psychologiques associées et le fonctionnement familial.
Elle recommande également des interventions spécialisées lorsque des difficultés d'attachement sont réellement identifiées.
Une conséquence pratique
Il peut être nécessaire d'associer travail individuel, guidance parentale et interventions centrées sur les interactions.
Les TCC et l'EMDR ne remplacent pas automatiquement ces approches spécialisées.
28. L'EMDR chez l'enfant adopté : dans quelles situations ?
L'EMDR est une psychothérapie utilisée dans le traitement du trouble de stress post-traumatique.
Certaines personnes adoptées ont été confrontées à des événements potentiellement traumatiques avant ou après leur adoption.
Il peut s'agir notamment de violences, de menaces graves ou d'autres événements répondant aux critères diagnostiques pertinents.
Les symptômes possibles
Souvenirs intrusifs.
Cauchemars.
Évitement des rappels.
Réactions de peur intenses.
Hypervigilance.
Altérations persistantes de certaines croyances liées à l'événement.
Les recommandations internationales
Les recommandations NICE NG116 privilégient les TCC centrées sur le traumatisme chez les enfants et adolescents présentant un TSPT.
Pour les jeunes de sept à dix-sept ans, elles proposent d'envisager l'EMDR lorsque les symptômes persistent au-delà de trois mois et que l'enfant ne répond pas ou ne s'engage pas dans une TCC centrée sur le traumatisme.
Une limite importante
L'adoption n'est pas en elle-même une indication d'EMDR.
Le sentiment d'abandon, les interrogations sur les origines ou les difficultés sociales ne constituent pas automatiquement un TSPT.
Une prise en charge individualisée
L'âge, le développement, les événements vécus et les ressources familiales doivent être évalués.
L'implication des parents doit être adaptée à la sécurité et aux besoins de l'enfant.
29. Peut-on travailler en EMDR sur des événements antérieurs à l'adoption ?
Cela dépend des éléments cliniques disponibles.
Certains enfants possèdent des souvenirs explicites d'événements traumatiques.
D'autres ont été adoptés très jeunes et ne disposent pas de souvenirs autobiographiques accessibles.
Lorsqu'un événement traumatique est identifié
Une intervention centrée sur le traumatisme peut être envisagée selon l'âge, le développement et les symptômes.
Lorsque l'histoire comporte des informations manquantes
Il est essentiel de ne pas reconstruire artificiellement des souvenirs.
La psychothérapie ne doit pas prétendre découvrir avec certitude ce qui s'est passé avant l'adoption.
Les souvenirs précoces
Les expériences précoces peuvent influencer le développement, mais cela ne permet pas d'affirmer qu'une technique thérapeutique peut retrouver fidèlement des souvenirs inconnus.
La prudence clinique
L'EMDR doit être utilisée dans un cadre adapté, sans suggestion ni interprétation arbitraire de l'histoire de l'enfant.
30. TCC et EMDR : deux approches aux indications différentes
Les TCC peuvent intervenir lorsque :
L'enfant présente une anxiété sociale.
Il éprouve une peur excessive du rejet.
Il présente des symptômes dépressifs.
Il développe des interprétations négatives de son histoire.
Il évite certaines situations.
Il rencontre des difficultés de régulation émotionnelle.
L'EMDR peut être envisagée lorsque :
Un psychotraumatisme a été identifié.
Les symptômes répondent à une indication reconnue.
Une évaluation spécialisée a été réalisée.
Les conditions thérapeutiques sont adaptées à l'âge et au développement.
Une association possible, mais non systématique
Certaines personnes peuvent bénéficier d'une TCC sans avoir besoin d'EMDR.
D'autres peuvent nécessiter une prise en charge spécialisée du TSPT.
Lorsque les difficultés concernent principalement la relation parent-enfant, une intervention familiale spécialisée peut être préférable.
31. L'adolescent adopté devenu adulte : les questions peuvent réapparaître
Les interrogations sur les origines ne disparaissent pas nécessairement avec l'âge.
Certaines personnes adoptées commencent à rechercher des informations à l'âge adulte.
D'autres souhaitent comprendre davantage leur histoire lorsqu'elles deviennent elles-mêmes parents.
Une étude norvégienne
Kjersti Grinde Satish a publié dans Adoption Quarterly une étude qualitative fondée sur les entretiens de 26 personnes adoptées à l'international, âgées de 21 à 34 ans.
Les participants évoquaient notamment des difficultés psychologiques, des questions identitaires, des expériences de perte et des difficultés d'appartenance.
Les limites
Il s'agit d'entretiens rétrospectifs.
La recherche ne permet pas d'estimer la fréquence de ces difficultés chez l'ensemble des adultes adoptés.
L'intérêt clinique
Les besoins liés à l'histoire adoptive peuvent évoluer au fil de la vie.
Un adulte peut demander un accompagnement pour explorer ses origines, son identité ou certaines expériences sociales.
Il peut le faire tout en entretenant de bonnes relations avec ses parents adoptifs.
32. Cinq exemples cliniques : adoption, identité, TCC et EMDR
Les situations suivantes sont fictives et proposées à des fins de psychoéducation.
Exemple 1 – Lucas, 12 ans : « Mes parents de naissance ne voulaient pas de moi »
Lucas a été adopté lorsqu'il était jeune enfant.
Il connaît peu les circonstances de son adoption.
Depuis plusieurs mois, il se demande pourquoi ses parents biologiques ne l'ont pas élevé.
Il pense :
« Je ne devais pas être assez bien. »
Analyse TCC
Lucas attribue à sa propre valeur une situation dont il ne connaît pas les causes exactes.
Objectifs thérapeutiques
L'aider à distinguer les faits des suppositions.
Travailler les pensées de dévalorisation.
Reconnaître les émotions liées aux informations manquantes.
Soutenir sa capacité à poser des questions sans culpabilité.
Exemple 2 – Inès, 14 ans : « Je suis différente de toute ma famille »
Inès a été adoptée à l'international.
Elle ne ressemble physiquement à aucun membre de sa famille adoptive.
Au collège, certains camarades lui demandent régulièrement d'où elle vient « vraiment ».
Elle commence à se sentir étrangère dans son propre environnement.
Analyse TCC
Inès peut développer des pensées négatives concernant son appartenance.
Cependant, les remarques de ses camarades constituent également un problème environnemental réel.
Objectifs thérapeutiques
Renforcer l'estime de soi.
Développer l'affirmation de soi.
Explorer les questions d'identité culturelle.
Soutenir les démarches de protection auprès de l'établissement.
Exemple 3 – Thomas, 16 ans : « Si je demande des informations sur ma mère biologique, ma mère adoptive sera blessée »
Thomas souhaite consulter son dossier d'adoption.
Il n'ose pas en parler à ses parents.
Il pense qu'une telle demande pourrait être vécue comme une trahison.
Analyse TCC
Thomas anticipe une réaction négative sans connaître précisément la position de ses parents.
Objectifs thérapeutiques
Identifier ses craintes.
Préparer une conversation adaptée.
Reconnaître son droit à s'intéresser à ses origines.
Soutenir la communication familiale.
Ne pas imposer de démarche de recherche.
Exemple 4 – Chloé, 10 ans : « Quand mes parents me grondent, j'ai peur qu'ils me renvoient »
Chloé a vécu plusieurs changements de lieu de vie avant son adoption.
Lorsqu'un conflit survient à la maison, elle devient très anxieuse.
Elle demande régulièrement si ses parents vont continuer à l'aimer.
Analyse clinique
Il est important d'évaluer l'anxiété, son histoire développementale et la qualité des interactions familiales.
Objectifs thérapeutiques
Travailler les interprétations de rejet.
Développer des repères familiaux prévisibles.
Accompagner les parents dans leurs réponses.
Distinguer les limites éducatives de la menace d'une séparation.
Exemple 5 – Émilie, 17 ans : « Je fais des cauchemars à propos de violences vécues avant mon adoption »
Émilie a été adoptée à l'âge de huit ans.
Elle rapporte des souvenirs précis d'événements violents antérieurs.
Elle présente des cauchemars, des souvenirs intrusifs et une hypervigilance importante.
Analyse clinique
Une évaluation du trouble de stress post-traumatique est indiquée.
Objectifs thérapeutiques
Une intervention centrée sur le traumatisme peut être proposée.
Selon les recommandations et la situation, une TCC centrée sur le traumatisme constitue une intervention de référence.
L'EMDR peut être envisagée dans certaines circonstances après évaluation spécialisée.
La prise en charge doit également tenir compte des relations familiales et des besoins actuels.
33. Quand consulter pour les difficultés d'un enfant adopté ?
Une consultation peut être utile lorsque :
-
L'enfant présente une anxiété persistante concernant l'abandon ou le rejet.
-
Il éprouve une souffrance importante liée à ses origines.
-
Il présente des difficultés sociales ou scolaires prolongées.
-
Des expériences de harcèlement altèrent son fonctionnement.
-
Il développe des symptômes dépressifs.
-
Les relations familiales deviennent durablement conflictuelles.
-
Il manifeste une peur intense des séparations.
-
Des souvenirs intrusifs ou des cauchemars apparaissent après des événements traumatiques.
-
Il présente des difficultés importantes de régulation émotionnelle.
-
Il se sent incapable de parler de son histoire à ses proches.
La consultation ne doit pas être imposée comme une sanction.
Il est important de présenter l'accompagnement comme un espace permettant de comprendre ses difficultés et d'exprimer son vécu.
Lorsque la situation le nécessite, une évaluation médicale, pédopsychiatrique ou neurodéveloppementale doit être envisagée.
Les troubles du comportement sévères, les idées suicidaires et les situations de danger nécessitent une prise en charge adaptée et parfois urgente.
En France, le 3114 est accessible en cas de souffrance suicidaire. En cas de danger immédiat, il convient de contacter le 15 ou le 112.
34. Accompagnement TCC et EMDR/IMO de l'enfant adopté à Oyonnax et en visioconférence
Au Cabinet Flora Mentis, à Oyonnax dans l'Ain, je propose un accompagnement fondé sur les thérapies cognitives et comportementales pour les enfants, les adolescents et les adultes rencontrant des difficultés émotionnelles ou relationnelles.
Dans le contexte de l'adoption, le travail peut notamment concerner :
Le sentiment de rejet.
Les pensées négatives concernant l'histoire personnelle.
La peur de l'abandon.
L'anxiété sociale.
Les difficultés d'estime de soi.
La honte.
Les ruminations.
Les difficultés de communication familiale.
L'affirmation de soi.
Les conséquences du harcèlement.
Les difficultés associées aux questions d'origine et d'appartenance.
La guidance parentale peut également contribuer à améliorer la compréhension des besoins de l'enfant et les interactions familiales.
Lorsque des symptômes post-traumatiques sont identifiés, une prise en charge adaptée peut être discutée dans le respect des recommandations professionnelles.
L'EMDR peut avoir une place selon l'âge, l'histoire, les symptômes et les indications reconnues.
L'accompagnement ne remplace pas une évaluation pédopsychiatrique ou un suivi spécialisé des difficultés d'attachement lorsque ceux-ci sont nécessaires.
Les consultations sont proposées au cabinet à Oyonnax, notamment pour les habitants du Haut-Bugey, de Bellignat, d'Arbent, de Nantua, de Saint-Claude et du Jura.
Elles peuvent également être réalisées en visioconférence, selon l'âge, les besoins de l'enfant, la situation clinique et le cadre légal applicable.
Cabinet Flora Mentis – Florence Chatenet
Psychopraticienne TCC et praticienne EMDR/IMO
Oyonnax (Ain) – Consultations au cabinet et en visioconférence
Conclusion – Construire son identité sans devoir choisir entre ses histoires
L'adoption fait partie de l'histoire personnelle d'un enfant, mais elle ne détermine pas à elle seule son développement ou sa santé mentale.
Les recherches scientifiques montrent une grande diversité de parcours.
De nombreux enfants adoptés développent des relations satisfaisantes, progressent dans leurs apprentissages et construisent une identité stable.
D'autres peuvent rencontrer des difficultés importantes, notamment lorsqu'ils ont connu des expériences précoces défavorables ou lorsqu'ils sont confrontés à des situations de rejet, de discrimination ou de harcèlement.
Les questions sur les origines peuvent apparaître à différents âges.
Elles ne signifient pas que l'enfant aime moins ses parents adoptifs.
Elles peuvent faire partie d'une démarche de construction identitaire.
Les TCC peuvent aider à travailler certaines difficultés : anxiété, pensées automatiques, estime de soi, peur du rejet et évitements.
L'EMDR peut avoir une place lorsqu'un trouble de stress post-traumatique est identifié et que les indications sont réunies.
Les interventions familiales spécialisées peuvent également soutenir les relations parent-enfant.
L'enjeu n'est pas de demander à la personne adoptée d'oublier son passé, mais de lui permettre de lui donner une place dans son histoire, sans que les expériences douloureuses déterminent entièrement la manière dont elle se perçoit et envisage son avenir.
FAQ scientifique – Enfant adopté, origines, intégration, TCC et EMDR
1. Tous les enfants adoptés présentent-ils des difficultés psychologiques ?
Non.
Les parcours sont très variés.
De nombreux enfants adoptés se développent favorablement.
Certaines difficultés peuvent cependant apparaître, notamment en fonction des expériences précoces et du contexte familial ou social.
2. Un enfant adopté peut-il avoir peur d'être abandonné ?
Oui, certains enfants peuvent présenter une peur importante de la séparation ou du rejet.
Cependant, cette manifestation n'est pas systématique et doit faire l'objet d'une évaluation individualisée.
3. Pourquoi un enfant adopté pose-t-il des questions sur ses parents biologiques ?
Ces questions peuvent faire partie de la construction identitaire.
L'enfant peut chercher à comprendre son histoire, ses ressemblances physiques ou les circonstances de sa naissance.
4. La recherche des origines signifie-t-elle que l'enfant rejette ses parents adoptifs ?
Non.
Une personne peut aimer ses parents adoptifs et souhaiter simultanément connaître davantage ses origines.
Ces deux démarches ne sont pas contradictoires.
5. Pourquoi certaines questions apparaissent-elles davantage à l'adolescence ?
L'adolescence est une période de construction de l'identité.
Les transformations corporelles, les relations sociales et les projets d'avenir peuvent réactiver les interrogations concernant la filiation.
6. Les enfants adoptés rencontrent-ils plus de difficultés à l'école ?
Certaines études identifient des vulnérabilités particulières dans certains groupes.
Cependant, de nombreux enfants adoptés ont des parcours scolaires satisfaisants.
Les difficultés doivent être évaluées selon leurs causes réelles.
7. Pourquoi un enfant adopté peut-il se sentir différent des autres ?
Les différences visibles, l'histoire familiale, les questions sur les origines et certaines expériences sociales peuvent contribuer à ce sentiment.
Cela ne signifie pas nécessairement qu'il présente un trouble psychologique.
8. Les enfants adoptés peuvent-ils être victimes de racisme ?
Oui.
Les recherches internationales documentent des expériences de discrimination et de harcèlement raciste chez certains enfants adoptés à l'étranger.
Ces situations nécessitent une réponse protectrice de l'environnement.
9. Les TCC peuvent-elles aider un enfant adopté qui manque de confiance en lui ?
Oui, lorsque la difficulté relève d'un mécanisme accessible aux TCC.
Le travail peut porter sur les pensées négatives, l'estime de soi, l'anxiété sociale et l'affirmation de soi.
10. Les tableaux de Beck sont-ils adaptés aux adolescents adoptés ?
Ils peuvent être utilisés lorsque l'âge et les capacités du jeune le permettent.
Ils aident à identifier les pensées automatiques et à développer des interprétations plus nuancées.
11. L'adoption provoque-t-elle un trouble de l'attachement ?
Non, pas automatiquement.
Les troubles de l'attachement répondent à des critères précis.
L'histoire et le fonctionnement de l'enfant doivent être évalués avant toute conclusion diagnostique.
12. L'EMDR peut-elle aider un enfant adopté ?
Elle peut être envisagée lorsqu'un psychotraumatisme répondant aux indications reconnues a été identifié.
Elle ne constitue pas une intervention systématique pour tous les enfants adoptés.
13. Peut-on utiliser l'EMDR pour retrouver des souvenirs oubliés d'avant l'adoption ?
Non. L'EMDR ne doit pas être présentée comme une méthode permettant de retrouver de manière fiable des événements inconnus.
La thérapie doit éviter toute suggestion ou reconstruction arbitraire des souvenirs.
14. Comment aider un enfant qui éprouve une loyauté partagée entre ses parents biologiques et adoptifs ?
Il peut être utile de reconnaître la légitimité de ses interrogations et de lui permettre de parler de son histoire sans culpabilité.
Un accompagnement familial peut faciliter cette communication.
15. Est-il utile de consulter lorsque l'enfant ne parle jamais de son adoption ?
Pas nécessairement.
L'absence de questions n'est pas, à elle seule, un signe de difficulté.
Il est important de rester disponible sans imposer des conversations ou une recherche des origines.
16. Les difficultés d'intégration sociale nécessitent-elles toujours une psychothérapie ?
Non.
Elles peuvent parfois être améliorées par des mesures scolaires, sociales et familiales.
Une psychothérapie peut être pertinente lorsque l'enfant présente une anxiété, une dépression ou une souffrance persistante.
17. Peut-on accompagner un adolescent adopté en visioconférence ?
Oui, dans certaines situations.
La pertinence de la visioconférence dépend notamment de l'âge, de la capacité à participer à la séance, des symptômes et des besoins cliniques.
Références scientifiques françaises, européennes et internationales
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4. Harf, A., Skandrani, S., Mazeaud, É., Revah-Levy, A., & Moro, M.-R. (2015).
Le concept d'identité culturelle chez les enfants adoptés : quelle pertinence ?
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5. Harf, A., Skandrani, S., Sibeoni, J., Revah-Levy, A., & Moro, M.-R. (2012).
L'enfant adopté à l'étranger, entre langue maternelle et langue d'adoption.
La psychiatrie de l'enfant, 55(1), 315–338.
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6. Harf, A. (2020).
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B. Recherches francophones sur la quête des origines
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La quête des origines en adoption internationale.
Article de recherche accessible via Droit d'Enfance.
https://www.droitdenfance.org/ressources/la-quete-des-origines-en-adoption-internationale-2/
8. France Diplomatie – Mission de l'adoption internationale (2026).
Recherche des origines.
Informations officielles concernant l'accès aux dossiers d'adoption internationale et l'accompagnement des démarches.
https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-francaises-et-aux-francais/adoption-a-l-etranger/recherche-des-origines
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Rapport sur les pratiques illicites dans l'adoption internationale en France.
https://igas.gouv.fr/sites/igas/files/2024-03/rapport_sur_les_pratiques_illicites_dans_l_adoption_internationale_en_france.pdf
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Pratiques illicites dans l'adoption internationale.
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Présentation d'une enquête associative française portant sur 1 070 enfants adoptés.
https://www.adoptionefa.org/ladoption/la-scolarite-des-enfants-adoptes/efa-et-la-scolarite-des-enfants-adoptes/
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https://www.nice.org.uk/guidance/ng26/chapter/recommendations
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Recommandations concernant les TCC centrées sur le traumatisme et l'EMDR chez les enfants et adolescents.
https://www.nice.org.uk/guidance/ng116/chapter/Recommendations
F. Ressources complémentaires sur l'adoption
19. Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.
Adoption internationale : recherche des origines, procédures et accompagnement.
https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-francaises-et-aux-francais/adoption-a-l-etranger/
20. Enfance & Familles d'Adoption.
Ressources pour les familles adoptives et les personnes adoptées.
https://www.adoptionefa.org/
Note méthodologique
Les recherches citées comprennent des études qualitatives françaises, des études observationnelles internationales, des revues systématiques, des méta-analyses et des recommandations professionnelles.
Les études françaises de Sarmiento, Skandrani, Harf, Moro et leurs collaborateurs apportent des informations particulièrement précieuses sur le vécu subjectif de l'adoption, la construction identitaire, la langue, la culture et la recherche des origines.
Leur caractère qualitatif et leurs petits effectifs ne permettent toutefois pas de généraliser les résultats à l'ensemble des personnes adoptées.
Les études longitudinales montrent une grande hétérogénéité des trajectoires développementales.
Les recherches sur les relations sociales et le harcèlement rappellent que certaines difficultés résultent également de l'environnement, notamment des discriminations.
Les TCC possèdent des indications reconnues pour plusieurs troubles anxieux et dépressifs de l'enfance et de l'adolescence, mais les recherches évaluant des protocoles TCC spécifiquement consacrés à la quête des origines restent limitées.
L'EMDR peut être indiquée dans certaines situations de TSPT, selon l'âge, les symptômes et les recommandations professionnelles.
Elle ne constitue pas un traitement systématique des difficultés d'identité, d'appartenance ou d'attachement.
L'accompagnement doit respecter l'histoire de la personne adoptée, ses droits et ses souhaits.
Cet article est proposé à titre informatif et psychoéducatif. Il ne remplace pas une évaluation médicale, psychothérapeutique, pédopsychiatrique ou juridique individualisée.
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